Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes - vous

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

Chamboulée, je vois le monde à l'envers, la couette est là, en boule à mes pieds. Non, je suis à l'envers dans le lit, mes pieds sur l'oreiller, la couette pendouille sur le côté, un ouragan est passé ici. Chaleur du matin, comme un été, fraîcheur d"un vent frais venant de la fenêtre entr'ouverte, les oiseaux dehors. Un rayon de lumière sur ma cuisse, ma tête en vrac, surtout à l'intérieur.

 

Je suis renversée sur le lit, les yeux vers le plafond, la tête vrombissant dans une mollesse, un début de migraine mais en même temps cette lourdeur infernale des médicaments. Les douleurs ne sont pas encore réveillées, j'ai dû les devancer car avec un rythme trop régulier elles frappent mon crâne, mon ventre, mes muscles. Mais c'est le coeur qui souffre, peut-être un peu moins depuis hier. Du bruit dans la cuisine, des pas, pourtant ce n'est pas lui, car si mes larmes étaient là, bien là comme cet océan de mouchoirs, de tâches blanches sur mon parquet, il n'était plus là. J'en ai vomi de lui, comme des effets secondaires de ma maladie. Il est parti, l'odeur des tartines de pain grillé arrive vers moi, je me redresse, je m'enveloppe de ce pull gris, un doudou ancien, que je conserve depuis mes études. Souvenirs et odeurs, je me love en lui, je cherche un sens à ce bazar autour de moi.

Le rayon de soleil embrassse ma peau, me réchauffe, un instant agréable, après ma cuisse, mon épaule, un complice de saison.

 

 

kate-upton-love2.jpg

 

Là devant moi, une amie, ma meilleure amie, celle m'a tendu son épaule, qui a laissé son amoureux pour un soir, juste pour moi, égoistement, je ne sais plus. Enfin, si cela me revient. Des brioches, des tartines avec de confiture de pommes-coings de ma mère, du thé, du beurre salé, un yaourt, elle dépose le tout près de moi, elle m'embrasse. En silence car depuis longtemps, on se parle sans émettre de mots, depuis notre première colocation. 

 

Elle a toujours été là, proche de moi, dans mes succès, moi pour les siens, pour son mariage, pour l'ouverture de sa boutique, pour les premiers week-ends de soldes, pour des vacances ensemble. Nous avons tant de choses complices en nous, une amitié si forte, des goûts communs sauf pour les hommes. Le sien est doux, rustique et cajolant, loin de mes conquêtes toujours "beau  mec , belle  bagnole , beau  pedigree". Mais finalement des ratages, des business mans qui payent pour du cul, pour la belle blonde dans la voiture, pas pour des relations et encore moins de l'avenir. Le problème, je tombe toujours sur ceux-là. Je dois y être pour quelque chose. Pourtant mon statut social personnel ne m'oblige pas à viser les portefeuilles masculins, mon indépendance existe de ce côté-là aussi.

 

Et puis il y a eu cette visite, cette annonce, ce jour-là.


kate-upton-love3.jpg

 

Renversée je fus, par les mots de ce docteur, de cet homme que j'allais voir uniquement pour payer des bonnes nouvelles, pour me rassurer de ma pleine forme, de ma jeunesse de trentenaire conquérante. Ce jour-là, je n'ai même pas pu rentrer en voiture, assommée par le diagnostic, par les suivants encore plus, après d'autres examens, après d'autres doutes, après des litres de larmes, après ses premières fuites.

 

Oui assez vite, le mâle, le fiancé, celui qui semblait plus proche de moi depuix deux ans déjà, soudain, les réunions duraient, les impossibles présences si utiles, si futiles, tout cela disparaissait. Je me trouvais seule, n'osant prévenir ma famille, ma soeur même, mes copines. Seule ma meilleure amie a vu, a compris si vite, juste là, en quelques secondes, face mes yeux rougis, mon visage si pâle.

 

Elle a été là pour la clinique, pour les séances, pour les examens, les suivis, les coups de blues, la fatigue, même si la famille a compris aussi. Mais lui, qu'est qu'il a fait ? il est parti, avec ses affaires, laissant les clefs, un mot, incapable de gérer la situation. Incapable d'aimer une malade, incapable de me le dire en face. 

 

kate-upton-love4.jpg

 

Heureusement, j'ai tant pleuré qu'hier soir, j'ai crié mes dernières douleurs envers lui à mon psy, puis à mon amie, à la terre entière. Un long message sur son portable, une saturation de sa messagerie pour lui parler de sa lâcheté, de sa non-version de sa faiblesse mais plus encore de son amour faux, de ma haine aussi, de mes douleurs, de ma maladie en régression, de mon coeur qui l'oubliait enfin.

Dix coups de fil, des minutes longues de tout ce que je ne voulais plus avoir en moi, sans lui jeter toute la responsabilité de ma maladie, mais surtout celle de son absence, de son désamour. Je lui ai dit, crié.

 

Après, je ne sais plus, je crois avoir dormie, longtemps, sûrement un peu mal, assomée par les médicaments pour les douleurs des effets secondaires, pour calmer les angoisses de ce foutu bordel, pour rêver en rose, plutôt qu'en noir foncé.

 

Je croque la tartine, ma bouche malade de tous les aphtes des médicaments recrache le plaisir, je prends à la cuillère la confiture, le beurre, mon amie m'embrasse et s'excuse. Mais cette erreur, moi aussi je la fais, pour croire que tout va mieux, pas encore ce matin. Je lui souris, je lui parle de cette nuit, de sa présence, de son coeur qui semble en moi, là, si proche. La soleil caresse sa joue, suit ses cheveux défaits, elle me regarde, me cajole de ses sentiments vrais. Doucement je me nourris, je reprends goût à tout cela. Un poids est parti de mon corps, de mon esprit encore plus.

 

Les volets s'ouvrent, la lumière entre, il fait beau, j'aime ce printemps, nouvelle saison, nouvelle tranche de vie. Demain je serai plus forte.

 

 

kate-upton-love5.jpg

Illustations (sans relation avec les mots)

via le Shooting kate UPTON by Nigel SHAFRAN

 

 

Et pour ne pas oublier vos proches, vos amies,

malades parfois, dans le processus de la maladie, 

comprenez et aidez.

 www.rosemagazine.fr

rose-magazines.jpg

 

 

Nylonement

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

Soleil immense, celui du retour de ma fille, celle qui fait ses études ailleurs, là-bas en province, pas si loin, mais pas si proche pour le revoir plus souvent. Partiels validés, sourires du retour à la maison, barbecue dans le jardin, plaisir intense.

 

La saison marque de ses rayons chauds une vraie belle journée de convivialité, pour surligner encore un peu plus le mot "famille". Certes les deux autres enfants sont partis, vivent leurs vies, et la petite dernière est là, avec nous encore un peu. Son père, discret, comme souvent les hommes, ne trouvant pas les mots, lui a demandé des choses sur les études, des banalités pour ne pas lui avouer son bonheur de l'avoir près de lui. Il n'a pas osé la serrer dans ses bras, comme avant, comme lors de leurs sorties en vélo où, plus jeune, ils gagnaient le tour de france miniature, ensemble, comme des gamins, une complicité d'antan. Il n'a pas osé, mais devant son barbecue, il avait une petit larme, une gorge serrée en la regardant, épanouie, sa fille, sa dernière dans un corps de jeune femme. 

 

 

0d5d68293a87cd362fca8709650fdf40.jpg


 

Elle a grandi, elle a changé, loin de son adolescence compliquée, de sa vie en rupture, de nos engueulades et des soirées pleines de stress et d'incompréhensions diverses. Puis la magie du dialogue, des larmes et du psy au passage, avait donné ce miracle, ce bonheur-là. Il est heureux, mais moi aussi.

 

Elle parle, elle va être là pour son stage, plusieurs semaines avec nous le soir, aussi les copines et copains, mais elle partage ses ressentis, elle est devenu une jeune adulte, responsable avec des réflexions posées, des envies réelles, des sourires face à la vie professionnelle dont elle rêvait, dont elle touche le début d'une réalité.

 

 

9807800535_240c809712_b.jpg

 

 

8587566982_e340fb78fe_b.jpg

 

 

Moi, comme lui, j'avais envie de la serrer dans mes bras, de lui dire, même en silence notre fierté. Je l'ai prise près de moi, je lui dis quelques mots, un peu flous, mal exprimés, mais ceux qui font de nous, une vérité familiale. J'ai essuyé mes larmes, du bonheur, mais celui qui coule du coeur pour donner à mes émotions une force incontrôlable, décuplée par sa joir de vivre.

 

Oui discrète, heureuse, je lui fais encore des bises, elle partait déjà voir des copines, un copain peut-être, mais c'était si fort. Et puis après, comme deux vieux cons, ce que nous sommes, c'est à dire des parents, nous avons rigolé avec des larmes encore de bonheur, fiers d'avoir réussi cela, sans jamais savoir ce que nous faisions. Car donner la vie, élever des enfants, les voir grandir et s'épanouir, nous n'avions pas de manuel idéal, mais ce coeur fort qui nourrit le mot "famille".

 

 

8711587836_b3ce65e58d_b.jpg


 

Ce soir, on en comprend mieux le sens, comme une étape franchie, un point au bout d'une phrase, car la vie continue, comme un texte. Ce chapitre nous paraît réussi.

 

 

Nylonement

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

Printemps et soleil semblent réconcilier en cette matinée, avec le jour qui se lève toujours plus tôt, sur un Paris quasiment vide, encore silencieux. Bien que je ne sois pas du tout parisien, profitant habituellement du privilège de la vraie nature de mon domicile, je suis venu travailler ici, dans ce coin si typique, dans le calme relatif à cette heure très matinale. Là un banc, la modernité du wifi et des réseaux pour connecter mon ordinateur, une pelouse devant moi, des oiseaux qui semblent s'aimer, s'ébattre de bisous dans le cou, de dons de chenilles pleins leurs becs.

 

 

d2920edfa3f6b75354d38052611dccef.jpg

 

 

f95ee9f14e48300344529d92937d2c10.jpg


 

Là une terrasse qui s'ouvre, mon lieu de travail, une table de bistrot, une vue imprenable qui rendrait jaloux des millions de gens, des mots, des rapports et d'autres documents à créer, un projet majeur à construire, d'autres projets moins ambitieux à défendre. En attendant mon chocolat chaud, qui cmplète mon fromage blanc avalé très tôt, je laisse flâner mon regard sur la ville endormie, sur les premières personnes qui bien qu'en vacances, marche si tôt sous les arbres. Je croyais que les amoureux aimaient Paris sous les draps aussi, pas tous apparemment. Des belles Juliettes posent pour leurs Roméos, tablettes, imachines et autres appareils reflex avec toute la panoplie du vrai photographe.

 

Tiens soudain, une jeune femme en robe bonbon rose, un peu courte, un peu trop Las Vegas à mon goût se plante là devant cet arbuste, dans la perspective du lieu, avec le soleil qui l'embrasse, la réchauffe car le vent est encore frais, et ses jambes très découvertes. Mini-robe puis maxi-robe pour la suivante, une mariée, son mari, un assistant avec les flashs et les panneaux réfléchissants pour accentuer les contrastes, le photographe qui hurle des mots en langues inconnues. Elles défilent l'une après l'autre. Je ris, espérant que le marié soit le bon à chaque fois, dans le bon duo officiel, malgré cette cavalerie de mariages. 

 

 

-IMG_8101.JPG

 

 

a32dc45ad94a5fd45ce935a4a9eabe60.jpg

 


 

Les pigeons passent sur ce paysage d'histoire, les cars arrivent le lieu s'anime, mon chocolat arrive avec un peu de chantilly, le serveur commence à me connaître, je travaille là maintenant. Pas tous les jours, parfois derrière des écrans de plusieurs ordinateurs, parfois ici dans ce recoinde panorama de carte postal. Des grandes, des petites, des maigres, des moins maigres, des  rondes, des vieilles, des jeunes, des enfants, des femmes, me voici dans mon élément, un cinéma réel en 3D sur la diversité et sur les féminités. Ici tout est possible, toutes les tenues existent, entre jean et pataugas pour les randonneuses, joggings pour les plus sportives qui courent à toute heure sous les arbres, plus loin des élégantes, des jeans aussi, des mamies et des mamans, des nounous, des nationalités par dizaines. On parale anglais, français et toutes les autres langues, je renseigne parfois les plus perdus, un sourire, le début d'un message. 

 

 

Le reste de ma journée sera fait de mots, de documents, de coups de fil et d'emails, de recherche d'une prise pour la batterie de l'ordinateur, de nouvelles silhouettes, de soleil et de nuages, de touristes un peu plus nombreux, de questions incongrues, de rencontres avec quelques stars devenus simples passants, de travail toujours avec cet oeil sur la vie, sur la mode.

 

 

su-34.jpg

 

 

Nylonement

 

Quel est ce lieu, bien réel ?


Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

Des escaliers, à dévaler car l'ascenseur est encore en panne, avec un parapluie à la main. Le printemps a choisi d'être grincheux, limite pleurnicheur, non convaincu de la chaleur qu'il distille en fonction des jours, froid le matin, tiède le midi, chaud le soir.

 

Je pousse la porte, un sac bleu, des gambettes à l'abri des trombes d'eau, elles attendent une accalmie, je leur propose mon parapluie, un sourire me répond,  et les sandales sautillent avec moi jusqu'au métro le plus proche. Une voisine, j'imagine, je ne connais pas tout le monde et puis ce matin, je parle avec ses jambes uniquement. Quelques pas, nous contournons les trottoirs déformés et inondés, et nous descendons les marches vers le fond, vers le sec, les transports, la foule, d'autres jambes. Un aurevoir, un ticket, des bips de validation, des portillons, des couloirs, je les perds de vue.

 

 

tumblr_lsc5w7B4O11qd7p3ro1_500.jpg

 

Encore quelques mètres, le parapluie replié, dégoulinant du déluge précédent, je m'arrête sur ce quai un peu vide, le concept RTT fait son travail d'absence. Elles attendent là, dans un collent imprimé, un léopard ou un zèbre, à moins que cela ne soit un croisement, un hybride moderne, mais j'aime les originalités, les élégantes qui osent. Jolis et délicieux escarpins qui plairaient à ma compagne, en version bicolore et classique à la fois, je regarde, j'attends, je patiente dans la lumière et un quasi silence, presque surprenant. Elles lisent, ces jambes stagnent dans une immobilité de lecture, passionnées par un journal financier, derrière lequel se cachent un tailleur, une coiffure blonde au carré, un sac de marque. Le bruit se fait plus présent, le métro arrive.

 

 

animal-print-black-and-white-coat-zara---PAULINEFA-copie-18.jpg

 

Bousculade habituelle, pieds écrasés, chaussures contre talons fins, grosses godasses contre bottes, baskets mondialistes qui envahissent le sol, je rentre, je me cale. Je ne vois rien de cette rame, sauf les slingbacks noirs en face de moi, de dos précisément. Un collant fin, un caban bleu marine s'arrêtant à mi-cuisse, les escarpins, rien de plus, si, une tablette. Tout cela bouge au gré des montées et descentes souterraines, des virages à droite puis à gauche, des arrêts et des stations, de moins en moins de monde, mon regard collé au sol. Jolis talons, belle hauteur.

 

Jeu de lumières sur le noir, reflets irisés sur le collant, une féminité élégante et sobre. Une nouvelle station, deux portes qui s'ouvrent, les fines chevilles disparaissent.

 

 

iOpe2l.jpg

 

 

Enfin la sortie, je monte les marches, je fais attention à mes pas, la pluie a rendu glissant les escalators, pièges modernes pour les fins talons, pour les semelles fines. Quelques pas, trois passages piétons, des impolis encore, des pressés avec. Là-bas ma destination, un digicode, un bonjour via l'interphone, je me glisse dans le petit ascenseur ancien, unique dans ses grincements et avec sa grille hors du temps. Je grimpe ainsi les étages, une porte grise, une salle d'attente. Cinq sièges, des magazines sur la table basse, deux escarpins oranges sublimes, un coup de coeur soudain. Un sac assorti, un silence naturel, celui des plantes en pot, celui de cette personne, en plein jeu sur son portable.

 

Je savoure malgré moi le vernisbleu des orteils, original mais pas opportun avec le coloris des fines brides oranges. Mon imagination vogue vers de la mode, vers d'autres tentatives de vernis, de nail art, quelques minutes encore.

 

La porte s'ouvre, mon nom, j'avance.

 

"Bonjour, je vois. Vous souffrez d'un torticolis.... en sortant vous pourrez revoir le ciel ... plus uniquement le sol."

266767977898151113_T0ERS5Fd_c.jpg

 

Nylonement

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

Après un soirée entre amis et leurs amis, des altermondialistes avec des idées remplissant leurs bonnets en laine sud-amérciaine, des propos intégristes sur tout, et finalement goinfres de toutes les cochonneries industrielles qui recouvraient le buffet. Après leurs rêves, et la réalité plus basique de leurs vies, leurs snobismes plus que leurs idéalismes, leurs paroles et beaucoup de bons vins de notre cave, notre apport à cette soirée, les langues ont parlé vrai, ont dévalé les pentes du capitalisme, pour rouler sur une véritable anarchie, sur des caprices plus que des priorités pour nourrir les autres mais surtout pour remplir leurs assiettes de spécialités italiennes, ramenées par un autre couple, sûrement pas en vélo, comme ce chorizo délicieux venant de la vallée de la Douro avec le porto délicieux.

Paradoxes et reflets flous de leurs discours, j'ai préféré boire que de leur dire de fermer leurs gueules, d'arrêter le monopole de la pensée unique et bien-pensante alors qu'ils sont incapables de faire pousser trois tomates, et encore moins des patates pour vivre leur auto-suffisance proclamée, loin des supermarchés. Et puis ce que l'on perd ici dans nos poubelles n'a jamais servi ailleurs, la goutte d'eau qui coule en trop ici, ne sera jamais disponible dans le sahara. 

 

 

tumblr_m7f29aYdWu1qd36rxo1_500.jpg

 

Je me lève, je bois encore, je ris à leurs conneries stériles, et n'en pouvant plus, j'ouvre sur la table basse leurs besaces en poils de vaches mongoles. Etrangement tombent des ipad, des imachines, des téléphones qui nourriraient plusieurs familles ici ou ailleurs, je hurle mon bonheur en montant sur la table, en rigolant avec ma bouteille à la main, mes talons sur leurs bordels et leurs précipitations à tout récupérer. Pas la peur de du gâchis, non juste leurs peurs mêlées de voir leur confort exposé, loin de leurs flux de mots bien-pensants, les alter-machins ravelent leurs salives. Et moi, je saute à pieds joints dans la flaque de leur bêtise. Certes mes chaussures à semelles rouges déparent mais j'aime la mode, fabriquée ici, chinée là, achetée dans les petits commerces comme dans le luxe. Je picore ma mode, mes folies et mes envies sans retenue. Ais-je raison ? je m'en fous, je parcours mon monde, celui de mon bureau, de mon salaire, de mes jours de RTT, de mes vacances, de mes courses, de mon insouciance, de ma vie de trentenaire heureuse et légère. Frivole je suis, peut-être ! Changeante et heureuse, oui !

 

red_IMG_6124_Falda_CHICWISH_Cross_Bracelet_ROMWE.jpg

 

 

Femmes-5-6883.jpg

 

 

KTR_1483.JPG

 

 

Les amis rient, on est tous un peu bourrés, les rêves continuent, les emmerdeurs ont quitté la place, on picole encore, on chante, on danse sur des musiques africaines, américaines, d'ici et d'ailleurs, la mondialisation est culturelle. Le système, on ne peut le changer, on le subit, sauf si un jour on devient maître du monde, mais aucun candidat ici, juste des délires, des vieilles histoires de notre jeunesse commune avec quelques vieux amis. On parle de robes, de ballerines et de bottes, avec ce printemps pluvieux, de tops et de sacs à mains. Plus de discours sur la composition, sur la provenance, sur les conditions de fabrication, d'ailleurs je n'en sais rien, j'ai juste aimé le style, les paillettes, les couleurs. Saoûle, je suis rentrée sur l'épaule de mon compagnon, on a marché jusqu'au taxi, pour traverser la ville. Les escaliers m'ont paru immenses, j'ai abandonné les talons pour les dernières marches, et je me suis écroulée dans notre canapé dans le silence de la nuit. Saoûle, heureuse.

 

Femmes-5-8501.JPG

 

Ce matin, aucun remord, juste un bon mal de tête. Je vais marcher pour aller au boulot, l'air frais me fera du bien, une pharmacie, quelques comprimés, des vitrines, des chaussures, encore des chaussures, des petites jupes, des ensembles, de la mode, un médicament, un peu de bien-être, ma vie.

 

9059998397_eac931384b_b.jpg

 

Nylonement


Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

Un rayon de soleil sur un mur gris, moderne et triste, un graffitti en rose "Les gens heureux sourient" , je passe ici par hasard, perdu volontaire dans le ville, préférant les impasses ou les rues pavées anciennes aux boulevards infernaux de bruits et de circulation. 

 

La peinture semble couler, à peine sèche, le loup doit être encore tout proche, dans ce coin de jardin citadin, en quête d'autres forfaits romantiques. Je regarde les vieilles devantures des années 50 qui parent le haut des rez-de-chaussée, des boutiques devenus lofts fort onéreux. Une touche vintage dans un quartier cerné d'immeubles et de résidences sans charme, sans vie sauf celle d'un interphone lumineux, symbole d'une modernité impersonnelle. L'air du printemps m'accompagne dans ma quête d'un coin de jardin, d'un square ou simplement de quelques marches au soleil. Parfois la magie donne des lieux magiques, là cachés derrière les murs, des alcôves d'un autre temps.

 

2edf90a9.jpg

 

 

2b4a4d20.jpg

 

Des messages aussi.

 

Mes livres dans ma besace de cuir, mon portable pour laisser libre cours à mes mots, je lis les uns, je m'amuse avec les autres. Avec cette saison, l'amour s'offre un duo commun avec l'amour, avec quelques couples qui flânent ici, trouvant un paradis pour leur bonheur, des sourires sur leurs visages. Les oiseaux chantent, les chats se pavanent sur les rebords de fenêtres, maîtres de leurs appartements, pachas intrigués par quelques papillons ou d'autres reflets de soleil sur les vitres.

 

 

Là-bas je l'aperçois, une jeune femme, un petit sac à dos, un pull gris, un short rose sur un collant opaque plein de dessins poétiques, des ballerines, un carton à dessin sous son bras. Elle s'arrête, repère sa proie, entre deux pots décorés d'arbustes, des pivoines arbustives roses au coeur jaune d'or, là elle fond. Un pochoir sorti de son carton, un choix rapide, une bombe sortie de nulle part, un jet de peinture rose, quelques retouches, aussi dit, aussi fait, aussitôt disparu. Complice de cet acte poétique, de cet acte revendicatif, de cet instant de création artistique.

 

 

8463246538_f880c76049_b.jpg

 

 

275916d1.jpg

 

La fée disparaît à petits pas, légère et heureuse de son forfait, elle marche vers d'autres rayons de soleil, suivant le chemin du printemps. Moi aussi, je suis ce hâlo entre deux nuages, cette ouverture venue du ciel, juste là dans cette ruelle.

 

Quelques pas encore, un coup d'oeil, un sourire encore, face à son message, face à cette liberté qui se compose de petits bonheurs. "Je suis à la recherche de l'amour ... suivez-moi ..."

 

 

 

 

 

Nylonement

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

Provocation facile, à laquelle je pourrais rajouter, un jour sans féminité, un jour sans diversité. Il serait si facile, sans dictature et sans loi martiale de décider que demain, non, mieux aujourd'hui serait un jour sans mode. Pour les plus réchauffés, ce ne serait pas non plus un jour "cul nu", je laisse à la nature et aux naturistes, ce bonheur là, qui semble idéal dans la jeunesse des corps, plus relatif dans les plis et replis de l'âge, et de l'image de nos corps nus.

 

Une journée sans mode, ouvrez-les yeux, toutes les boutiques de votre rue, de votre quartier, de votre ville, celles qui vendaient chaussures, ballerines ou bottes, escarpins élancés ou compensés d'été, mais aussi bien évidemment celles qui vendaient des vêtements, pour enfants ou parents, toutes auraient rideaux fermés, avec une fermeture quasi définitive. Un non droit à la provocation, même à la simple suggestion d'un vêtement différent. Ajoutez les dessous, les dentelles et autres froufrous que vous cachiez, tout cela sera interdit car le nouveau style sera là, unique et livré à domicile.

 

6b5bcf94983e43efad16a93f0ad78c68-copie-1.jpg

 

Pour toutes, un uniforme, un pantalon et un tee-shirt, une veste de la même couleur, une forte tendance au color-block universel. Chaussettes assorties et baskets standardisées sans fioritures. un monde idéal, non ?

Toutes semblables, toutes habillées de la même façon, avec cette tenue, dans un souci de conhérence politique, de non-discrimination envers les hommes et les femmes, envers les jeunes et les vieux, entre les riches et les pauvres, entre les gens de la ville et ceux de la province, d'ici ou d'ailleurs. Une seule référence, une interchangeabilité étonnante, juste quelques tailles de différences.

 

Quelle couleur choisir d'ailleurs pour ce tout ? du noir ? du blanc ? du vert ? du gris ? du bleu ? du jaune ? des commissions auront soulevé le pour et le contre de chacune, des liens sociologiques et philosophiques, voire religieux, des soucis économiques et même de communication, pour choisir une couleur indéfinie, sans nom et sans intérêt car les autres n'éxisteront plus. Pourquoi lui donner un nom ou une définition ?

 

Je vous laisserai apprécier la folie qui pourrait être un déut de roman sur le féminin, l'égalité, la mode et bien évident le féminisme car dans ce débat, j'aurai pu ajouter la jupe, mais je ne savais pas quelle longueur lui donner exactement.

 

5e0d4ecafdd8548a062f01461c8bfe84.jpg

 

De mémoire personnelle, j'ai pu travailler, donc vivre au sein d'une communauté professionnelle où tout le monde était similaire de part sa tenue, fournie dès le premier jour, dans la taille adaptée à notre silhouette et nos mensurations.

Et pourtant, si les premiers jours me laissaient plus concentrés sur mon activité, sur les habitudes de ce secteur, sur les processus de ce métier, j'ai vite découvert d'autres facettes. Oui l'espèce humaine, et plus particulièrement les françaises et les français, évolue naturellement entre l'appartenance à un groupe, ici professionnel et vivant, et ce besoin évident d'être un individu reconnaissable, identifiable. Une volonté non de différence (bien que ...) mais d'existence individuelle pour soi, ainsi j'ai pu voir le maquillage, les coiffures, les bijoux même rares, les détails de chacune et chacun pour être présents, pour être eux-mêmes. Vous pourrez y ajouter les dessous qui malgré tout reste une liberté éternellement renouvelable, cachée ou à peine évoquée, mais bien près de soi, pour un être unique, comme les tatouages d'ailleurs. L'initime et la peau ne faisant qu'un sous l'uniforme.

 

419498_375578489128807_367887086564614_1433946_655901575_n.jpg

 

 

571253533953904548_Wpmqc700_c-copie-1.jpg

 

Alors rassurez-vous, je ne souhaite rien de tout cela, mais je vous pousserai à regarder les personnes qui sont dans leurs uniformes, pour identifier ce qui fait leur unicité. Enfin pour d'autres si vous aimez la non-diversité, aucunement la mode, ce moyen d'expression personnel, masculin ou féminin, je vous laisse fermer les yeux pour vivre dans ce cauchemar, seul et triste. Car de tous styles, de toutes époques, même à l'ère pré-historique, on a retrouvé des signes d'élégance, avec des colliers, des bracelets, déjà en complément des peaux de bêtes.

 

 

Nylonement

 

 

 

Voir les commentaires

<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 40 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog