Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Femmes & Portraits

Du rangement, j'en avais fait durant les derniers mois, retrouvant au passage ces vieux albums de photos que nous faisions avant. L'occasion de se replonger dans le passé, dans les souvenirs surtout, car en observant de plus près les photos, j'ouvrais une porte de ma mémoire, des clefs et des portes multiples. 

Les décennies, l'autre siècle, celui de ma naissance, de mon enfance, de mon adolescence, de la guerre, mais aussi de l'évolution exponentielle de notre monde. Je feuilletais les années 60, les prémices de la liberté, d'un féminisme incompris des mâles dominants nourris des siècles précédents, incompris tout autant des jeunes hommes qui voyaient dans l'amour libre des années 70 des corps libérés pour n'être que plus accessibles sexuellement mais doublés d'une femme au foyer ensuite. J'avais vu tout cela, je l'avais vécu, je le revoyait sur nos photos, lui était là, la famille et les copains. Quelques futurs amis fidèles toujours vivants aujourd'hui, d'autres au hasard des clichés jaunis avaient disparus derrière des vérités politiques discordantes ou partis en province pour ne plus jamais être recroisés. Les fameux réseaux sociaux se limitaient au téléphone parfois, à des cartes postales surtout. Un autre temps. Tiens celle-là, il ressemblait à Bébel, nous avions été le voir au cinéma. Quel bel homme ! J'étais jeune, j'étais femme, je voyageais déjà pour mon travail. Les photos parlent de la mode, d'une époque, je me vois m'affirmer dans ces albums, suivant les folies des jupes courtes puis des robes longues, puis du cuir, puis des tailleurs, avant autant de couleurs variées, de matières nouvelles, autant de coiffures que je dirait exotiques aujourd'hui. Les permanentes des années 80, quelle histoire, je ressemble à des actrices de série télé que l'on retrouve maintenant en version vintage sur internet. 

Crédit photo : provenance pinterest

Crédit photo : provenance pinterest

Pas vraiment un coup de vieux, plutôt un beau voyage temporel, car j'aime mon image, celle d'une femme assumant sa silhouette, avec les maternités, les enfants, le boulot, la fatigue, les vacances, les sorties, quelques douleurs aussi. Les photos sont là, pas pour chaque instant, mais je revois des époques, des maisons, des déménagements, un divorce, un autre homme, des autres relations, des moments de vies.

Mais je suis toujours là, maintenant je peux dire un peu plus vieille, senior aux cheveux gris ou silver, dans une décennie nouvelle, dans une conquête d'un siècle possible. Mes enfants font et défont leurs vies, mes petites filles viennent fouiller les armoires et les cartons pour commenter mes tenues de mode, elles rigolent, et puis parfois elles piochent car le vintage de mamie devient tendance. Moi, je ris de me voir si belle à cet âge.

Et puis quand le jeune serveur parle d'une jeune grand-mère, pendant que je bois un perrier-menthe avec mon arrière-petite-fille, je rajeunis. Sagement. Je souris encore et toujours. La vie est belle.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Féminité & Sensualité, #Nylon & Lingerie

Depuis des mois, il travaillait sans comprendre le sens réel des informations qu'il recevait, sans prendre le temps de voir le monde avancer. D'ailleurs durant des semaines, les gens avaient disparu de la ville, des rues et les journées avançaient sans nuances, sans bruit de vie. Tout ce petit monde était ailleurs. Emprisonné peut-être ?

Lui avait le droit de sortir, de marcher vers sa voiture, d'aller au travail, de monter seul les marches ou de prendre un ascenseur tout aussi vide. Là il aidait de son mieux les personnes qui étaient là, des êtres perdus dans un vide émotionnel proche du néant. Sans repères, lui donnait encore un peu d'espoir, et puis après les premiers jours, les premières semaines, il avait trouvé les mots pour donner un peu de sens à tout cela.

Aujourd'hui, des mois après les vagues successives, il appréhendait différemment les nouvelles, il voyait ce monde s'écrouler lentement sans apprécier la hauteur de la chute. Lui les accompagnait toujours, inlassablement, sans voir sa propre fatigue, sans se plaindre, sans envie non plus. Il était fidèle au poste. 

 

 

Les jours sombres approchent

Paradoxalement, sans vie sociale durant des mois, il avait moins lu qu'avant, ne prenant le temps que pour essayer de respirer, pour finalement mieux s'écrouler de fatigue. Doucement, délicatement, il somnolait devant la télé, sans aucun échange, en total consommateur anéanti, insatisfait du contenu. Il s'endormait là, doucement et parfois aussi violemment. Absorbé par le poids des journées trop longues, par cette impossibilité de simplement sortir pour croiser le sourire de la boulangère, pour croquer du pain frais. La nuit le matin en partant, la nuit de nouveau le soir en rentrant du boulot, existait-il vraiment un jour, un coin de ciel bleu ? 

Ce soir il rêvait, sans espoir, peut-être en reprenant ce roman posé là depuis des mois, quelques pages en arrière, une belle blonde dans son salon, elle attendait son amant. Les mots défilaient à nouveau, la mémoire jouaient avec ses neurones affolées. Le contexte reprenait forme, l'érotisme des chapitres précédents affluaient avec des images, des émotions et même des sensations. Le crissement de la jupe dévoilant les bas noirs, les yeux apercevant les coutures prolongeant les talons hauts, le chemisier de soie, tous ses sens retrouvaient le bonheur d'un fétichiste heureux. Le lecteur devenait le personnage, du moins il créait la confusion intellectuelle. Elle était là devant lui, en pleine lecture. 

Qui était-elle ?

Son amour, cette femme pulpeuse, il l'avait idéalisée avec ses propres critères, abandonnant la blondeur pour une brune plus sensuelle, plus proche de ses souvenirs personnels. Loin du conte empli de perfection donné par l'auteur, il appréciait plus une femme vraie, imparfaite comme nous tous, du moins hors des standards et autres stéréotypes, il la voulait plus accessible. Femme de papier pourtant, mais ce soir il s'endormait avec cette image. Proche de lui, si loin encore.

 

Nylonement

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