Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous
Lapin ...

Lapin de pâques ou lapin de Playboy, à chacun sa faiblesse ou sa gourmandise !

 

Et pourquoi vous parlez de playmates en ce jour ? Car le hasard de lecture de vieux journaux, ceux qui traînent sur une table basse, chez un coiffeur ou dans des toilettes, m'a poussé à croiser un peu, beaucoup même, de vulgarité. Cela aurait pu s'arrêter aux oreilles et à la touffe blanche des costumes de playmates, sur un body noir souvent et un collant fiché dans des talons très hauts, comme le créateur de ce magazine aimait savourer. Mais non ! J'ai pu lire, une fois de plus dans la presse féminine, féministe de moins en moins souvent, de mode parfois sauf quand les imprimés rendent fous les caméléons et les photographes peu inspirés, donc j'ai feuilletté le nième article sur la famille K. (oui j'éviterais de les nommer en intégralité, pour que google ne leur ajoute un brin de notoriété en citant les cinquante membres (une famille lapin !) avec des prénoms  ,non cités ici, en K avec gros Q, mais petit QI).

 

Je suis dégoûté, le terme est un royal euphémisme, face à cette vague que je croyais américaine, et limitée à ce pays où le marketing donne des leçons de savoir-vivre permament, plus encore de savoir-penser. Car là le tsunami semble annihiler les cerveaux de journalistes en les figeant dans des moments contemplatifs face à des bimbos de mauvais goûts, des exhbitions quotidiennes, des faits et gestes écoeurants et sans fond, des actes anodins qui ne mériteraient rien de plus que de les oublier avant même de les voir afficher ici et là. Ok (et encore ...) si leur excès de mode permettaient de rêver, de croire en un sitcom devenu réalité bien réelle. Mais là on nous ment deux fois. Ces gens sont des vitrines ambulantes, vulgaires à souhait (oui je me répète, c'est la nausée intérieure), gérées par des lobbys et des marques, des effets de manches longs comme quatre bras d'oran-outans. Rien n'est vrai, et pourtant on essaye de nous faire croire qu'ils vivent "naturellement" ainsi.

 

D'ailleurs qui vit actuellement avec une équipe autour de soi, du réveil au coucher, avec des caméras partout. Qui peut envoyer des sms, des messages fb, des intagrams, des twitt, des machins et des trucs, en plus des photos de tous ses gestes de la vie. Personne sauf les génies marketing K !

 

Mais surtout qui peut encore rêver de vivre même dix minutes comme ces couillonnes retouchées de partout, au goût fashion très limite, sauf quelques cagoles peut-être. 

 

Le pire s'ajoute à cette prétentieuse vie d'élégance bling-bling et caniveaux, quand les médias leur demandent de penser, de parler, de défendre des valeurs auxquelles elles semblent rien avoir de commun dans leur monde parallèle factice. Faut-il avoir oublier que les livres, les trucs en papier posés dans des étagères derrière la télé, apportent plus de rêves, plus de critiques, plus d'ouverture d'esprit, d'aventures et de folies. Pour tous les goûts certes, mais pas imposés par quiconque sauf vous, lectrice ou lecteur.

 

Ma curiosité me pousse à regarder mais c'est le vide, l'abject de notre société poubelle, qui récure nos chiottes entre deux publicités pour nous donner en spectacle des femmes, que dis-je, des êtres virtuellement sans intérêt aucun. Pire que la télé-réalité, déjà signe d'une décadence, d'une dégénérescence intelectuelle, la famille K inonde les médias d'un vide sans fin.

 

Je vais lire Madame Bovary. L'imaginer ! Rêver !

 

 

Nylonement

 

 

 

Lapin ...

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Nylon 50-60, #Nylon Passion
MOJUD 1953 Ads

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Vintage : MOJUD nylon stockings
Vintage : MOJUD nylon stockings

Les bas nylon vintage sont une source quasi infinie de trouvailles, de belles pochettes et d'anecdotes. 

Récemment je vous avais parlé de plusieurs initiatives, avec des pages fb regroupant des pochettes de bas nylon anciens, de publicités vintage couvrant les années 40-50-60 (animées par Miss Eva, Saperlipopette et Stéphane BasNylon principalement, merci aussi à Barbara Letalle), mais aussi le référentiel Bas Nylon Vintage sur Pinterest (animé par Pamina et moi-même). Un beau partage ouvert à toutes et tous pour retrouver de beaux graphismes d'époque, l'esprit stylé des réclames du passé et la finesse des bas d'alors.

 

Une belle énergie pour une passion commune !

 

Sagement je me permettrai avec ce blog de prolonger sur les détails soyeux, d'approfondir les informations vintage sur les marques, françaises ou internationales. Un projet avait été mis de côté depuis 18 mois, le temps et la santé, tous deux retrouvés, je vous parlerai prochainement d'un avenir bien réel, d'un contenu dédié aux bas nylon vintage.... 

 

Mais je suis ouvert comme toujours à vos photos, vos remarques, vos compléments d'informations. Le savoir, la connaissance et même l'expertise ne sont que la combinaison de partages constructifs.

 

 

Aujourd'hui la marque américaine MOJUD, pour compléter d'autres articles déjà parus à son propos dans le passé de ce blog :

www.nylonvolupte.com/article-mojud-decouverte-66457108.html​

 

 

 

MOJUD labels on welt
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MOJUD SUPP-HOSE nylon stockings
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MOJUD SUPP-HOSE nylon stockings

MOJUD SUPP-HOSE nylon stockings

Petit rappel historique, la marque est née à Western GREENSBORO, en Caroline du Nord, dans une région textile très active, dès 1926. A l'époque, en complément de la révolution industrielle, les premières machines encombraient les usines qui faisaient travailler plusieurs centaines, parfois plusieurs milliers de salariés. Les associés, Bernard MOCK, Nathaniel JUDSON et John K.VOEHRINGER ont fait évoluer au gré de la demande leurs usines, avec des tranche de construction en 1927, 1928, 1930, 1936 et 1938, en traversant les années de crise économique puis de reprises avant la seconde guerre mondiale. Les produits étaient des chaussettes mais aussi des bas de coton fin, de soie tout particulièrement, avec près de 4 millions de paires par an dès 1929. Près de 1350 employé en 1936, les entrepreneurs prirent très tôt le tournant de la soie vers le nylon, nouvelle fibre créée par DUPONT.

 

L'évolution de la production de bas nylon américains atteignit 10% du total dès 1940, avec un arrêt dû à la guerre, pour un virage vers l'effort de guerre. Voir www.nylonvolupte.com/article-bas-nylon-ses-origines-120603586.html et ensuite www.nylonvolupte.com/article-bas-nylon-seconde-naissance-120691039.html. La croissance continua jusqu'à atteindre plus de 2000 employés, et à devenir une des 3 plus gros producteurs de bas nylon du monde. La marque MOJUD renforca la reconnaissance avec toutefois des productions vendus sous d'autres marques. Une production qui suivra les années d'or 50 et 60 avant le déclin dû à l'apparition et l'adoption internationale des collants. Un rachat par BURLINGTON groupe KAYSER (sujet d'un prochain article sur la marque vintage), avant l'arrêt total de l'usine en 1972.

 

Vous trouverez peu de fantaisies dans les pochettes, juste le classicisme des boîtes en carton, regroupant en général quatre paires sous un papier de soie, serti d'une bande cartonnée siglée MOJUD. 

 

Parmi les anecdotes, un objet publicitaire sous forme de mini-mannequin, animé par un petit moteur électrique, soulevant sa jupe pour montrer ses jambes. Mais aussi une marque Miss Mojud pour les jeunes filles.

Les bas nylon proposés ici sont avec ou sans couture, montrant le panel des années 30 en soie, puis 40 premières productions, puis 50 et 60 avec au final le micromesh.

 

 

Nylonement

 

 

Vintage : MOJUD nylon stockings
MOJUD 1949

MOJUD 1949

MOJUD 1948

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MOJUD ADs 1939 to 1952
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MOJUD Nylon Stockings
MOJUD Nylon Stockings
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MOJUD Nylon Stockings
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MOJUD 1951

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Féminité & Féminisme, #Féminité & Sensualité
Vendredi

Je ne l'avais jamais vue.

 

Et pourtant elle était là, devant moi. Elégante dans cette robe choisie avec justesse, embellie par les conseils de cette vendeuse, dans cette petite boutique, proche de chez moi. Pas des compliments pour me vendre la plus chère mais pour prendre en compte mes courbes, les rondeurs du temps, les excès au-dessus des hanches mais aussi ma poitrine pulpeuse que je ne peux pas cacher. Que je ne veux pas cacher !

 

Car dans ce miroir, je me voyais enfin, j'ouvrais les yeux.

Lui, cet homme que j'aime m'avait un peu refroidi avec sa franchise, mais surtout en précisant que ce n'était pas un jugement ni même un reproche, juste un constat positif. Il n'était pas aveugle en me regardant, il voyait ma silhouette, nue ou habillée, en mouvements ou allongée sur un lit, il me connaissait par coeur. Aussi, ses sentiments étaient toujours les mêmes, plus encore quand il m'entendait me décrire, ronchonner face à mon corps dans le miroir. Là il se fâchait avec délicatesse. Ne cherchant pas à cacher la vérité, oui les rondeurs, mais s'opposant à mon regard négatif. Excessif même avait -il ajouté avec fermeté ! Car si d'un côté j'étais bien consciente que mon corps changeait, évoluait avec le temps, l'âge surtout, avec l'activité et le stress de mon travail, avec cet abonnement à cette salle de sport dont je ne rappelais pas mon dernier passage. Lors de mes instants personnels, sous la douche, en prenant le temps de bein étaler la crème ici et là, avec ce miroir juste derrière, j'apercevais mes jambes, mon buste, mes bras, ma tête. 

 

 

Vendredi

 

 

Et sans concession, je n'y voyais plus que le côté obscur, le relâchement ici, le petit boudin là, trop présent, ce ventre, cette peau molle ici encore, mes fesses plus rondes, mes jambes plus flasques. Pire encore, mes petits doigts, mes orteils sans charme, et il était entré, j'avais déballé mes impressions, une fois de plus. Il aurait pu rire ou m'écouter sans vraiment m'entendre. La routine de certains couples, la fadeur quand certains ne regardent plus l'autre. 

 

Mais son attitude fût inverse, choquante en recevant les premiers mots. Il refusait de croire en mon regard car lui voyait une autre femme. Certes il pouvait, il l'a fait partiellement, faire des remarques, constater lui aussi des changements. Nous n'avions plus vingt ans, et ma morphologie n'était pas d'être un mannequin filiforme. Alors il a défendu, pour s'opposer à ma défense trop sombre, à mes arguments trop négatifs. Il a pris le miroir, le vrai, celui de ses yeux, celui de mon corps, de ma réalité mais aussi de ses sentiments, de ses mains, lui si tactile. Nous initime, nous nus, nous en corps à corps, nous aussi dans des câlins. Il a exprimé clairement cette relation charnelle, mais bien évidemment il a pris ce recul sur la mode, sur mes tenues, sur notre quotidien. Sans reproches, mais fermement en opposition sur mes critiques infondées, avec de beaux conseils, avec des espoirs, communs d'ailleurs car lui aussi à sa silhouette qui a évolué, gonflé, changé. Il a repris chacune des courbes, les replaçant dans notre bonheur, dans mon allure, dans mon âge et dans mes désirs. Avec ses arguments, il ne m'a conforté dans mon corps actuel, mais avec quelques changements accessibles et réalistes, atteignables, et à mon ryhtme. Avec de l'amour, il a demandé à mes yeux d'accepter cette beauté matûre, naturelle et rayonnante. Elle est une part de moi, il m'en a convaincu, rajoutant sans coeur et ses émotions pour le dire, le redire et souvent le répéter. Changer, réajuster, croire surtout, se sentir aimer et au final s'aimer !

 

J'ai fini avec quelques larmes de bonheur, et un large sourire.

Il m'a embrassé, serrant toutes mes courbes dans ses bras.

 

 

Nylonement

 

Vendredi

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - demain

Chaleur de l'après-midi, vent sournois qui soulève les jupes et rappelle que l'été est encore loin.

 

Je pousse une table, je me glisse sur une chaise, là sur cette terrasse de café, je commande un schweppes citron. Contemplative, naturellement, je pose mon téléphone, je l'oublie même car le silence malgré la centaine de CV envoyés la semaine dernière, m'agace et me terrifie.

 

 

 

 

 

Sobrement, je laisse mon regard voguer sur la population, je flâne avec mes yeux, immobile, cherchant le détail de mode des unes, les silhouettes des autres. Homme ou femme, je ne suis bégueule, tout est sujet à mon plaisir visuel. Un décolleté savant d'une chemise en coton ancien, caché par une écharpe de coton mou indien, une coiffure courte qui va si bien avec le sourire de la demoiselle, deux amoureux plus loin, lui n'ose pas, elle parle. Enfin ils s'arrêtent, lui ose, les lèvres se rencontrent, elle l'enlace, n'attendant que cela peut-être. Lui là-bas avec son téléphone, une veste d'été sur l'épaule, une chemise un peu vieillotte,  un pantalon droit, mais une paire de fesses bien rondes, un bonheur visuel. Non je ne regarde plus ailleurs, j'attends juste de trouver le zoom pour apprécier la courbe parfaite, pourtant le visage est quelconque, je préfère définitivement le verso.

 

 

 

 

 

Une robe bleu, une robe noire et beige, deux collègues ou deux copines, elles parlent avancent vite dans la rue, rien devant elle. Un couple de personnes âgées, une course folle entre lui et sa jambe raide et madame un peu ronde, pas très habile pour escalader les trottoirs, ils se faufilent entre poubelles, voitures mal garées, arbres stressés par le goudron ambiant et quelques crottes de chien impolis, enfin surtout leurs maîtres. Un groupe de jeunes fument, ils causent et tapotent leurs téléphones, cet organe bientôt greffé sur eux en direct. Des jeans uniquement ! 

 

Là-bas un skateur, les cheveux au vent, l'allure du surfeur cherchant sa vague, précoce avec son short et son tee-shirt débraillé. Je bois mon verre, j'ouvre mon magazine en attendant le prochain rendez-vous. Des publicités, des gens parfaits, des jeunes filles plutôt que des femmes, mais malgré mes vingt ans passé, je ne me reconnais pas en elle, surtout quand quelques pages plus loin, elles vantent des crèmes anti-âge, mais elles n'en ont pas d'âge. Etonnant choix, plus étonnante encore notre inconscient et son interprétation naturel, formaté par la publicité ou peut-être lassé par ce vide, ce gouffre entre leur vision et notre réalité.

 

 

 

 

 

 

Moi, je suis blonde, enfin depuis ma première teinture, je me sens mieux ainsi, et plus personne sauf ma mère et mon père se souviennent de ma couleur d'origine. Une petite poitrine, des hanches, un début de cellulite tout en faisant du sport, attention à mes repas, et en bougeant souvent à pied. Bref une personne affreusement générique comme mon copain, qui se décrit ainsi. Ni belle, ni moche, avec des yeux marrons pas en amande, ni un nez de princesse, juste un trait d'eye-liner derrière des lunettes. Standard mais avec son charme, belle avec une petite robe noire, souvent en jupe car mes jambes restent un atout, mais pas un modèle photo. Mais je m'assume avec mon corps, mes hormones et son amour. Celui-ci est si fort, qu'il m'a permis de gommer des doutes, de croire en cette petite robe l'autre jour, de voire la mode plus en féminité.

 

 

 

 

 

Mais cette femme, enfin cette jeune femme pour ne pas dire jeune fille sur la publicité des collants, ok elle a des jambes immenses, une taille de guêpe, mais aucune forme sauf celle d'un tube. Je ne suis pas jalouse, juste amusée du décalage entre elle, moi, les autres là devant moi. Aucune lui ressemble !

 

Et çà ne fait pas rêver pour autant !

 

 

 

NYLONEMENT

texte publié sur le blog

www.absolue-feminite.blogspot.fr

Mots & Emotions

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - vous

Douche chaude en regardant le jour se lever dehors, je m'enveloppe de ma serviette tiède, un instant de bien-être pour commencer cette semaine. Le soleil pointe timidement ses rayons derrière les nuages blancs, un temps incertain coincé entre l'hiver et le printemps. Fraîcheur annnoncée pour sortir le matin, après-midi plus agréable à prévoir, ces pas timides de la nouvelle saison sont toujours un casse-tête pour s'habiller. Quelques crèmes, je prends soin de mon corps, sans excès non plus, sans miracle non plus, les années passent, ma peau évolue. Je souris car je me sens toujours mieux, je m'assume, et avec le même réflexe je mets mon rouge à lèvres, cette pointe de maquillage avant même de constater que je suis encore nue.

 

Vers la chambre, ce coin dressing, ce lieu uniquement pour moi, où il peut juste passé les yeux, pour ne rien comprendre à ce capharnaum si personnel. Pourtant il y a des rangements, des étagères, des tringles pour suspendre mes affaires, des tiroirs adaptés aussi, mais j'aime ce miroir en pied avec mille et une robes posées dessus. Mon univers de féminité, le plaisir de chercher, de caresser les matières, je suis tactile, toujours et même un peu plus chaque jour. Je pourrai choisir, parfois, les yeux fermés juste avec le bonheur des sensations au bout de mes doigts, cette fluidité de jupe, ce soyeux pour ce chemisier, cette robe là pour son cuir souple et ultra-doux, ce pull doudou en cachemire onctueux quand ma main s'égare dessus. Que choisir pour aujourd'hui d'ailleurs ?

 

Cette jupe noir et blanc peut-être ? un motif sans être pour autant un imprimé importable, ce pull noir, moulant pour mettre en valeur ma volupté, ma poitrine, ma fierté ? Avec un collant opaque ou en prévoyant la chaleur de l'après-midi, un voile fin ? Des bas peut-être, pour changer ? J'hésite, j'essaye, un coup d'oeil dans le miroir, j'hésite encore. Lui passe entre la salle de bain et la chambre, me regarde, sourit. Je me glisse dans la douceur de la lingerie, blanche, j'aime les contrastes dessous et dessus. De toute façon, c'est juste pour moi. Jupe et pull, je file de nouveau pour parfaire le rouge de mes lèvres, finir le maquillage de mon visage. 

 

Mon thé attend avec mon homme lisant les nouvelles sur sa tablette. Des bisous.

 

Ah oui, j'opte pour les cuissardes aujourd'hui, après les bottes et bottines de la semaine dernière. Un bonheur de mode en plus pour bien commencer la semaine.

 

 

Nylonement

 

Lundi

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode

Un jour j'ai cru que le monde s'écroulait. Ce matin là, je n'avais plus de forces, plus rien en moi, en quelques instants, une fuite sans fin.. Toute l'énergie avait glissé en dehors de ce corps, évaporé en touchant le sol, le trottoir et son macadam froid. Plus de saison, juste un vent gelé sur moi, des personnes affolées, mon visage tout blanc, mes yeux ouverts vers le ciel gris, je n'étais plus présente.

 

Quelques minutes, quelques longues minutes, un temps sans fin pour non pas comprendre ce qui ce passait, mais simplement revenir vers moi, avaler ma salive et respirer. Tout s'était arrêté, je n'avais plus de repères, tout apparaissait comme plat, en deux dimensions, écrasé sur le sol, une vision tout autre de la vie, des gens, des mouvements, avant que n'arrive les pompiers, leur médecin, leurs gestes prévenants.

 

 

Evanouie

Je me sentais si bien en partant, mon homme encore endormi, son parfum se mêlant au mien, mon tailleur, un joli motif sur mes jabes et mes bottes. Vers mon nouveau poste, avec une belle envie, ce projet, cette dynamique avec toute mon équipe, nous bossions tous ensemble depuis plusieurs semaines pour cet objectif commun. Mais là, soudainement, sans raison, je n'ai plus rien ressenti, j'ai quitté cet espace, encore endolorie par ma chute molle, encore ballotée dans cette ambulance, des mots que je ne comprends pas, des lumières, un second décrochement.

 

Tout est allé très vite sans que je le saches, sans que je le vois, avec cette impression d'être une spectatrice endormie ou avuegle face à moi-même. D'autres lumières, d'autres lieux, des roulettes, des portes, des mots encore, des médecins, un silence total de ma part, j'étais là et ailleurs à la fois. 

 

Un seul rêve, un pull tunique chaud pour m'enrouler dedans.

 

Quand je me réveillée, ils m'ont donné leur diagnostic, expliquant leurs interventions ainsi que les tubes et autres machineries qui m'entouraient. Je me souvient de mon tailleur gris, nickel sauf la jupe tâché, froissée, suspendue à un cintre sur la poignée d'une armoire bleu pastel. Et lui, qui avec des yeux grands ouverts, pleins d'amour et de peu, il est entré, sagement pour aller vers moi. Enfin ces mots fûrent les premiers que mon cerveau a voulu comprendre, entendre surtout. Une clef dans cette parenthèse imprévue de ma vie de femme.

 

 

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - Duo de générations

J’avais été ce lien implicite entre les générations, une simple histoire de famille.

 

Aujourd’hui nous quittions cette grand-mère qui avait porté toute une tranche d’histoire avec elle. Sous un ciel gris, dans les souffles de vent froid, nous étions tous réunis pour lui rendre un dernier hommage. Elle qui avait été une seconde mère, un second foyer pour exprimer mes rages d’adolescence puis pour me conforter lors de mes études. J’aimais les soirées cartes et chocolat chaud, dans son petit appartement toujours surchauffé. On parlait de papy, parti plus tôt, avalé par sa maladie, harassé par la fatigue de toute une vie de labeur.  Avec le temps et les mots justes, elle m’avait ouverte les portes fermées sur son passé, ses douleurs, les zones sombres de ce qu’elle ne voulait pas exprimer, tout en le ruminant depuis des décennies. Sociologie d’une famille, un thème que j’aurai pu prendre pour sujet de thèse lors de mon cursus universitaire, tant il y avait à dire, à écrire et à analyser.

 

Né dans le sud de l’Europe, dans un pays pauvre, elle avait appris le racisme non pas de la couleur mais des origines, en balbutiant les premiers mots d’une langue inconnue dans ce nouveau pays, négociant pour apprendre au plus vite les codes de celui-ci. De l’école, elle conservait les bons et les mauvais côtés, une tranche d’intégration pour finalement devenir brillante élève mais se faire rattraper par une autre habitude étrange de son époque, elle n’était qu’une fille. Donc pas d’études, mais une unique voie vers un métier manuel, de proximité, dans une petite fabrique locale, pour les tâches les plus répétitives. Une déception qu’elle tournait en dérision avec le temps, le recul et tous les amis rencontrés sur place.  Un mari aussi, un homme pris aussi dans la routine des efforts mal-payés, des heures sans fin, des départs au petit matin, des retours à la nuit. Un mariage, un petit appartement, et des années sans enfants, la vie avait décidé ainsi pour eux, malgré leur volonté profonde d’en élever. Miracle à l’approche de la quarantaine, un beau bébé était venu. Avec une double sanction, une fille, qui de plus se révéla ensuite atteinte d’une différence, elle ne parlait pas, entendait mal.

Une époque où tout cela devenait une gêne collective, un malheur familial. Mais renoncer n’était pas dans sa nature même dans l’adversité, elle avait dirigé la maison, son travail, gérer le handicap, trouver les bonnes personnes et le temps pour remédier avec sa fille, pour vivre dans une étonnante normalité. Papy avait suivi malgré lui, ne comprenant pas toujours cette force utilisée pour sa propre fille. Une véritable battante, elle avait appris le langage des signes, lisait sur sa table de cuisine les quelques ouvrages consacrés au sujet, consultait les spécialistes et les évolutions pour donner toutes les chances à sa fille, ma mère. Car la suite, là aussi elles me l’avaient caché, enrobant certaines étapes, voilant les difficultés, les moments de honte et de refus, les errances d’une époque, d’un milieu populaire.

 

 

 

Copyrights NINA RODER http://ninaroeder.de/wp/mutters-schuhe/
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Au final, elles refusaient la fatalité, visaient consciemment ou non, une vie étonnement normale. Avec des études, comme levier dans la société, ma mère avait pu s’adapter à ce monde professionnel de la comptabilité, progressant avec ses seules compétences, sans l’ombre du handicap. Un métier, une véritable reconnaissance, une vie sociale plus souriante, une nouvelle génération. Une rencontre, un coup de foudre, mon père, un homme discret, un brin timide, d’un charme fou quand il lisait dans son fauteuil, un gentleman sans le thé, ils s’étaient mariés, et assez vite j’étais venue compléter le duo de mes frères. Une tribu, une vie de rires et d'amour. Chaque jour des instants complices, du petit-déjeuner au repas du soir, mais aussi au goûter  avec ma grand-mère souvent, le reste du temps en famille, nous étions heureux. J'ai assumé pleinement les quelques remarques de mes camarades, souvent éblouis par les bêtises d'ados, l'envie de blesser sans réellement comprendre. Pas de chance pour eux, j'avais des réponses, des mots, une volonté de changer leurs regards sur le handicap, sur ma mère comme les autres. Certes avec mes frères, nous sommes devenus les porte-paroles face aux administrations qui voulaient avoir ma mère au téléphone, qui ne comprenaient pas sa volonté de régler les échanges par email. Un aveuglement certain de leur part ! Mais la vie a toujours été un long fleuve avec des cascades, des tourbillons, des longgues lignes droites tranquilles, bref à l'image de celle de toutes les familles. 

 

Alors aujourd'hui, avec les mots, les sons et les signes, nous avons dit adieu à cette grand-mère qui voulait changé le monde, son petit monde. Que de volonté pour donner la force d'équité à sa fille, à toutes les générations suivantes, nous la remercions.

 

 

Nylonement

 

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