Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

feminite & sensualite

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité, #Gentleman W, #Nylon Passion

Renaître après des mois de silence, sans aucun mot, avec si peu de traces sur les autres blogs, sans commentaire ou si peu. Ne plus écrire du tout, digérer une grosse vague émotionnelle, en suivant de plus près celles de mes enfants, de mes jeunes adultes avançant avec un repère en moins. Vivre, continuer à vivre sans chercher le sens des certains rêves perturbés, avancer à tout pris.

Travailler, entrer dans le coeur du tourbillon, au sein de l'ouragan, à travers la force des vents, parfois contraires, dans un troublant semblant de silences, de non-dits et de souffrances. Travailler encore pour se nourrir sans y prendre le moindre plaisir, comme une destination non définie, sans chemin, sans repères encore, sans envie, sans aucune envie d'être là. Travailler, oublier les autres espaces de la vie, décrocher des mondes parallèles pour remplir le temps de la vie par de la fatigue par des actions et des décisions.

Soutenir les autres, répondre à leurs attentes, les anticiper et souvent passer à côté, les rater car le parcours de chacun reste unique face à un départ. Chercher à comprendre la force des doutes, ce vide, cette douleur lancinante qui vous frappe ici et là, devenant un blocage musculaire ou une glissade dépressive.

Avancer encore pour eux.

Comprendre enfin que mon aussi, j'ai besoin de résorber cette blessure. Prendre du recul, oublier enfin. Du moins mettre de côté pour avancer, en laissant une part naturel aux souvenirs, aux beaux souvenirs d'instants naturellement bercés d'amour, oublier les années suivantes, les colères et les paradoxes, avancer simplement dans ce maelstrom d'émotions et de larmes.

 

 

Un geste si délicat !

Un geste si délicat !

Revenir ici, avec mes mots, relire le passé, des seize années et les milliers d'articles écrits entre les pages, pour d'autres blogs aussi, pour d'autres lectrices et lecteurs.

Retrouver ma bulle, notre bulle de douceurs !

Car il y a plusieurs clefs pour se glisser dans ce bel univers soyeux. Heureusement j'ai, près de moi, cette chérie, incontournable pilier pour me supporter, pour marcher encore. Une clef en or connaissant la complexité de mes mécanismes, même ceux cassés. Irréparables. Elle est là bien présente pour notre duo, pour nos discussions, nos balades main dans la main, pour ces instants rituels, naturels et intenses où chaque jour, nous nous serrons dans les bras. 

Alors oui, aujourd'hui symboliquement, je reprends mon stock de mots, de voyelles et de consonnes, pour accompagner à nouveaux les courbes des femmes, de toutes les silhouettes, en échangeant autour des idées, féminités et/ou féminismes, partageant mes lectures, rêvant de détails de mode, avec un zoom allant du mini au maxi, jouant des facettes que composent vos vies. Ce ne sont que mon regard sur vous, que mes envolées lyriques ou réalistes sur notre monde, que des mots et des photos aussi.

Car les clichés seront toujours là pour promouvoir la diversité des beautés, rondes ou minces, dansantes ou immobiles, jeunes ou de millésimes plus matures, petites ou grandes touchant presque le ciel, colorées ou en noir et blanc, en courbes et en lignes souples, avec des verticales mais aussi des horizontales, souvent enveloppées de mode, parfois uniquement en symbiose avec des dentelles. 

En bien évidemment, bien nylonement, avec des jambes glissées dans une paire de bas nylon, avec ou sans couture, toujours en élégance.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Féminité & Sensualité
Touches de couleurs

Savourer ce Printemps, ce renouveau de la nature avec des fleurs et des couleurs dans mon jardin, voilà le leitmotiv que j'avais pris après deux années perdues, diluées dans le temps infini des doutes et des éloignements involontaires.

Alors aujourd'hui avec le soleil mitigé qui se conforte de donner un peu de chaleur mais surtout de bloquer les nuages de pluie si utile, je suis lasse de ne pas vraiment sortir, non plus contrainte par le confinement mais par une perte de goût de l'aventure. Je suis paradoxalement coincée entre l'envie de sortir, de gambader devant mes boutiques préférées, suivant un chemin rassurant, retrouvant des vendeuses devenues parfois des amies, des modèles et des marques proches de moi, et pour autant je me sens molle de ne plus avoir ce déclic naturel, engourdie par une fibre casanière imposée durant ces années, devenue une modification génétique de mon comportement. Rien de plus, juste ce canapé en cuir chauffé par les rares rayons de soleil, cette robe-pull si douillette et de la musique disco en fond dans tout l'appartement. 

Hier encore, je regardais d'un air distrait, ma collection de beaux escarpins, posée sur des étagères basse de mon salon, comme des bibelots rutilants. Elle était née de façon involontaire de mes achats, de mes évasions sur le web, comme des bonbons trop sucrés achetés à la sauvette, avec des couleurs vernies, entre deux séries de soldes. Les magazines, les heures passées en télétravail avec des fenêtres sur la mode, les tendances les plus débiles, les plus enviables qui provoquaient un achat plus que compulsif. Des escarpins, des brides fines ou extra-larges en cuir épais pour envelopper mes chevilles, des talons, des petits, des moyens et puis des cinq pouces vertigineux. Mais quand elles arrivaient, j'étais comme une gamine, ouvrant la porte au livreur avec un masque que j'aurai volontiers, malgré tout, embrassé comme un lutin du père Noël, enthousiaste, follement enthousiaste de mon propre cadeau, pardon achat enfin arrivé. Je mettais la musique un peu plus fort, et je me chaussais. Plus exactement je fonçais vers ma garde-robe, mon portant avec mes robes, mes tuniques, mes tops et mes jupes. Couleurs ou petites robes noires, j'hésitais, je variais toujours, j'essayais beaucoup, cela s'entassait sur le lit, le canapé parfois même par terre. Pas de souci, pas de visite, et tant de temps à occuper dans ce vide confiné. je remettais un morceau, encore un peu plus fort, funkytown, et je me glissais dans mes bas, puis dans mes escarpins. 

Je dansais, je me jouais des centimètres nouveaux sous mes pieds. Mais en deux ans, j'ai dompté mon instabilité, les portant par plaisir pour danser encore, seule dans mon salon. En les portant aussi sous mon bureau de télétravail, ma pointe de folie, ma féminité toujours présente même les jours sans envie de m'habiller en restant scotchée derrière un écran, sans visio, sans rien. 

Aujourd'hui, je les regarde, comme des parenthèses posées là, des touches de couleurs des quatre saisons passées. Je vois le gris du ciel, je me repose, je rumine mes non-envies de sortir. Je me suis habituée à ce vide autour de moi, à ses bruits extérieurs assourdis, tel un ronronnement urbain, avec un peu de vent en bonus dans les branches de l'arbre devant mon balcon. Molle, je lis un livre tombé de ma pile de livres, ce stock incongru de coups de cœur classés de façon chaotique, au gré des dégringolades des piles diverses dans les coins du salon. J'aime les voir couchés les uns sur les autres, non pas debout sur une étagère. Ils sont mes complices, comblant ce vide, d'autres touches de couleur dans mon univers personnel.

Finalement je me sens bien ici. 

 

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité, #Gentleman W

Et si notre monde se réveillait, au gré du soleil et des tours du globe terrestre, avec juste l'envie d'être heureux, de protéger notre belle nature généreuse et de vivre en paix. Fol idéalisme qui ne peut exister dans ce bouillonnement de gens contre tout, contre eux-mêmes en général, contre les autres par principe, contre les "seuls au monde" dont ils sont issus ou partie prenante.

 

Et si notre monde se réveillait sous ce soleil de Printemps, avec une chaleur douce, des femmes et des hommes, des jeunes et des moins jeunes, des sages et des bientôt-sages, des sourires et d'autres sourires. Fol idéaliste que je suis, que j'espère être même si parfois il existe des creux et des doutes pour les remplir, parfois même des abysses avec tout autant de moments impossibles à vivre, mais je crois à la vie, à ce secret espoir de vivre heureux. Discrètement, simplement. En harmonie avec les autres. Avec respect !

 

Et si notre monde se réveillait, bercé par les premiers rayons du matin, par ce souffle de vent léger par la fenêtre entrouverte, le chat se relevant de son coussin préféré, pour se détendre les pattes et le corps entier, semblant faire le double de sa taille, pour s'enrouler à nouveau et de rendormir d'une nuit pleine de balades dans les jardins environnants. Je le regarde, il cligne des yeux pour ronronner dans d'autres rêves. Je me lève, je vois ce jardin finissant dans la forêt, je n'entends que les oiseaux, en pleines discussions chantées, les fleurs pointent leurs couleurs. Il fait beau avec la fraîcheur matinale douce du Printemps. La rosée marque de quelques gouttes les pétales des pâquerettes, des bourdons font leurs toilettes.

 

 

Glamoureuse

Je me suis réveillé, laissant derrière moi cette nuit hachurée d'interrogations et de douleurs. Une douche, un rasage de près, je me sens neuf malgré l'âge, j'en souris car il a bien vieilli ce jeune homme idéaliste qui ne voyait pas le temps s'avancer. Une chemise en coton frais, un boxer en matière stretch et soyeuse, des chaussettes. J'hésite sur la couleur, noir pour le pur classicisme, gris pour la neutralité, orange pour mon grain d'excentricité. Les dernières déjà enfilées, le pantalon gris foncé, un bout quotidien de moi, des chaussures cirées, il ne me manque que la cravate. Un détail d'élégance que je porte depuis des décennies. Je me sens bien, un peu de parfum, elle l'aime tant sur ma peau.

Elle, justement ! Cette femme douce, tellement douce, que je suis en colère doublement quand je la blesse par mes mots même involontairement. Une rencontre, un hasard, un destin plutôt, elle incarne mes émotions, mes sentiments et mon amour. Tout est en elle ! Certes elle se sent imparfaite, c'est une qualité de plus car personne ne doit être perfection. Elle est ce bout de femme, déterminée et chargée de doutes aussi, donnant tant aux autres qu'elle oublie son existence parfois, aimant tant les gens dans ce monde où l'on prend sans jamais dire merci. Elle est femme, profondément femme, absolument féminine. Depuis que nous sommes ensemble, elle se dévoile toujours plus sensuelle, plus femme, plus humaine, plus généreuse, plus d'adjectifs encore qui sont des qualités. Avec quelques défauts oui, comme nous tous, mais en harmonie avec ses valeurs, son intégrité de femme, de mère, d'amoureuse, elle respire la volupté, inspire pour se gonfler de douceurs, expire pour partager ses bonheurs. Son élégance simple, son élégance rebelle, son excentricité pétillante, son chapeau et ses gants, son glamour du jour et de la nuit, elle est si femme. Alors quand elle s'enveloppe de lingerie et de dentelles, ajuste ses jarretelles, s'embellit de coutures fines des chevilles jusqu'au cuisses, chausse ses escarpins vernis, elle rayonne.

Je me réveille une seconde fois, emporté par mon coeur, ému de sa beauté, fasciné, plus que charmé, totalement envoûté, amoureux !

 

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Féminité & Sensualité
Sourires

Des lèvres rouges, des lèvres rose pâle ou rose fuschia, des teintes de violet, de rouge tirant vers le grenat foncé, d'orange faussement affirmé, de noir ici mais là plutôt prune avec un reflet satiné, des lèvres au naturel, des bouches vierges de tous masques, voilà une nouvelle semaine, un élément anodin et pourtant si visuel, le bas du visage est libéré de toutes contraintes visuelles.

Enfin vous avez la tête au complet de vos collègues, enfin la moitié de vos compagnons de bureaux car encore certains et certaines sont en télétravail, ce sera pour demain si vous êtes présents. Des visages, des bouches parlantes avec des mots complets non absorbés par le tissu fin, des expressions réelles de vie, d'échanges au-delà des regards et des jeux de sourcils. Voilà des barbes, des moustaches improbables, une barbiche aussi pour ce nouveau djeun's jamais vu au complet, arrivé dans les nouveaux embauchés durant les derniers mois, bref des têtes nouvelles, des anciennes têtes revenues, un peu changées, fatiguées ou un peu tristes de ce passage trop long dans le tambour de la machine à laver de la maladie à épisodes, ils et elles sont là.

Cette standardiste don on ne voit déjà que le tronc, peut-être sans jambes, cachée derrière un masque, une vitre fine, des lunettes un peu teintées quand vous étiez revenus au bureau en début d'été, cette personne est là debout avec un visage et un café à la main. Elle existe, vous doutiez, vous aviez envisagé en rigolant un simple robot prenant le contrôle des entrées, vérifiant les pass et autres distributions de gels et de masques. Cette nouvelle directrice, vue uniquement chez elle, dans son chemisier imprimé assez chic, avec un tailleur au complet avec ses escarpins, alors que vous n'aviez qu'une tête en gros plan et en contre-plongée, avec un filtre moche derrière elle représentant un univers froid, voilà un peu plus de chaleur et un rouge à lèvres rouge mat. Elle parle, vous la revoyez encore avec son filtre, les effets secondaires de la décompression progressive du présentiel. Vous souriez intérieurement, vous souriez tout court en apercevant votre équipe, les uns et les autres, avec des bras, des jambes, des tenues plus conventionnelles car le relâchement des visios commençaient à se ressentir côté vêtements. Vous n'osez toujours pas la bise, d'ailleurs est-ce interdit ou professionnellement inadapté dans nos nouvelles rigueurs de comportements. 

Vous suivez cette réunion dans cette salle, avec la chaleur de voir chacune et chacun s'exprimer pleinement, avec sérieux mais aussi ponctué de sourires, de jeux des zygomatiques et des muscles des joues, des lèvres et du menton, ce complément si utile aux yeux expressifs certes mais complices de vos mots, de vos affirmations ou de vos doutes. Tout est là, libres enfin. 

Avec des lèvres de couleur, ce orange léger et nacré de cette personne inconnue est presque troublant, vous lisez sur ses lèvres, vous êtes captivé, victime d'un sevrage trop long. C'est si beau, cette touche de maquillage, ce détail de féminité presque volée quand votre esprit garde le réflexe de remettre le masque ici ou là. D'ailleurs vos idées s'envolent, et si toutes et surtout tous, nous revendiquions cette liberté retrouvée en portant du rouge à lèvres, hommes et femmes. Comme une manifestation de joie et de couleurs !

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité

Nuages gris au dehors, pluie sur les vitres, le printemps et ses premiers rayons n'a fait que passer avec un sourire ensoleillé de quelques jours, pour prédire son prochain retour. Le chagrin du ciel sans aucune trace de bleu, et surtout les gouttes, le bruit régulier de leurs impacts sur le toit, cette mélodie triste comme une marche funèbre. 

En cette fin d'hiver, je n'aime plus le froid, je veux du chaud, de la chaleur douce pour envelopper mon corps en sortant du lit, ni trop, ni pas assez. Je veux, j'exige du soleil pour éclairer nos après-midis, pour réchauffer nos corps quand les doudounes ne seront plus là. Sans pour autant croire à l'été en avance, à ces chaleurs excessives que je ne supporte pas plus, j'aimerai me voir dans le miroir avec ces robes légères, ce voile imprimé de petites fleurs, cette robe droite aussi avec ces motifs graphiques, ces robes qui attendant sagement à droite dans mon dressing. Bien sûr je peux les mettre avec un collant opaque sous un manteau long et chaud en cette saison. Mais pour l'hiver je préfère mes tailleurs en laine, parfois en tweed si élégant. Ou bien évidemment mes robe-pulls si moelleuses, si rassurantes par leur enveloppe douce comme un câlin.

 

 

Enveloppée de satin

Mais là, ce débordement de gouttes, cette pluie sans fin depuis les derniers jours, laissant la terrasse ponctuée de pointes de vert et de teintes vives avec les premières fleurs, je n'en veux plus. Je veux de la couleur autour de moi, sur moi. ce matin, après la douche tiède, après ce gommage léger et cette crème sensuelle sur ma peau, j'ai choisi des dessous blancs, pour finalement opter pour un soutien-gorge framboise avec le tanga assorti, dentelle souriante pour mes courbes. Et j'ai pris mon thé, calée dans mon peignoir, observant les dégoulinades sur les vitres, les feuilles naissantes gorgées d'eau dans les bacs sur le balcon, l'overdose d'eau bien en place. Pour ne pas me noyer, pour ne pas sombrer dans ce déluge d'hiver, j'ai finalement choisi d'augmenter un peu de chauffage du salon, et je me suis enveloppée dans une longue robe d'été en satin orange. Eclair intérieur, la couleur est dans la place, éclatante avec les reflets soyeux sur ma silhouette de ce satin si charmeur. Douceur absolue, ici et là, partout sur ma peau, sur mes jambes surtout. Des volutes délicates, une sensation enveloppante toute en volupté, je me sens bien, en ajoutant une étole en soie et cachemire colorée de noir et d'orange sur mes épaules, je suis totalement bien. 

Il ne manque plus que ses bras autour de moi.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Féminité & Sensualité

Ces derniers jours, j'avais repris ma place favorite de contemplateur en mode présentiel, en adoptant ce recoin de café, bien au chaud avec la sortie des cuisines, bien tranquille pour savourer un bon chocolat chaud en regardant les autres tables, les plus proches dedans comme les plus éloignés derrière la vitre qui me séparait de la terrasse.

Un petit ordinateur pour écrire, pour vous décrire, un livre pour les périodes plus calmes de passages, je laisserai mon regard vous suivre, vous voyant arriver comme revenant d'une grande bataille, conquérante dès huit heures du matin, à moins que ce ne fût juste un retard de réveil, ou un simple moyen d'essayer de faire oublier votre retard auprès de ceux qui vus attendait avec leurs cafés. Vous étiez là, avec votre présence, votre visage.

 

 

Photo : Irina Shayk pour Vogue

Photo : Irina Shayk pour Vogue

Elle était là, arrivée plutôt en louvoyant dans un long manteau beige impeccable, laissant juste apercevoir des hautes bottes droites en cuir couleur moutarde. Froide comme la température extérieure, elle s'était glissée sans gêner pour se mettre à mon opposé, dans un autre recoin permettant de superviser cette salle de café, son regard restait impassiblement vide d'émotions. Certains auraient dit énigmatique, je me contentais de reptilien à sang froid ayant perdu beaucoup d'espoir dans l'espèce humaine. Sans raison, juste par jeu personnel, je lui donnais ce personnage, son café n'était pas froid, ni même trop chaud, mais elle le dégustait en y posant à peine ses lèvres, ne souhaitant pas dévoiler sa langue fourchue. Son instinct retenait tous ses gestes, une économie qui commençait par son visage, toujours aussi figé dans une profondeur morbide. Elle attendait quelqu'un ou quelque chose, un déclic pour se jeter sur sa proie. 

Comment peut-on se donner un style pareil, vivre au quotidien avec cet horizon perdu dans le regard ? Un tel désespoir doit avoir dévorer ses entrailles pour ne plus pouvoir exprimer un début de sourire, même pour gentil jeune serveur venu lui déposer son café, revenant lui proposer un verre d'eau ou un croissant. Rien, absolument rien n'émanait d'elle. Venimeuse ascendant vénéneuse, serpent ou plante verte géante croisée avec une humaine à longues jambes slaves, son mystère restera entier. 

Un grosse berline noire s'est arrêtée devant le café, elle l'a vu aussitôt, elle est sortie en laissant un beau pourboire, et toujours sans émotion, sans aucune émotion, sans mouvement de muscles du visage, elle a disparu.

Photo : Jessica Chastain pour harper's bazaar

Photo : Jessica Chastain pour harper's bazaar

Heureusement ce matin là, il y avait d'autres personnes, une autre femme, un autre entrée avec plus de chaleur. Un long manteau toujours mais le froid d'hiver le justifie quand il ne nous laisse que quelques degrés positifs pour courir vers chez soi ou vers un bureau, un long manteau rouge souple sur une robe en laine courte avec une jolie paire de gambettes enveloppées dans un voile de nylon noir avec des motifs élégants, le tout posé dans des bottines de cuir noir. Un grand sac, une part importante de sa silhouette, de son allure quand elle est entré, fourvoyant dans l'immensité de l'accessoire pour sortir sur sa table, une boîte à maquillage, une brosse, un non deux téléphones, un cahier et des crayons de couleurs. Le serveur regardait, souriait de ce bazar ambulant, prenant note d'un thé avec des macarons, trouvant une chaise de plus pour le sac. Elle était enfin assise, volubile mais un peu perdue avec elle-même. Car derrière cet espace occupé, je ne voyais qu'une femme timide s'exorcisant de ne pas vivre assez librement du regard des autres. Elle venait d'en faire la preuve, car notre monde individualiste ne la jugeait pas, toutes et tous étaient sur leurs écrans. Elle serait rentrée nue sous son manteau, je ne suis pas sûr qu'il y aurait plus d'un regard, le mien. Il est beau le monde.

Là maintenant, installée, dispersée sur sa table, dans son univers, elle corrige ses paupières d'un cuivré délicat, elle se mire, sourit, cligne des yeux, l'un puis l'autre pour s'assurer de l'équilibre harmonieux du tout. Puis sagement elle brosses ses cheveux, d'une main elle les soulève, de l'autre elle crée la vague soyeuse. Ce geste infiniment féminin, elle le répète, je suis conquis, suis spectateur au milieu des écrans illuminés dictateurs du regard des autres. Elle se pomponne en vérifiant le tombant des cheveux, sur ses épaules, sur sa robe et sur son visage. Un souffle et ceux-ci recouvre la partie droite, donnant du mystère ou rappelant sa timidité inavouable, qui est-elle vraiment ? Elle sourit au miroir, d'un geste très précis, maîtrisé naturellement, elle marque ses lèvres d'un rose léger mais satiné. Elle boit maintenant son thé, écrit avec ses crayons de couleur dans son cahier, elle note, souligne, raye, gomme. Elle attend le soleil d'hiver, un peu trop discret aujourd'hui.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Féminité & Sensualité, #Nylon & Lingerie

Depuis des mois, il travaillait sans comprendre le sens réel des informations qu'il recevait, sans prendre le temps de voir le monde avancer. D'ailleurs durant des semaines, les gens avaient disparu de la ville, des rues et les journées avançaient sans nuances, sans bruit de vie. Tout ce petit monde était ailleurs. Emprisonné peut-être ?

Lui avait le droit de sortir, de marcher vers sa voiture, d'aller au travail, de monter seul les marches ou de prendre un ascenseur tout aussi vide. Là il aidait de son mieux les personnes qui étaient là, des êtres perdus dans un vide émotionnel proche du néant. Sans repères, lui donnait encore un peu d'espoir, et puis après les premiers jours, les premières semaines, il avait trouvé les mots pour donner un peu de sens à tout cela.

Aujourd'hui, des mois après les vagues successives, il appréhendait différemment les nouvelles, il voyait ce monde s'écrouler lentement sans apprécier la hauteur de la chute. Lui les accompagnait toujours, inlassablement, sans voir sa propre fatigue, sans se plaindre, sans envie non plus. Il était fidèle au poste. 

 

 

Les jours sombres approchent

Paradoxalement, sans vie sociale durant des mois, il avait moins lu qu'avant, ne prenant le temps que pour essayer de respirer, pour finalement mieux s'écrouler de fatigue. Doucement, délicatement, il somnolait devant la télé, sans aucun échange, en total consommateur anéanti, insatisfait du contenu. Il s'endormait là, doucement et parfois aussi violemment. Absorbé par le poids des journées trop longues, par cette impossibilité de simplement sortir pour croiser le sourire de la boulangère, pour croquer du pain frais. La nuit le matin en partant, la nuit de nouveau le soir en rentrant du boulot, existait-il vraiment un jour, un coin de ciel bleu ? 

Ce soir il rêvait, sans espoir, peut-être en reprenant ce roman posé là depuis des mois, quelques pages en arrière, une belle blonde dans son salon, elle attendait son amant. Les mots défilaient à nouveau, la mémoire jouaient avec ses neurones affolées. Le contexte reprenait forme, l'érotisme des chapitres précédents affluaient avec des images, des émotions et même des sensations. Le crissement de la jupe dévoilant les bas noirs, les yeux apercevant les coutures prolongeant les talons hauts, le chemisier de soie, tous ses sens retrouvaient le bonheur d'un fétichiste heureux. Le lecteur devenait le personnage, du moins il créait la confusion intellectuelle. Elle était là devant lui, en pleine lecture. 

Qui était-elle ?

Son amour, cette femme pulpeuse, il l'avait idéalisée avec ses propres critères, abandonnant la blondeur pour une brune plus sensuelle, plus proche de ses souvenirs personnels. Loin du conte empli de perfection donné par l'auteur, il appréciait plus une femme vraie, imparfaite comme nous tous, du moins hors des standards et autres stéréotypes, il la voulait plus accessible. Femme de papier pourtant, mais ce soir il s'endormait avec cette image. Proche de lui, si loin encore.

 

Nylonement

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