Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

regards sur la mode

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Regards sur la mode

Quel coup dans le dos ! Ce vent si fort soudainement, qui m'emporte sur la plage, qui me pousse dans ses tourbillons. Une rafale plus intense, puis d'autres, je suis quasiment soulevée du sol, les rares parasols s'envolent complices de mon instabilité, tels des parachutes ascensionnels vers les nuages. La marée a changé la météo en quelques heures, chassant le ciel bleu pour le remplacer par des brumes, des nuages épars puis un front bas moutonneux, épais. Quel changement soudain, et moi en pleine balade, j'ai été surprise par cette vivacité. Sur les planches ou sur le sable, mes pas sont devenus incertains, voguant sur le pont d'un bateau invisible sur une mer démontée de courants terrestres. Les autres personnes se plient en deux pour rejoindre les bâtiments proches, car si ce n'est pas une tempête, c'est simplement une manifestation aérienne très vive qui nous secoue. Alors tel ce papillon happé dans un ventilateur fou, je cherche mes marques, tel un pantin désarticulé jouant avec les éléments, je rejoins les planches, cette allée protégée en partie. Je me retourne pour ne rien voir, juste une mer presque calme avec de nouvelles vagues, une plage totalement vidée de toutes âmes, lisse et sans fin. Chahutée !

 

Moi qui avait besoin de ce bol d'air pour oublier pendant quelques jours, ma vie et mes emmerdes, je viens de chasser mes angoisses au passage. Un coup de vent et me voilà sur terre, décomplexée d'avoir fait rire l'assemblée avec ma démarche chaotique, ma silhouette fine de parisienne, entre baskets, leggings et doudoune, élégante mais peu appropriée pour ce tour de danse. Un tourbillon pour chasser les touristes en ne laissant que les goélands hilares de pouvoir planer, et surtout virevolter d'un simple coup d'aile. Les acrobates se régalent. Je ris enfin, assise sur ce banc, face à cette mer verte tâchée d'écume. Le vent continue avec moins d'intensité, il balaye l'espace, effectue une remise à zéro des lieux, expulsant le dernier parasol planté dans le sable, parti vers le ciel, vers un ailleurs indéfini entre gris et bleu.

 

Emportée par le vent

Avec ce thé chaud, ce nuage de lait offert avec malice par le barman "un nuage sans le vent, Madame", je regarde maintenant l'automne prendre place ici sur cette plage. Le soleil sera là cet après-midi me précise les habitués, mais je savoure cet air frais. Je le disais, j'en ai follement besoin pour me retrouver. Dans une petite maison prêtée par une amie très proche, tel un cocon rassurant, je peux écouter uniquement de la musique, sans tentation pour regarder la télévision et ses informations négatives et ses séries sans intérêts. Pas d'écran plat, juste des piles de cd, de tous types, des surprises piochés au hasard des décennies, du classique au jazz en hésitant aussi sur de la new-wave. Musique et repos sans regarder la montre, en oubliant le téléphone dans un coin de pièce, juste consulté deux fois par jour, pas plus. Déconnexion avec mon monde, mon travail, ma famille et même mes amies. Loin d'eux pour me recentrer sur moi-même, non par égoisme mais par envie d'être seulement avec mes contraintes, mes douleurs et mes rêves. Chacun prenant sa part dans mon espace intérieur. A tour de rôle, mais me laissant le choix de trouver, d'envisager de trouver une solution à un avenir commun avec mes émotions prisonnières. 

 

Le vent m'a bousculée. Je regarde, les deux mains entourant la tasse chaude, j'observe le sable qui façonne de nouvelles courbes, redessine la plage. La mer monte, les vagues envahissent, petit à petit, les creux, avalent les pentes. Je cale mon rythme cardiaque sur ce lent travail, libérant du bonheur par le calme intérieur retrouvé dans cette déferlante extérieure de vent. Je suis bien, en harmonie, n'oubliant pas tout de moi, absorbant cette nature toujours plus forte, me ramenant à l'essentiel. 

 

 

 

Nylonement

 

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Nylon & Mode, #Nylon 2000..., #Regards sur la mode

 

Après une longue nuit de sommeil, une glissade profonde dans le moelleux de mon oreiller, avec les mots encore présents de cette lecture d'hier soir, j'avais choisi de croquer ce beau dimanche. Le soleil piquait de sa chaleur de fin d'été derrière les persiennes. Je les ai ouverts doucement, largement sur ce jardin calme. L'herbe jaunie par les récentes semaines d'une saison trop sèche, mais heureusement les arbres avec leurs feuillages verts, les touches de couleur des fleurs en pot, les parfums s'offraient à moi. Une belle énergie extérieure croisant ma volonté d'être du jour. Sereine au réveil, emportée par les dernières semaines peut-être, par cette présence invisible, je pensais à lui, cet homme, cet inconnu encore. Mais enfin rencontré dans une réalité que j'avais eu tant de mal à accepter. 

Le virtuel, les mots, les échanges, les messages, l'attente des réseaux sociaux, mes vacances, ses vacances, les autres demandes, les profils tentants face à son silence. Mes doutes sur ma capacité de trentenaire à être une autre femme, pas uniquement une célibataire bien seule. Les copains, les copines surtout, les épouses apparemment heureuses, les jeunes mères, les mères, les petites familles, tout cela me sautaient aux yeux depuis début juin. Les collègues d'abord en parlant des préparatifs, des maisons un peu plus grandes pour partager avec les autres copines, aussi en couple, aussi avec des jeunes enfants. Puis le flux et le reflux des mois de juillet d'août, mon refus de partir encore avec les amis. Un aveu de mon statut de célibataire, un aveu fort de ne plus avoir envie de garder parfois les mômes pendant que leurs parents faisaient la sieste, de les suivre dans les agendas entre courses,babillages de plage, obligations de goûters et autres siestes d'enfants. Cette foi, non, j'avais d'autres envies.

 

Lire, traîner au lit, me balader dans la montagne, à moins que cela ne soit dans l'arrière pays normand, à vélo entre les haies du bocage, flâner au marché. Grappiller des spécialités locales en discutant avec les producteurs locaux, les jeunes écolos inspirés, les vieux paysans passionnés, je voulais tout goûter, je voulais vivre cela. Uniquement cela.

 

Faux-semblant

 

Avec lui, celui qui avait su trouver des mots, les premiers, si difficiles au milieu des nombreux profils, ces mots qui m'ont donné envie ce soir-là de parler, pardon d'échanger des centaines de messages. Un début souriant et puis mes doutes sont revenus, ma capacité à ne plus croire en moi, encore moins en lui, en eux tous, ces hommes qui me croisent sans me voir. J'étais devenue une trentenaire invisible sauf quand j'étais la super copine. Drôle, gourmande, passionnée par tant de sujets, capables de parler de littérature ou de bons vins avec la même ivresse. Simplement souriante, toujours pétillante, comme les flûtes de champagne que chacun venait faire trinquer avec moi. Oui mais seule dans mon vtc au retour, seule les soirs de semaine, seule parfois les week-ends. Seule. J'avais aimé un temps cette liberté de temps et d'espace mais la solitude n'arrange que les ermites en quête de foi. Les autres s'ennuient, pire pleurent face à ce vide. Je ne voulais plus de cette prison, même dans un petit appartement cocon si agréablement rénové suivant mes goûts. Je voulais être surprise.

Et je l'ai été par cette homme, là derrière son clavier, derrière mes photos. Derrière moi ce soir-là, arrivant dans ce petit restaurant anodin, souriant et déposant un petit bouquet de pâquerettes, pour ne "pas trop en faire" pour une première fois, j'avais ri de ce geste si inattendu, si mignon. Une petite fleur qu'il savait mettre pour ponctuer ces messages sur le net. Clin d'oeil, et tant d'autres durant cette soirée bien réelle. Evidemment nous étions enfin arrivés là, dans une réalité cruelle, ce grand saut, non pas pour être définitivement amoureux, avec mariage et dragées. Juste le fait de franchir le pont d'un monde anonyme, menteur parfois, arrangeant souvent, froid même lovée sous ma couette, avec mon clavier pour lui répondre, vers le monde vrai, chaud comme sa main sur mon épaule.

 

Tant d'autres messages après cette soirée, de rires, de complicité. Un début sans effusion, mais de réelles émotions, alors depuis, nos vacances croisées, déjà organisées, nous avaient éloignés. J'attendais ses emails, ses sms tout simplement. Ce dimanche avait été si court pour m'occuper à écrire mon roman, pour déjeuner d'une salade dans le jardin, pour croquer du raisin directement sur la vigne. Ce dimanche avait été si long, pour me préparer en hésitant sur la robe, sur sa longueur, sur sa couleur, pour être belle. Non pour le voir, mais pour reprendre possession de mon corps, de ma féminité. Dessous et dentelles, robe d'été, je suis moi pour affronter cette fin d'été. Sur mon canapé, je lis une belle histoire d'amour. Uniquement cela.

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Féminité & Sensualité, #Regards sur la mode

Vivre une semaine intense entre les défis du travail, des projets en bonus pour occuper les heures qui manquent dans une journée et puis les loopings de douleurs invisibles. Voir les  minutes s'envoler, suivre les heures qui filent à l'horizon de mon cadran de montre, et soudain s'arrêter pour vous écrire, plus exactement pour délivrer des mots bloqués en moi.

 

Quelques clics, internet et son vide rempli d'informations vides, comme une accumulation de bulles étanches, entassées, prenant de l'espace, sans lui donner de contenus réels. Du rien qui vous oblige à chercher la réelle substance d'une connaissance, d'un savoir, d'un début de culture, plus encore d'une émotion. Perdre son temps ou l'occuper à rien, chacun, chacune saura juger de sa volonté de s'enrichir les neurones.

 

Mais ce matin, il y a la foudre du temps, ce moment où l'on arrête le sien, où le remontoir ne fonctionne plus, les aiguilles se plantent dans le sol. Azzedine ALAIA est mort, il est parti dans un paradis de cuir, d'étoffes nobles, de douceurs infinies. J'avais une profonde admiration pour le génie, le mot est faible pour le décrire. Car si il faisait si petit, si frêle dans son costume strict noir à côté des top-modèles des années 80-90 si grandes, perchées sur des talons vertigineux, il était le plus grand des couturiers vivants. Un esthète absolu, un sculpteur de courbes, un homme dont le regard soulignait les silhouettes des femmes, de toutes les femmes, de toutes les cultures et de toutes morphologies. Certes les photos des modèles, vous les connaissez, mais lui recevait les femmes dans son atelier, loin de la folie des défilés officiels (d'ailleurs il ne respectait pas, il ne voulait jouer à ce jeu d'obligations annuelles de nouvelles collections), il les regardaient, parlaient, partageaient le thé oriental. Ensuite il adaptait les lignes, les sinueuses courbes d'un buste, d'une taille, des jambes à ses robes, à ses tailleurs, pour un sur-mesure inégalable, pour donner de l'allure à toutes.

Sculpteur de mode et amoureux des femmes !

Génial esthète discret, je ne tarirai d'éloges sur son travail, je me souviens de la réouverture du Palais Galliera à Paris, avec une exposition, trop courte, des modèles. Il y avait de l'allure, tant d'allure, un tourbillon de féminité, de liberté et de glamour.

 

INOUBLIABLE Azzedine ALAIA !

 

Nylonement

Azzedine ALAIA

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Nylon & Lingerie, #Féminité & Sensualité, #Regards sur la mode

 

Prendre une pause, après cette réunion répétitive dans ces interrogations, mais avec aucune décision, aucune réponse et peu d'engagements pour avancer, j'avais un grand besoin de ce bol d'air. Une envie de liberté, une respiration en dehors des bureaux, des vitres et des bocaux qu'elles forment autour de nous tous. Un mouvement pour attraper mon sac, un autre mon trench, et me voilà déjà en route vers l'ascenseur, des collègues et des statues devant leurs écrans à répondre dà des emails stériles, des couloirs avec des papotages autour des dossiers en cours, je me faufilais. Une pression sur le bouton, l'attente entre deux fauses plantes vertes, le zen tout relatif de ce lieu. Un bip, une lumière, deux portes qui s'ouvrent.

 

Une longue descente, avec des arrêts à chaque étage, des échanges sur les rapports et autres projets en cours, des promesses d'une confirmation par email, je suis au rez-de-chaussée, je badge, je sors. L'air frais, la rue, le froid de l'hiver, un peu plus de vent que ce matin, mais j'avance vers les boutiques, deux rues plus loin que le métro, la foule suit ses flux habituels. Mes talons, ceux de mes bottes, claquent sur le trottoir humide, j'ai toujours envie de me changer les idées, de regarder les vitrines, les dernières soldes. La quête d'une bonne affaire, autant pour la prix super remisé que pour me changer les idées. Là cette boutique de chaussures, ma préférée, mais il ne reste plus que des compensés immondes, des couleurs importables même pour les plus fantaisistes, quelques ballerines, mais j'en ai déjà tant de modèles. Je ressors, quelques boutiques de chaînes de mode, toujours pareilles, quelques raretés avec ce vieux proprio qui trouve toujours les copies des tendances, un fin limier qui doit se fournir dans les arrières-cours des ateliers. Toujours sur le pas de sa porte, il fume une cigarette souvent éteinte, il discute avec les passantes, les livreurs du quartier, salue les belles. Je rentre une fois de plus, je pousse les portants, cherchent parmi les manteaux courts pour le printemps, dans les tops et les chemisiers dans ce joyeux bazar. Une jupe droite en léopard traîne ici, je caresse son tissu soyeux, m'imaginant avec et paradoxalement effrayée à l'idée d'avoir ce type de motif sur moi. Mais cela m'amuse, un jeu pour sortir de mon image trop propre, de ce tailleur-pantalon strict de tous les jours. Gris de plus. 

 

Quelques pas encore, toujours ce froid, une touche d'hiver toujours présent. Un passage où je mets presque jamais les pieds, une ambiance ancienne, une impasse couverte, des devantures en bois, des espaces plus authentiques. J'avance entre le lunettier et le barbier, des échoppes encore, des cartes postales et des créatrices de mode, loin des réseaux standardisés. Une atmosphère, je m'arête devant l'avant-dernière vitrine, des dessous. Des mannequins de couturière pour montrer des corsets, des coussins soyeux pour mettre en avant des soutien-gorges de dentelle et de mousseline, des culottes et des froufrous. J'adore tout cela, car c'est mon univers personnel, celui cahé sous le gris de mon quotidien. J'entre ici, une jeune vendeuse, des questions pour mieux me conseiller ensuite, je suis restée ici presqu'une heure, pour des folies douces, pour des essayages de cette combinette transparente, moulante et adaptée à mes hanches arrondies. Du bonheur, comme un massage intégral, la douceur des matières mais surtout le sentiment profond, envelopant de bien-être en version intégralement féminine. Une bulle de légèreté !

 

Volupté même !

 

Nylonement

 

 

Soldes et petits bonheurs

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Féminité & Sensualité, #Regards sur la mode
Volupté

 

Rareté dans un monde qui innove chaque jour de façon virtuelle et hautement artificielle, la volupté est le cocktail de mots mais surtout d'émotions, avec la vérité du corps humain.

 

Nylonement

 

 

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Regards sur la mode, #Nylon 50-60, #Femmes & Mode, #Féminité & Sensualité
LIFE Magazine 11 mars 1946

LIFE Magazine 11 mars 1946

Hasard de recherches documentaires pour la rédaction d'un livre, j'ai croisé un rêve féminin, dans sa version de mars 1946 par le magazine américains LIFE.

 

Un grand magasin, entièrement pour vous, pour voyager entre les étages, pour apprécier les différentes marques, essayer à volonté les robes, les escarpins, les jupes et les chemisiers, tant d'autres accessoires comme les chapeaux, les sacs à main, les gants. Et comme vous pourrez le voir, un passage aussi au rayon lingerie, bas nylon aussi pour les plus élégantes, car le rêve doit finir en princesse.

 

Vous noterez la tenue légère du début d'article... nous sommes en 1946, le fantôme semble peu habillée sous son voile blanc ;-)

 

Nylonement

 

Un simple rêve ... pour toutes les générations
Un simple rêve ... pour toutes les générations
Un simple rêve ... pour toutes les générations

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Nylon Passion, #Nylon 2000..., #Nylon & Mode, #Nylon 50-60, #Regards sur la mode
Librement en bas nylon

Bas nylon, Bas nylon à couture, Jarretelles et tant d'autres mots qui attirent nos regards, attisent notre passion, simplement habillent vos jambes. Subtil accessoire de finesse pour compléter votre robe, pour se glisser sous vos jupes, sujet sans fin d'articles et de commentaires sur le net, sur les réseaux sociaux, je reçois régulièrement des témoignages de femmes, de tous âges, de tous styles, plus rarement d'hommes.

Non pas d'un porteur de bas nylon, car à chacun sa sensibilité et ses us et coutumes.

Aujourd'hui je ne ferai que retranscrire les propos d'un homme parlant des femmes de sa vie, avec des pointes de nylon sur le parcours de son regard, sur le chemin des belles élégantes.

 

Une profonde sincérité, des mots mal assurés, mais des images clairement exprimées, cet homme avait quinze ans en 1960, juste adolescent en plein âge d'or des bas nylon, les décennies 50-60. Il a vu le monde changer, les femmes évoluer au gré des trente glorieuses, au sortir de la 2de guerre mondiale, dans une famille de la classe moyenne profitant du développement économique. Tant pour la diversité des nourritures dans les premiers supermarchés, la variété des tendances de la mode, accessibles plus facilement aux femmes, que dans un déménagement dans une vraie maison, avec une voiture flambant neuve dans le garage, une richesse nouvelle et humble, une vie de bonheurs simples, il a vécu au milieu de tout cela. Et tout jeune, il a croisé les femmes de sa vie, sa mère, ses trois soeurs, ses tantes et ses cousines, bien avant sa première petite amie, sa future femme, et quelques autres. Ce fût non pas un seul long email, mais plusieurs, certains complétant mes questions plus précises sur ses émotions.

 

Une première fois, très inconsciente, une première rencontre avec les bas nylon, une jeune soeur qui s'emmêlait avec son porte-jarretelle, une aide inopinée de la seule personne disponible lui. Mais ce fût juste un acte pratique, des attaches rebelles, des bas aperçus, une porte qui se referme. Le hasard fût ensuite sur son chemin avec des bas séchants sur un fil dans le petit jardin, un coup de vent trop fort, un geste volontaire pour les attraper, les ramasser et soudain, le premier contact sensoriel avec cette matière nylon. Finesse et douceur, un pied, une forme de mollet, un revers en haut, des lignes sur les bas noirs, sur les bas aux teintes variables de brun. Soudain, il a fait la relation avec leurs jambes, le voile fin sur la peau, les coutures verticales, les talons, les jupes. Plus encore la féminité et la grane variété de couleurs qui suivaient toutes les jambes vivant dans cette maison. Mais aussi chez sa grand-mère, chez ses tantes où il était souvent en vacances, les mêmes fils à linge pour un séchage léger. Il s'est amusé à en caresser le souffle de nylon, à remettre les paires associées par couleur, à lesplier pour faire plaisir, pour se faire plaisir en premier lieu. Le toucher totalement conquis. Mais déjà l'envie de comprendre ce mystère. L'adolescence,sson corps, le corps des autres. Des libertés différentes de nos générations actuelles, mais aussi des baisers légers ici et là, échangés à la va-vite ou après une sortie pour danser en revenant sur son scooter. Sa première fois, non n'allez pas trop vite ! la première fois où sa main s'est posé sur une cuisse, remontant sagement sous la jupe corolle, jusqu'au revers. La chaleur de la chair, de la peau, le pouls qui s'excite, l'absolue douceur sous les doigts, le cocktail parfait de la volupté.

Il y a eu d'autres découvertes, d'autres dessous caressés, d'autres corps, surtout d'autres rêves, des revues achetées sous le manteau, des photos et des pin-up. Du bonheur avec diverses approches, mais aussi son regard amoureux sur les jambes environnantes, celles de ses études, de ses amies, de belles inconnues dont le souvenir est encore marquant. Malgré des décennies, un revers sombre, une jupe plus courte dans la fin des années 60, le début des années 70, des jarretelles, du nylon charmeur. Mais aussi la folle génération des minijupes et l'incontournable collant. Plus de jambes dans son paysage, moins d'imaginaire sensuel au final.

 

Mais heureusement, il y a toujours des irréductibles, gaulois ou plutôt gauloises à porte-jarretelles, celles qui préférait le confort et le pratique des bas. A l'époque il n'avait pas compris cet argument, avec le temps, les saisons, les amours, il a mieux assimilé cette liberté. De mode, de vie, de femmes, il l'aimé tout particulièrement cette Françoise, cette étudiante aux idées franches, au discours libéré, prête à la révolution pour être l'égal de l'homme pour son travail, mais avec ses bas à couture. Partie dans le Nord, il ne la suivra pas, et plus tard, ses propres études finies, il épousera une belle élégante, très féminine, en collants souvent pour s'habiller court, mais convertie aux bas nylon sous les préceptes glamour de Chantal Thomass dans les années 80 puis 90. A deux, ils se feront le plaisir commun d'acheter de la lingerie, avec des essayages complices, avec des folies comme ce premier corset sur-mesure, si peu tendance avant de le redevenir dans la mode. Guêpières, serre-tailles, porte-jarretelles et bas, toujours plus de bonheur dans la finesse, dans les multiples versions vintage et plus actuelles, avec toujours ces palpitations particulières pour lui en offrant un cadeau à sa femme, en observant son regard, son sourire, et en apercevant quelques heures plus tard les dentelles, le voile au-dessus de fins talons. Une vision, une passion partagée, une approche toujours glamour de la mode, avec d'autres vêtements, avec d'autres détails comme des gants, des jolis sacs à main, des chapeaux parfois. Un regard toujours amoureux sur elle, même quand la maladie l'a affaiblie, quand elle a douté de sa féminité, perdu un peu d'elle, mais aussi un levier de reconquête à deux de cette dualité des corps, de leurs contacts charnels d'abord visuels, puis phtographiques, puis tactiles, puis fusionnels. Oui la lingerie, la sensualité, la féminité, la volupté, tous les ingrédients ont servi leurs bonheurs, leurs hauts et leurs bas, mais il se souvient ému de cette étape de doutes, et de cette vérité dans ses propos d'aidant, de mari toujours séduit, dans le réconfort sur la vérité de ce qu'elle ne voyait plus d'elle. Ses jambes sont devenues encore plus un atout de séduction, montrées, assumées, conquérantes. 

 

Cet homme a toujours aimé les jambes, parfois il a touché d'autres paires, il me l'a avoué à demis-mots, mais il a été ému, il l'est toujours, en la voyant se déplacer avec son allure, sa silhouette en nuisette de soie, ses bas et ses jarretelles dessous, en transparence, enfilant une nouvelle petite robe noire, celle de grand-mère élégante. Aujourd'hui il voyage dans le temps, reprenant les pièces du puzzle d'un accessoire anodin de mode, devenu une clef de son bonheur commun. Un peu fétichiste dit-il, emporté par les bas nylon caressés hier encore, les observant devant lui montant les marches pour aller au théâtre, conquis par ce mystère renouvelé, toujours aussi subtil.

 

Une liberté d'être jolie, une liberté de montrer ses jambes toujours resplendissantes, gainées d'un voile de volupté, une liberté personnelle si forte dans un monde où ils trouvent que certains regards avillisent les femmes. Elle assume son choix, amuse certaines amies qui le savent, mais collants ou bas, c'est juste un détail caché. Tous deux rient encore quand certains jeunes couples commentent ce raffinement sur leur chemin. 

 

HIer, aujourd'hui et demain, elle sera en bas nylon, lui saura toujours discrètement la complimenter, l'aimer.

 

 

Nylonement

 

 

Librement en bas nylon
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