Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Gentleman W

"Il n'est pas de plaisir plus doux

que de surprendre un homme

en lui donnant plus qu'il n'espère."


Charles Baudelaire  dans  'Le spleen de Paris'

Amoureux

 

Je ne savais que penser de lui. Si exigeant envers lui-même, parfois effrayant dans cette volonté de parfaire ses actions, en particulier professionnelles, que certains le trouvaient maniaque, voire mégalo, et forcément profondément égoïste. Il aimait aller au fond des choses, combler ses clients, créant un lien si fort avec eux, que parfois certains le prenaient pour un membre de la famille. Empathique naturellement, ou sur commande, je ne savais pas encore définir la frontière qui créait cette osmose rassurante, cette coquille protectrice qui les accompagnait. Et pourtant il ne les aimait, tout autant qu'il ne les détestait, il travaillait pour eux, le temps souhaité, pleinement investi, puis il disparaissait en les oubliant presque totalement. Il parlait si peu de lui au final, car il n'avait que cette volonté de partager avec les autres. 

 

Je m'étais trouvée là sur son chemin, par hasard, un jour de pluie fine, nous avions rigolé de ce crachin impromptu, non prévu par les météorologues, juste là dans cette petite rue, devant cette galerie. Il était là et un peu ailleurs, fondu de l'intérieur comme il le laissait échapper, pour ne pas avouer ses souffrances, ce mal qui l'avait dévoré tout cru. Mais tout cela était de l'histoire ancienne, car de ses nuits d'insomnie, il avait tiré plusieurs conclusions, dont celle de choisir la vie, de continuer sur ce chemin-là. En donnant, en partageant le peu qu'il avait, en observant le bonheur qu'il donnait aux autres.

 

Son intérieur, il ne l'avait pas dévoilé, ou si peu, parfois dans ce lâcher-prise après l'amour, l'un dans l'autre, ses moments plus intimes que les sexes eux-mêmes, cette faille ouverte pour voir en lui. Il m'avait tout donné après quelques mois, n'osant plus avancer si il risquait de blesser une autre personne. Un sourire, des sourires, des envies de plaire pas forcément, d'être aimer peut-être, mais il aimait tant donner. Des surprises, des petites choses simples, des bouquets de fleurs, des carrés de chocolat, des balades avec quelques gâteaux sur un vieux banc, des instants avec les yeux dans les étoiles. Juste pour moi.

 

Aujourd'hui il ne cherche plus que le bonheur de ses enfants, cette magie devant lui, pour leurs avenirs. Mais aussi le nôtre. Son image est floue dans le miroir, car il ne se voit plus. Non, toujours pas comme il l'aurait souhaité. Il doute de lui et pour oublier tout cela, il se penche vers moi, pour m'aimer. Pour combler mes envies et mes désirs. Pour un simple bisou, fougueux dans mon cou, croquant mon parfum, fusionnant avec mon corps. Il m'aime, parfois sans le dire. 

Mais quand ces mots-là viennent vers moi, ils sont francs, vrais, follement émouvants.

 

 

Nylonement

 

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Burlesque & Paillettes, #Femmes - demain, #Nylon 2000...

Je suis malade, complètement malade ... la chanson revient de suite entre vos oreilles, dans vos limbes neuronales, avec aussitôt le refrain dans votre bouche, les mots, les quelques mots de cette incontournable ritournelle à la française.

 

Je suis malade de ne pas vous voir, vous les élégantes, marchant libres dans le vent frais de ces matins printaniers, vous n'osez plus sortir, encore moins vous alléger de vos pantalons mous. Les robes et les jupes restent chez vous, avec vous, cachées derrière les portes. Il n'y a plus que des fantômes, anodins, pressés, fuyant les autres personnes, masqués pour ne pas nuire ou se nuire à eux-mêmes. Rien de la mode, juste un vide non naturel dans cette rue. Elles sont parties les créatures, les femmes, les silhouettes légères d'un autre Printemps, elles ont fui ce monde devenu trop pesant.

 

Je suis malade de ce vide, de cette drogue si douce qui apaise mon regard, me confirmait, avant tout cela, que l'élégance existait chaque jour. Une dose de petite robe noire, parfois en fin de journée, pour apaiser aussi, une double dose les samedis soirs ou en allant au restaurant. Aucune contre-indication, juste un bonheur intérieur. Sans pour autant me plaindre auprès de vous, sans même alimenter un manque en réclamant une sur-dose ou en sifflant votre passage, non, juste un regard sur des gambettes, sur les corps en mouvements, sur vos jambes envoilées.

Soigner la maladie
Soigner la maladie
Soigner la maladie
Soigner la maladie
Soigner la maladie
Soigner la maladie
Soigner la maladie
Soigner la maladie
Soigner la maladie
Soigner la maladie

Heureusement un ami pharmacien m'a indiqué un remède, un médicament au dosage plus subtil. Directement chez moi, sans sortir, sans masque, sans contraintes, à toutes heures du jour et même de la nuit. Une posologie a adapté en cas de crise vraiment aigu mais sans risque d'effets secondaires. 

Alternez si il le faut entre spectacles burlesques et dessins de pin-up, vous aurez votre besoin quotidien entièrement satisfait, juste pour vous. Mais a défaut d'un générique, il m'a quand même préconisé le, pardon, la meilleure source de bonheur visuel. Elle, simplement elle. Dans un moment simple de liberté, là, à picorer des yeux.

Elle joue de ses jambes souples, de ses bas évanescents.

 

Je suis malade, un peu en manque, à moins que ce ne soit juste une gourmandise. Alors je partage avec vous, pour sourire et trouver un peu de bonheur, même chez soi.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Nylon Passion, #Nylon & Mode

 

En ces temps moroses, est-il possible de profiter pleinement du verre plein, plutôt que de se morfondre en amplifiant le verre vide ?

 

Personnellement j'ai pris un peu de recul avec la situation, en prenant à petites doses homéopathiques les médias, en sélectionnant au mieux les sources de fiabilité, en privilégiant les analyses approfondies à l'opposé des slogans chocs sans fondement et autres critiques faciles cherchant le facteur démultiplicateur de psychoses. Pourtant je peux vous assurer que d'autres paramètres personnels auraient pu m'emporter vers le fond, mais je suis un marcheur, un de ceux qui se relèvent pour crapahuter encore malgré l'effort, la fatigue et même un début de douleurs.

 

Alors croquons un peu plus la vie !

Avec une passion, parmi d'autres, pour la sensualité à fleur de peau, pour cette douceur infinie, je suis comblé de bonheur en voyant de belles gambettes enveloppées de nylon. 

Vous pourrez découvrir ci-dessous un photographe talentueux, amateur de contrastes en particulier en noir et blanc avec des photos chics. Celui-ci a une prédilection pour les modèles dont les jambes sont immenses, presque démesurées dans la proportion habituelle d'une silhouette féminine. Il sublime les compas aériens posés sur les deux pointes des talons hauts, mais en insistant toujours pour avoir des coutures bien alignées.

 

Changer d'orientation
Changer d'orientation
Changer d'orientation

 

Ici les bas nylon sont portés très hauts sur les cuisses, sous une jupe très courte, retroussée au passage pour amplifier l'effet taille haute, mais tout cela n'est qu'illusion. Car là où se pose votre regard, souvent sur les chevilles, là où vos yeux suivent les mouvements, attendent la pause d'une démarche pour décrypter le voile léger, les petits plis malicieux et révélateurs, là où vous espérez encore la voir se mouvoir, vous aurez déjà remonté chaque centimètre pour satisfaire votre plaisir de voyeurs gourmets. Savourez les jambes sont infinies, la couture disparaît sous le tissu, vous doutez de voir des jambes aussi parfaites, vous vous interrogez sur la vérité d'une paire de bas, avec des jarretelles ou simplement un collant avec de fausses coutures. Vous avez cette interrogation forte en vous, mais votre regard vous conforte d'infimes détails précisant votre hypothèse. 

Savoir ou ne pas savoir ? Telle est la liberté de celle qui porte pour son confort et son choix personnel des véritables bas nylon à couture. Vous n'êtes qu'un passant voire un rêveur sur son passage. Restez courtois car elle est une beauté, une femme ou un mirage, mais vous avez votre part de bonheur.

 

Merci à toutes les créatures réelles ou imaginaires qui portent des somptueux bas nylon.

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain, #Gentleman W

Nos deux mains, l'une dans l'autre, là sur ce trottoir parisien, au petit matin, libres de toutes contraintes, marchant vers un café, nous ne rêvons plus, mais nous avançons vers un duo de croissants chauds, un café et un chocolat chaud. Rien de plus simple, mais après cette crise, autant de bonheur simple, l'un avec l'autre, nos sourires en trait d'union entre nos deux regards, nous prenons le temps de savourer nos pas, d'inspirer, sans masque, l'air frais du Printemps, juste quelques degrés, les fleurs de cerisiers là-bas en bas de cet immeuble. Les premiers rayons de soleil lèchent l'espace, le haut des toits, les murs verticaux entrecoupés de balcons fleuris, dans l'axe de l'est, les façades sud, le sol, les escarpins qui s'amusent de cette nouvelle chaleur.

Rien d'autre qu'un peu d'insouciance, nous sommes heureux de redécouvrir Paris, avec cette facette romantique toujours présente. Le chant des oiseaux, loin des grandes avenues et des rues commerçantes, nous cheminons dans les petites rues parallèles, encore sourdes de pollution sonore. Les voitures sont encore à l'arrêt, les passants pas si nombreux.

 

Demain

Le temps s'écoule doucement. Presque au ralenti.

 

Oui, nous étions ainsi avant, pendant tout autant, et maintenant nous profitons pour faire traîner le temps. Dans ce monde où beaucoup succombe à l'addiction pernicieuse du téléphone et des applications soit-disant indispensables, ils doivent suivre le fil des actualités, des nouvelles, des informations, comme une drogue régulière non nourrissante qui apporte son flux d'angoisse souvent, son reflux de vide, des vagues de rien en croyant tout savoir sur tout. Cette belle "minutilité" (information minute maximum de mémorisation pour une réelle inutilité) qui encourage à vouloir apparemment tout savoir, toujours être au courant plutôt, se tenir au fait de l'information, des blagues des copains, des dernières vidéos drôles ou de quelques fake news pour gilets jaunes énervés, cette glissade sans fin, semblable à une aérophagie aigue pour une mémoire saturée de vide total. Alors cette précipitation que nous apporte-t-elle ? rien, encore plus en étant enfermés chez soi, nous avons profiter pour garder des horaires de vie normales, tout en nous offrant une possibilité naturelle pour laisser glisser nos repères. Nous avons pris le temps, cette expression surfaite dans notre monde pressé. Car si certains se sentent oppressés, nous n'étions que pressés l'un contre l'autre, pour une intimité réconfortante, amoureuse et charnelle. Et surtout nous avons pris le temps de partager nos repas, de les préparer, de les laisser mitonner, doucement sur le feu. Prendre le temps, voilà le premier gain de cette crise. Pour choisir les futures vacances, pour envisager de changer certains meubles, pour planter des fleurs et des futurs légumes, pour prendre le thé en terrasse en regardant la vie autour de nous. Lire encore plus, car nos piles de livres sont toujours présentes, mais là ce fût de la dégustation, en retirant celui-ci du dessous, pour le redécouvrir, pour le laisser pour un autre, pour en lire plusieurs, un pour le matin, un pour l'avant-sieste, l'autre pour le soir. Une autre dimension du temps, en se projetant non pas dans une organisation militaire, mais dans une vision slow-life. Les belles saveurs sont sur la durée. Le court-terme certes, mais surtout le moyen-terme et encore plus le long-terme. L'opposé frontal à la minutilité des uns, notre belle lenteur pour envisager, pour choisir, pour mesurer l'envie dans la projection sur le plus tard, et puis le chemin accompagné du désir toujours présent.

Nombreux bonheurs démultipliés par la durée de ce temps, de l'attente avant de croquer l'instant.

Nous sommes là assis, nos tasses devant nous, les sourires toujours sur nos visages, le sien plus proche du mien, nous nous embrassons. La vie continue. Que c'est bon de s'aimer, hier, aujourd'hui, demain !

 

 

Gentleman W

 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par Pierre
Publié dans : #Gentleman W, #femmes - demain

Prendre une grande respiration, lentement, le plus calmement possible, avaler cet air frais. La fenêtre était ouverte sur le balcon, les premières fleurs du Printemps donnaient des touches de couleur. J'inspirais doucement, j'expirais en décontractant mon ventre, le bas de mon ventre, je libérais mes tensions intérieures.

Une amie encore hier, m'avait dit soit tu cries fort dehors, mais avec la crise, tu risques de finir au commissariat, soit tu fais l'amour à en oublier ton corps, pour un total lâcher-prise. Je n'ai rien choisi, sauf le plaisir de prendre le temps pour y réfléchir. Tant de choses qui se bousculaient en moi, toutes les figures d'acrobaties, mais étrangement avec un effet planant et cela sans aucune drogue. Un état d'apesanteur involontaire, mais si agréable, mes doutes semblaient avoir tout emporté dans les profondeurs de la douleur, au-delà du réel, et moi je restais là, assommé, oublié de moi-même. Libéré d'un poids que je ne ressentais plus. Allait-il remonter un jour, plus tard, cette nuit avec les tourbillons de mon inconscient, demain matin au réveil dans cet entre-deux troublé des yeux collés, ou en pleine journée, comme avec une massue invisible mais si insidieuse que vous tombez à genoux. Mais je n'étais pas là, mon corps marchait, se lovait, attendait que le thé refroidisse. Plus de connections douloureuses, juste de l'impesanteur.

 

 

Respirer

 

Je ne voulais plus revenir en arrière, je ne me croyais pas encore prêt pour avancer, je souhaitais juste un arrête sur image, une pause. Immobile, pour sortir de mon enveloppe corporelle, pour tourner autour de moi-même, juste quelques instants. Essayer de comprendre si mes pensées, non effaçables, étaient le fruit d'une réalité, d'une dimension parallèle, ou juste une illusion. Juste autre chose, mais tout était vrai.

 

Alors la seule porte ouverte vers un autre monde, ce fût les étagères, les dizaines de portes, de chemins vers une autre histoire, pour un voyage dans toutes ces histoires, ces romans ou ces biographies. A moins que ce ne fût l'ensemble des poésies posées là-haut. Tout cet univers de mots en liberté surveillée par leurs auteurs, autant de styles que d'époques, je n'avais plus qu'à me poser, d'abord debout pour choisir, prendre dans les piles en attente, lire, ouvrir, remettre, hésiter, lire, relire quelques lignes, se décider enfin, s'asseoir par terre, pousser un fauteuil, se caler enfin entre sieste et lecture.

 

Je ne l'oublierai pas, mon corps souffre, je refuse ses douleurs inutiles car l'amour est au-delà du temps.

Je vais apprendre à te parler autrement avec des créations, des dessins, des sculptures peu-être, des sanguines et même des aquarelles. Et puis des mots que tu ne liras jamais, mais qui seront bien pour toi.

 

Pierre

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain, #Gentleman W

 

Ce bouillonnement d'émotions, de fuites en avant dans un tourbillon non contrôlé, si loin de mes habitudes, je subis cela depuis plusieurs jours. Sans réellement comprendre je ne fuis pas la situation, encore moins la crise, je suis dedans, plongé intégralement dans une apnée volontaire pour guider les autres. Collègues perdus et absorbant les peurs, effarés par les messages contradictoires, multiples et surtout ce manque d'objectifs communs, sans managers ou politiques à la hauteur pour donner un sens à tout cela, pour les emmener derrière eux. Alors je deviens ce guide, courageux malgré moi. 

 

Mais derrière moi, après mes longues journées intenses, il y a ce rappel, cette vague, ces vagues, ce roulement continu, cette marée qui chamboule mes nuits, et même en plein jour, les yeux ouverts je perds mes références. Un coup de massue, auquel je croyais être préparé, et pourtant je prend le coup, le premier, les prochains, petits rappels des précédents, funeste augure des suivants. Assommé, je le refuse, je resterai debout même sans mes jambes car je me dois d'avancer. Je ne suis pas le premier à vivre cela, je l'explique aux autres presque chaque jour, mais là, des fibres résistent dans cette déchirure. 

 

ce ne sera pas le Printemps que tu espérais, ce ne sera pas le nôtre pour déposer des gouttes d'eau sur des feuilles. Elles sont là stockées, achetées avec ce bonheur futur de découvrir les inspirations, de les figer ensemble, de partir chacun dans son espace de création.

 

Cet étrange Printemps

Quelque chose est cassé.

Et puis cette crise, ce mauvais moment qui me paraît si simple à gérer, voilà que le mal invisible se faufile ici et là, jour de nos peurs. Provocant surtout cette frontière entre nous tous. Ensemble est un mot devenu factice, car nous pouvons être là sans s'approcher les uns des autres, plongés dans un blob gluant et vide, avec des espaces marqués au sol, fixés dans nos esprits. Éloignement, quelques centimètres de trop pour ne plus s'embrasser, pour ne plus se serrer dans les bras, alors que je ne voulais que cela. Une dernière fois avec toi, tant de fis avec lui, encore plus avec eux, et rien. Absolument rien. 

 

Je bois mon thé, fade interprétation du Printemps, plus rien n'a la même saveur. 

Tu me manques, ce Printemps là, je n'en voulais pas.

 

 

Gentleman W

 

 

 

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Publié le par Pierre
Publié dans : #Femmes & Culture, #Gentleman W
Le Printemps est là

Mais toi, tu n'es plus là.

 

La nouvelle saison pointe son nez, avec des rayons de soleil perdus avec la précédente, sous la pluie d'avant, mais maintenant la douce chaleur réchauffe nos corps. Pas le tien. Car ce corps justement, il t'avait lâché depuis trop longtemps, comme en désaccord avec toi, une frontière entre ton esprit libre et ce corps devenu trop lourd, inconséquent à tes mouvements. Nous l'avions pourtant porté avec toi avant-pendant-après cette opération, avec les étapes, les doutes et puis les espoirs de te voir de nouveau marcher, bouger vers nous, nous accueillir pour t'écouter. Avec la peinture d'ailleurs, ton médicament, le seul qui fonctionnait encore, tu avais séduit tout le personnel soignant même le docteur avait fini par venir suivre tes cours d'aquarelles. Ce soleil que tu savais capturé derrière les nuages flous d'une goutte d'eau et d'aquarelle, tu lui donnais des couleurs , des teintes uniques, cele de ton regard sur le monde. 

 

Mais léger n'était plus le mot pour accompagner des non-pas, car tout devenait lourd, pesant sur toi, au-delà des simples gestes, des moments de famille où tu ne voyais plus ton image, mais un handicap omniprésent. J'avais espéré un looping, un miracle d'un coup de baguette presque magique, une douceur nouvelle. J'avais compris ce que tu avais donné durant des années tout autour de toi, c'était ces sentiments d'amitié, fort et généreux, et ces même sentiments d'amour envers tes proches. Pourquoi ? parce ce que tu aimais et tu voulais tout autant recevoir des messages d'amour. Celui que ton père trop rustique pour le dire, pour l'avouer, n'avais su te donner. Celui de ta mère, femme-enfant contrainte dans un rôle de mère qu'elle ne comprit jamais et n'assuma qu'avec une frivolité négligente dans ses échanges d'amour. Alors toi, tu avais avancé, même fui vers lui, cet homme droit et volontaire, amoureux fou de toi, prenant l'avion avant même tes vingt-et-un ans pour l'entourer de tes bras en Algérie, pour croquer la vie à pleines dents sous le soleil local. Revenue en avion aussi, à deux, plutôt à trois, car j'étais là, l'enfant de la semoule fine roulée à la main, les épices dans le corps, l'amour au-dessus de toutes celles-ci pour décupler toutes les saveurs.

T'avons-nous donné assez d'Amour ?

 

 

 

Roses 2010
Roses 2010Roses 2010Roses 2010

Roses 2010

Je ne résumerai pas ta vie ici, trop longue , trop trépidante et créative, car même ton métier, tu ne le faisais pas avec routine, mais avec une implication totale et un humanisme bien réel. Je garderai tes dessins, tes peintures, tes encres et surtout tes sanguines. Ton oeuvre au final, car chaque jour tu prenais le temps d'en perdre un peu, de rêver et de t'évader encore avec tes pinceaux, tes craies et tes bambous secs taillés pour crisser sur le papier.

Depuis l'années dernière j'avais partagé l'idée de peindre ensemble car tu ne pouvais plus aller assurer tes cours de dessins auprès de tes amis et élèves. Alors toi, en retour, après avoir vu mes coups de crayon, de nouveau libérés cet été sur des pages vierges, toi, voyant mes falaises et surtout mes vagues, tu avais dit "Passes à l'aquarelle maintenant". Quelques mots si forts mais si directs, comme un compliment non-dit, une validation d'une étape, une phrase de fierté sur ta transmission accomplie. Pourtant tu étais bavarde, toujours à commenter le monde, à rappeler la bêtise des uns, l'humanisme perdu dans notre société qui ne rêve plus. Alors oui, pour Noël, tu m'avais offert cette palette incroyable, si grande que j'ai encore du mal à l'accepter, toi qui te contentais de peu pour faire des miracles sur le papier. 

 

Nous devions peindre ensemble, dépasser nos limites, prendre ce chemin pour te motiver à bouger encore, pour te dire "je t'aime" avec des feuilles, avec des coeurs cachés ici et là sous des gouttes d'eau et d'émotions. L'aquarelle ou les sanguines, les premiers pas pour figer symboliquement ce nouveau Printemps, l'huile ou les simples feutres pour rire encore ensemble, pour t'aimer toujours, pour te faire encre une bise ou deux avant de repartir.

 

 

Le Printemps est là
Le printemps est là, pour toi !

Le printemps est là, pour toi !

 

Aujourd'hui le plus dur n'est pas de t'avoir perdu, maman, mais de savoir que je ne te retrouverai plus.

 

 

Pierre aka Gentleman W

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