Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Nylon & Mode, #Nylon 2000..., #Nylon Passion

Un simple rayon de soleil, un plus malicieux que les milliards d'autres, parti de l'astre lumineux avec une vitesse folle, ayant parcouru des trillions de kilomètres pour venir se poser sur le bout de mes pieds, là sur la terrasse, pendant je me repose en buvant une eau citronnée.

Le Printemps est toujours là, frais en matinée, plus piquant en fin d'après-midi, mais le vent souffle délicatement sur le voile de mes jambes. Mais ce matin j'ai pris le temps avant mon temps de télétravail, de soigner mes pieds, de les frotter pour affiner la douceur de mes talons, de les crémer et de les laisser respirer. J'avais aussi l'envie de vernir mes ongles, mes orteils attendaient un rouge un peu foncé, avec une teinte de plus pour le gros orteil. Un bel éclat, une couche de top coat bien brillant et un séchage délicat en prenant le temps, dans le parfum des pivoines poussés par le vent. Voilà mes pieds ravis, et pour rester avec mes fidèles habitudes, un peu frileuse aussi, je me suis glissée dans une paire de bas mocca, teinte soleil. Je me sens moi, prête pour ma journée de boulot, certes chez moi entre salon et terrasse. 

 

    

    

Photo Claude V.

Photo Claude V.

     

     

Un bol de thé, quelques carrés de chocolat, un verre d'eau avec un zeste de citron vert dedans, une connexion wifi et un tableur ouvert sur un second écran, me voilà prête pour mes prévisions comptables, je sors du mode avion de mon mobile. Mes jambes respirent, mes ongles vernis brillent sous le voile fin. Je bosse sagement, ce midi, je prendrai le temps de prendre soin de mes ongles, pour avoir des doigts de fée "dixit ma maman" avec un vernis ivoire un peu laiteux mais super brillant, je l'adore. 

    

Je me sens bien, une petite robe d'été fluide, que je ne porterai pas si je devais aller au bureau ou voire mes clients dans leurs entreprises, je suis bien plus détendue. Cela me donne plus de temps, moins de transports, de perte de temps justement, et je peux ainsi me faire du bien. Je peux chouchouter la femme des vacances qui se cache en moi pendant plus de dix mois. Détails anodins que je néglige parfois par manque de temps, avec un brin de fatigue, mais comme ce rayon de soleil a pris le temps de venir déposer un baiser sur la pointe de mes pieds, j'y vois un signe souriant venant du ciel.

 

Alors je me laisse charmer par ces éclats, ces reflets sous le voile de mes bas, par ce petit bonus qui me rend plus belle. Simple détail qui me conforte dans ma féminité. 

Merci le soleil !

 

 

Nylonement

 

    

Reflet

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Nylon 2000..., #Nylon Passion

Explorons ensemble l'univers délicat des bas nylon, en vous proposant aujourd'hui le premier article sur les finitions de talon.

 

Car si les fines coutures soulignent vos pas, enveloppent de magie les mouvements de vos jambes sous vos robes, disparaissent vers des revers invisibles, il y a ce détail graphique à l'arrière de vos jambes. Une fantaisie diront certaines, ce petit bonus qui signe votre choix en vous habillant, tout autant que celui de vos escarpins. 

 

Si il y a les finitions de talons plus communes comme le Cuban Heel, le French ou Point Heel, certaines signatures sont propres à une marque.

 

Aujourd'hui le nouveau talon Démon, lancé ou relancé en 2019, totalement mis en avant depuis ce début d'année 2020 par la jeune TPE française "La Dame de France". Un design très élégant qui accompagne la cheville, souligne le dos d'un escarpin, ponctue de deux losanges finissant en pointe effilée votre début de mollet. Ravissant ! Etonnant ! Nouveau ! Glamour ! les adjectifs sont nombreux pour exprimer la sensualité de ce talon, pour rappeler votre élégance dans les moindres détails de votre silhouette.

 

   

Bas nylon talon Demon - Demon heel for Nylon stockings
Bas nylon talon Demon - Demon heel for Nylon stockings

 

 

Merci à la marque "La Dame de France" pour cette originalité.

 

N'hésitez pas Mesdames à demander conseil auprès de leur service client pour trouver la bonne taille (leur guide est très explicite avec de nombreux exemples suivant votre taille, votre pointure, votre hauteur, votre longueur de jambes et même votre tour de cuisse), vous achèterez des bas nylon auprès d'une TPE française.

  

Messieurs, sachez offrir des teintes Nude avec couture noir si infiniment glamour, ou le superbe Mocca avec couture noir pour une teinte soleil de Printemps.

 

    

 

Bas nylon talon Demon - Demon heel for Nylon stockings
Bas nylon talon Demon - Demon heel for Nylon stockings
Bas nylon talon Demon - Demon heel for Nylon stockings

 

Durant les prochaines semaines, sur ce blog, nous allons publier d'autres articles sur les autres finitions de talons : cuban, point, french, swing time, susan ..., restez de fidèles lectrices/lecteurs passionnés de douceurs.

 

Pour rappel :

www.nylonvolupte.com/article-bas-nylon-talons-120186840.html

www.nylonvolupte.com/2019/03/bas-nylon-talons.html

 

 

Nylonement

 

  

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité, #Nylon & Lingerie, #Nylon & Mode

Les vitrines sont restées allumées, jour et nuit, pour nous rappeler que dans cette nouvelle prison, nous pouvions encore regarder derrière les vitres. Uniquement derrière cette frontière de verre.

Les boutiques sont closes depuis des semaines, sans ce bonheur simple de pouvoir pousser la porte, pour un bonjour à notre commerçant de quartier, pour savoir s'il va bien, si il a reçu nos produits préférés. Rien, juste ce vide. 

 

Sa boutique est là, immobile, mais en passant devant, j'ai pris le temps, comme par provocation avec même le temps contingenté pour une simple ballade. Je n'avais pas coché la case "en manque de rêve, voire de mode légère". Alors sagement, en allant chercher mon pain, je suis passée, repassée, arrêtée de nouveau devant cette vitrine. Là des corbeilles de dentelle fine, noire sublime comme j'aime le plus souvent pour y glisser ma peau claire, mes seins voluptueux. Mais aussi ces dentelles de couleurs, brodées en bleu sur une mousseline plus neutre, à moins que je ne craque pour cet ensemble en soie rouge avec des fils dorés. Si infiniment féminin. Confortable sûrement car parfois je cède aussi au modèle dont la séduction est la force majeure. J'ai eu le temps d'hésiter plusieurs fois face à cette vitrine, en prenant aussi le temps de rêver de me glisser dans ces nuisettes de soie, de fabrication française, c'est marqué sur la pancarte écrite à la main. Soie fluide, légère et intemporelle pour la douceur qu'elle confère, bordée de motif de dentelle ciselée. Des couleurs là aussi, pour jouer de tout cela sous mes robes. J'aime, pour moi, pour lui aussi, retirer cette robe, ma mode du jour, pour dévoiler cette combinaison de soie pétante de couleurs, pour laisser apercevoir mon ensemble noir, corbeille troublante, culotte envoûtante, jarretelles ensorcelantes de glamour. Voilà que je m'égare simplement avec mes multiples passages devant cette boutique de lingerie. Son univers figé mais toutes les douceurs indispensables à ma vie, à ma féminité.

   

   

   

 

 

Mirifique
Mirifique

 

Aujourd'hui encore j'hésite entre ce string, évanescent mais si peu confortable et ce shorty cachant pour mieux révéler mes courbes. Une gourmandise de plus, dans cette privation inhabituelle depuis des mois, essentiel à mon quotidien, ce petit plus qui me permet de me sentir bien, parfois de ressentir encore plus d'amour, de deviner son regard discret mais pointu pour l'apercevoir dans un décolleté généreux. Oui cela me manque, j'en ai doublement envie. Et puis ce moment intime, complice avec la vendeuse, fière conseillère, connaissant mes goûts mais toujours prête à m'aider à oser autant pour le confort que pour la sensualité des modèles. Je pense à elle, souriante en voyant que la boutique sera ouverte demain. Enfin !

Et ce déshabillé en voile transparent, si je l'essayais, ou ce kimono caché là-bas.

Mirifique écrin de douceurs, je serai là.

 

Nylonement 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Gentleman W

Fourbu par la fatigue, mais heureux face à ce jardin remis à neuf, je contemplais ce lieu où la nature prenait pleinement son essor. Chaque arbuste, chaque haie, chaque pot savaient attendre les saisons pour s'endormir, pour sommeiller jusqu'au Printemps pour un renouveau doux puis virulent. Les feuilles nouvelles avec mille verts différents, avec la sève en plein bouillonnement, mais avant cela les branches qui poussaient, s'avançaient encore plus vers le ciel, s'aventuraient vers tous les espaces. J'avais stoppé les envahisseurs en taillant allègrement, parfois pris de remords les années précédentes, car c'était peut-être trop court, j'avais pu constater que l'avancée n'était que plus forte. Toujours reconquérir l'espace, alors nous avions trouvé un accord, je taillais ici, les plantes poussaient là, mais aussi dans mon dos un peu ici. Jardinier ou bûcheron, je modelais au gré des besoins des uns et des autres, parlant parfois à mes plantes, déplaçant vers la lumière un rhododendron, bichonnant mes pivoines, rabattant des jeunes pousses transformées en Huns invasifs. 

Là en cette matinée, après plusieurs jours de coupes, de tontes, de plantations, je prévois les prochaines semaines, je nourris l'ensemble, mais surtout à cet instant je partage mon brunch sur cette terrasse, face à ce jardin simplement agréable. Mes yeux savourent ce bonheur, mon odorat s'amuse des parfums aussi, les iris, les dernières glycines, les premières pivoines, l'odeur de l'herbe coupée. Je respire à pleins poumons, je sature mes sens en fermant les yeux, je m'imprègne de tout cela.

 

Fée

 

Il ne me manque rien. Un livre peut-être. Un moment de repos, une sieste dans une chaise longue que je n'ai jamais utilisé, un instant immobile. Je prends le temps de vivre les secondes, les minutes, les heures s'il le faut. Sereinement. Calmement. 

Une sculpture, une créature ici.

Je ferme les yeux, j'ouvre d'autres dimensions, je crée des vides en premier lieu, je repousse les limites, j'ouvre les frontières du possible, et un peu plus. Je me libère de tout, je ne suis plus qu'un regard sur l'ensemble panoramique qui m'entoure. Les angles de vue varient, changent et jouent d'effets miroir. Je me dédouble.

Dans ce vide de nature, d'herbes et de feuilles, je suis en apesanteur, elle avance. Légère, libres de tous ses mouvements, sans contraintes, elle glisse au gré des mes pensées. Une robe fluide, un peu de vent, des jambes sur des talons hauts, impossibles ici. Son sourire suit le soleil, sous sa capeline. Elle se pose, tourne, cherche la lumière, disparaît dans les ombres d'un tilleul trop grand, s'appuie contre cette haie, joue de ce labyrinthe de verdure. Rien n'empêche son cache-cache, sa dentelle blanche contraste avec les fleurs de couleurs, elle les hume, cueille quelques graminées, souffle les pissenlits. Là-bas elle s'arrête, revient vers moi, semble cacher ses gestes en m'offrant son dos nu, juste de mousseline fine ne cachant ses dessous. Jarretelles devinées, fascinantes sur ces courbes, j'avance ma main vers cette sculpture, elle glisse plus loin.

 

Je m'avance, je me réveille soudain. Rien, juste ce jardin et ces bougies allumées. Où est-elle passée ? 

 

 

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Gentleman W

J'ai pris une pause, une véritable pause, chez moi. Je vous vois sourire surtout en cette période de crise, avec le message "Restez chez Vous" martelé si fort, si souvent, avec le nouveau big brother. 

Oui mais je dois vous avouer que j'ai travaillé, tous les jours ou presque sauf le dimanche, des longues journées, souvent intenses. Je ne suis donc pas resté chez moi, j'y suis revenu en fin de journée, pour souffler un peu, pour retrouver un cocon mais avec ce stress mêlé d'incertitudes et des messages peu rationnels, la tension était encore là. J'ai fait ce travail indispensable à la vie des autres. Chaque jour, j'ai pris ma voiture pour des kilomètres dans Paris, dans sa banlieue, avec ce presque privilège de ne voir que très peu de véhicules. Des avenues vides, des lieux fantomatiques, des espaces nouveaux tant la sensation de vide était immense. Peu ou pas de passants, des quartiers où je me suis amusé à écouter des titres d'Ennio Morricone en espérant voir des Tumbleweeds, ces boules d'herbes sèches qui roulent en attendant le héros avec son chapeau et son harmonica. J'ai pris des photos surprenantes, j'ai traversé à 8h15 la porte d'Orléans sans aucune voiture, un miracle impossible même un jour de fête. Le vide mais aussi le calme retrouvé, ces lieux sans bruits de bagnoles, sans cris et klaxons, ces trottoirs avec juste quelques coureurs et quelques chiens. 

Aucun magasin ouvert, aucun lieu pour déjeuner sauf des boulangeries avec leurs queues dignes des pays soviétiques de l'ex-Urss, donc j'ai souvent renoncé à manger, croquant une pomme ou une banane en attendant la fin d'après-midi. Voyager dans ce moment immobile, comme pour comprendre ce qu'est la vie et cet espace symbolisant malgré lui le manque de vie.

 

J'ai fait mon travail, je l'ai adapté aux circonstances, donnant encore plus d'empathie à celles et ceux que je croisais. Rien n'était simple, car il manquait du monde, il manquait des émotions, troublées par d'autres angoisses, il fallait malgré tout être là pour eux. Encore et encore, chaque jour, dans des conditions parfois terribles, tragiques, intenses de fatigue en plus de tout cela.

 

Et puis j'ai porté mon fardeau, celui de voir la vie s'échapper de ce cercle privilégié qu'est la famille. La voir partir, la voir une dernière fois, la savoir ailleurs pour la savoir soulager des douleurs, mais comprendre aussi qu'une étape nouvelle s'installe. Un poids nouveau sur les épaules pour l'avenir. Je le digérerai au fil du temps, sans elle. Mais avec des tonnes de souvenirs, petits, anodins, grands, immenses.

 

Alors oui, aujourd'hui, ces derniers jours, je marche seul, je suis auprès de mes enfants, dans un autre cocon, pour extérioriser certaines douleurs nouvelles, pour les empêcher de prendre racine, pour penser à tout, à rien aussi, pour combattre ses moments fragiles avec des larmes. J'avance car rien ne me rend plus fort que l'adversité, un genou à terre, deux même, mais je me relèverai toujours, je suis ainsi. Non pas un surhomme, loin de là, loin de ma pensée, loin de ma propre humilité, mais j'ai combattu des montagnes de doutes, des douleurs si pernicieuses que je serai de cette victoire, mais en prenant le temps de bâtir la suite.

Je me repose, je fais rien, je fais plein de choses, je respire ma forêt, cet endroit d'exception en bout de jardin, je suis en dehors des médias et du temps, pour écrire encore, toujours plus, bien plus que ce simple blog, je me gave de voyelles et de consonnes, sans limite, avec excès même. Je me sens mieux.

 

Et puis pour vous, mes lectrices, mes lecteurs, revenez vers mes autres articles, car celui-ci est un bout d'intimité qu'il me fallait libérer, mais qui n'est pas un cadeau. Juste un morceau de vie, ma vie !

 

Nylonement

Insouciance

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Gentleman W

Effervescence d'un soit-disant lendemain, je me suis réveillé en avance pour voir ce jour, ce fameux jour d'après. Les oiseaux étaient toujours aussi bruyants dans le jardin, chassant les vers dans les recoins de chaque branche et autres charmilles, repartant vers leurs nids pour nourrir les nouveaux-nés piailleurs. Les fleurs, les iris étaient bien là, avec leurs couleurs délicates, le bleu du ciel strié de blanc pour celle-ci, le mauve et le jaune pour les autres, le blanc pur pour ce pied caché sous un palmier, les jaunes plus ensoleillées ce matin, toutes tranchaient sur le vert de la pelouse, sur le bonheur du Printemps. Lui est là depuis fin Mars, sans un seul arrêt, il voit tourner les pages du calendrier, dans un silence relatif.

 

Alors ce matin, ma forêt, inaccessible par une loi liberticide, se réveille comme chaque jour, libre de tous ses papillons, de sa beauté, de sa nature en pleine expansion, peut-être avec une respiration encore plus forte. Ce petit monde bouge, chante encore, vole et virevolte à volonté, sans restrictions. Effervescent, il relâche son air pur, naturellement.

 

Alors je vais de l'autre côté, vers la rue, pour les voir passer, ceux qui manquaient de liberté, ces prisonniers enfermés chez eux, mais rien. Du silence aussi, car ici les retraités seront sages, ils garderont leurs jardins comme ultimes barreaux, renonçant au pain frais car le congélateur est encore plein, la farine encore en stock pour en faire par eux-mêmes. Les autres voisins, ils travaillent chez eux, l'ordre social s'applique ici encore, dans toutes les maisons, l'internet fonctionne pleinement, le télétravail est une habitude démultipliée si elle n'était pas déjà une routine. Ils restent là sur la terrasse, face à la forêt, avec les mêmes oiseaux qu'ici. Personne ne bouge.

 

 

Effervescence

Et moi, je me repose, je fais une pause, car il n'y a eu d'avant, ni même de pendant, ni même d'après. J'ai continué à travailler, à suppléer à la demande en multipliant mon offre. Bref, j'ai travaillé tous les jours, un peu plus même, six jours sur sept parfois, ne comptant pas les heures, ni l'effort pour les rassurer, pour les accompagner. J'ai donné un sens différent à mes réponses, à mon empathie, essence de mon travail. J'ai été là, avec le masque, sans plaisir à respirer avec cette contrainte, mais je devais me protéger, les protéger, revenir sain chez moi, pour les protéger eux aussi.

 

Ma seule lassitude fût en écoutant les émissions spéciales en continu, les analyses sans fond et sans forme des niaiseux journalistes, heureusement il y avait de la musique classique pour adoucir ma fatigue. Alors oui, aujourd'hui je prends quelques jours de vacances, pour respirer enfin à pleins poumons cet air-là. Si loin de moi pendant près de deux mois. Je vais pouvoir vivre normalement, même si ce mot me semble abstrait et qu'il cache une blessure ouverte récemment, incisive et sans rémission possible. Alors je savourer le temps, parfois le haïr un peu, espérer beaucoup, vivre en regardant devant mais en jouant du bonheur des souvenirs. Les larmes ne doivent pas prendre le dessus, juste évacuer quelques regrets, souligner quelques trop fortes émotions. Ce matin, je vais prendre mes crayons, dessiner là face au jardin, comme une parenthèse dans un rêve, comme un moment en suspens. Seul. Loin d'elle maintenant. 

 

Effervescence, vous dites ? De pivoines, de couleurs !

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #nylon passion, #Nylon 2000...

Le restaurant était plein, dans l'effervescence des déjeuners, où chacun rentre ici en poussant la porte puis le rideau lourd de cette brasserie, file vers sa table pour un repas entre collègues, pour un discret rendez-vous d'amoureux ou pour un déjeuner d'affaires. Le zinc voyait défiler les apéritifs, les bouteilles, les carafes et quelques cafés crème pour les plus rapides. Les garçons avec leur tablier noir se faufilaient avec les plats du jour, aile de raie sauce beurre citron, blanquette de veau et ses petits légumes de Printemps, côte de veau avec son jus de romarin et ses rattes du Touquet, turbot en croûte de sel et ses poireaux vapeur à l'huile de noisette. Les commandes, les plats, les rappels pour une corbeille de pain, pour une bouteille de Sancerre bien fraîche, les signes pour payer, les bruits de la vie, d'un coup de feu en plein coeur de cette cuisine, où chacun couraient avec ses assiettes, pleines ou déjà vides. Le chef balançait la cadence, les serveurs entraient vite, ressortaient encore plus vite vers les tables. Hésitation d'un nouveau, aiguillage par le chef de salle, service des vins dans les verres de cette grande tablée heureuse d'être ensemble après ce séminaire monotone, coup d'oeil d'un jeune oncle pour resservir le champagne à sa nièce, la brasserie palpitait pleinement de cette ambiance toujours renouvelée, de ces bruits sans fond musical mais avec une partition bien rodée.

 

Peut-être...

Elle était entrée, avec un sourire pour le maître d'hôtel, lui laissant son manteau, j'avais laissé un oeil traîné  un oeil distrait sur elle, en dehors de mon épaule d'agneau de 7 heures, fondante à souhait. Une paire de gambettes sublimes sur des talons hauts d'une grande finesse, une allure folle pour fendre la foule des tables, pour disparaître vers le fond de cette salle, avec des sourires ici et là pour les serveurs complices, je ne l'avais qu'aperçue, mais cette jupe crayon, ces chevilles enveloppés d'une mousseline fine et noire, presque transparente, j'avais soudainement rêvé d'un voile de nylon, de véritable nylon avec une couture peut-être. Elle était déjà loin, absorbé par les têtes, les mangeurs, les discussions et les dos de chaises. 
 

J'avais repris un peu de cette purée maison, douce et savoureuse aux éclats de truffe. La discussion professionnelle à ma table ne faisait que redondances des questions sans réponses déjà abordées durant la longue réunion du matin, certains avaient l'art de les ressasser, de les reprendre et les retourner pour ne jamais avoir l'intelligence d'en chercher une solution, une vérité pour l'avenir. Leurs futurs étaient déjà dans la prochaine réunion molle, avec les mêmes questions, leurs mêmes responsabilités dans une inaction quasi sacrée. J'attendais qu'enfin l'un ou l'autre veuillent bien avancer avec les paramètres présentés en conclusion, pour émettre un début de possibles réponses, d'opportunités sans langue de bois. J'attendais, fidèle adjoint à mes responsables, sans comprendre ce manque de volonté et donc de décisions, cette incapacité à l'action. D'ailleurs, je rêvais déjà au poste de mon prochain job. J'étais ailleurs pour d'autres raisons. 

 

Et puis vint le dessert, le pousse-café pour célébrer la réussite de ce manque totale d'action, la crème caramel avait une saveur de vanille, charmeuse et suave. Ils trinquaient, je buvais de l'eau. Mais aussi j'attendais une réponse, à une autre question intérieure. Portait-elle des bas, avec ce tailleur si élégant, ce chemisier de soie bleue si féminin ?

Ils discutaient encore, de tout, surtout de rien, j’acquiesçais parfois pour un poli hochement de tête, perplexe quand ils s'enflammaient de leurs responsabilités, en parlant de leurs salaires et autres avantages. J'étais encore un peu avec eux, mais finalement je trouvais l'excuse d'un dossier à ficeler avant le weekend, pour aller prendre l'air. Un bon choix. Un bon timing, car elle repartait seule comme à son arrivée, la jupe devenue fendue. Un jeu de fermeture-éclair pour s'asseoir plus facilement peut-être. Et là, en quelques millisecondes, cette jarretelle. Un secret presque caché, un zip refermé avant d'avoir enfilé son manteau, une jupe redevenue crayon, sa silhouette sautant dans un taxi, elle partait déjà.

 

Ce petit détail anodin qui emporte nos rêves

 

Nylonement

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