Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes & mode

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - vous

Faut-il prendre le temps de sortir une station de métro avant notre destination, pour flâner doucement en ce jour de printemps !

Prendre le temps de profiter du soleil sur cette avenue où les arbres commencent avec sagesse à bourgeonner. Au loin, un square avec des cerisiers en fleurs, rose et blanc, les teintes se mélangent et se chauffent aux rayons éparses traversant les branches. 

Et vous êtes là, présentes avec votre mode qui sourient à la météo de printemps, un festival de doudounes oubliées, pour laisser place à des manteaux longs mais ouverts sur vos jambes, avec des jupes plus courtes, voire des shorts élégants. Des manteaux plus courts avec vos jambes encore enveloppées de bottes, l'élégance d'un pont entre deux saisons. Toujours avec ce détail qui fait de vous des exceptions, plus exactement des femmes uniques. Que vous soyez classiques ou parfois plus excentriques, quelque soient vos âges, de l'adolescente pétillante partant avec ses copines vers le lycée avec ce collant opaque de couleur moutarde si harmonieux avec le reste de sa tenue et ses rires, de la femme âgée avec sa canne, chapeau posé sur la tête, comme une folie douce d'un autre temps, mais bien là pour signer sa mode du jour, de la jeune mère de famille avec son jean et ses baskets blanches stylées et son blouson en cuir sur un top à message, avec sa fille qui demande "çà veux dire quoi les mots sur ton t-shirt, maman ?" et d'expliquer "je suis une bonne connasse" avec des mots d'enfants, de la femme en tailleur gris si simplement chic avec ses stilettos vernis et brillants et les multiples brides so chic doublement, de cette femme discrète qui semble chercher son chemin avant d'apercevoir une amie, s'approchant avec son bouquet de fleurs et sa tunique colorée sous un manteau rouge carmin, vers sa petite amie apparemment, avec des bisous partout. 

 

Un simple détail

Oui vous êtes toutes là avec votre mode, vos accessoires qui font de vous des femmes uniques, grandes ou petites, maigres ou rondes, de toutes cultures, vous avez ce détail pour vous. Escarpins, sacs, bottes, bas ou collants, lingerie cachée ou faussement dévoilée, bottines avec autant de variantes de talons, chapeaux, écharpes ou étoles, coiffures avec des cheveux longs ou très courts, maquillages et variantes de manucure, tout est détail pour vous, vous nos yeux aussi.

Prendre le temps de perdre notre regard sur ces éléments anodins mais choisis ce matin avant de sortir de chez vous, pour vous rendre unique et si possible sereine durant votre journée, quand vous serez bien dans votre mode.

Bon printemps avec votre mode.

Et vous, quel est le détail du jour ?

 

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Féminité & Sensualité
Sourires

Des lèvres rouges, des lèvres rose pâle ou rose fuschia, des teintes de violet, de rouge tirant vers le grenat foncé, d'orange faussement affirmé, de noir ici mais là plutôt prune avec un reflet satiné, des lèvres au naturel, des bouches vierges de tous masques, voilà une nouvelle semaine, un élément anodin et pourtant si visuel, le bas du visage est libéré de toutes contraintes visuelles.

Enfin vous avez la tête au complet de vos collègues, enfin la moitié de vos compagnons de bureaux car encore certains et certaines sont en télétravail, ce sera pour demain si vous êtes présents. Des visages, des bouches parlantes avec des mots complets non absorbés par le tissu fin, des expressions réelles de vie, d'échanges au-delà des regards et des jeux de sourcils. Voilà des barbes, des moustaches improbables, une barbiche aussi pour ce nouveau djeun's jamais vu au complet, arrivé dans les nouveaux embauchés durant les derniers mois, bref des têtes nouvelles, des anciennes têtes revenues, un peu changées, fatiguées ou un peu tristes de ce passage trop long dans le tambour de la machine à laver de la maladie à épisodes, ils et elles sont là.

Cette standardiste don on ne voit déjà que le tronc, peut-être sans jambes, cachée derrière un masque, une vitre fine, des lunettes un peu teintées quand vous étiez revenus au bureau en début d'été, cette personne est là debout avec un visage et un café à la main. Elle existe, vous doutiez, vous aviez envisagé en rigolant un simple robot prenant le contrôle des entrées, vérifiant les pass et autres distributions de gels et de masques. Cette nouvelle directrice, vue uniquement chez elle, dans son chemisier imprimé assez chic, avec un tailleur au complet avec ses escarpins, alors que vous n'aviez qu'une tête en gros plan et en contre-plongée, avec un filtre moche derrière elle représentant un univers froid, voilà un peu plus de chaleur et un rouge à lèvres rouge mat. Elle parle, vous la revoyez encore avec son filtre, les effets secondaires de la décompression progressive du présentiel. Vous souriez intérieurement, vous souriez tout court en apercevant votre équipe, les uns et les autres, avec des bras, des jambes, des tenues plus conventionnelles car le relâchement des visios commençaient à se ressentir côté vêtements. Vous n'osez toujours pas la bise, d'ailleurs est-ce interdit ou professionnellement inadapté dans nos nouvelles rigueurs de comportements. 

Vous suivez cette réunion dans cette salle, avec la chaleur de voir chacune et chacun s'exprimer pleinement, avec sérieux mais aussi ponctué de sourires, de jeux des zygomatiques et des muscles des joues, des lèvres et du menton, ce complément si utile aux yeux expressifs certes mais complices de vos mots, de vos affirmations ou de vos doutes. Tout est là, libres enfin. 

Avec des lèvres de couleur, ce orange léger et nacré de cette personne inconnue est presque troublant, vous lisez sur ses lèvres, vous êtes captivé, victime d'un sevrage trop long. C'est si beau, cette touche de maquillage, ce détail de féminité presque volée quand votre esprit garde le réflexe de remettre le masque ici ou là. D'ailleurs vos idées s'envolent, et si toutes et surtout tous, nous revendiquions cette liberté retrouvée en portant du rouge à lèvres, hommes et femmes. Comme une manifestation de joie et de couleurs !

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - vous

Noël, doux noël, cette belle période de calme, avec la possible trêve des confiseurs, ce moment qui nous coupe du monde réel. Je marche dans la rue avec des sacs et quelques achats, un long manteau chaud pour couper le vent, une belle écharpe douce, la tête ailleurs, avec des guirlandes qui scintillent dehors mais aussi en moi. J'aime cette période où la sérénité devrait prendre le dessus sur toutes les mauvaises nouvelles de notre monde réel.

Je gambade avec mes bottes hautes, je suis bien, un arrêt devant la vitrine du chocolatier, une envie d'une croquante version très noir, très intense pour accompagner mon thé. Douceurs du palais, confort de mon chez moi. Je flâne dans cette rue emplie de sapins décorés, de lumières et de décorations poétiques. Derrière les vitrines, des idées de cadeaux, le charme aussi des ambiances avec fausse neige et chapeaux rouges quelques soient les commerces, entre boulangeries et traiteurs, mode et voyages. 

Mon regard tourne, happé par le tourbillon, mes yeux clignotent, je souris de me croire dans une autre dimension, absorbée dans un téléfilm de Noël où toutes les rues brillent, où les coins et recoins sont tous couverts de branches de sapins, de boules multicolores et de sucres d'orge géants rouges veinés de blanc. 

Et elle est là. Avec sa lumière intérieure.

 

 

Publicité Louis VUITTON (ceci n'est pas un article sponsorisé, juste une illustration)

Publicité Louis VUITTON (ceci n'est pas un article sponsorisé, juste une illustration)

Dans son panneau publicitaire, elle vient de stopper le tourbillon. Là sur le trottoir, elle rayonne, son manteau écru posé sur ses épaules, délicatement ouvert sur des jambes divines, elle attend. Elle nous regarde, nous observe après avoir déposé son sac sur le banc du musée. Vient-elle d'une autre dimension ?

Parfaite, belle, très belle, ravissante, sublime. Ses cheveux courts impeccables, elle prend le temps de voir défiler ce petit monde de clients dans la rue, depuis son univers de beauté sans aucun défaut. Pourtant devant elle, il y a des hommes et des femmes, quelques enfants, des chiens. Rien de merveilleux, des gens, des anodins, des gros et des grands, des petites et des minces, des variantes de toutes morphologies, fagotées dans des manteaux trop justes, posées dans des chaussures entre baskets et modèles insipides. Quelques bottes aussi, des escarpins parfois, quelques belles gambettes se faufilent au milieu de cet ensemble, des collants opaques, un ou deux avec des motifs plus glamour, quelques petites robes noires s'aperçoivent sous les doudounes, loin d'elle malgré tout. Certes son maquillage provient des doigts de fée d'un MUA, d'un make-up artist, sa coupe et sa blondeur nuancée des compétences d'un coiffeur de stars, et puis pour compléter le trio, un graphiste champion de la retouche discrète. Je sais qu'elle est naturellement très belle. Dans les films, elle est très entourée, mais dans les médias, elle apparaît si simple, si réelle, si parfaite. 

Mais est-elle la beauté de toutes les femmes ? Difficile d'incarner toutes les diversités, toutes les silhouettes, en ajoutant les coiffures et les teintes de peaux, c'est impossible. Elle est une image, une envie, un repère mais en aucun cas un absolu pour des femmes hypnotisées par cette beauté irréelle. Je suis pourtant captive de tous les détails qui me fascinent, jusqu'à bout de ses slingbacks bicolores. Je n'ai même pas l'envie de son sac, mais je craquerai volontiers pour prendre sa place, contemplative dans une autre dimension. Femme générique montrant mes gambettes, avec ses escarpins, avec mes formes, je suis une femme. Simplement moi.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes & Portraits, #Femmes - vous

Plusieurs semaines sans venir ici, j'ai traversé le hall en ayant cette étrange impression d'être en visite chez un client, alors que je ne faisais que revenir dans les locaux de mon entreprise. Ils ont fait quelques travaux, changer les plantes artificielles en créant deux murs verticaux de véritables plantes. Le lieu semble plus respirant, mieux éclairé aussi.

J'ai appuyé sur le bouton de l'ascenseur, attendant la montée vers le troisième étage, vers mon bureau, vers cet espace oublié depuis l'année dernière. Des réunions uniquement en mode virtuel, avec des applications sur mon ordinateur portable, loin de ce coin de bureau, loin des photos personnelles, des dossiers posés là dans des pochettes de couleurs différentes. Un peu de poussière sur le plateau, deux plaquettes de chocolat dans le tiroir, mais étrangement les plantes ont été arrosées. Deux collègues passent derrière la vitre vers le couloir, deux bonjours et une proposition incroyablement réaliste pour aller partager un café. Certes avec nos masques et une bonne distanciation, mais ce petit bonheur de revoir des personnes, des êtres vivants bien réels.

Depuis le début de la crise, je ne sortais presque plus, me faisant livrer mes courses, suivant les médias sur les réseaux, appelant les amies, travaillant en distanciel, avec les collègues, avec les clients.

Contente de revoir des personnes même si les premières discussions sont directement brancher sur les multiples facettes de la crise, du vécu de chacun.

Devenir une autre

Leurs regards restent toutefois circonspects. Enfin elle ose "mais tu as changé de coiffure, tu as changé quelques chose". Je souris, lui cherche et se lance à son tour "tu as rajouté des boucles, tu as laissé pousser tes cheveux pendant tout ce temps, tu est une autre". Je souris encore, car durant les derniers mois, j'ai effectivement laissé ma coiffure reprendre son naturel. La longueur sans vraiment les couper, juste réajuster les pointes, tout en laissant les boucles, elles aussi naturelles, envahir mes épaules et même maintenant les vingt centimètres en-dessous. 

Mais surtout j'ai oublié le blond variable et totalement faux, pour revenir à ma rousseur d'origine. Un jeu de couleurs chaudes, une chevelure flamboyante que j'avais caché à la fin de mes études, pour séduire d'une part un beau mâle amateur de belle blonde, oublié depuis, mais aussi pour casser mon image trop marquée. Plusieurs personnes m'avaient dit, souvent avec un demi sourire, que mon abondante chevelure rousse faisait que l'on ne voyait qu'elle, que moi. Coupe plus courte, blondeur artificielle, changement de look pour des tailleurs jupe. Voilà j'avais gagné une parfaite combinaison de caméléons, anodine parmi les autres blondes, mais toujours avec la même allure, le même tempérament. 

Aujourd'hui je ne change pas, je ne deviens pas une autre, je redeviens moi-même. Et il va falloir qu'ils s'habituent à mon existence ainsi. Naturellement rousse, sereine car plus en phase avec mon caractère. Je garde les jupes et les vestes, variant du gris au noir, avec les tops blancs, toujours de rigueur. Demain de nouveaux rendez-vous avec les clients, autour d'une table, dans des bureaux, dans la vraie vie.

Croquons cette nouvelle tranche de vie.

 

Nylonement

 

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Douleurs de Femme, #Femmes - demain

Ce premier week-end depuis des semaines, depuis des mois, j'ai perdue la notion du temps, je ne sais plus quel jour nous sommes. Juste ce calendrier posé sur la commode de l'entrée, le courrier en vrac, un lieu de passage où je n'ai fait que des allers-retours depuis l'année dernière, depuis février. A ce moment où nous avons basculé dans une autre dimension, sur une planète d'urgence, de débordements, d'entrées nombreuses, très et soudainement trop nombreuses. Nous n'avions plus de lits, pas de solutions, pas d'idées sur ce qui nous arrivait, nous les entassions en nous protégeant au mieux. Du matériel, des indications, des contre-indications, un part de mystère, des médecins, des responsables un peu perdus mais avec des capitaines convaincus avec leurs navires glissant vers la tempête. Je regardais ce spectacle assise par terre, fatiguée, le dos collé au mur d'une chambre où il venait de mourir. Oui, ils arrivaient faibles, malades et nous ne savions pas ce qu'il fallait faire. Et quand nous avons eu des débuts de solution, nous étions déjà en train de chavirer, l'eau entrant de toutes parts, les brancards bloquant les malades incertains, les morts pestiférés. Personne n'était prêt pour cela, et le manque de moyens nous enfonçait dans cette fatalité complète. Nous avons accepté de vivre sur place, de ne plus rentrer chez nous, de dormir là, par terre dans ce coin de réserve, dans cette salle d'attente vide de familles. Ils ne venaient plus voir leurs défunts, c'était interdit par peur de la contagion, avec ce mystérieux virus. Sans savoir, mais dans la contrainte, j'ai continué, j'ai tiré une énergie dans mes piles vides, j'ai mangé les petits plats apportés par des restaurateurs si gentils, par des familles infiniment reconnaissantes. Non ici, nous n'avons pas entendu les applaudissements car je n'étais pas chez moi, dans mon petit immeuble, dans mon appartement cocon. 

Tout cela pendant des semaines, des mois, car confinement ou pas, les moyens ont manqué, si mal organisé, puis le personnel a manqué, puis le repos est devenu un concept surréaliste. Absolument abstrait. Des zombies soignant des personnes malades, dans une routine effrayante financièrement, dans une logique économique impossible à défendre car chacun y trouvait à redire, dans un tourbillon d'humanité bien réel. D'ailleurs c'est lui qui a été notre seul moteur car nos métiers du secteur médical sont des vocations en premier lieu. Pas une simple fonction, un simple agenda avec un nombre d'heures dans un tableau excel. Nous avons travaillé, encore travaillé, au-delà de l'entendement, à bout de forces, au-delà de nos limites, nous avons crié notre désespoir face au mur des politiques, face aux défunts trop nombreux. Nous nous sommes épuisés, écroulés, nous avons explosé en vol, pour essayer de trouver quelques heures d'affilée de réel sommeil, avant de reprendre une journée de plus, une semaine de plus, avec un samedi, un dimanche, un jour par-par-ci par-là. La notion de week-end s'est effacé de mon planning, j'ai bossé pour sauver des vies. Ma vie.

 

 

Froissée

Et là dans cet appartement, je ne me retrouve même plus. J'avais déménagé fin 2019, juste avant le rush. J'ai encore des cartons dans les coins du salon, des meubles sont encore en mémoire de mes possibles achats, dans mon ordinateur portable endormi depuis des mois. Je ne me souviens plus quand j'ai changé les draps, je ne me souviens plus de la dernière lessive de mes propres vêtements. Ces petites robes d'été à peine sorties mi-août pour deux restos avec des copines, avec ma mère de passage à Paris. Sinon le reste du temps je suis en pantalon, en blouse ou tunique médicale, du professionnel pour tous les jours. Sans parler des surblouses, des tenues jetables, enfilées chaque matin, chaque soir, toute la journée, retirées pour être remplacées par d'autres tenues. Nous avons eu une période encore plus folle, avec des surblouses taillées dans des grands sacs poubelle. Rien pour se défendre, sans même savoir le degré de contagion, de dangerosité surtout de ces virus mutants. 

Des semaines, des mois et rien de plus, rien dans le frigo, je n'ai même pas eu le temps de prendre connaissance des magasins de ce nouveau quartier. Et puis de toute façon quand parfois je rentre, trop tard, tous sont fermés. Je n'ai pas eu le temps de dépenser le moindre euro durant les soldes. Même pas via l'ordinateur de la salle de pause, je me suis endormi plusieurs fois simplement en lisant les emails des amies et de la famille. J'avais plus d'énergie en moi, alors pour la mode, je me suis contentée des années passées. Même pas une paire de chaussures, ah si, une paire de bottines. J'ai négocié avec la  patronne par téléphone, car je l'avais vue, j'avais craqué pour cette paire plein cuir noir et rouge, sobre dans le design, avec des talons très fins. Mais avec une boutique toujours fermée, alors j'ai commencé avec des mots écrits glissés sous la porte, un numéro de téléphone, un paiement en liquide dans une enveloppe, sans jamais croisée la patronne de cette petite échoppe. Mon code pour la porte du porche de mon immeuble, et un soir, deux semaines plus tard, les bottines dans ma boîte aux lettres. Une étoile dans la nuit, ce soir-là, très fatiguée, j'ai pris une douche chaude et parfumé pour retrouver mon odeur, pour éloigner celle de l'hôpital. Je me suis glissée dans un collant opaque, avec une petite robe noire, simple et follement plus féminine que mes vêtements de mes dernières journées. Les bottines étaient sur la table basse du salon, je les ai chaussées. Et je me suis endormie ainsi. Habillée, épuisée toujours. Heureuse.

Elles sont encore là sur la table basse, avec des verres et un bouteille vide de jus de pommes, quelques bricoles et des restes de junk-food.

Je vais prendre une autre douche, avec beaucoup de parfums pour voyager jusqu'à chez moi.

 

Nylonement

 

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - demain

Je ne sais pas pour vous, mais les médias, presse, télé ou radio, tout cela renvoie des images nombreuses d'une société angoissante, totalement en perdition. Parfois je surligne le tout d'un laconique "on va tous mourir !" comme si cette fin inéluctable s'approchait toujours plus vite, dans un tourbillon dévastateur imposé. Et encore je passe outre les réseaux sociaux, sources sans fin de nouvelles catastrophes et autres complots délirants mêlés des haines les plus variées.

 

Je rêve d'un monde plus rose, plus bleu, plus vert, plus coloré c'est sûr, avec de bonnes nouvelles au quotidien, car il y a tant de belles choses, de partage entre les êtres humains et notre nature. Chacun verra ce que ses yeux souhaitent voir, osent regarder vraiment sans ajouter une vision sombre et une avalanche de critiques révolutionnaires remettant en cause toutes beautés et surtout toutes les réussites de notre monde actuel.

 

Oui, je REVE d'un monde meilleur, pour moi, égoïstement, pour mes proches, pour mes amis, pour toutes celles et ceux qui rêvent d'une liberté commune, avec des valeurs vraiment communes. J'idéalise de façon trop vertueuse probablement mon quotidien, mais j'aime tant me reposer les neurones, entre deux activités professionnelles, avec des instants délicats. Non pas avec des angelots et des douces clochettes, en voyant passer des licornes enveloppées d'un nuage de paillettes, poudrées d'un parfum de marshmallows, mais juste en prenant un peu de recul, en ouvrant bien les yeux autour de moi.

 

Petit instant de douceur

 

Pour entendre des personnes qui se disent 'bonjour', 'au revoir' et osent 'à bientôt', car même s'ils ne se connaissent pas ou peu, ils ont ce savoir-vivre ensemble naturel, sans équivoque, juste le sourire en plus.

Pour voir ces couples d'amoureux, de tous âges, les petits jeunes encore rougissant d'une premier baiser qu'aucun n'ose proposer, les plus anciens, avec chacun une canne mais deux mains nouées par le temps. 

Pour apprécier les gens qui se parlent devant les écoles, les mamans pipelettes, les passants prenant le temps d'aider les personnes à mobilité réduite, les petits magasins de quartier où l'on vous accompagne jusqu'à votre voiture, avec un 'merci' partagé.

Pour partager cette empathie, naturelle chez certains, comme moi dans mon métier, dans ma nature, ce petit plus formant les prémices d'un contact rassurant. Car là devant moi, je vois alors des gens heureux, un espace de sérénité bien réel. Naturellement les uns croisent les autres, se parlent, s'aident, se mélangent, s'aiment aussi. 

Pour voir ce papy avec sa petite fille croquant un croissant tout en écoutant des histoires, ou cette mamy accompagnant ses petits enfants en chantonnant avec eux des comptines, ou répétant les règles de grammaire en rigolant. Dans cette rue, il y a aussi d'autres enfants, des adolescents et des jeunes adultes, élèves devenus étudiants, avec des conversations plus posées ou plus enflammées, des rires forts et là encore des amours naissants.

 

Je vous assure, ils existent, je les vois, je perçois la positif de leur existence, leurs joies, parfois leurs doutes, mais surtout cette envie de vivre, de craquer pour la mode, pour la musique, pour cette série, pour des folies et d'autres rêves.

La vie est belle.

Encore plus avec des plumetis ;-)

 

 

Nylonement

par Gentleman W

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - vous

Ce matin, je souriais de sa présence anecdotique, là sous le miroir, deux brosses à dents, la sienne et la mienne. Nous étions un couple, à travers ce simple duo, bleue pour lui, rose pour moi. Je me coiffais dans ce long miroir, adapté à nos deux hauteurs, pas trop haut pour moi, pas trop bas pour lui. Un modèle qui fusionnait nos différences dans un sourire malicieux lorsqu'il l'avait installé. Je me coiffais en pensant à lui, ma nouvelle couleur, mes cheveux un peu plus courts, à la juste longueur, pour entourer mon visage, pour lui donner un joli flou de douceur, pour y mettre ses mains puis son visage quand il voulait m'embrasser dans le cou. Juste là, pour croquer ma peau, son odeur, mon parfum en plus. Il était absent mais pourtant il était là à me regarder, à m'observer discrètement, à voir le moindre cheveu perdu sur ma robe, le matin, à m'attendre à la sortie de cette petite pièce pour me serrer dans ses bras, naturellement. Il adorait prendre sa dose de douceur, selon son expression, une grande dose de plusieurs secondes pour traverser la journée, pour se rappeler ce moment quotidien de bonheur tactile.

Encore deux coups de brosse, peut-être un peu plus d'orangé sur mes paupières, j'hésitais encore, ni trop, ni pas assez. Me maquiller juste pour moi, juste pour être femme, pour être belle, en pensant fort à lui. Il aimait tant que je pense à moi, que je me soigne de détails féminins, voire sexy, pour me sentir séduisante. Non pas par jeu, mais pour conforter mon égo, surtout la face cachée qui me regardait en biais dans le miroir. Avec mes formes, mes courbes, excessives à mes yeux, gourmandes pour les siens. J'étais toujours plus dure avec moi, toujours dans le déni de ma beauté, de cette réalité que lui voyait, que lui cajolais, que lui encore enveloppais de ses bras, de son amour tout entier. Il devait le répéter souvent, car jamais je n'arrivais à me convaincre, ni de me voir en réel, ni de me voir en mieux, ni de me voir autrement. Comme bloquée dans une image, une vieille image d'ailleurs. Il frottait le miroir, rigolait de devoir l'user pour retirer ce cliché ancien de mon corps, de ce refus de mes courbes sensuelle. Admettant lui aussi, que l'on pouvait les réduire un peu, que l'âge n'offrait que des contraintes mais aussi des voluptés nouvelles, il positivait amplement, motivait mon fort intérieur, expliquait par des mots ou des silences la vérité de son regard, espérant orienté le mien vers plus de bienveillance envers moi-même. 

 

Aujourd'hui encore j'y repensais en me glissant dans cette robe, avec de jolis dessous offerts récemment pour combler ma silhouette. Lui me voyait, chaque jour, appréciait en le disant mais aussi sans rien dire, il m'aimait ainsi. Toujours il m'aimait tout entière, dans les moindres détails, coins et recoins, bosses et plats, courbes et lignes.

 

 

Rouge, rose, bleu

 

Mes ongles vernis rouge étaient enfin secs, je pouvais me glisser dans mes bas, puis dans ces escarpins rouges. Pour lui, pour voir ses yeux pétillant dès ce soir, en ouvrant la porte, avec moi, ma silhouette, mon coeur palpitant.

 

 

Nylonement

Gentleman W

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