Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Culture
Livre : Le déjeuner du Lundi -  Jean DUTOURD

Un repas hebdomadaire, comme une routine qui ennuie tout le monde, le fils, le père et l'oncle, mais aussi un moment complice pour refaire le monde qui les entoure, en prenant le temps de manger l'entrée, le plat, le fromages et sa salade et les desserts, en buvant aussi, en donnant son avis sur les dernières décennies (juste après la guerre pour le contexte).

Intéressant par le style narratif dépouillé et captivant à la fois, vous emportant comme un 4e convive.

Bon repas !

 

 

Livre : Le déjeuner du Lundi -  Jean DUTOURD

 

Le déjeuner du Lundi

par Jean DUTOURD 

de l'Académie Française

 

 

 

Bonne lecture

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Femmes - demain, #Femmes - Duo de générations
White Monday

Reprendre le cours de cette nouvelle semaine, en pensant à hier, dimanche, installée dans mon canapé, à boire du thé noir, en pleine lecture, j'étais si bien. Une pause, je me suis offert un weekend de trois jours, et aujourd'hui je retourne au boulot avec l'esprit libre. Mais en évitant les discussions autour de la machine à café, avec le même sujet obsessionnel depuis lundi dernier, les bonnes affaires, les remises et les promotions folles.

 

Moi, j'ai pris mon vendredi pour aller voir deux expositions, pour ne pas les rater, et surtout pour profiter du calme ambiant, loin des magasins, loin de vague de consommation, d'idôlatrie de ce besoin compulsif d'avoir toujours plus. Ensuite j'ai flâné pour aller prendre tranquillement mon repas dans un restaurant à vocation d'insertion. le café joyeux au coeur de Paris. Un lieu sympathique, où le personnel est un mixte naturel de personnes avec des handicaps, pour mieux comprendre nos différences et plus certainement nos réalités. Délicieux dans l'assiette, détendue pour l'ambiance.

 

Samedi, j'ai marché pour aller dans un dépôt Emmaüs, avec mon sac à dos, mon parapluie, mon sourire aussi. Détente toujours, pas de queues à la caisse, pas d'affolements excessifs dans les rayons, juste du temps pour passer entre les allers d'étagères remplies d'objets recyclés, utiles ou non, mais en quête d'une nouvelle adoption. Un coup de coeur, un besoin, une futilité, dans tous les cas, c'est pour une bonne cause, et une réutilisation en phase avec le développement durable. Moins de déchets, plus d'échanges car ici les bénévoles ou les personnes en réinsertion, toutes sont souriantes, promptes à vous renseigner, vous guider et surtout vous emporter dans les souvenirs d'un objet, des souvenirs d'un lieu ou d'une époque. Tous les styles se croisent, s'amusent les uns des autres, du kitsch impossible au design vintage trop marqué, toutes les matières s'expriment. 

 

Alors fidèle à mes mauvaises habitudes, oui je consomme trop de mots, trop de voyelles et de consonnes, j'ai dépassé mon quota d'adverbes, de locutions et de paragraphes mais heureusement je ne paye pas d'impôts sur la culture. J'ai pris quelques livres, quelques romans mais aussi des livres de voyages, des vieilleries pour comprendre la vision de notre modernité actuelle vue depuis les années 50 ou 70. Un regard dans le rétroviseur sur le monde d'aujourd'hui, une lecture riche et édifiante, car parfois ils se trompent, parfois ils annoncent nos erreurs. Des livres, encore quelques uns, bref un sac à dos rempli et un second sac plein. Je suis revenu, j'ai réchauffé mon pot au feu, les saveurs pour donner une belle odeur à la maison, j'ai posé mes fesses dans le canapé, j'ai lu jusqu'à m'endormir sur les pages. 


Des livres toujours, du thé dimanche, rien de plus, des mots et encore des mots. Aucune dépense sauvage, juste du bonheur pour moi, en aidant indirectement les autres. Je me sens beaucoup mieux ainsi, même avec mon vieux mobile, acheté sans aucune promotion, il y a si longtemps. Tout cela suffit à ma vie.

Simplement.

 

 

Nylonement

 

White Monday

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Publié le par Gentleman W.
Tant de vie

A l'ombre de mes rides, j'aimais ces jours de semaine où le temps passait sagement derrière ma grande baie vitrée. Alors que mes consoeurs de cette maison de retraite se gavaient de télévision, je prenais un grand plaisir à lire des livres, des romans et des essais, mais aussi des magazines pour suivre la vie imaginaire des uns, les actualités des autres. Et j'ajoutais à cela une vue panoramique sur la rue, sur cette place derrière les marronniers et sur ce parking extérieur bordé de restaurants divers. Mon passé de psychologue et sociologue justifiait peut-être de cette dernière gourmandise à regarder bouger le monde. 

 

Tant de situations et de conciliabules devant mes yeux, sans autre son que les bruits assourdis des voitures qui roulaient au loin, mais absorbés par les vitres. Donc tant de vie, de parents tirant les enfants, en tenant leurs cartables sur l'épaule, en remettant pour la cinquième fois la capuche car le vent soufflait fort ce matin-là, tant de jeunes gens hurlant leurs espoirs, leurs amours en travers de la rue, se chahutant avant de se coller à nouveau à leurs écrans de téléphones. Tant d'autres portraits chaque jour renouveler, autant de discussions imaginés dans le bouche de ce couple qui se retrouvait avec plaisir le soir,  main dans la main, avec leurs sacs, tant d'autres couples s'engueulant ici sur ce trottoir, pour cette infidélité ou ce retard routinier, préparant leur divorce ou des retrouvailles allongées. J'envisageais tout et encore plus, je rêvais à voir cette jeune femme, un peu perdue, cherchant son chemin vers une nouvelle entreprise, ou simplement un magasin de chaussures. Il n'y avait jamais de moments vides, car toujours un groupe ou un homme avec son chien venaient égayer mon quotidien. Au pire, je reprenais ma pile de livres, choisissant au hasard un nouveau livre, prenant dans mon tiroir un marque-page, ceux dessinés par mon compagnon ou offert par des amies. Un lien, un souvenir fort, un détail à glisser entre les pages.

 

Je repartais ailleurs, je voyageais avant le prochain repas ou la prochaine visite d'un proche, plus surement d'un aide-soignante. De toute façon si mon corps devenait vieux, que mon visage se plissait de bonheur consommé, je restait vive intérieurement. Heureuse de cette vie, encore plus de cette sérénité calme voire studieuse à observer les autres. Car tant d'angles s'offraient à moi quand ces passants anodins marchaient, couraient, s'arrêtaient, virevoltaient, riaient ou pleuraient. Leurs visages, juste ces expressions simples, héritées de nos origines animales, juste cela pour comprendre leurs envies, leurs doutes et leurs besoins. Mais aussi leurs mouvements, leurs pas ou les silences de l'attente, tout recelait un comportement. Et ma gourmandise, sans sucres et sans gras, c'était la mode, cette variété multiple de tenues. Tous les âges, toutes les morphologies, toutes les cultures, toutes les femmes et leurs corps. Ce voyage infini !

 

Nylonement

Tant de vie

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode

Premier givre d'hiver même si le calendrier indique Novembre donc l'automne, je ne voyais plus la pelouse extérieure mais une étendue blanche et froide. Au-delà de ma vision, la température égarait mes ressentis car le vent venait de s'engouffrer dans mon manteau encore ouvert. Un peu surprise dans mes habitudes avec cette nuit installée maintenant au-delà de mon départ, le noir estompé certes par les lampadaires allumés et leurs lumières jaunâtres sur les trottoirs en marge de ce jardin central dans la ville, je tentais de trouver de nouveaux repères. Avec en premier lieu, mes gants perdus dans mon grand sac à main, emmêlés dans les coins et recoins de cet espace au féminin, je m'étais arrêtée pour les enfiler au plus vite, pour oublier ce froid mordant. Enfin, mon écharpe remise autour de mon cou, sans aucun accès pour la brise, mon manteau zippé de bas en haut, je pouvais avancer vers l'arrêt de bus. Toujours mes yeux sur ce chaos givré de mille et uns pics de glace sur autant de pics d'herbes, et quelques boucliers plus larges formés par les feuilles mortes des érables voisins, ce spectacle fascinant de la nature rappelait l'entrée dans ce tunnel des saisons froides, jusqu'en mars prochain.

 

Une petite sonnerie, quelques passants comme moi, je montais pour trouver une place assise, dans la chaleur rassurante des transports en commun. Devais-je sortir mon livre ? Lui aussi prisonnier dans mon sac, sûrement tombé tout au fond, coincé sous un agenda et une de mes trousses à maquillage, je doutais de ce choix pour occuper mon temps durant les vingt prochaines stations, surtout avec aucune envie de retirer mes gants, de perdre cette protection contre le froid. Il semblait entrer partout, profiter de toutes les opportunités pour me geler, pour m'embrasser le moindre pli du cou, se faufiler sous le manteau. M'envelopper de sa sensation malsaine. Je ne voulais pas de lui en plus de ce manque de lumières. 

 

 

Fine glace

Heureusement à cette heure, en ce samedi matin, peu de monde montait dans sur cette ligne, limitant les ouvertures de portes, les moments glacés avec les courants d'air. Rien à faire si ce n'est regarder le lever de soleil sur les allées de platanes des grandes avenues de la ville, entre les résidences et autres alignements de petites maisons de banlieue. Le rose et le violet soulignaient l'horizon, le orange marquait les contours vers le ciel partiellement bleu mais encore plongé dans le noir, un presque noir chargé de quelques étoiles encore lumineuses.

 

Je pensais déjà ma boutique, à ma librairie et ses livres sages. Mes étagères, mes entassements de livres d'occasion, mes tables avec les nouveautés, mon coin lecture pour les enfants, ce banc en bois patiné par tant de lectures de bandes dessinées, par tant de contes et d'histoires de princesses. Mon univers était là-bas après le troisième feu tricolore, la devanture bleue avec ce givre blanc sur la vitre, sur les deux arbustes, résistants, plantés dans de grands pots extérieurs, en grès émaillé bleu roi, je les distinguais déjà.

Mon premier geste irait vers le radiateur pour raviver la chaleur, puis vers la machine à thé et à café. Je pourrais alors poser mon manteau, mon écharpe et mon sac, ainsi que mes gants. Avec mes chaussures de cuir épais, mon collant en laine gris chiné, ma tunique de laine, mon univers de papiers et de mots, ce tout qui me rassurait et m'enveloppait de sérénité, le jour s'affirmerait. La petite clochette de la porte attendrait mon premier client, et le givre s'effacerait de lui-même pour revenir demain.

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Culture

 

Voir le temps passer, mais aussi l'incarner, telle est la magie que contient une bouteille, surtout quand le millésime est ancien. Dans le flacon, l'ivresse parfois, le bonheur de partager le travail de la vigne, de ses raisins et au final le labeur lent de l'élevage d'un vin, vous aurez ici le plaisir de boire les mots du roman "MILLESIME 54" sans modération. L'auteur Antoine LAURAIN vous emmène dans le paris d'aujourd'hui puis par magie, dans un éclat de grande lumière, vers d'autres lieux. 

 

Un voyage dans le temps, vers l'année 54 précisément, avec ses petits métiers, ses bus à plateforme, ses cafés et les ballons de rouge sur le zinc. Dans les Halles vous croiserez les gens, les vrais costauds, les ouvriers, les noceurs du soir et même du petit matin, à moins que cela ne soit des livreurs de charbon. Un belle galerie de personnages, la plume facile de l'écrivain pour les faire vivre devant vos yeux, une ballade avec quelques verres, d'un bon bourgogne (même si en réalité ce millésime était tout sauf magique, gustativement parlant), vous allez prendre du plaisir à vous détendre, à humer une époque pas si éloignée dans les décennies, loin de notre folle société moderne actuelle.

 

Bonne dégustation !

 

 

Livre : Millésime 54   - Antoine LAURAIN

 

Un livre à lire tranquillement installé au coin d'un canapé moelleux, avec une cheminée accueillant un feu crépitant en option, avec pourquoi pas un verre de vin, rouge ou blanc, sur la table basse. Le voyage commence avec les mots.

 

Par ailleurs ce livre est une saine idée de cadeau pour un proche ou un ami, pour assurer un bon moment de détente littéraire.

 

MILLESIME 54

par Antoine LAURAIN

 

 

 

Gentleman w

 

 

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Publié le par Gentleman W.

Entre deux nuances, loin de mes anciens tailleurs noir et blanc, j'ai changé. Je n'ai pas brouillé mes repères, j'ai juste pris mes dix semaines de congés de retard sur les quatre dernières années. Sans jamais compter mes heures, sans même comprendre ce que voulaient dire des semaines de trente cinq heures quand j'accumulais ce temps derrière mon ordinateur entre lundi et mercredi soir, j'ai enfin lever le pied. Un matin, j'ai contacté mon supérieur par skype, sur un autre continent, je lui fait un point sur les projets actuels. Et j'ai enchaîné en annonçant ma pause à partir du soir même. J'ai regardé son regard figé et furieux, surpris aussi par tant d'impertinence, voire même d'inconséquence de ma part. Deux remarques, une évoquant ma carrière, mon évolution vers un poste promis de consultante senior, une autre sur mes avantages à continuer, sur une pause simple d'une demie-journée avant de revenir demain. J'ai coupé son élan, j'ai dit non, refusant son semblant d'autorité. En concluant pour lui sur des résumés prévus pour ce soir, sur chacun des projets en cours, sur le transferts de compétences vers tel collaborateur ou vers tel sous-traitant, j'ai coupé la connexion, j'ai écrit pendant des heures, synthétisant l'ensemble des informations utiles avant cette pause.

 

 

Ciel gris

 

Pas vraiment des vacances, pas un congé maladie car j'allais bien, du moins sans souci physique, mais un arrêt dans la course au boulot. Oui j'avais un appartement, payé avec  mon large salaire et toutes mes primes pour les projets convertis en succès. Mais je ne faisais qu'y dormir dans cette sublime chambre au design épuré. Je connaissais si peu les lieux, que je n'aurai pas pu décrire la couleur des rideaux, car je ne recevais personne, je travaillais sur la table de la cuisine, en mangeant des plats livrés directement après quelques clics sur une appli de mon mobile. La femme de ménage que je payais pour nettoyer, je ne l'avais vu que pour lui donner les clefs, elle devait mieux connaître que moi l'appartement. Je partais tôt pour le bureau, pour travailler dans les locaux d'un client français ou international, je revenais tard, parfois, je somnolais sur une chaise dans mon coin d'open-space, ou parfois encore je dormais à l'hôtel le plus proche de mon bureau. Loin d'une vie superbe, mais pourtant avec une admiration de mes amis, que je voyais si peu, de ma famille, que je couvrais de cartes envoyées des quatre coins du monde. Mais j'étais absente des principaux événements, trop occupée pour être là pour un weekend  de mariage, trop loin pour les enterrements, trop de trop pour tout le reste, même la naissance de la fille de ma sœur, pour son baptême où je devais être la marraine. J'emplissais mon temps d'un tout inexorable, mais je ne faisais rien d'autre que bosser. 

 

Alors j'ai décidé de cette pause, de ce moment pour freiner, pour me désintoxiquer de cette drogue volontaire qu'est le travail, de l'excitation si particulière des projets à lancer avant les autres, à définir pour avoir absolument le marché, à accomplir sans compromis, à finir dans des délais impossibles. Loin de tout cela, réveillée dans mon lit, trop tôt pour un jour où je n'irai pas travailler. J'ai ouvert le frigo, les placards pour constater que mon premier petit déjeuner serait bien maigre. Au final, j'allais pour m'habiller, mais constatant le noir de tous mes tailleurs, jupe ou pantalon avec une veste droite ou cintrée, j'ai cherché autre chose. Sans maquillage, avec juste un jean, un vieux pull tricotée par ma mère, je suis partie vers la vie, la ville. Prendre le temps de voir des gens, sans commander derrière mon écran. Sentir le pain chez le boulanger, craquer pour un croissant, un chausson aux pommes. Acheter des oranges et d'autres fruits pour les croquer, pour en sentir le jus frais et naturel dans ma bouche. J'ai pris ce temps de m'arrêter, de parler avec eux, de retrouver un peu de ce que j'étais. un souvenir de marché avec ma mère est revenu à moi. Des boutiques, j'ai regardé les vitrines, les couleurs. Alors j'ai essayé des tenues, plusieurs, sans comprendre mes propres hésitations.  Mais je n'étais pas encore prête à ce changement soudain. J'ai opté pour le gris, les nuances de gris, escarpins, jupe fluide, pull léger en cachemire. Même un sac à main, pour oublier ma pochette d'ordinateur portable. 

 

Respirer pour mieux apprécier le temps. D'ailleurs je ne sais plus exactement le nombre de jours, plusieurs semaines. Mais après ? Je ne sais pas encore si je continuerai, si je reprendrai ce rythme, si je changerai. Le ciel est bleu dehors, et pour le première fois, je me love sur mon canapé sans rien faire.

 

 

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité, #Femmes & Portraits

Mon quotidien était celui de tant de gens, de tant de femmes et d'hommes. Une routine entre famille, enfants et boulot, avec les transports en supplément, trop de kilomètres en voiture mais tant de perte de temps dans les trains et autres bus, j'avais changé de job, oubliant l'hôpital pour devenir infirmière à domicile à mi-temps. la seconde moitié de mon temps était pour ce nouveau dispensaire ouvert dans notre village, à l'usage des citoyens des petites communes environnantes. Des médecins, des psychologues, deux dentistes, deux autres infirmières et notre nouveau pôle fonctionnait bien. Avec le temps, j'ai abandonné les domiciles à une nouvelle infirmière, pour basculer vers un autre bonheur, une maison d'hôtes du vendredi au lundi. Notre maison ancienne avait retrouvé son lustre d'antan, après un an de travaux. Je pouvais chiner dans les brocantes des meubles pour les chambres, donnant un style romantique à l'une, un style plus chic bourgeois à l'autre, organisant la salle de détente avec des fauteuils club de toutes époques. Une bibliothèque recueillait de nombreux livres trouvés dans les dépôts Emmaüs, à disposition des premiers clients durant leur séjour. Des liens nouveaux avec des personnes de passage, des visiteurs enchantés par notre région. Majoritairement des retraités en duo, mais aussi des petits-enfants durant les vacances, des couples amoureux, des couples d'un jour cherchant un endroit pour le confort d'un lit sans se soucier de la météo, nous avons vu tant de monde passer ici. Certains soirs, nous faisions des plats locaux, des plats traditionnels et familiaux. Avec les vins des viticulteurs des environs, nous avions toujours un petit stock et les adresses pour satisfaire les clients amateurs.

 

Un jour il y a eu ce week-end prolongé, avec une pluie incessante, un ciel gris, du vent, beaucoup de vent. Nous avons fait un feu dans la cheminée du salon, pour réchauffer les coeurs tristes de ne pouvoir faire des balades, pour lire en grignotant thé, café et petits gâteaux. Des clients pris au piège mais heureux d'être dans notre belle demeure. Et ce couple qui proposa de danser. Une idée souriante, quelques minutes de confusion pour pousser les tables basses et fauteuils, et le temps de trouver des disques, oui des vinyls, de danses de salon. Après quelques tâtonnements, quelques pieds écrasés, tout le monde a suivi ce couple de danseurs. Des amateurs très éclairés, passionnés de corps à corps enchantés, de cette liaison de force et de souplesse entre deux personnes. Ce jour-là, j'ai compris que ma vie changeait. Une drogue venait de me piquer le coeur, le corps entier en vibration malgré mon niveau de totale débutante. Mais dans ces bras inconnus, j'ai ressenti l'espace si différemment, ma silhouette a quitté son aspect recroquevillé. Femme et même féminine, j'ai senti un plus à changer ma position, à me redresser, à jouer de mes jambes, à faire l'harmonie avec mes bras, à laisser ce tout s'enivrer. Une découverte, une révélation complète.

 

Depuis ce jour, j'ai changé de vie, je me suis révélée dans cet art du bien-être. Pourtant les premiers cours ont été épuisants, avec cette fatigue qui attise le doute pour poursuivre, mais j'avais aussi les effets de l'addiction, pour continuer. Ce plaisir après la souffrance et quelques douleurs dans les jambes, des contractures dans le buste. Ce plaisir de m'envoler, de voler au-dessus du sol, de partir ailleurs pendant quelques instants. Ce plaisir si intense qui me fera revisiter ma vie amoureuse, quitter mon mari, partir un peu plus loin, pas trop loin avec mes enfants déjà grands. Et surtout plus proche de ma salle de danse. Mais aussi en stage en Argentine, là-bas pour simplement vivre le tango. Respirer le tango comme un art de vivre, une passion entière. Mon corps s'est adapté, ma vitalité vient de ces moments sportifs, de ces instants de lâcher-prise total. Une nouvelle vie !

 

 

 

Tango hypnotique

Une nouvelle vie gorgée de sensualité, de robes fluides sur mes courbes, de talons hauts toujours à mes pieds, comme une part de moi. 

 

 

Nylonement

 

 

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