Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Douleurs de Femme, #Femmes - vous, #Gentleman W

Voilà un titre qui casse la baraque. Et pourtant ce n'est que le titre d'un recueil littéraire du grandissime Pierre Desproges. Festivalier permanent, même après des dizaines d'années d'une mort consommée, il incarne le génie de l'humour noir, de l'autodérision et l'illusionniste farfelu mais capable d'un triple salto arrière carpé avec double vrille en sortie pour toujours retomber parfaitement sur ses mots et et sur ses pieds. Un petit livre à avoir en poche quand on fait la queue pour sa troisième dose ou simplement que l'on a coupé la radio et les merdias pour devenir contemplatif sur un banc, seul face à la mer dans une ville balnéaire fermée. Lire et se marrer, sans se passer la rate au court-bouillon, voilà un message sain pour avancer malgré ce brouillard épais qui vient de déferler sur ma vie, enveloppant au passage mes enfants devenus jeunes adultes, pas assez grands pour tout apprécier et encore assez jeunes pour garder une part d'insouciance protectrice.

Brume sous un doux soleil de printemps, je ne vois plus comment sera demain, car je ne définis que des matins et des après-midis, parfois j'ignore les nuits, parfois elles se rappellent à moi avec des gyrophares dans le noir. Ils sont là, elle part, elle quitte la maison pour revenir ou pas.

Quand ? le curseur ne pourra pas revenir en arrière, nous donner encore un peu d'espoir. Il est comme ces liens de plastique, ces serre-fils qui inexorablement se resserrent mais ne permettent pas de se défaire, de coulisser pour se libérer. 

Quand ce curseur basculera entre la vie et les prémices d'une mort que l'on ne veut admettre ni même souhaiter mais qui semble si évidente, si présente déjà sans affirmer son statut de futur proche. Palliatifs, un terme si élégant à mes oreilles pour accompagner avec sagesse et professionnalisme les moments de douleurs ou de souhait partiellement exprimé de partir.

Quand la maladie qui la dévore décidera de sa victoire ultime, complète et sans vie. Peut-on se libérer, dès maintenant quand tous nous sommes conscients des analyses et du diagnostic, de l'étendue invasive majeure de cette chienlit de maladie, donc peut-on se libérer de ce poids d'attendre la mort, sa mort prochaine ?

Le sujet de philosophie ne me donnerait pas assez d'heures pour rédiger complètement mon plan, mes questions nombreuses et surtout assez de papiers pour griffonner d'une encre et d'une réflexion structurée les arguments de réponse. Alors je laisse les nuits, ces instants dans le noir avec le crépuscule d'une lune évaporée flottant sur le velux pour laisser libre cours à mon esprit, pour donner une vision, pour la défendre avec ses paradoxes et un peu de compassion, mais en ajoutant le passé, les sentiments perdus et les doutes multiples, cela complexifie les résultats, cela oblige à des tergiversations sans fin, dans la nuit, pour donner du sens au tout final, parfois évanoui dans le sommeil revenu entre deux insomnies existentielles.

 

Vivons heureux en attendant la mort

Alors là, sous la couette, je tente vainement d'entrer dans un monde glamour, avec vous, mesdames, vos gambettes de luxe marquées d'une couture sublime au dos de chacune. je glisse dans mes rêves, j'imagine le crissement du nylon, la joie des courbes en espérant voir, non, juste apercevoir un revers, une attache voire une jarretelle. Libération de mes neurones engluées, je vogue sur vos corps de femmes, grands ou petits, rondes ou maigres, normales dans toute votre diversité, classiques ou rebelles, sages ou mutines, je rêve quelques minutes pour oublier ce cauchemar du quotidien dont je ne connais pas la durée, mais dont je commence à connaître la douleur cynique, journalière, insidieuse, presque venimeuse.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Douleurs de Femme, #Gentleman W

Comment trouver les bons mots ? Coincé entre deux oreillers, dans un confort que je ne ressens même pas, comme absent de mon corps, je veille sur eux. La nuit enveloppe le monde extérieur, un peu de brume en bonus, les lampadaires semblent effacés dans des halos affadis. Les volets sont encore ouverts sur ce bout de journée, celui où je peux enfin être seul. Sans les coups de téléphone du travail, des autres, de tous. Je hais ce téléphone qui me donne des nouvelles, rarement bonnes, ce fil qui me relie à une réalité terrible que j'aimerai bêtement niée. Là, à cette heure, seul dans ma chambre, je somnole car la fatigue du corps est passée après cinq heures d'écroulement physique, rattrapée par un inconscient plus fort, plus virulent, plus présent dans la tempête. Il prend possession de moi, je ne peux le chasser, les yeux s'ouvrent pour casser les images et les pensées. Repousser le tourbillon. Mais le corps rappelle l'envie de dormir encore, les yeux clignotent, les paupières glissent, et les idées noires frappent lourdement au plexus. Je me réveille pour penser plus sainement, pour respirer doucement. 

 

Retrouver des mots, préparer mes mots pour eux pour qu'ils soient justes. Ni trop, ni pas assez, un dosage pour un cocktail violent, une improvisation impossible pour cette échéance à venir. Comment leur dire ? Comment aller vers eux pour déclarer cette nouvelle ? Troublante situation de connaître réellement le futur, celui-là même qui généralement est un flou renouvelé chaque jour, avec de la vie.

 

Je rejoue cette partie indéfiniment, car je connais la fin, la fatalité de cette fin. Mais il y a déjà un long "avant", il y aura un "pendant" et surtout un très long "après". Interminable "avant" que paradoxalement nous souhaiterions prolongés encore, encore un peu, toujours un peu plus. Cela devient même égoïste d'espérer toujours un jour de gagner, un jour pour nous, pour elle. 

 

Mais elle sait déjà que le mal l'emportera, fatalement. Les analyses ont rendues leur vérité froide. Rien de plus, des diagnostics, des chiffres et une réalité, pas vraiment de délais, pas de dates, mais un mot. Incurable.

 

Et puis elle a choisi, elle a soufflé la dernière bougie, cette ultime lueur dans un tunnel déjà très sombre. Plus d'envie, plus du tout l'envie de vivre. Alors nous sommes là. Et cette nuit, je dois construire ce chemin de mots pour avancer avec eux, nos enfants.

 

Demain, le jour se lèvera, doucement.

 

Aimez-vous !

Serrez-vous forts dans vos bras tant que la vie est là !

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