Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes - vous

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

La vie, elle n'est pas finie, elle laisse des traces derrière moi, une soixantaine d'années, mais je vais dévorer les prochaines, dix, vingt, trente peut-être. Je ne vais pas me complaire dans les futurs rhumatismes et les aléas physiques de l'âge, ils viendront bien assez vite me prendre dans leurs tourbillons. De plus je ne suis pas vieille, ma mère l'est. Avec son âge réellement avancé, sa perte de repères, la bascule de sa maison vers une maison de retraite médicalisée pour y être choyer, pour dormir plus tranquille, la sachant bien entourer, mais aussi pour l'avoir plus proche de nous pour la voir chaque semaine, pour dîner ensemble parfois.

 

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Mais sur mon balcon, je regarde le vent frais de l'automne, il plie les dernières plantes, les dernières fleurs colorés de mes massifs. Si le soleil revient, je me poserai là pour sentir sa chaleur, sinon, je vais me glisser dans cette longue tunique en laine, bleu colbalt, achetée avec ma fille et ma petite fille, le week-end dernier. Toutes ensemble, entre femmes, nous avons fait les boutiques, parfois des trucs de djeun's, mais j'ai surpris leurs regards avec cette tunique pétillante, qui moule mes formes, encore si féminines. Nous avons fait des étapes pour acheter des vernis à ongles, de la couleur aussi et des classiques, beige, rose et rouge.

 

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Des accessoires, ces fantaisies qui égayent mes tenues, pantalons et pulls, chemisiers et jupes, j'en ai des tonnes, et j'aime aussi plus que tout, les partager avec elles. Nous échangeons, nous jouons de nos années, de nos choix de mode, nous nous transmettons nos façons de l'associer.

La lingerie aussi, une obsession à fleur de peau, une touche que ma mère m'avait donné dès mon adolescence, il y a bien longtemps. "Soit bien avec tes dessous, tu seras lumineuse avec ta robe." Alors on a pioché, essayé, rigolé de nos trois bonnets C qui semblent traverser nos gènes, remplir nos soutien-gorges. Combinette en soie, caraco en coton, jarretelles mystère pour la plus jeune, nous avons caressé les dentelles, mesurer le confort des modèles, et finalement choisi, par défi, par goût similaire, par envie le même bleu soyeux. Chacune sa déclinaison, le balconnet, le push-up, le simple avec armatures, la culotte, le shorty ou le string, nous sommes ressorties en riant, heureuse de ce lien entre générations.

 

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Et quand ce soir, tout le monde était autour de la table, avec un plat chaud, des discussions entre nous, j'ai eu une petite émotion intérieure, pour que cela dure éternellement. Je peux, je veux vivre ma retraite à 100%, en voyageant, en lisant, en faisant des activités variées, en jouant encore la séductrice pour cet homme que j'aime depuis de nombreuses années. Senior, peut-être pour leur faire plaisir, à ceux qui veulent une case pour m'y nicher, mais je suis femme avant tout, bien dans ma peau, sereine !

 

 

Nylonement

 

 

 

 

 

Octobre rose 2014

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

Etrange jeu des souvenirs, ces petites informations stockées entre deux neurones, oubliées face au quotidien, sans utilité en général, qui soudainement ressurgissent derrière une odeur, face à un détail, un bout de rien, à un coin de rue.

Etrange dans les dimensions qui les accompagnent avec ce goût, ce parfum qui ne vient pas sur notre langue mais provoque la salivation instantanée, ce possible bonheur d'une gourmandise passée. Mais là cheminant dans une rue, je passe pour aller à ce rendez-vous, déjà prête pour cette réunion de travail, et pourtant je me rappelle. Ce lieu que j'avais oublié, comme mis en archives avec ce moment de vie, je vois les plantes, les fenêtres, peut-être des volets d'une autre teinte, mais je suis déjà venue ici, quand ? Et avec un simple souffle de vent, des feuilles mortes qui glissent sur le trottoir d'automne, je revois ma robe blanche, printanière, une première fois en blanc avec ce modèle corolle, si élégant, si féminin, que j'avais payé cher mais c'était un coup de coeur dans cette vitrine. Je me vois marcher ici, avec sa main dans la mienne. Un rendez-vous amoureux, une première fois avec lui, un grand amour qui dura plusieurs années, je ne sais plus combien, car je l'ai oublié, effacé après notre rupture. Il est là, sous ce porche, il est là avec des fleurs, des roses rouges, un sourire lumineux.

 

 

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La lumière est encore là ce matin, un rayon de soleil sur mes bottines, je serre mon sac, mes dossiers, surprise par l'intensité des souvenirs, par leur rôle inconscient comme dans un rêve, mais la réalité est bien éclairée par le jour. 

Je cherche l'adresse exacte de ce cabinet d'architecte, sûrement une belle maison, je tente de changer mes pensées, de vaincre cette vague qui vient de me retourner, de laisser rejaillir des flots de sentiments. Une larme, là, les bons moments avec lui, sa vérité, notre amour, cette robe blanche, notre premier baiser, long, parfumé par les roses. Sur les marches, des minutes, des heures à parler, à se serrer fort, à s'aimer.

 

Le bonheur se nourrit-il des souvenirs ?

 

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Nylonement

 

 

 

 

Octobre rose 2014

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

Prendre le temps de savourer les jours gorgés de soleil de septembre, un été indien bienvenu avec un été chagrin, et puis sourire en regardant derrière la vitre de ce café, les femmes, la mode. 

 

Certes ce matin, elles ont hésité entre le simple trench et le manteau court car les degrés derrière les volets étaient un peu perdus, en équilibre entre froid et frais. Rien de spécial, pas de pluie, un faux nuage, pas de brouillard, mais un seul chiffre pour la température.

 

 

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Mais heureusement leurs applications météo, la journal à la radio, et surtout leurs éternel optimisme, ont fait que les belles ont opté pour les robes sous ce manteau. Pour les matinales, le vent était là aussi, les feuilles mortes entraînées dans ce courant, mais maintenant, là vers dix heures du matin, le soleil donne de sa vigueur, et les jambes se montrent.

 

Encore une hésitation entre collants ou non, les jambes nues deviennent plus rares, même si le bronzage se prolonge avec les week-ends délicieux sur la terrasse ou dans la maison de campagne, ou simplement dans le parc. Sereinement et aussi pour sortir les pièces de mode oubliées cet été, elles paradent en robe, légères ou plus mi-saison, toutes les variantes.

 

Je regarde, je souris devant ce ballet d'élégance et de diversité. Toutes les couleurs, toutes les coupes, toutes les longueurs, toutes les matières, les robes habillent toutes les silhouettes. 

 

 

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Et la féminité s'en trouve magnifier. Que la vie est belle !

 


 

Nylonement

 

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Publié dans : #Femmes - vous

L'automne est arrivé, il pleut, les baies ouvertes d'habitude sont restées closes ce matin. Chemin faisant pour garder la santé, j'ai pris les petites ruelles, pavées encore pour certaines, afinde flâner dans l'attente d'un coin de ciel bleu et j'ai fini dans ce café, derrière la vitre. Noyée de gouttes, mon regard est troublé pour voir exactement la rue.

 

 

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Des mamans qui rentrent de l'école après avoir déposés leurs enfants, des livreurs qui bloquent la rue, hurlent leur bonne foi en déchargeant des cartons devant une boutiquede mode, des étudiantes serrées sous un parapluie, des seniors qui marchent avec leur baguette dans un sac, retournant vers un appartement vide, je suis chacun de leur parcours. Et cet endroit à un autre sens, celui du manque, car c'est ici que nous venions nous serré, pour boire des chocolats viennois, pour étaler nos découvertes durant des après-midi à chiner dans le quartier. Des livres le plus souvent, des fripes parfois pour elle, pour moi, pour nos petites filles qui nous accompagnaient à leur adolescence pour trouver la pièce unique qui les ferai briller aux yeux des autres. Des boîtes vintage, de toutes les tailles, des livres encore, nous déposions nos trésors sur la table, et nous parlions de nos trouvailles. Parfois nous sillonnions ensemble les boutiques, parfois tel des corsaires, nous partions chacun de notre côté pour ne pas dévoiler nos sources, pourtrouver la merveille avant l'autre, pour découvrir d'autres contrées de chine dans ces rues restées intactes, sans la modernité néfaste des chaînes de boutiques normalisées. 

 

Que de bonheur, de bazar, de choses trouvées pour rien, de choses revendus à la brocante suivante, mais nous aimions ces instants-là, ce café, en toutes saisons. Elle me manque, une larme sort de moi, mon mouchoir blanc de coton l'attrape, son parfum est enocre là. Chaque début de semaine, je mets un peu de son flacon sur ce carré blanc. Un signe de paix, une présence toujours avec moi, je suis éternellement amoureux d'elle, de son fantôme parfumé.

 

 

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Je lis, car c'est un livre de ses piles entassées dans notre boudoir commun que je lis, pris au hasard. Polar parfois, document aussi, roman souvent, français ou étranger, je lis, comme pour lui laisser entendre en moi, les pages qu'elle n'a pas eu le temps de finir. Une complicité qui traverse le temps, les âmes. Un jus de pamplemousse frais, je regarde encore la rue, les autres femmes, jeunes ou moins jeunes, mais mes plaisirs d'esthète semblent éteints eux aussi. Mon coeur ne bat plus que pour survivre à ce manque, mais aucunement pour une jupe légère, pour des talons sautant au-dessus des flaques, pour un manteau court sur des jambes délicates. Je ne vois que d'autres personnes, mais sans cette étincelle, sans elle.

 

 

Mon verre est vide, mon regard aussi, je me lève pour traverser le coin, sans envie d'achat, sans envie de fouiner, car un nouveau trésor sans elle serait vide de sens. Je souris en passant devant cette devanture, des macarons, notre pêché mignon.

 

 

 

 

Nylonement

 


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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

Rendez-vous, déjà présent dans ce café, derrière la vitre, j'ai pris la place du chat, je regarde la rue, en tournant la cuillère dans mon chocolat crémeux. Habitude venue d'une précédente vie, ou pour préparer la suivante, je suis au chaud avec les rayons plus rares du soleil , mais qui passent ici près de moi, brillent sur la tasse, se reflètent aussi sur les premières feuilles jaunes de l'arbre. 

Lentement, je me répète les termes des contrats à négocier lors de cette réunion, je prépare les coups d'avance, une partie d'échecs qui ne peut avoir que la réussite au final. Les mots en moi défilent, mes yeux captent le vide, pas uniquement. Troublante elle passe, elle cherche son chemin, s'arrête, hésite, consulte son application mobile. Par précaution, elle pose ses gants dans son sac, tape l'adresse, tourne pour se repérer à ce carrefour bruyant, avec des rues qui passent, traversent, tournent en tous sens.

 

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Une pause peut-être elle regarde le ciel, bleu entre deux nuages crémeux, elle réajuste son trench fort court, sur ses jambes nues, peut-être un collant chair, j'hésite, j'aiguise mon oeil sans savoir. Fashionista, elle a succombé à cette mode qui revient depuis trois ans, sans réellement trouver son public, celle des chaussettes hautes. D'autant plus qu'elle a osé les escarpins fins, un chic parisien, sur ses jambes fines. 

Elle téléphone, semblant attendre, je love mes pattes sous mon costume gris, je prends aussi la pose. Mon regard la mémorise en trois dimensions, ses lunettes, ses boucles blondes dans ses mouvements, ses épaules, son sac bleu, et sa légèreté sur les talons.

 

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Finalement la mode, c'est simple, et seuls les femmes ont cette magie au quotidien.

 

 

Nylonement


 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

Attendre, en respirant l'air frais de ce matin de septembre, seule face à un café crème, avec l'avenue et ses arbres devant moi, je patiente.

 

Viendra-t-il ?

 

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Une question que je me pose depuis une semaine, chaque minute depuix hier, chaque seconde depuis mon arrivée ici. Ce n'est pas un rendez-vous, pas un premier contact après une histoire sur internet. Non je l'ai connu dans une soirée entre étudiants, je ne me souviens plus exactement laquelle, ni quand ni comment j'ai fini dans ses bras. Il était sage, presque coincé, là dans un coin, les autres parlaient forts, faisaient des selfies un peu débiles, les filles comme les garçons. Il attendait avec sa flûte, son pull en v, son regard perdu, pas vraiment poète, juste un peu décalé. Alors après les alcools et les bulles, je ne savais plus ce qui m'avaient tourné l'esprit, et lasse des discussions dans le bruit de cette musique techno, je suis allée le voir. Par hasard non !

 

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Parce que sa gueule d'ange anodin m'intriguait, et puis j'étais fatiguée d'être chassée pour mon petit cul rond qu'ils reluquaient tous, jalousaient toutes. Avec mon short, mon collant opaque, mon top laissant la liberté à mon corps de se montrer, de s'exprimer, je suis venu vers lui, et je l'ai embrassé. Oui directement.

Il a ri, et il m'a entouré de ses bras, jouant avec virtuosité de ses lèvres, des miennes, de ce contact soudain et fou. On a fini dehors, sur la terrasse sous les étoiles, dans un transat, moi couchée sur lui, parlant de nos études, de nos parents, de nos vacances, de tout, vraiment tout, sauf de savoir pourquoi on était là, deux heures après, ensemble.

 

 

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Coup de coeur ? coup de folie plus surement, je suis reparti avec lui, chez lui, pour dormir enfin presque. Mais rentrée et études, nous ont séparés, malgré des heures de téléphone, des milliers de sms, du skype, des week-ends amoureux. On a fait une pause après six mois fougueux, comme brisés par une routine, avec nos sentiments, mais la réalité de nos cursus éloignés. Et puis nos hormones, nos envies, nos heures au lit, une surprise, plutôt des surprises car il est amoureux et toujours là. Alors cette pause devait se faire, examens obligeant aussi cette coupure. Sans cassure.

 

Des heures à regarder ses photos, son profil fb, ses tweets, sa vie au loin, notre complicité évidente. Alors j'ai écrit, pleuré un peu, exigé, et souhaité, je l'attends.

 

 

Nylonement

 


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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain, #Femmes - vous, #Femmes & Culture

Mouchoir, je cherche dans le fatras de mon sac à main, avec discrétion, des mouchoirs. Indispensable dès maintenant en sentant l'émotion déjà me gagner face à cette scène vide. Les fauteuils se remplissent, les allées bruissent de discussions passionnées, entre parents et invités, entre professeurs et élèves. 

 

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Une audition, un presque concours, un moment de présentation de longues heures de travail, entre son instrument et elle, ma fille, je suis prise par l'intensité de tous les efforts qu'elle a accumulés depuis des mois. Un piano, seul sous la lumière, le parquet, la salle qui parle encore, soudain le noir, un début de silence, les derniers bruits, le silence absolu.

 

Le velours du fauteuil, mon compagnon à côté de moi, son beau-père devenu premier complice de son implication, aidant sans connaître la musique, mais la motivant chaque jour, chaque fois qu'elle se relâchait, n'y croyait plus. Sa main, ma main, serrées en attendant la présentation, un professeur vient expliquer le déroulement de la séance, il nous invite à rester silencieux durant les morceaux, mais enthousiastes ensuite. Il salue quelques personnes, encourage et lance la première personne, une jeune femme, toute frêle, des partitions à la main. Chopin, des mains souples qui brisent le silence, des notes enlevées avec aisance, des variations, de la délicatesse. Elle joue, puis s'arrête, se lève pour recevoir les premiers applaudissements, une tension qui s'efface avec cette première interprète.

 

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D'autres suivent, des adolescents, quelques adultes, des débutants, des quasi virtuoses, parfois très jeunes. Je l'attends, soudain c'est elle, concentrée. Son visage n'émet aucun signe de tension, elle est si passionnée, si heureuse dans la musique. Face au clavier, dans une routine naturelle, elle s'asseoit, positionne sa partition, pose ses mains, et là la magie opère. Ma première larme juste après la première note, intense en moi et pourtant un trémolo si doux, un Liszt soyeux, maintes fois entendu à la maison. Mais là, la dimension de la scène, le lieu, ma fille, son interprétation parfaite, sa rigueur, sa droiture, je suis émue, prise dans son jeu. Rien de compte, sauf ce bien-être qui m'enveloppe de sons mais plus encore me remplit d'émotions. Des années de travail, une passion nourrit depuis le plus jeune âge, avec des ruptures, des doutes, des retours plus tard vers ce clavier si exigeant mais aussi si émouvant. Elle et lui, ils s'expriment ensemble, devenant une échappée de volutes musicales, plus uniquement une vision de solfège, mais un sentiment communicant. Rien n'est plus beau, et je n'avais imaginer cette explosion, des larmes avec, des notes encore, et les dernières notes, celles que je connais. 

 

 

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Libérée, elle ralentit ses mains, sort de cette symbiose, s'extrait de l'instrument, se tourne vers la salle, debout, pour elle seule. Applaudissements, un enthousiasme de connaisseurs, et pour moi, le coeur qui bat si fort, celui d'une mère horriblement fière d'elle. Juste un regard flou, où est ce mouchoir ? Je pleure de joie, je reste sans voix, je la regarde, elle brille.

 

 

 

Nylonement

 

 

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