Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

Comment croiser nos habitudes liées aux saisons, nos réflexes face à la météo et surtout ses aléas et notre dressing ?

 

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Un coup d'oeil par la fenêtre, à peine réveillée, la tête entre les rêves et le parfum de notre amoureux encore endormi, vus apprécier avec difficulté ce temps de septembre. Gris dehors, le jour pointe son nez, la fraîcheur est là, va-t-elle devenir permanente ? Un coup d'oeil à vos chaussures dans l'entrée, vos étagères qui débordent, en allant vers la cuisine, bottes ou ballerines, escarpins ou simples sandales, vous ne savez plus exactement.

 

Café ou thé, quelques tartines de pain grillé, une odeur douce, un peu de confitures, un yaourt , non, ce fromage frais et crémeux avec des petits bouts de pommes caramélisées, votre corps se réveille avec le goût, un petit bonheur. Des pas, c'est lui qui va directement vers la douche, le bruit de l'eau. Le jour pousse un rayon de soleil vers votre tabouret, vous vous frottez à lui. L'esprit rassasié, vous évoluez de nouveau vers la salle de bain, vers la chambre, pour préparer votre petit top en coton, pas trop épais, juste moulant, libérant vos épaules, idéal avec cette jupe mi-longue, fluide.

 

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Douche, maquillage, détente un peu, mais le temps file, des bisous en passant, il est déjà habillé, prêt à partir vers son univers de travail, il passe sa main sur votre dos, sur vos fesses, vous reculez, vous revenez vers lui, un doux jeu complice. La mode, elle vous habille encore aujourd''hui, simplement avec en plus ce bracelet multiple, ses ballerines bicolores.

 

Un miroir, vous, lui derrière devant son clavier, vous avec votre brosse, quelques coups pour lisser les pointes, mais aussi pour laisser libre votre coiffure. Une touche de rouge à lèvres, votre touche personnelle, toujours raccord avec vos ongles vernis. Un sousire, et là étrangement son regard vers vous, discret, il vous regarde. Il vous aime.

 

 

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Votre sac à main, des bisous encore, votre téléphone, une hésitation pour ce trench ourt ou ce gilet fin, fait-il encore assez froid ? fera-t-il chaud ? La journée commence.

 

 

Nylonement

 


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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

Matin, après-midi, soirée, alors que je n'y croyais plus, j'ai ressenti cette ambiance d'été.

 

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Oui en septembre, après l'avoir attendu semaine après semaine, et durant juillet et août, sans trop de bruits, le ciel bleu est devenu douceurs et teintes orangées, avec juste un souffle léger de vent. Là la chaleur est venue se poser sur mon pull fin, sur ma jupe longue, mes sandales, et mon grand sac. Je rentrais du boulot, la tête encore en pleine analyse des questions exposées avec le client pendant cette réunion tardive, et là dans la rue, du calme, une étrange impression.

 

Le ciel m'a attiré les yeux, m'a dit qu'il me suivrait jusqu'à chez moi, pas en transports mais bien à pieds, tranquillement. Alors j'ai pris cette seconde option, en me baladant au gré des trottoirs, les passages sous les immeubles, les petits jardins, les squares. Sagement, j'ai pris le temps de savourer la chaleur et sa douceur prolongée. Tout l'été, je l'ai attendu, car c'est un atmosphère délicat, un savoir-être qui vous prend dans ses bras, vous accompagne.

 

Flâner, regarder les fleurs, les feuilles, rousses pour les châtaigners, vertes pour les autres arbres, suivre les derniers signes d'une période de belle harmonie avec la nature. Une boutique, des fleurs, pour un bouquet, pour le salon, une idée pour moi, pour nous, pour penser à mon homme en déplacement. J'aime quand le temps se dilate, décompose des actes mous, des envies floues, des moments plus longs et souvent gorgés de bien-être. Certes la plage est un peu loin, car là, instinctivement, je prendrai volontiers une pause sur une terrasse, pour boire un verre, observer la soleil qui tombe dans l'océan.

 

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Je me contente des arbres de ma ville, je ne peux qu'apprécier ce privilège de verdure, de petits oiseaux bavards, de nature envahissante dans une ville trop bétonnée.

 

Un chat m'attend sur le coin de la bordure, pris par ses pensées, confiant de son statut de félin dormeur et souvent fatigué. Il tourne lentement sa tête, se lève pour passer entre les jambes, se frotter. Je me baisse pour récupérer ma bête câline. Douceur encore, et puis finalement la terrasse de mon appartement, petite mais si cosy, un coin de ciel orangé m'attend lui-aussi.

 

 

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Nylonement

 


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Publié le par Gentleman W.
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Première semaine, premiers retours de vacances, et déjà les premières brimades du destin instestinale, avec les collègues qui refusent de venir au traditionnel restaurant du vendredi midi, réunion officieuse entre détente et rumeurs, ragots et rigolades assurées, les régimes sont là, avec leurs portions sous forme de soupes insipides, de boîtes de granulés et autres yaourts au goût de courgettes.

 

Et puis cette remarque, celle que j'adore, car elle me met alors en colère, juste intérieure, car il ne sert à rien de se justifier. 

"Ah oui, et puis toi, effectivement tu as toujours une taille de guêpe, quelle chance !"

 

Oui probablement, face aux critères des magazines pathétiques qui tracent notre mode féminine avec des mannequins trop jeunes, trop androgynes, trop sans formes, trop filiformes, trop avec beaucoup de rien.

 

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Mais je suis ainsi, j'ai toujours été ainsi, comme ma mère, mes soeurs, mes cousines, mes tantes. Une famille d'affamées qui dévorent des plats de gratins, de cannelonis avec double fromages, des hamburgers partys, des soirées avec des bons plats. Oui, chez nous, on mange, parfois même on dévore, malgré nos silhouettes de brindilles.

 

Nous avons une morphologie qui reste ainsi, un défaut ou une qualité génétique qui fait que nos hanches sont arrondies mais nos tailles sont fines, nos ventres plats et sans avoir de salle de sport cachée dans nos caves. Certes je cours, je trottine, je marche, parfois je fais un peu de badminton, mais rien de trop, sauf de penser à mes prochains repas, car la cuisine est un plaisir. Je partage cela avec mon homme, lui, une grand baraqué, gourmand et gourmet. Et quand nos assiettes se ressemblent, il rit quand il se demande où je mets tout cela. C'est ainsi.

 

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Brindille je suis, brindille ou herbe folle et trop fine, je fus. Car rien ne m'a été épargné dans mon adolescence, sans poitrine, sans forme, sans accroche féminine, sans vêtement à ma taille, grande mais sans rondeur aucune. Je flottais dans tes tee-shirts trop courts en longueur, trop larges autour de mon ventre, ma taille en plein vent. Je devais chercher des jupes au rayon enfant, plus élastiques que celles des petites tailles femme, et moi, je souffrais de cette inégalité, de ce manque.

Heureusement, les hormones se mirent en action enfin, en fin de troisième pour me donner des seins, un bonnet entre b et c, une divine présence accompagnée de la naissance de fesses, d'un premier arrondi arrière. Mais rien de plus, jamais plus.

Je suis ainsi, née fine, fluette, maigrichonne, petite et même transparente, je suis restée la même, sans avoir d'obsession ni de jalousie, juste un manque quand mes copines elles cherchaient déjà à perdre l'excédent , enfin à leurs yeux.

 

 

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Le temps passe, les idées restent, plus encore mon corps s'exprime avec ses atouts. Alors si maintenant je rêve d'une pizza quatre fromages, de quelques tranches de pain grillée avec huile d'olive et de l'ail, et surtout du délicieux dessert à la crème, je vais le faire avec discrétion. En rigolant, car si mon ventre est plat, il est vide malgré tout.

 

Nylonement

 


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Publié le par Gentleman W.
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Devrais-je sombré dans la nostalgie des années précédentes ? Ces rentrées scolaires qui se sont succédées, chaque début de septembre. Un rythme aussi soutenu que les mois, les semaines et les jours, sans vraiment vieillir, mais je suis passé de jeune trentenaire à papa, entre nounou et enfants suivants, une petite tribu, puis soudain, un premier sac, un premier cartable, une première rentrée. Je n'ai pas vu le temps la dizaine d'années qui a défilée devant moi, dans cette maternelle, puis ce primaire, puis maintenant entre collège et déjà lycée. Ils ont grandi non pas trop vite, mais ils ont trouvé leurs places respectives dans ces classes. 

 

 

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J'ai toujours eu un pincement au coeur, comme marqué par ces étapes, ces attentes avec leurs petites mains dans la mienne, leur fierté à franchir les nouvelles portes, aller dans une nouvelle classe, pour apprendre à lire ou à écrire. J'ai vu les dessins, les premières lettres, les cahiers de poésie, de chansons, les spectacles et les bulletins de notes. Toujours pris au jeu de leur évolution, chaque enfant a adoré ses professeurs, a détesté certains copains, mais a changé dix fois d'avis à leur propos. Une vie d'enfant avec la cantine, le sport, les cascades imprévues suivies de coups de fil alors que vous êtes coincés dans une réunion super-importante, et si possible à l'étranger. J'ai vu tout ce petit monde grandir, les classes changer, les portails et leurs publics évoluer, aujourd'hui ce sera sans moi.

 

Ils sont grands, rassasiés de ce passé qui n'a plus d'importance pour eux, à peine des souvenirs, chaque année de nouveaux copains, de nouvelles amies. Ils mangent autour de la table, le petit-déjeuner, le lait, le jus d'orange, les pains au lait, les céréales, les confitures maison ou le nutella, après ils balanceront leurs sacs sur le dos, partiront retrouver leur routine avec copains dans le bus, nouvelle classe à l'arrivée. Un nouvel étage de leur fusée "études".

 

 

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C'est la rentrée, je suis fier d'eux, je n'ose le dire à des adolescents que compliments ou reproches, fatiguent. 

C'est la rentrée, pas de foule devant l'école, de mamans élégantes, de papas émus.

C'est la rentrée, mais je pense à tous mes petits, mes grands maintenant.

C'est la rentrée, pour vous aussi !

 

 

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Nylonement

 


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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

Lumineuse intensité à la sortie de cette bouche de métro, presque oubliée depuis mon départ en vacances, loin déjà de mes pensées, et pourtant, je grimpe les marches, retrouvant la foule, les impolis, les pressés, les grincheux.

 

Mon sac à main proche de moi, le parapluie aussi, je ne sais pas quel temps il fera dans un heure, étrange instabilité, surtout en été. Alors prévoyante, j'ai joué l'élégance pour montrer mes gambettes bronzées avec une petite robe noire, les collègues vont apprécier ce hâle léger, plus diffus que d'habitude. Les autres années, je prenais le soleil, mais pas trop, suffisamment pour un doux caramel, cet année, ce fût plutôt la chasse au soleil entre deux nuages. De beaux souvenirs malgré tout, du bonheur en boîte dans mon cerveau.

 

 

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Et puis le boulot va reprendre, les dossiers, les rapports, les échéances, les réunions sans fin, les agendas trop vite remplis, les soirées parfois un peu courtes, mais je travaille. Mes copains et copines, tous ensemble autour de la piscine, on a papoté, et les avenirs des uns et des autres sont parfois nuancés de grisaille, de gris sans réponse aux nombreux CV, d'attente. Alors on se serre les coudes, on s'entraide, on joue avec nos relations, nos conseils.

Un job cool finalement, des bureaux neufs, un salaire raisonnable, et puis une bonne ambiance. Un bonheur pour les nombreuses heures passées ici, là au septième étage, j'aperçois mon bureua depuis la rue, le soleil embrasse mon visage, m'encourage.


 

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Une collègue passe, regarde ma robe, me reconnait, me complimente sur ce choix de mode, réciproquement sur sa petite robe colorée, son collier estiival, sa nouvelle coupe de cheveux. Le hall, les badges, un sourire à la nouvelle hôtesse d'accueil, les plantes vertes, l'ascenseur, rien n'a changé ou presque. Des mots, des souvenirs de vacances, prochaine réunion vers 9h30, au sixième, des sourires, la rentrée est là. Aujourd'hui.

 

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
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Un souvenir du dernier été ? 

Nous étions sur une terrasse, un nouveau studio avec ce bonus magique, une amie nous avait recruté pour l'aider à sinstaller, j'avais apporté des fleurs, des pots, des lampes comme dans l'émission de télé pour égayer son coin de ciel bleu. On avait fini, les bras un peu fatigués par les cartons, les étages, l'ascenseur trop petit, mais une franche rigolade depusi le matin. Alors à quatre, autour d'une salade d'orechiettes froides, avec du basilic et de l'huiel d'olive, deux bouteilles de champagne, et des coussins pour tous fauteuils, nous refaisions la vie.

 

 

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Le dernier été, celui de ma fin d'études, de mon voyage aux USA, de stages et cours complémentaires à l'université, j'avais postulé pour un bénvolat dans une association locale. Un organisme qui transformait les toits terrasse, moches le plus souvent, mais accessibles et en plein soleil, en mini-jardins. Soit pour les propriétaires ou les locataires qui devaient s'en occuper un peu, soit les récoltes allaient à des soupes populaires pour les sdf des rues avoisinantes. Une ambaince très bobo et écolo, des intégristes et des rêveurs, j'avais rigolé de leurs approches si différentes, voire opposées au-dessus d'une salade, en cueillant des radis violets ou des carottes jaunes, chacun donnait sa version de son écologie. Un développement durable réaliste car ses espaces procuraient une interaction réelle avec l'air, bon ou mauvais, le débat était grand sous la pollution de la grande ville, mais les abeilles venaient sur nos framboisiers, sur les fleurs, et au-delà de la nourriture, des salades et des soupes, nos légumes apportaient du bonheur et du lien entre les humains.

 

Ainsi sur ce toit, j'avais succombé aux yeux gris de ce jeune dans sa salopette en jean, le tee-shirt trempé d'avoir monté seul les sacs de terreau. Comme une publicité, et moi, la petite frenchie totalement conquise, in love de l'étudiant. Certes il avait un sourire mordant, des épaules rodés par le football américain de son université, mais j'aimais le cliché. 

Et le soir, face à notre jardinet fraîchement planté, je suis resté avec lui, pour discuter de tout, de rien, de la vie, du ciel, des étoiles, de la ville, de la vie encore, de l'amour aussi.

 

 

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Souvenir et légers soupirs, les copines ont hurlé pour connaître la suite, j'ai ri, j'ai rougi, elles s'attendaient à des détails coquins, une confession d'une chatte sur un jardin, sur un toit. Rien en fait, car étaler la terre, biner, concasser mes mottes, planter, nettoyer et d'autres activités ont fait que malgré son charme, je me suis endormie là, sans me souvenir de rien, ni même de l'avoir écouter et d'avoir couper le son, l'image. Piètre soirée, et je ne l'ai jamais revu. Un léger frisson en me réveillant, la ville à mes pieds, le tête contre la margelle de bois, ma salopette et mon top étortillé, un frisson avec la fraîcheur du matin d'été.

 

Mais cela ne vous arriverait pas à vous, non, jamais !

 

 

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Nylonement

 


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"Je vais te quitter ..." avaient été ses premiers mots, ceux d'une longue phrase, de plusieurs instants avec quelques silences lourds. Lui si discret en général, peu expressif de ses sentiments sous forme verbal, mais avecd es gestes si doux, mon amoureux, il m'annonçait une pause, voire une fin. Rien ne semblait clocher entre nous, je n'avais rien vu venir, une impression forte de saut dans le vide, plus encore quand il avait pris un sac, quelques affaires, sa veste, ses clefs. Le claquement de la porte, sa colère encore comme parfum derrière lui, le silence, le vide.

 

 

J'étais assommée, même pas encore consciente de la blessure, ni de ce couple cassé que je croyais être avec lui, j'étais assise sur le canapé, nos deux tasses de thé devant moi, les croissants, les magazines, un bouquet de fleurs. Chaque dimanche, et parfois d'autres jours où nous pouvions être ensemble, profitant de nos matinées, il se levait, se douchait, fonçait chez le boulanger, revenant pour préparer notre petit déjeuner, ici dans le salon, parfois sur notre petite terrasse, parfois au lit, où doucement je me réveillais. l'odeur du pain frais, du thé fumé, des confitures, tout était là devant moi, sans lui.

Je n'avais pas à me poser les interrogations habituelles autour du "pourquoi", il m'avait énoncé certaines fractures entre nous, entre lui et moi, entre nous, entre nos univers de vie qu'il trouvait différents soudainement. Mais là aussi, sur le temps, il avait donné sa version, son regard, son degré de lassitude. Et pourtant il était si amoureux, ce matin encore, ses bisous à notre réveil, sa sensualité, ses bras. Hier encore ses projets, notre discussion autour du mariage d'amis communs le week-end dernier, les repas en terrasse récemment, les balades d'été avec les copines, les pique-niques improvisés entre amis. Tout cela nous faisait sourire, depuis deux ans, presque trois que nous formions un couple.

 

 

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Le thé coulait en moi, me donnant de la chaleur, m'imposant encore sa présence, et ses mots qui revenaient. Son exposé avait été complet, soudainement libéré, et conforme à son pragmatisme habituel. Sans réelle colère, juste peut-être en conclusion, il avait précisé les points de rupture. En expliquant toute sa souffrance, plus que son incompréhension, en mesurant chaque mot, pour ne pas me blesser mais pour m'expliquer pourquoi il partait. Pas de concurrente, pas de femme en substitution, mais une attente de mon côté, une attente qu'il trouvait trop longue aujourd'hui.

 

Dans mon long pull informe, dans mon pantalon de coton léger, roulée sur moi-même, je m'observais dans le miroir posé au sol, pour agrandir notre petit appartement, pour renvoyer le soleil, pour me renovoyer l'image de certains reproches. Trentenaire, avec un bon job où je m'épanouissais, en bonne santé, avec des parents divorcés et remariés, une famille recomposée qui brillait par sa diplomatie, j'étais heureuse, surtout avec ce grand brun, si gentil, si attentionné. Mais dans ce miroir, il me l'avait dit avec justesse, ce n'était plus qu'un pâle reflet de moi, du moins d'une image différente de celle de nos débuts, de celle qu'il l'avait charmé. Séduit, victime de notre amour, son seul sourire dans sa colère, car il devait y croire encore, il avait succombé à mes rires, mes joues rouges après notre premiers baisers, nos balades. Malheureusement il ne voyait plus les petites ballerines, les robes légères d'été, les jupes et les petits hauts qui moulaient si bien ma petite poitrine, celle de ses rêves m'avait-il avoué. Le léger m'avait quitté, la féminité aussi avec. Lui délicat, et amateur de cette silhouette fine, presque brindille, et de mes hanches, si voluptueuses à ses yeux, il ne voyait plus que mes jeans, que mes pantalons de toutes formes, les flares, les 7/8, les slims, mais toujours des pantalons. Même si il aiamait ma mode, mes changements, il ne voyait plus qu'une étagère du dressing, le même toujours le même, le confort et le standard qui faisait oublier le glamour de notre première année. D'autant que nous nous étions croisés souvent avant, des amis communs, des soirées, mes célèbres petites robes noires, mes escarpins, mes bottes, mon identité. Il avait ramassé mon haut talon, un jour de pluie soudaine, tombé dans l'escalier vers le salon, on avait ri, il l'avait glissé à mon pied, le prince charmant. Nous ne nous étions plus quitté, capté par mes jambes, par ce drapé en jersey noir si fluide, par son caractère doux, par ses paroles assurées sur la mode, par ses compliments sur mes choix de mode.

 

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Lasse de mon confort, tombée dans la routine, happée par le boulot, par notre vie commune bien installée dans cet appartement chaleureux, notre cocon, peut-être envieuse des copines mariées, maman même, mais elles avaient pris juste de l'avance, je ne voyais plus mon image, je ne cherchais peut-être plus à le séduire. Je l'avais pour moi. Facilité du matin, de tous les matins, de toutes les saisons, il avait vu le temps devenir gris, ma féminité se diluer dans des ensembles plus classiques, plsu sobres, plus masculins, plus mornes, plus fades. Ses mots, tout à l'heure sonnait justes, comme un jugement un peu, mais aussi comme une simple synthèse, un rappel de mes deux dernières années. Toujours une raison de ne pas mettre mes petites robes noires ou autres, pourtant achetées sur un coup de tête, en soldes ou plein tarif, mais elles ne faisaient que remplir le coin du dressing. Même les escarpins se glissaient moins souvent en bas de mon slim, mes chemisiers n'étaient plus que des tops, souvent sans autre forme que le confort. Même la lingerie, j'étais passé de la dentelle au coton coloré, des dizaines de couleurs, mais si peu de combinettes, de bodys, qu'il adorait sur mon corps de jeune femme. Entre ses mots, il y avait eu ses phrases dures, impactantes "Rappelles-toi quand tu as porté une de tes petites robes noires, pour la dernière fois ? Et tes jolis ensembles de lingerie, de dentelles et de soie, nos complices instants de délicatesse, de sensualité, quand ?". Non il n'avait pas énuméré une liste de mes atouts au féminin. Non, il n'avait pas fait un suivi comptable, mais il avait vu se diluer cette féminité vers le facile, vers une sobriété amorphe comme mes sweats. Et il aiamit cette douceur, mais en équilibre, en harmonie de mes instants si glamour. Il avait perdu de vue mon élégance, et par delà même la femme qui allait avec. Moi.

 

 

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Un bip, un sms, plusieurs sms.

"Je suis désolé d'avoir dû te dire tout cela, car j'aimais cette mode qui me paraissait être une partie de toi."

"Je pense tout ce que j'ai dit, car si je recherche en toi cette femme, c'est elle que j'aime encore, Toi."

"Tout est question d'harmonie, et j'aime ce cocktail subtil quue tu as avec ta mode, ta silhouette, ton corps, ton caractère."

"Je ne cherche pas à avoir raison, ni à orienter tes choix, j'ai juste exprimé mon désir de toi, de cette femme si élégante que tu incarnais."

 

Après de longues minutes, des larmes, des regards dans le miroir, je me suis levé pour aller dans notre dressing.

 

"Je t'aime !"

 

 

 

Nylonement

 


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