Depuis trop longtemps, le temps me manque pour tout faire, pour parer aux besoins d'une vie non pas trop occupée, mais avec des vides inutiles, et la fatigue peut-être.
Plus d'ascenseur pour aller plus vite vers le paradis, vers notre bulle de douceur, point de téléportation pour s'oublier dans un univers soyeux.
Rien ne va dans ce sens, car le monde défile trop vite avec des contraintes nouvelles, avec des valeurs devenues floues, diluées dans des croyances obscures. Moins de repères, la fadeur a pris doucement, sournoisement le dessus, remplissant les instants libres d'une non-envie. Tout glisse vers l'abîme ou vers un creux, un moment mou sans temporalité.
Heureusement il y a les livres, des mots, des espaces entre deux pages, des larges espaces, des paysages et des personnages. Encore des ambiances, de belles histoires, des polars ou de la romance, des classiques ou des explorations improbables, des pages toujours et encore !
Et là, entre une majuscule et un point, des instants de vie, des mouvements subtils et chaloupés d'une silhouette, une femme peut-être. Des petits pas, un sac à main posé, un regard alentour, un cliquetis de talons hauts en suspens, elle repart vers la droite, vers cette homme, vers lui car c'est elle l'héroïne, elle lui tend la main, il l'enlace. Plus encore, il la serre dans ces bras, il laisse sa main dans son dos, sur ses hanches, il la veut près de lui, en fusion, pour mieux aspirer son parfum.
Celui de son cou, là où il dépose des bises.
Encore des bises.
Juste deux personnes qui s'aiment, elle si élégante, lui si heureux de la voir encore aujourd'hui si féminine.
Nylonement
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