Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

     Mes mains entourent la tasse, se chauffent du halo chaleureux de la porcelaine. J'aime cette sensation douce, comme une présence charnelle, la sienne, même si il me manque aujourd'hui. Pas de départ, pas de rupture, mais juste une vie commune réglée entre nos deux vies séparées. Ma mère ne comprend pas ce point-là, elle qui a vu partir son mari pour une jeune femme, fuir l'éducation de mon frère et moi, la laissant lâchement à son triste sort. Autant elle semble apprécier cet homme avec lequel je vis, pour sa présence, sa discussion et l'amour qu'il me porte. Autant elle doute, aussitôt la porte refermée sur la durée de ses sentiments, il devient alors juste un mari volage, qui se permet une aventure, une nième aventure avec une autre, en l'occurence sa fille. Et moi, je suis là, sure de ses paroles, de son amour, de nos sentiments communs.

 

 

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Mais voilà, il vit avec la mère de ses enfants, le reste de la semaine, presque tous les jours. Loin de moi, même si il reste en contact régulier, il jongle entre son tarvail, ses activités, les courses, le sport de ses enfants, les études de ceux-ci et la vie en famille. C'est ainsi, je le savais dès le début, il a été clair juste avant notre premier baiser. mais j'avais envie de vivre ses instants, sans réfléchir, sans croire à rien, juste vivre ce bien-être soudain, cette pulsion si forte en moi.

Et aujourd'hui, je ne regrette rien, même si le temps a passé, posant des jalons sur nos envies, déterminant un passé, un présent et un futur flou. Il a, j'ai, nous avons pris conscience de notre réelle passion l'un pour l'autre, de cette bulle magique qui nous entoure à chaque rencontre. Insaisissable énergie autour de nous, rythmée par nos battements de coeurs, autant durant nos discussions que durant nos silences. 

Il me manque, je lui manque, nous n'avons pas à le répéter, pour en souffrir un peu plus, nous dégustons les moments complices, et les démultiplions ensuite en pensant à l'autre. Même si avec le temps, je l'aimerais plus souvent près de moi, le soir, la nuit, le week-end pour me blottir dans sa chaleur, pour sentir son parfum. Ce n'est pas un choix, c'est lui. Et je dois vivre avec la contrainte qu'il a décidé d'avoir en restant auprès de ses enfants encore trop petits pour une séparation définitive.


 

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Je hume le thé, nous avons les mêmes pots, les mêmes effluves pour nous énivrer de ce bonheur-là à distance, comme un trait d'union. Virtuel lien et tasse matérielle, nous aimons boire notre thé pour sentir la présence de l'autre. Un sms, des mots d'amour, je regarde son dernier cadeau posé sur la table, des attentions qui marquent notre vie. Nous nous verrons prochainement, je n'attends pas, du moins je ne me focalise pas trop sur le jour, les heures, les minutes. 

 

Demain, un autre jour, je serai avec lui, demain encore, je serai totalement avec lui. Nous serons libres de nous aimer, de former un couple au quotidien même si nous sommes déjà un couple, et que nous ne nous cachons pas pour le vivre. J'aime cet homme, intégralement, et lui aussi m'aime, et si ce chemin est plus sinueux pour tout partager, que celui d'autres couples, nous avons pris le soin d'y laisser des petits cailloux qui marquent notre passage. Nous suivons toujours cette belle étoile qui nous guide, nous éclaire quand nous nous serrons forts dans nos bras, nous nous embrassons.

 

Je ferme les yeux, le thé parle avec ses arômes, je le sens tout proche. Je suis heureuse ainsi, et de son côté, devant son clavier, lui aussi boit un thé, dans un mug, avec moi à ses côtés.

 

 

 

Nylonement


 

 

 

 

Octobre rose 2014

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Derrière, oui cette partie arrondie, que nos yeux ne sauraient voir, mais qui attire parfois nos regards. Le mien, mon regard en particulier sur lui, sur ses fesses, sur ce jeune homme, je l'ai croisé pour ma rentrée dans cet université, au milieu de centaines d'autres, mon humeur automnale, ma pré-occupation d'étudiante, mais j'ai eu un coup de foudre pour son derrière.

 

Bel arrondi sculpté comme une statue grec, avec cette force de la chair qui marque le tissu d'un jean, montre l'envergure hypnotisante des courbes en trois dimensions. Parfaite représentation de ce que j'aime chez eux, les hommes, ces deux ensembles de muscles, fiers et audacieux, comme on apprécierait chez moi mes gambettes, longues et fines. 

 

Alors la rentrée a suivi son cours, les études avec les T.P. et les cours magistraux, les heures à noter des longs discours plus ou moins éloquents de professeurs plus ou moins inspirés. Mais j'aime mes études, je suis assidûment le contenu malgré des amphis trop grands pour s'exprimer, et du bruit permanent avec trop de monde. Puis au hasard des options du premier trimestre, je me suis retrouvé nez à nez, enfin juste derrière lui, nez à fesses, dans l'allée centrale. Il me tournait le dos, je ne pouvais faire autrement, je ne pouvais me décoller de lui. J'avais envie de lui, oui une envie quasi surhumaine, inconnue en moi, avec mon coeur sec suite à une rupture trop dure, j'avais envie de toucher cet homme, de lui parler, mais plus encore, j'avais envie de tripoter son derrière. Une fulgurante attirance physique, avant même de le connaître.

 

Les hormones peut-être ? je ne savais pas mais j'avoue que partager ce sujet avec mes nouvelles copines, que je connaissais depuis une peu plus de trois semaines, m'aurait vite catalogué dans la case "obsédée du cul". Mais quel bonheur, chaque mardi matin de retrouver ce cours, cet amphi, ce petit groupe, cet inconnu que j'aime tant de dos. Une attirance arrière !

 

 

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Chaque fois, je me suis approché un peu plus. Je l'ai vu de face, enfin,  à peine reconnu, mais il était tant de voir qui il était, de savoir qu'une tête complétait cette fascinante face opposée. Nous avons travaillé ensemble en T.P. , organisant notre document commun, nos idées et leurs approches critiques, retournant le sujet pour mieux l'analyser. Lui posait parfois son derrière sur le coin de table et moi, je tapotais sur mon clavier, troublée par cette proximité. 

 

Oui car debout ou un peu écrasé, les volumes restaient. A la pause, il m'a confié faire du sport, de la course à pied et parfois du squash, avant de partir voir plus loin des copains pour discuter. Je l'ai vu s'éloigner, toujours de dos, finalement il ne me voyait pas. Alors j'ai usé, abusé de mes longueurs, de mes talons, de mes collants, de mes jupes et de mes shorts courts avec de l'opaque car la fraîcheur d'automne faisait souffler le vent. Je me suis montrée un peu plus, séductrice déjà séduite, mais le plus souvent, il me tournait le dos, je me contenais seul du spectacle charnel. Jamais un jean ne m'avait autant parlé, autant exprimé de beauté.

 

Et puis aujourd'hui, un coin de soleil, mon portable sur les genoux, sur mes jambes gainées d'un opaque rouge, un dossier en préparation pour défendre le contenu d'une prochaine soutenance, pour réviser dès maintenant les futurs partiels, je l'ai vu passé, main dans la main. D'abord de face, puis de côté, puis de dos, il l'a embrassé. Il m'a tourné le dos, pour me laisser dans mes pensées, le regard sur deux paires de fesses. La sienne bien ronde, fidèle à ce charme du premier jour, un cul bien rond, fascinant encore, puis l'autre aussi dans un jean, plate, sans volume, sans charisme sauf celui du fade qui n'attire pas les mains. Deux hommes qui s'embrassaient. Moi qui me contentait de son derrière sous le soleil d'automne.

 

 

Nylonement

 


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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Je sais que parfois la folie gagne les coeurs, celles des mes héroines de lectures, ou celles de mes séries préférées. Mais un jour, hier plus précisément, c'est mon coeur qui s'est emballé, franchissant les frontières de l'ordre établi.

 

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Voilà plusieurs jours, plusieurs semaines que je venais ici dans ce café, au coin de deux rues, avec un square en face, une quasi tranquillité dans cette vile, des grands arbres laissant leurs feuilles rousses tombées au sol, libérant des rayons du soleil. J'aimais me câler dans un coin de terrasse oubliant les autres, savourant mon chocolat viennois, et mes livres. Parfois j'y faisais mes devoirs pour mes études de lettres, entre analyse critique d'un auteur, construction rédactionnelle autour d'une thème avec des arguments, des citations, d'autres lectures. C'était souvent un monde de mots que le mien, un tourbillon autour de moi, une évasion qui gouvernait ma vie.

 

Cependant, depuis quelques temps, j'avais observé mon entourage, cet homme, là devant moi, à deux tables de ma tasse. Il lisait, griffonnait des heures durant des pages, rencontrait parfois cette jolie brune pulpeuse, des amis d'autres soirs, quand mes après-midis se prolongeaient ici avec un plat de pâtes délicieuses al dente. Je venais je le croisais encore, irrégulièrement présent, mais souvent là, derrière ou devant moi, jeu d'un hasard qui se jouait de l'attente de l'autre. Oui cet homme, j'ai fini par le regarder autrement, avec son costume, toujours le même, pantalon noir bien coupé, veste noire, chemise différente, cravate le plus souvent, bien choisie, sobre et élégante, chaussures noires. Anodin de visage, grisonnant, quadra, voire même quiqua, jamais négligé, toujours élégant, et toujours avec sa tasse de thé, il semblaits'amuser de ce tableau vivant devant lui, posant son cahier de notes, les yeux vers la rue, vers la terrasse. Il respirait, humait les apparences, écoutait peut-être les conversations, puis comme à chaque fois, son thé servi, il prenait son crayon, écrivait, sans s'arrêter, sans relever le nez, juste avec quelques pauses pour une gorgée de thé chaud, puis tiède, puis froid. Il posait des mots avec de longues apnées dans son univers imaginaire, tournant les pages noircies, jetant en masse des phrases sur les suivantes.

 

 

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Je l'observais depuis deux mois déjà, la durée s'amplifait quand le soir, rentrée chez moi, dans mon studio, je le voyais encore, je l'imaginais près de moi, je lisais ses écrits par dessus son épaule, sentant son parfum, sa chaleur et son inspiration.

 

Coup de coeur, irréel, impossible car il pourrait être mon père, mais je le trouvais beau, libre dans son engagement physique avec les mots, le voyant écrire avec souplesse des lignes et des pages entières, parti dans une dimension parallèle à la nôtre. Intouchable, inaccessible, loin de moi, à trois tables de là, je le voyais ajouter des voyelles et des consonnes, sans limites. 

 

Hier, il faisait chaud, très chaud, s'ajoutant à la fatigue d'une semaine avec des journées sans lui, absent ici, moi seule avec mes livres, mes nuits obsédées par lui. Vers quatre heures, il est venu, a commandé une large théière de thé rouge.

 

Surprise, heureuse, amoureuse aussi, je me suis levée, avant que sa plume ne frotte le blanc d'une page, je me suis assise devant lui, à sa table, je lui ai tout dit. Bêtement peut-être, mais un coup de coeur que je ne savais plus garder pour moi, au fond de moi. J'avais envie de lui dire que je l'aimais tout entier, l'homme comme son thé, chaud. Il m'a regardé, en souriant respectueusement, voyant le rouge de mon visage, voyant mes lèvres tremblantes, mes paroles vraies mais troublées. 

 

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Sur sa page, toujours en me regardant, sans cesser d'écouter ma déclaration, il a écrit "il est beau d'aimer".

 

 

 

Nylonement

 


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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Profitons de tout.


Aujourd'hui, je suis assise sur ce banc, dans un square, certes la route n'est pas loin, les bruits aussi, mais je respire les derniers airs chauds de l'été. Le mois de septembre s'écoule, les jours avec, une parenthèse, un bonus, une drôle de façon de voir les choses peut-être pour vous.

Mais il y a deux ans, j'étais K.O. . Bousculée, j'étais redevenue un foetus fragile, loin de la trentenaire flamboyante, et vînrent les journées entières à vomir, les jours de douleurs, les instants intenses mais sans aucune force. Rien ne m'avait préparé avant, un article dans mes magazines féminins, une page tournée distraitement, des soutien-gorges roses jetés en l'air, des rappels parfois de sujets autour du cancer, mais tout cela c'était pour les autres. Loin de moi, de mes proches, de mes amies. Et dans le tourbillon, en avant, en arrière, vers moi, vers eux, j'avais compris ensuite le silence des fameuses amies, leurs mots qui ne sortaient pas, leurs airs dubitatifs face à ma couleur pâle, à mon envie de les voir sans pouvoir les suivre au restaurant, sans pouvoir communiquer clairement, sans oublier ces mots de "maladie" ou de "malades". Deux années de solitude, avec un mec parti un mois après l'annonce, peut-être avait-il raison de s'avouer inutile, de ne pas savoir m'aimer ainsi, un lâche pour les autres, moi je m'en foutais car j'avais mal, très mal en moi. Et maintenant encore, en rémission annoncée par deux spécialistes, en sécurité et sans douleurs enfin, je repense à cela. Je serai définitivement différente, sans avoir vieillie trop vite, j'ai mûri très certainement.

 

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Je respire, je me gonfle de cet air, de ces arbres aux feuilles rousses, du vert naturel encore présent, des oiseaux, du soleil plus encore. Je gonfle mon reste de poitrine, je vis. 

 

Certes j'ai changé, j'ai vécu d'autres perspectives, sombres au début, lumineuses ensuite. Alors pour ma mode, quand j'ai repris ce boulot à temps partiel, idéal pour résorber ma fatigue hebdomadaire encore présente, j'ai changé là aussi.

Finis les jeans, le confort mou, la silhouette jeune mais sans féminité affirmée, car à l'époque mes petits seins pointaient sous ce pull léger, ce top moulant, suffisait à voguer entre femme anodine et femme simplement casual. Aujourd'hui, plus encore face à l'impossibilité de cette prétention féminine de mon buste, je veux être glamour, je veux être présente, ne plus jouer de mon invisibilité.

Alors j'ai sorti un autre atout, mes jambes. Des talons, une razzia faite avec ma meilleure amie, mon épaule durant ses derniers mois. Des talons hauts, fins, des brides, des escarpins avec ou sans plateforme, mais j'ai pris de la hauteur et puis j'ai opté pour la jupe ou la robe, uniquement, disons principalement. Je montre mes jambes, je ne les exhibe pas, ma mode passe par un regard vertical, vers celles-ci.

 

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Alors boutiques et e-shops, j'ai dévalisé les unes et les autres, pour remplir mon dressing, je me suis redéfinie ainsi, avec une féminité toutes en jambes, et cela aussi a été un médicament. Surtout quand certains compliments sont passés par là, quand certaines ont reluqué mon collant graphique, ou dernièrement, par un matin frais cet opaque scintillant avec une jupe blanche. Rien, je ne me refuse rien, car c'est un levier pour croquer à nouveau la vie. Je suis jeune, je suis femme et j'espère être bientôt amoureuse et aimée.

Comme je suis.

 

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Nylonement


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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

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J'aime tant son regard sur moi, cet homme-là dans le canapé, en train de faire sa grille de mots-croisés, qui baisse son crayon, me scrute de bas en haut, de haut en bas. Aujourd'hui plus encore, après plus de quarante ans de mariage, j'aime sentir ses yeux, sa gourmandise qui se nourrit de ma féminité. Il me donne des conseils, il s'interroge parfois sur une couleur, une tendance qui lui aurait échappé, un mauvais goût qu'il ne comprend pas. Curiosité et bienveillance, mais surtout de l'amour pour non pas mon seul physique mais cette harmonie entre mon caractère, mon choix de mode, mon maquillage, mon sourire. J'ai veilli certes, lui aussi, c'est ainsi, et nos joies sont toujours là.

 

Nos sentiments aussi, car la routine auait pu devenir la place forte de notre couple, mais l'un comme l'autre nous avons nos routines, nos rituels mais aussi cette pointe toujours vivante d'excentricité, ou du moins de vivacité. Il aime me rappeler "tout comme moi, tu es une vieille, mais tu es surtout une vieille élégante" avec une malice éternel depuis que je connais la profondeur de ses mots, la tension de sa voix et son sourire caché derrière. 

 

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Alors pour notre repas du samedi soir, une routine, une sortie souvent dans les mêmes restauarnts locaux, je m'habille, lui aussi, je me fais coquette, avec bijoux et petite robe, il me regarde sagement. Parfois il demande un collier, une écharpe ou une étole pour compléter ma tenue. Il m'agace aussi, feignant de ne pas voir ma coiffure ou mes nouvelles chaussures achetées avec ma petite-fille. Il joue de son poste d'observateur, de vieux chat. Mais toujours avant de partir, en prenant mon bras, en tenant mon sac à main, il me glisse quelques mots sur ma mode, prouvant son regard qui n'a oublié aucune étincelle de ma féminité. Bagues ou simple trait d'eye-liner, teinte exacte du rouge-à-lèvres, il voit tout, jusqu'à la bride sur mes chevilles, ou ce voile de nylon si fin sur mes jambes. Je ne suis pas son objet, mais son coeur, il me le dit souvent. Car j'ai toujours été libre de m'habiller tant pour le travail, que pour nos sorties, notre vie commune, quand les enfanst étaient encore là, durant toute notre vie. Mais toujours et encore aujourd'hui il aime me voir, il prend ce temps avec délectation pour poser avec délicatesse ses yeux sur moi, pour en garder un image dans sa mémoire, pour m'en reparler plus tard, parfois des années plus tard. Chaque tenue est une carte postale de notre vie, un compliment ou une simple combinaison de vêtements. Il prend un cliché dans son cerveau, croque avec son âme amoureuse, déguste ma silhouette dans le temps.

 

"Il ne manque plus que le parfum. Tu es ravissante pour nous, ce soir."

 

Je peux saisir le flacon, il est reparti dans sa lecture, mais aucun jour ne s'est passé sans son regard, sans ce sentimenté échangé entre nous. Et jamais je ne me lasse de cette attention. Finalement une si délicieuse routine.

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

J'avais oublié les horoscopes avec le magazine sur la banquette, proche de moi, et non dans mon sac de plage, le mois d'août défilait dans le noir des tunnels du métro. Troublante saison, celle qui vous fait porter un jeans alors que vous avez rêvé de robes légères, de cette tunique marinière avec de fines rayures indigo sur fond blanc, ma robe d'été fétiche. Aujourd'hui soleil, hier pluie fine et bourrasques d'automne, manteau noir, même le parapluie n'arrivait plus à contrer les gouttes, le vent, cette force humide. Puis le retour du soleil, timide derrière les nuages, ma version de mode qui hésite tout autant que lui.

 

 

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Chemisier avec ce pantalon cigarette, même si j'envie cette chanceuse qui elle a osée, presque pariée sur le beau temps, avec sa jupe patineuse, des petits plis par-çi, des reflets blancs et gris par-là, des ballerines argentés. Un bel ensemble, et puis ce duo, troublant lui aussi soudainement dans votre coeur, elle avec son amoureux, moi sans lui. Quelle saison étrange, habituellement calme avec des zestes assurés de sérénité, et puis cette année, ce doute, cette fracture, cette rupture fatale, inattendue.

 

Rien n'annonçait tous ces changements, ni les étoiles, ni le bonheur autour de moi, ni mes amies, et le printemps avait été si routinier, un brin pluvieux, des douceurs pour sortir de l'hiver, pour ranger les manteaux mais pas les bottes, mon  pêché mignon. Mais finalement en juin, ce fut dans des cartons, dans une voiture d'un ami fidèle, que j'ai déménagé, laissant à mon ex, le lieu de notre vie commune, le lieu de sa vie future avec l'autre. Partie, esseulée, perdue, j'avais échoué chez ma tante, une heureuse quinqua célibataire dans un grand appartement, une chambre pour moi. Un rappel de mes études, un temps où elle était encore en couple, avec mes cousins encore présents, un vide que je venais comblé dans son agenda rempli de rencontres, d'amies et de beaux mâles à son bras. J'avais ri de tout cela, j'avais oublié ma propre tranche de vie, les quatres dernières années, surtout quand ma chef m'avait annonçé une réduction d'effectifs, moi dedans.

 

 

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Troublant été, à chercher du boulot, à ne pas être en vacances, à ne pas savoir réellement où aller pour rencontrer les couples d'amis pleins de compassion sur ses divers évènements. Je le vivais, je n'avais pas envie de me l'entendre répéter. En jean, avec un petit pull noir, sans chaleur, je croisais les agences, les rendez-vous où les personnes n'ont pas lu mon cv, je répondais sans conviction. Assommée, cet après-midi, je prenais une pause sur un banc, cherchant le soleil pour gonfler ma batterie intérieure. Laissant pleurer mon coeur, en chômage de sentiments.

 

Un coup de fil, Céline, ma meilleure amie, elle a pris une journée pour être avec moi, demain, aucune excuse valable, prévient-elle. Alors demain, ce sera aucune touche de grisaille, mais une jupe, des talons, un top toute féminin avec de la dentelle, et puis des boutiques, un repas, des macarons, des moments acidulés, la vie !

 

En septembre, demain aussi, tout  changera, ou ce tourbillon continuera, un espace de changement auquel je me suis habitué, devenant les fondations d'une nouvelle force pour moi. Les cheveux dénoués, changer, revivre.

Demain !

 

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Publié le par Gentleman W.
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La biographie ne m'intéresse pas car vous la trouverez partout ailleurs, l'âge non plus car il y a des figures humaines qui dépasse le temps. Partie certes mais toujours près de nous, devant nos yeux ébahis de ces années-là, en noir et blanc, sa dégaine à lui, son homme, ce fumeur sans fin, ce gentleman au flegme américain, et vous, grande blonde, impeccable, avec des robes qui n'attendaient que vous pour exister.

 

Incroyablement jeune, naturellement née avec ce port de tête, cette chevelure roulant sur vos épaule, vous avez dû apprendre à louvoyer comme les chats, chaloupant de vos courbes, magnétisant le plateau de vos films, les salles obscures entières, avec votre allure. Un mot taillé pour vous, quelle féminité ! 

 

D'ailleurs vous êtes devenus à travers les décennies, celle qui s'attache aux mots "féminité" et "élégance".

 

Souvenirs de vous, peu et pourtant très marquant, les premières diffusions tardives en troisième partie de soirée, le cinéma de minuit, lové dans un fauteuil club, un soir tranquille, cette ambiance des années 40-50, des bars, des salles de restaurants, des escaliers vers des bureaux improbables de détective privé ou vers des chambres d'hôtel, et puis vous, magique. Votre voix, grave et douce, je l'ai découverte plus tard, car déjà j'avais marqué de façon indélébile votre corps de lignes longues, de courbes, de cheveux ondulés, de votre regard en moi, en mon idéal féminin. Ce tout qui était incomparable, peut-être une part de grâce et de naturel séduisant, je ne saurai jamais, je resterai avec la magie.

 

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Eternelle magie, 

Eternelle silhouette,

Eternelle classe,

Eternelle Lauren Bacall.

 

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Nylonement

 

 

 

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