Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Voilà deux jours, deux nuits surtout que je ne dors pas, ma fille m'annoncé qu'elle était enceinte. Seulement voilà, elle vient d'avoir quinze ans, elle sera maman dans moins de cinq mois, elle est trop jeune.

 

Je suis chamboulée, je ne veux la juger, je l'aime tant, mais voilà qu'après des années de maman solo, je me retrouve grand-mère et surtout mère d'une adolescente qui croit devenir maman, mère malgré son âge. Elle a oublié sa tête, elle a oublié sa pillule, je l'ai engueulé à propos du sida, j'étais furieuse, j'ai été une maman cool mais présente, sécurisante et ouverte à tant de sujet, mais quand même, merde... pourquoi !

 

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Elle vient de me le cacher, de chercher elle-même un sens à cet acte manqué, car bien sûr le "père" n'est qu'un géniteur queutard, éloigné de toutes responsabilités, de toute conscience. Alors depuis deux jours, je cherche à comprendre, mon médecin m'a recommandé un psy, bien sûr et payé par qui monsieur ? Oui le monde devient fou, mais l'argent disparaît trop vite, le système nest plus là pour répondre à mes questions. Je me sens seule, elle aussi.

 

Alors nous avons décidé de devenir la future famille, de nous serrer et non de nous dissocier. j'ai mal, j'ai mal partout de rajouter cela à ma charge de mère solo, à mon maigre salaire. Mais on va gérer, elle va gérer son choix de le garder, de s'en occuper, de finir ses études à domicile, de chercher un jour un boulot, de partager nos revenus. On va y arriver dans notre hlm miteux, avec son escalier mal éclairé, l'ascenseur en panne tous les trois jours, l'odeur d'une saleté ancrée dans les murs. Je vais dormir dans le salon, elle aura ma chambre plus grande, puis une pièce pour la petite. On va s'arranger pour les petites choses, les vêtements, les mamans du coin vont nous trouver tout. La solidarité existe encore, ici dans cette barre de vie morose.

 

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Oui, je serai grand-mère bientôt, ma fille sera heureuse, ma petite fille aussi. 

 

Mais ce soir, je ne dors pas, je lis, je cherche un coin, un réconfort, une sensation pour me donner une bulle de douceur. Je suis lasse, mais je retrouve le sourire, j'ai embrassé ma fille, nous avons parlé plus calmement de l'avenir, de nos engagements à tenir, de la vie, à deux, à trois. Je lui dis de faire attention à elle, de devenir grande un peu plus vite, et de dormir avec son doudou encore un peu.

 

Moi, je n'ai plus de doudou, je me câle contre l'oreiller, je pense à elles, à moi, à cette vie dure, mais je souris, car du peu que nous avons, nous arrivons à faire pétiller le monde, à oublier le derrière de la porte. Je vais dormir sereine.

 

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Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Femmes & Culture

Vous aviez été les premiers à entendre parler du premier livre de la super blogueuse LUCIE DE POALA ( www.nylon-volupte.com/article-les-filles-pensent-que )

 

Voici qu'elle récidive avec le même talent, avec la même ambition.

Elle avait pensé écrire un livre avec des fouets, des amours surprenants, des héros riches et sentant le sable chaud, des blondasses avec un prénom comme Anastasia ou Natacha, soumises et même vierges.

Mais le bon sens l'a ramené dans le chemin de l'humour, avec quelquefois des phrases plus acides, sur les relations entre les femmes et les hommes, les couples en bref !

 

Sa plume est stylée, elle nous emmène facilement vers le rire avec quelques réflexions intérieures, un livre idéal pour lire le soir après le boulot, à partager avec les copines.

 

Le nouveau livre disponible dès le 7 février !

 

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Le premier livre, pour rappel 

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Allez vite, on l'achète, on le lit, on l'offre,

on partage sur les réseaux sociaux.

 

Moi, j'adore Lucie de Paola.

 

Son blog : www.lesfillespensentque.net

 

Nylonement 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Le froid a pris le temps en otage. Ici devant cette église, sous un crachin mêlé de flocons de neige, nous t'attendons. C'est notre dernier hommage, notre dernière fois ensemble, car après tu deviendras poussières. Nous allons pensé à toi, à ce que tu fûs avant, avant aujourd'hui vivante, mais aussi avant cet oubli intérieur.

 

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Depuis plus de vingt ans, tu ne savais plus qui nous étions, nous tes enfants, tes petits-enfants, tes arrière-petits-enfants, tout cela et tant d'autres choses avait disparu. Tu avais un contact sporadique avec ton entourage avec ses infirmières si dévouées, si incroyables dans un mone ou chaque heure tu perdais tes repères. Humaine devenue un corps sans lecture, sans écriture, sans mémoire, sans souvenirs, sauf quelques moments de ton passé.

 

Celui-ci, nous l'avons vécu avec toi, une grand-mère toujours apprêtée, avec des jupes et des corsages froufroutant, tu avais un corps de femme, tu ne le voyais pas vieillir car tu étais si jeune, si vive, si dynamique, parfois même en décalage des autres avec ton énergie. Sur tes doigts, on voyais toujours ce louis d'or enchassé dans une bague, celle de ton premier mari, ton seul amour, ta jeunesse et des moments difficiles mais heureux dans tes yeux. Ah le fort des halles de la Villette, tu l'aimais tant, tu le voyais tous les jours, tu croquais son araignée, son aloyau, sa poire, ses morecaux de choix. Tu le draguais toujours malgré votre mariage, tu étais légère et vêtue de bas nylon, de dessous légers comme tes envies. L'amour, la féminité, les bijoux, les robes et les jupes, tu étais une éternelle sensuelle, toujours en quête de volupté.

 

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Quand tu devins strandardiste pour les taxis parisiens, tu avais une voix de titie (oui avec un "e" pour sa fière féminité) parisienne. Arletty était presque un euphémisme de ta gouaille si vive des quartiers nord de la capitale. Tu donnais du coeur, pour nourrir tes mômes et pour aider les autres. Tu recevais des fleurs de tes amoureux, des tacots parisiens enflammés par ta seule voix, mais aussi par tes cuisses aperçues en passant à Ménilmontant te voir. Unique jusqu'à ta retraite, un peu loin de Paris dans l'Yonne avec ce Jean, amoureux gagnant, ronchonneur de première classe, un peu avare, mais toujours conquis par tes envolées.

 

Mais la fin, nous la connaissons, quand la maladie, celle qui ronge et ne dévore pas, qui vous enlève une vie, en effaçant les liens mais pas le corps, en croquant le mot famille, pour que tu ne nous reconnaisse plus. Tu ne nous avais pas tourné le dos, nous le savons.

 

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Oui, moi, je garde des souvenirs, des souvenirs peut-être un peu flous, un peu édulcorés par le temps, par mon enfance, par ce recul sur le temps, mais je te garde comme une grand-mère, une femme rayonnante, solaire même. Tu es partie. Toute entière cette fois, ton grand âge pouvait le justifier, tu nous manquais depuis près de vingt ans.

 

Tiens le soleil caresse ton dernier lit, il te sourit.

Belle Chouquette, on ne t'oubliera pas.

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Ma fille je dois te dire.

 

Nous avions décidé de faire les soldes ensemble, elle était venue avec une amie, pour que cette séquence shopping entre "filles" soit une journée de soleil. Il faisait froid, les soldes d'hiver, un manteau, un planning plus ou moins établi, et puis l'envie, ce plaisir de marcher ensemble, de traverser les rues, sans regarder, avec un large sourire vers les conducteurs, de croquer l'insouciance, de s'asseoir pour boire un café, un chocolat viennois. Nous en étions d'ailleurs là, sur cette terrasse chauffée, avec déjà quelques sacs à nos pieds.

 

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"Maman je dois te dire". Ma fille parlait, elle était rayonnante, je ne la voyait que si peu, elle vivait en province, depuis ses études de droit, trop loin pour se voir plus souvent, d'autres enfants, une vie remplie, on se croisait une dizaine de fois dans l'année, on utilisait internet, les sms et les emails, et des heures au téléphone certains week-ends.

"Maman je dois te présenter Séverine, elle est mon amie, enfin ... ma petite amie. Enfin tu comprends." J'ai souri car j'avais compris depuis quelques années, pas de mâle ou de petit ami, juste des copines, trop de boulot, l'excuse, bref, j'avais fini par comprendre.

 

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"Je suis heureuse pour vous, je suis heureuse pour toi ma fille. C'est ... c'est ... formidable" je ne trouvais pas mes mots, non par un jugement et une fausse impression, ni par mensonge, j'étais simplement émue, oui profondément heureuse de leur bonheur, comme pour les petits couples avec mes fils. 

Elles se sont rapprochées, s'évitant malgré elles durant le shopping, je sentais les mains voulant se tenir, et puis réfléchissant. 

"L'année 2013 sera encore plus belle ainsi. Mesdemoiselles, je suis follement heureuse de cet amour, d'ailleurs depuis quand, allez dites moi tout, je suis maman et belle-maman." Nous papotèrent assez pour passer du petit déjeuner de matinée au déjeuner avec deux desserts et deux cafés. Elles se libérèrent, l'une et l'autre, amoureuses, joyeuses. 

"On voudrait se marier, mais à défaut, se pacser."

 

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J'hurlais, oui, j'éclatais comme un bouchon de champagne, une fête, un mariage, entre deux amours, deux soleils devant moi. Elles étaient si belles, si éperdues l'une de l'autre, je voyais la femme, plus la jeune femme, encore moi la jeune fille, et surtout je ressentais son relâchement, cette sérénité, ce bien-être partagé. Elles riaient au diapason, en totale harmonie.

Nous avons parlé de tout, de rien, de leur vie, de leur appartement, une colocation que je comprenais mieux maintenant. Elles me parlèrent de leur joie, de leurs passions communes, un peu des parents de Séverine, au courant depuis quelques mois, plus rétifs au début, heureux eux aussi du bonheur de leur fille maintenant. 

Nous sommes reparties pour les soldes, entre boutiques de lingerie et de chaussures, nous avons fait un casse sur les bottes, elles sont très féminines, l'une et l'autre, deux beautés. On a ri, plus encore, on a parlé, elles étaient main dans la main.

 

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"Ma fille je dois te dire, ta grand-mère quand tu l'a connue, toute petite. Elle vivait dans cette maisonde province, vers Tours, avec la Tante Agnès. Te rappelles-tu ?" Nous avons parlé de souvenirs, de repas dans le jardin cernée de mille iris, de ses deux grands-mères, de ses deux femmes âgées.

"Eh bien, ce n'était pas une tante, c'était sa petite amie, mais par convention ... enfin l'époque ... enfin tu comprends." Elles ont souri. La journée ne fût pas assez longue avant, après le dîner du soir pour discuter encore.

Mon mari, lui, il a baissé la tête, s'est levé en silence. Il a disparu, on a continué à parler, et quelques minutes après, il est revenu avec quatre flûtes, et du champagne. "Ma fille, Séverine, je suis heureux pour vous. Et si vous voulez vous marier, je vais commander d'autres bouteilles."

 

Cette vidéo m'a tiré des larmes de part sa beauté,

et l'amour qu'elles dégagent

 

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"Portraits de Femme" ici

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Elle était partie depuis près de deux ans. Une jeune fille devenue jeune femme aussi vite que ses études réussies et une expatriation à l'autre bout du monde. Elle avait vécu avec ses parents, travaillant d'arrache-pied à son diplôme, recrutée d'office par les meilleurs centres de recherches de son secteur. 

 

Elle avait eu plusieurs choix, préférant l'intérêt du sujet de recherche au salaire, le niveau de l'équipe à son confort personnel. Son cerveau était son laisser-passer, elle avançait à pas de géant, heureuse, épanouie, avec pour seule lien, internet avec sa famille, ses proches.

 

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Elle avait changé de peau, mué pour grandir, pour s'affirmer, devenant un membre rapidement remarquable de l'équipe. Pas pour la communication, ni pour partager devant des assemblées ses rapports et résultats mais pour mener avec pugnacité les débats en interne, pour imposer sa vision, pour partager avec efficacité ses connaissances. Elle était bien là.

 

Et puis soudainement, douze heures d'avion, un taxi, et là revoilà cehz elle, sa chambre de jeune fille, sa vie, ses parents, des amies probablement, des cousins, des oncles et tantes ce soir. Elle regardait comme une étrangère ce lieu qui fût le sien. Quel décalage !

 

Une mue, une couche de mise à nu trop épaisse !

 

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Elle explorait le lieu, regardait le jardin qu'elle trouvait soudainement minuscule, les petites rues, le village, ce cocon de son enfance déjà repliée loin en elle. Elle prit le miroir pour se voir, savoir si elle redevenait enfant, si elle n'était plus elle-même. 

 

Elle avait fait son chemin, loin de tout avenir défini dans ce petit coin de France. La provinciale était devenue une chercheuse brillante et internationale. Loin, loin d'elle !

 

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Pouvait-elle les comprendre ?

Comment les verrait-elle ?

Sa maturité était maintenant son corps, sa féminité, ses seins, son look moderne et simple mais étrangement sensuel, ses cheveux longs devenus un carré court, un regard sûr et des lèvres toujours rouges, sa signature.

 

Elle aimait cette femme, elle n'aimait plus ce passé, ce décalage.

 

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Elle sourit à son miroir, elle expliquerait sa vie ailleurs, elle ferait NOEL avec eux tous, piochant dans la culture, dans les émotions de vraies beaux moments pour construire de nouveaux souvenirs, ceux de cette nouvelle vie, nouvelle époque.

Vivement NOEL !

 

 

Nylonement

 

Photographe : Nikolay BIRYUKOV

Modèle : DASHA Z

pour FASHION GONE ROGUE

Styliste : Olya KURYSCHCHUK

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Amoureuse, je suis amoureuse.

 

Je rentre de mon boulot, les fines gouttes d'eau, froides, l'hiver mais dans la rue, il fait beau, il fait chaud. Les lumières scintillent, décembre défile vers Noël, les sapins sont dans la rue. Je marche, enveloppée de ma doudoune grise, si douce, de mon écharpe orange comme une caresse sur ma nuque. Je suis heureuse, je pense à lui.


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Certes il me manque, certes il n'est pas là ce soir, pas tous les soirs, mais j'aime cet homme. Croisé par hasard, le plus naturel des hasard, à une période sans aucune volonté de me caser, nous avons discuté, vite partagé des valeurs communes, des émotions de lecture, d'écriture, la force de ses mots. Oui, c'est un discret qui refuse d'accepter la valeur de ses phrases mais pourtant il les partage sur internet chaque jour sous forme de tranches de vie. Celà m'a séduite, mais plus encore, sa présence, sa corpulence, sa beauté d'homme quadra. Il refuse tout cela, il ne s'aime pas, ne se trouve aucun charme, mais joue des mots pour mieux exprimer ses doutes, se libérer de blessures.

 

J'ai craqué pour lui, en faisant rire les copines, en le révélant à mes filles, en m'approchant plus près de lui, et pourtant ses premiers mots ont été "Je ne suis pas libre, je suis un homme marié."

Cela confortait sa liberté, sa situation, pas sa mutation de sentiments. Certes j'aurai pu reculer mais l'aimant avant l'amant m'attirait déjà. Rien, vous le savez s'explique quand on fond pour l'autre. Nous sommes dès que possible ensemble. Et l'atmosphère de Noël me libère, les mois défilent, j'aime cet homme.

 

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Pourquoi lui ? Pourquoi moi d'ailleurs ? Pourquoi ce hasard, je me fous de la réponse, je vis plus concrètement, il me libère d'une vie passée, il me respecte totalement. Il me donne, il me cajole dans ses bras, il me réchauffe, il est toujours proche de moi. Sérénité nouvelle, ressentie par mon entourage, force nouvelle pour affronter les obstacles, il me pousse, il réveille mon caractère, ma véritable volonté, il est un révélateur si délicat. Il ne conçoit rien à l'avance mais il me protège de loin, de près, il m'a prise sous son épaule, il m'a soulevé, il m'a embrassé.

 

Lui ne dit pas tout, lui ne veux pas parler de sa maladie, de ses souffrances régulières, de ses moments où l'énergie le quitte, le plonge plus bas, je l'ai deviné. Il m'a ouvert, à moi seule, une petite porte pour le caresser, le réconforter de silences à ces moments là. Il se redresse et de nouveau me comble, m'écoute, parle, partage tout, donne, sourit, je l'embrasse.

 

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Oui mesdames, mes amies, mes collègues, mes proches, je suis une femme qui revit, reprend le sens de la course, de la nonchalance, de la vie avec lui. Pourtant du futur, je ne connais rien, il a la justesse de me dire qu'il ne peut encore exprimer certains mots, il en connais la juste définition, la force réelle. Mais je suis amoureuse.

 

Ce soir je rentre, en robe sous ce manteau, élégante, avec mes jambes que ses yeux ont rendu belles, avec mes talons, je souris à la rue, je suis amoureuse.

 

Copyrights Joaillerie David YURMAN

avec Gisèle BUNDCHEN

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Tout a commencé une nuit.

 

Je n'avais pas mangé depuis près de trois jours. Un repas, un très maigre repas, quelques restes, car les derniers éléments pour nous nourrir, je les avais donné à ma fille. Je suis une maman solo, virée de son boulot pour déprime et raison de crise, virée de sa vie par un homme alcoolo et qui me trompait. Je suis une femme qui a vu tout tomber autour d'elle en quelques années, plutôt quelques mois, plus rien pour payer l'appartement, un déménagement, un nouveau studio super petit, un lit pour ma fille, moi je dors sur un coin de canapé, recroquevillée.

 

Et puis maintenant plus rien, je paye le chauffage, je ne paye plus le loyer, et depuis deux semaines, je n'ai plus aucun revenu, aucune aide, je suis humaine dans un système inhumain, qui voit des pauvres ailleurs alors qu'ils sont là, moi dedans. Je vis de rien, je donne à ma fille pour qu'elle vive du peu, qu'elle profite de l'école, et de mes derniers sourires.

 

Cette nuit, je l'ai laissé, une déchirure, mais je vais travailler, enfin gagner de l'argent. J'ai décidé, la faim a décidé pour moi, je vais me vendre, vendre mon corps, me prostituer, me désagréger intimement pour avoir un peu de monnaie, d'autres repas. Dans le noir, dans un quartier vu de jour, avec mon look de bourgeoise, en cuir, sans repère.

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J'ai toujours attiré les regards des hommes, cela devrait fonctionner, sans jouer la dame pute, sans user de résilles et de tenues vulgaires, je vais me vendre tel que je suis. Je ne sais rien de tout cet univers, je suis là, ils s'approchent, ils demandent combien. 

La nuit fût froide, je ne savais pas, j'ai dit "non", puis j'ai fini par dire "oui" et monter dans cette voiture, sans trop savoir. J'ai dit "oui" plusieurs fois, j'ai vu mon portefeuille se remplir, j'ai vu les repas, j'ai entendu mon estomac vide quand il me pressait, quand il s'activait.

Le matin arrive.

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Je suis rentrée, épuisée, souillée, éffrondrée. Je me suis lavée, j'ai préparée son déjeuner avec deux croissants, un luxe incroyable. Elle a dévoré ce repas, avant de partir à l'école, heureuse. J'ai pleuré, écroulée sur le sol.

Epouvantée par ce choix, mais je n'en avais plus d'autres. Je suis sortie de mon corps pour en devenir spectatrice, pour revenir à des fonctions primaires "me nourrir" et "survivre".

 

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Je me regarde dans la glace, j'ai changé, je prépare ma tenue chaque fin de journée, dans un sac, avant d'aller la chercher à l'école. On dîne, on a chaud, j'ai payé l'électricité et le chauffage. Un hiver rude, mais la chaleur chez nous.

 

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J'ai changé de vie, je pleure chaque jour. J'ai vu un médecin car l'autre soir, je me suis fait tabasser par un client, un mauvais coucheur. Je connais mes collègues, elles m'ont acceptée parmi elles en connaissant mon histoire. Je ne suis pas la seule à venir le soir. D'autres sont plus occasionnelles mais elles aussi arrondissent les fins de mois. La crise.

 

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Je suis prise par ce système, je mets de l'argent de côté, je ne suis plus moi-même le soir. Je survis, mieux financièrement, moins personnellement. Je suis libre de mon temps, je peux offrir un peu de superflu à ma fille, nous ferons Noël.

 

Mais si la famille pose des questions, je ne répondrai pas, je serai une employée lambda. Je serai là pour les sourires de ma fille. Elle ne saura pas, personne ne saura, je suis déjà assez souillée pour ne plus arriver à m'en défaire. Je prends trois douches après mes retours, mais il y a comme une odeur.

 

Ce soir encore, je reprendrai le chemin, de cuir vêtu, femme, bourgeoise et maîtresse de cul pour ces hommes, parfois des couples. J'ai mes habitués déjà, ils aiment mon style chic et insoumise.

Vivement demain.

 

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Dans la série "PORTRAITS DE FEMMES"

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