Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Hier, après tant d’années, elle a retrouvé son sourire. Elle n’est pas partie ce matin, comme les autres jours, dans un train bondé, sur un quai de gare en plein vent, ou plutôt, elle était au même endroit, mais sa vie a changé. Depuis quelques jours, elle attendait un signe. Son horoscope, celui de son journal, aussitôt lu, aussitôt jeté, cette presse sans contenu, sans âme, cette alchimie de signes zodiacaux n’avait pas donné de précision, ni en amour, ni pour sa santé, ni pour le travail. Et pourtant elle est  heureuse. Ce matin, elle a mis cette jupe en lin, récent achat coup de cœur pour son petit porte-monnaie, avec un legging noir, doucement opaque qui sublimera ses jambes, sa fierté. Elle s’enveloppera d’une tunique en coton blanc, à l’aspect naturel évident, elle a soudainement l’impression d’exister.

 

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Après des années de travail, de respect des règles, d’investissement de sa personne dans ces bureaux, dans cette entreprise, elle devient cadre. Elle saute une étape, elle a reçu la reconnaissance de sa direction pour son travail. Elle n’a jamais compté ses heures, car elle aime ce métier, et pourtant pendant tant d’années, elle a œuvré dans le silence des augmentations, d’un simple merci. Chaque année son chef appréciait son travail, par un simple déjeuner en équipe, sans effusions, sans discours, sans rien d’ailleurs. Un chef présent pour regarder l’horloge, pour reprocher cinq minutes de retard, oubliant que les transports ont des aléas ou dix minutes trop tôt d’un soir où elle avait un rendez-vous pour son fils, chez le médecin. Le même qui partait en la laissant travailler tard les soirs de rapports annuels, seule ou avec sa collègue, dans un processus de conscience professionnelle, de finition correcte d’une tâche toujours bien accomplie.

 

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Elle avait aujourd’hui ce petit plus, déjà accordé à d’autres mais curieusement plus rapidement à quelques jeunes recrues masculines, à compétences égales. Une façon de consolider le plafond de verre, de le protéger par une avant-garde déjà masculine bien formatée à une différenciation « ancestrale » du statut des hommes et des femmes. Aujourd’hui plus encore sa couleur de peau, sujet de remarques de son ex-chef, avait apparemment disparue, elle devenait la chef de cette équipe.

 

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La nouvelle manager, brillante par les diplômes et les expériences, arrivée depuis quelques mois, avait réorganisé l’équipe, et même tout le département. Le chefaillon avait fait une remarque de trop dès la deuxième semaine, à celle dont il avait oublié le statut de supérieur, dans son regard obtus, rabaissant les femmes vers la cuisine et les couches. De ses propos, il avait reçu immédiatement un recommandé et avait été débarqué pour faute grave. Elle ne jubilait pas de cette situation, elle méritait ce poste, elle était maintenant un peu plus haut dans l’organigramme. Ainsi demain, elle ne favoriserait pas les uns ou les autres, car cette nouvelle génération elle l’espère, aura intégrer l’égalité naturelle.

 

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Quelques premiers pas dans ce hall, pourtant le même que les autres jours, mais aujourd’hui avec ses escarpins, elle a gagné quelques centimètres, une liberté. Elle avait envie d'exprimer sa féminité, à travers de nouveaux petits ensembles, de nouvelles chaussures, une passion qu'elle pourrait ainsi assimer. Montrer ses jambes, non pour les autres mais pour elle, pour se rassurer, pour mieux exister. Elle est heureuse.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Sa féminité était toujours là même si ces sorties pour le paraître étaient plus rares. Les escaliers n’avaient plus le même charme dans ce petit immeuble sans ascenseur. Elle avait fait tourner les têtes de ses amis, de ses amants puis de son mari. Il y a quelques années encore, il aimait rester derrière elle pour apercevoir ses jolies jambes, elle lui avait fait remarquer qu’elles perdaient de leur beauté, des plis, des vergetures. Avec humour, férocité pour lui et pour elle, il lui avait fait aussi la remarque que sa vue donnait un flou qui lissait ces détails, et que ses souvenirs lui donnaient toujours des gambettes de princesse. Une complicité qui lui manquait quand elle rentrait avec ses petites courses.

 

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Elle croisait les autres femmes de l’immeuble, des jeunes filles, en pantalon, en jean, plus rarement en jupe, sauf celle du 3e, toujours habillée en noir, avec des grosses chaussures de chantier. Sa petite fille lui avait expliqué ce style, gothique, l’inspiration d’un monde de chaos et de romantisme mêlés. Elle avait précisé que ces belles en dentelle noire, ne portait aucun deuil, mais plutôt des bas résilles ou des bas coutures, comme un défi à des pinups au glamour sombre. Il y avait aussi cette jeune fille, cette brindille blonde, au sourire discret, si gentille, si discrète dont elle connaissait la maman. Cette jeune femme maintenant préparait studieusement de belles études, dans le secteur de la santé, elle ne se souvenait plus. Le voyage assis dans ce fauteuil crapaud se confortait des odeurs typiques de lieux de vie des personnes âgées. Un peu de poussière, des murs avec des papiers peints anciens, des meubles en bois patinés à la bonne odeur de cire d’abeille.. La bergamote du thé, l’odeur des gâteaux conservés dans une boîte en métal, ancestral témoignage des publicités d’antan, carrément vintage. Elle continuait avec malice les étages et les femmes de son immeuble, car en parallèle, elle retrouvait un peu de chaque période de sa vie, des âges différents qui avaient été un jour le sien, vingt ans, quarante ans, soixante ans, quatre-vingt ans.

 

 

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Elle avait toujours porté avec fierté sa féminité, car elle aimait cela, elle voulait assumer sa personne, son sexe féminin dans un monde cloisonné par les hommes. Le XXe siècle si proche avait été marqué par les évolutions d’une vie française au gré des guerres, des femmes remplaçant les hommes à toutes les tâches, retournant à la cuisine pour les servir ensuite. Elle était belle, avec un joli minois comme l’époque le décrivait de ses mots. Elle avait eu la chance de porter avec elle cette grâce, cette magie qui faisait des robes coupées par sa grand-mère, des merveilles sur une corps de modèle dans la rue. Elle avait attiré les regards, attisé les envies et les ragots des commères, des jalouses coincées dans un statut de mère de famille, de femme au foyer. Et c’est d’ailleurs pour cela qu’elle avait travaillé tôt, pour avoir une liberté, premiers pas vers sa féminité.

 

 

 

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vous avez lu récemment : Toujours femme

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
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Aimer, il l'avait aimer, si fort !

 

Bien sûr, ils avaient été heureux, parfois fâchés, parfois en crise, en détresse, mais ils s'aimaient avec toutes les autres reflets de leur vie commune. La renconre au boulot, par hasard, comme ils auraient pû le faire durant des études assez parallèles. Une vie de jeune couple dans la ville, avec des restaurants, des soirées champagne sur le pont au dessus du fleuve, des lumières dans la nuit, ces petites robes, ses talons. Son talent à lui pour la surprendre, année après année, en s'aimant, avec des fleurs, des cadeaux, des petits plats, des silences et toujours des mots et des photos. Ils s'aimaient, ils avaient eu des enfants, partagés ces moments de lumières, de doutes, de famille, de joie.

 

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Ils s'aimaient encore quand elle a découvert que cette fatigue intérieure était un cancer.

 

Elle a été foudroyée par la force de ce mot, aussi intense qu'injuste, elle a sombré, elle a été recueillie par ses bras, lui qui soudainement a décidé de ne vivre que pour elle.

 

Follement, présent pour les examens, pour les avant-pendant-après chimio si forts, si fous, si douloureux, pour inviter les amis, force utile au lien social, pour aussi les annuler au dernier moment quand les larmes étaient trop fortes. Il lui a donné son coeur encore, ses bras toujours. Elle s'est consumée doucement. Il a pleuré sans lui montrer, devant son incapacité à la défendre contre cette gangrène intérieure. Il a lutté en silence, en apportant sa omniprésence, son épaule, en la prenant maintenant toute entière, petite bout de chair, entre le canapé et le lit. Elle n'était plus qu'une ombre, une vie floutée.

 

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Ils s'aimaient, et un soir, il lui a pris la main, là devant cet oreiller, cette femme qui n'avait pas changé à ses yeux, ce coeur qu'il avait aimé, cette tête si frêle, ses yeux qui ne croyaient plus à la vie. Il l'a aimé jusqu'au bout, de toutes ses larmes, de cette main décharnée, dévorée, froide dans sa paume. Jusqu'au dernier baiser !

 

 

 

N'oubliez jamais vos compagnes, vos proches, vos amies !

 

A tous ceux que cette maladie dévore,

en totale injustice,

en brisant l'amour.

 

 

Nylonement

 

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PS : Mesdames, ne refusez pas de passer une mammographie,

cela sauve des vies, celles des autres, la vôtre.

 

 

Modèle et Photos :

VJennifer MERENDINO  par Angelo MERENDINO

 

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Un jour j'ai pris cette décision, j'ai fait un grand pas. Celui vers un futur métier, vers un diplôme, vers un choix de vie, mais aussi un pas de géant entre les cultures. Je vivais comme nous tous, dans une banlieue héritée de mes grands-parents, premiers migrants venus pour du travail dans les usines du baby-boom. Une profusion de bonheur pour eux, pour la France qui se relevait d'une guerre mondiale, du boulot, un appartement en HLM, des jardins en bas, une première voiture, mes parents, une vie de douceur, entre couscous et tajines. Tous les quatres ans, on allait au bled, on partageait notre vie, nos maigres richesses.

 

Nous vivions heureux, deux cultures l'une à côté de l'autre, facilement mixées. Mais le temps a fait que paradoxalement au fait que je suis française, je porte une étiquette de beurette, le fameux "d'origine maghrébine". Un jour j'ai demandé à mes parents, et eux ils sont d'origine du Cantal comme le fromage, appellation d'origine contrôlée. On a ri. Mais la cité est devenu une cour, un lieu fermé alors que la ville grandissait. J'ai vécu heureuse, car ma famille voulait que demain soit en dehors de ces tours.

 

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Alors il y a quelques mois j'ai découvert la pâtisserie, un métier de bouche, de partage avec les autres. J'ai toujours été gourmande, j'ai suivi mes cours, studieuse, double challenge, d'être femme en plus des autres remarques. J'ai tout entendu, ici en école, chez moi, je ne savais plu qui j'étais, alors que je fabriquais mes premiers croissants, mes premières religieuses. Je vous ferai grâce des piques sur le foulard, alors que je ne porte celui-ci que par intermittence, par coquetterie. Je suis en blanc, en tenue de travail, à doser, mixer, à battre des dizaines d'oeufs, en sentir mon bras devenir mou sous l'effort. Je note, j'écoute, je répète les recettes, je suis interne, je partage une chambre avec des collègues. On bosse, on aime toutes notre futur métier. On parle mode parfois, mais plus souvent de recettes, de dosage, de nos avenirs, rarement de nos sources.

 

 

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Certes les stages ont été variés avec la difficulté du réel, les rapports de force avec de vrais professionnels, les contraintes des horaires, des jours fériés, et les éternelles piques sur mon apparence parfois. Ce racisme latent, parfois dur à avaler, incompréhensible car juste sur un faciès et non des actes. Mais heureusement j'ai été pris sous l'aile d'un chocolatier, un homme génial, un fou de vie, un curieux qui a vécu dans plusieurs pays, asie ou afrique, amérique et europe, chaque continent, chaque culture mais comme il le dit, une seule gourmandise. 

 

 

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Avec cet homme paternaliste, rigoureux, parfois maniaque, je travaille, nous travaillons, nous créons, nous testons, nous rigolons de nos essais ensemble, pour revisiter les cornes de gazelle au miel, avec des amandes, avec une touche de chocolat, revoir nos cultures, les partager. D'autres équilibre entre amertume du noir chocolat, et le thé vert à la menthe, avec du gingembre confit, nous avons goûté, craché, refait et encore refait. Une collection de macaron goût maghreb.

 

 

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Hier il m'a demandé de rester, apparemment embêté. 

"Dans les prochains jours, nous aurons des expositions de nos produits, et probablement un passage télévisé. Les organisateurs veulent que nous présentions nos créations, tes créations. Je suis fière de toi, tu le sais. Mais nous devons troquer nos tabliers blancs pour le formel costume, la tailleur pour les jeunes femmes. Je te veux avec moi, pour la qualité de ton travail. Je ne veux pas t'obliger pour la jupe, c'est un détail, mais les institutions sont ainsi. Leurs habitudes, leurs routines. Je ne sais comment te le dire.... mais je veux absolument que tu m'accompagnes pour cette étape. Car c'est là que l'on commence le parcours de Meilleur Ouvrier Patissier de France."

Nous avons eu chacun une larme.

"Demain, je serai là, en jupe (avec un sourire), je mettrai des collants couleur chocolat."

Nous avons ri, cet homme si fort pleurait de bonheur, moi aussi, pour tant de raison, de confiance mutuelle, de respect.

Demain, ce sera un nouveau pas entre nos cultures, avec une gourmandise.

 

NYLONEMENT

 

3 dernières photos : modèle Kenza Fourati

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Duo de moto, elles se garaient chaque jour sous le porche de cet immeuble parisien, après leur parcours dans les entrelacs de la circulation. Cavalières courageuses dans une foule de voitures, entre les règles établies et les variations plus vindicatives de certains, déboitant sans regarder leurs rétroviseurs, elles s’étaient habituées depuis deux ans à venir à deux roues jusqu’au travail. Une décision commune, en échangeant un midi entre deux salades, sur leur passion pour les balades en toutes saisons. Chacune avait son histoire, l’une sa passion pure du deux roues dans un fratrie de quatre garçons, tout le monde roulait avec casque depuis l’adolescence, une odeur de week-end, de sorties en totale liberté, comme ses frères. L’autre un papa passionné, qui après le divorce avait pris l’habitude de la coller à son dos, petite, fragile dans les virages jusqu’à l’école, durant les vacances parfois. Elles avaient aimé cette sensation de l’air sur leur visage, sur leur corps, la vitesse et aussi ce contact si particulier avec l’environnement. Certes sur le macadam des villes, elles roulaient entre deux murs de béton ou de voitures, mais la liberté commençait aux portes du périphérique, vers la banlieue, vers la province.

Un achat en commun de leurs motos, une visite surprenante de ce duo féminin dans un magasin au masculin, elles avaient ri de l’attitude du vendeur, moins calé qu’elles en mécanique, elles avaient négocié ferme.

 

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Maintenant elles posaient les casques, remontaient vers leurs bureaux via l’ascenseur. Chacune dans un bureau, elles se changeaient. Les combinaisons tombaient, se pliaient, le blouson de cuir prenait place sur un cintre. Chacune un style.

 

L’une remettait d’un geste ces cheveux courts en place, en regardant à travers la vitre, un œil sur l’autre immeuble. Elle ajustait son jean, ses bottines en cuir noir, un pull en laine souple, une écharpe double autour du cou, elle aimait son confort.

 

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L’autre était partie dans les toilettes pour refaire son maquillage, une brosse pour ses cheveux blonds mi-longs. Elle devenait femme, sa féminité s’exposait avec son chemisier, blanc aujourd’hui, un collier qui partait dans de longues échappées sur sa volupté. Puis cette jupe qu’elle avait déplié de son sac, une jupe crayon prune, une coupe si proche d’elle, de ses jambes fines. Elle ajustait la fermeture éclair invisible sous la ceinture, un modèle hermès si chic, si indémodable. Elle avait remis ses bas chairs, doucement brillant pour attirer le soleil. Maintenant elle enfilait ses talons vernis noirs, loin de ses bottes de moto. Elle prenait de la hauteur, une démarche plus féminine, elle aimait cette dualité qui avait surpris tant d’hommes.

 

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Dans quelques minutes, elles parleraient moto, mode et boulot en prenant le premier café du jour, dans le bureau, chacune à sa tâche.

 

Nylonement

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Des nouveaux voisins, des saisons d'hiver où l'on sort peu, où l'on reste peu dans la rue pour discuter, quelques croisements furtifs, le soir, dans la pénombre de journées trops courtes. Puis des enfants, nos bébés, en poussette. Une haie, des oiseaux, le printemps qui pointe son nez, de nouveaux bébés, presque chaque année, les premiers pas, les concours de ballon, trop gros pour eux, si maladroits, une famille qui joue, des cris de joie sous le soleil.

 

Deux familles, une rue, une odeur de barbecue et les premières paroles à travers la haie, des banalités, des questions sur l'école, sur l'âge des enfants, sur l'horaire de tonte des pelouses.

 

Il me semblait avoir entendu un enfant, des babillages, mais jamais de courses de petits pieds sur une terasse, de rires dans ce jardin annexe. Un autre jour, une discussion entre deux coupes de la fameuse haie, nos filles ont apparemment le même âge, mais quelle fille ? Une invitation pour se voir enfin, pour se connaître autour d'un gâteau au chocolat, si fédérateur, si convivial.

 

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Dring, une sonnette, nos enfants avec les yeux qui brillent, ils attendent leur voisine. Mes deux filles, mon fils, toushauts comme trois pommes, un sourire, plusieurs sourires de bienvenue. Elle est là, dans les bras de son papa, elle a six ans, mais elle ne marchera jamais. Les enfants s'adaptent instantanément, ne voyany aucun handicap, juste une situation de vie. Elle est dans leur chambre, tout est calme, ils piaillent, ils se découvrent, jouent, partagent leurs vies. Bien sût il y a eu quelques "pourquoi" après le départ, mais surtout des "elle revient quand !". Elle est revenu , elle revient aussi souvent que possible.

Ici c'est chez elle bis, elle vient, nous nous en occupons, nous passons de pièce en pièce, sur la mezzanine les filles jouent. Les rires sont là depuis des années. Nous avons appris à gérer son handicap, ces limites, les nôtres, nous avons tant partagé, années après années. Elle a grandi, si belle en jeune fille rayonnante.

 

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Sa blondeur, son sourire sont si forts que je craque toujours. Alors certains soirs, elle rentre de son école, elle passe par la maison, les filles papotent, des trucs de jeunes filles, prolongés par de nombreux SMS. Des séances de cinéma, ensemble, avec nos pop-corns, des complicités avec elle, oui toi, ma troisième fille, toi qui croque la vie sans amertume.

 

Depuis tu as eu des frères et soeurs, tu roules entre eux, tu domines en grande soeur ce monde bruyant.

 

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Toi, jeune fille, je suis fière de cette bataille que tu mènes chaque jour, forte et toujours enthousiaste.

 

Amicalement

 

Nylonement

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Publié dans : #Femmes & Portraits

Elle attendait ce train, dans cette gare bondée, une fin d'après-midi. Un vendredi, un mélange de valises, de sacs et de semi-immobilité, les regards vers le haut, vers les départs et les arrivées, tout ce monde attendait, scrutant les horaires à venir. Panneaux à l'affichage multiple, les heures défilaient, les retards apparaissaient, se décalent de ligne en ligne, parfois interminable, de vagues de roulettes vers les escaliers, d'impatients qui mordraient volontiers les autres, qui marchent sur les autres. Elle attendait dans un coin, plus tranquille. Voici des mois, plus d'un trimestre, presque un semestre qu'elle attend ce moment.

 

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Au début elle avait pleuré, oui de joie, de fierté pour sa fille qui réussissait de brillantes études de droit, à Londres, en langue anglaise. Une envolée internationale. Naturellement elle ne lui disait pas, elle ne lui parlait pas de ses doutes, non sur sa réussite, mais sur cet envol si soudain hors du nid. Elle échangeait par email, par sms, et quelques coups de fil dans la semaine. Elle savait que sa jeune fille, son adolescente était devenue une jeune femme. 

 

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Volontaire elle décidait déjà de son avenir, une bourse et une grande tante heureuse de financer le voyage, le gîte et les frais, ce tout avait pris forme dans la banlieue oueste la capitale anglaise. Ses résultats étaient là, dans une performance qui lui ouvriraient les portes des plus grands cabinets d'affaires.

Londres, quelques cartes postales, beaucoup de photos de la ville, les beaux et les autres aspects, ce métro si moche, si sombre, si peu convivial, ses bus si grands, si aérés. Londres venait à elle. Elle avait quitté plus tôt son cabinet médical, sa place d'assistante, exceptionnellement, elle attendait dans ce flot de valises. Foule, mouvements des corps, cris des uns, conversations téléphoniques partagées avec les autres, courants d'air, chauds et froids, ici tout se mêlait. 

 

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Elle avait vécu si longtemps avec elle. Un duo de femmes sans père, avec des moments difficiles, son changement de travail, un bout de chômage, des pertes de statut social, cette formation, elle avait passé ces étapes, reconstruit sa vie. Quand l'une vieillissait, l'autre grandissait.

 

Maintenant elle était seule, à vivre un futur différent, elle ne l'avait pas envisagé, pensant uniquement à sa fille, à son bonheur exclusif. Son portable sonnait, elle lui parlait, un train, deux trains arrivaient, des centaines de personnes, créant des retrouvailles, des bouchons, des embrassades, des valises sautillantes. 

 

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"Je suis là."

"Où çà ...... sous le panneau  .... quelle porte ?"

Elles se cherchaient. Trop de gens, d'enfants, de poussettes, de sacs, de passages dans un sens, dans l'autre, impossible de se voir.

Enfin, elle la voyait, rayonnante, une nouvelle coupe de cheveux, là devant elle, si grande, adulte. Si belle, si épanouie.

Une larme, de la joie encore, immense, intense, un flot en elle.

Elles se souriaient.

"Mon dieu, ma fille que tu as grandi."

Elles pleuraient, s'embrassaient.

 

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Copyrights Amazing VANESSA JACKMAN vanessajackman.blogspot.fr

Photos : VANESSA JACKMAN

Modèle : RAINEY  @ New York Model Management, West Village, NYC, February 2012

 

Nylonement

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