Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Elle a pris un fauteuil, large, son préféré, une seviette de bain épaisse, sa robe d'été, elle s'est approchée de la fenêtre pour prendre le soleil.

 

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Elle est en vacances chez elle. L'été a été chaotique, entre la pluie fine sur les vitres, les courants d'air chaud si soudainement, les jours un peu trop frais pour être de saison. Elle n'a pas de terrasse, encore moins de jardin , juste un petit appartement dans un vieil immeuble du centre-ville. Elle vit dans ces trois pièces, au milieu de ses meubles, les mêmes depuis des années. Ils sont chargés d'histoire, de toute une vie, de toute sa vie. Elle est entourée de photos, de son passé, de sa jeunesse, de son unique amour, de souvenirs, de la guerre, et du présent plus proche, de ses enfants et ses petits-enfants, nombreux, dans des familles en compositions diverses. Elle les voit tous les jours sur la commode, plus rarement au téléphone, parfois sur une carte, posée sur la table, elle est en vacances avec eux. Partir, lui plait encore, mais la fatigue, son corps ne supporte plus tout cela. Elle se sent comme une charge pour eux. L'air de la mer lui manque. Rimini, le ponton, les vagues, les souvenirs, son dernier congé.


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Tout est calme dans cet arrière-cour, un bout de jardinet agrémenté de pelouse, un arbre que certains voulaient couper pour y poser des vélos. Elle a souri face à cette mode pas vraiment nouvelle pour circuler en ville, mais ronchonner fortement pour la belle plante. Avec des courrires à chacun, elle a exposé ses rêves, la plantation d'origine, alors que certains n'étaoent même pas né, son coin de verdure personnelle, sa symbiose avec ce végétal. Elle a eu le soutien de presque tous, elle le contemple. Elle se repose sur sa serviette, rafraîchie de son brumisateur.

 

 

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Elle aperçoit sa voisine du 3e qui pose ses déchets dans le composteur, sous l'arbre justement. Elle apprécie son pantalon couleur corail, avec les revers remontés à mi-mollet, ses sandales couleur cuir naturel, et son chemisier violet. Une paire de lunettes dans les cheveux, la voilà partie vers sa boutique de mode, un peu plus loin dans la rue au-dessus. Elle observe, elle écoute la jeune voisine, étudiante sans doute, en robe tunique, en soie, légère, presque dénudée sur ses frêles épaules. Elle voit un beau ciel bleu, elle connaît chaque nuage.

 

 

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Il y a un brin de vent, chaud, tiède, elle boit un verre d'eau avec sa rondelle de citron. Elle sourit, son été est calme, son quatre-ving-treizième été.

 

Nylonement

 

 

Photos et Copyrights by Ari Seth Cohen

advancedstyle.blogspot.fr

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Une séance de papotage entre copines sur le web, des emails et des invitations à quelques amies FB,nous voici partie pour une journée entre "filles", plutôt entre femmes, entre mamans durant l'été. Une coupure dans le week-end, un prolongement en ce lundi, nous sommes entre personnes du sexe féminin, sans aucun mâles, ni maris, ni amants, ni compagnons. 

 

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Des moments de complicités avec cette amie qui fait des massages, certaines ne se sont jamais offerts le plaisir d'un massage. Ni en institut, ni entre les mains de leur moitié. Elles savourent après avoir pris place sur la table dépliée dans un coin du salon, vers la terrasse, les autres discutent de leurs vies, de gourmandises et autres petites verrines amenées par la plus cuisinière d'entre-nous. Entre la simple purée d'avocats, verdis d'un jus de citron vert, avec un émietté de crabes frais, jusqu'au plus étonnant millefeuilles dans un verre haut, nous dégustons. Des couches de fins concombres se posent sur une purée de carottes au coriandre frais, des couches de chèvre frais doucement assaissonnés de ciboulette et d'échalottes, avec une goutte de vinaigre, et des feuilles de bric en rondelle pour donner des ruptures, mais l'explosion vient avec la mousse de crevettes fraiches, dans une poussière de piment d'espelette, savoureux, doux, chaud. Nous jouons de cuillères et de doigts pour les plus gourmandes.

 

 

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Les discussions rebondissent en tous sens, sur nos sacs à main, sur les soldes, sur les robes de printemps trop chaudes pour l'été, jamais portées. On rit, on écoute, on s'échange des lieux pour des accessoires, des braderies et quelques soins beauté. Elle est là, elle sourit, détendue, elle regarde régulièrement son portable, un coin d'attention. Je la questionne "Business sous pression", elle me répond "Enfant sous pression". Quadra pimpante, elle a été la première à déguster le massage huilé, elle s'est enveloppé d'une tunique en coton léger, une touche corail, doucement froissé, un côté indien.

 

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Nous libérons nos mots, à deux dans un coin de canapé, avec un souffle de vent d'été qui passe. 

"Je suis maman d'un petit garçon, il est gardé pour presque la première fois. Je m'inquiètes de savoir si il trouve ses marques". Nos propos explorent les joies de nos enfants, leurs âges, les filles, les garçons, les surprises, les bébés, leur croissance si rapide, les ados, la vie, nos vies. Elle me confie que son petit dernier est différent, je crois comprendre le sens. Elle semble soudainement savourer doublement ce lieu, ces instants entre femmes. Elle porte à bout de bras cet enfant. Il est si gentil, parfois si actif, si violent avec lui-même, si loin dans son non-échange avec le monde. Elle le voit tourner, tendu, explosif, elle le voit aussi dans ses bras, calmé, rassasié de vie, à bouts de force. Elle vit pour lui, un peu avec les deux autres plus grands. Elle s'oublie, non elle s'oubliait avant. Avant cette rencontre avec d'autres parents, une association, des méthodes partagées, des problèmes évoqués, pas solutionnés pour autant, mais une vie différente maintenant. Elle a repris soin d'elle, d'eux, de sa famille, elle partage cette exclusivité, elle l'a ouvert à une garde partielle, juste quelques heures par semaine. Pour se détendre, oui, parfois simplement souffler, et l'aimer, l'aider encore mieux. Elle est fusionnelle avec ce garçon, ses autres enfants l'ont compris, l'aident, l'aiment ainsi.

 

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Elle me sourit, bêtement sans savoir pourquoi avec cette inconnue, je l'entoure de mes bras.

 

Quelques minutes de paix. Mais déjà il lui manque.

 

A toutes les mamans, les couples qui accompagnent

d'amour leurs enfants différents.

 

Nylonement 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Songeuse, quelques minutes avant cette réunion.

Je suis dans mes pensées, dans ce projet qui a vampirisé mes dernières nuits.Un business-plan de plus, fait et refait tant de fois depuis des semaines, entre les conseils des amies, des bonnes copines et des spécialistes de la CCI, des experts en PME, plutôt en TPE d'ailleurs. 

 

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Je songe à ma future présentation, quelques heures, face à des investisseurs, des relations d'un ami. Lui a cru à ce projet, mais il a été ferme sur les objectifs, sur les plans d'action, sur les fameux moyens pour réussir, clairement identifiés. Il m'a initié aux aléas de réflexion, de critères de choix purement financier et court-termiste, aux arcanes dures de la réalité et du business. Mais aussi il m'a invité certains soirs de doutes, à dîner, à parler, à pleurer aussi face à l'adversité bureaucratique et administrative française. Il a toujours cru en mon projet, il a aidé à sa naissance,sans intérêt à la clef, juste en business angel, volontaire dans sa transmission de son exprérience.

 

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Songeuse de me savoir, peut-être dès ce soir à la tête de mon premier pécule pour me lancer dans MA petite entreprise. Des sacrifices entre boulot et nuits difficiles, économies grignotées, incompréhension de mon entourage, encouragements modérés de ma famille, je suis restée debout sur mes deux jambes pour avancer. Je ne suis pas seule, mais je porte cette folie créatrice dun avenir dans le brouillard de la réussite ou des embûches sur mes seules épaules.

 

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J'ai choisi cette petite robe noire,stricte et professionnelle.Agrémentée d'un foulard bleu, des talons si féminins, mon fétiche, mon confort pour me sentir bien, un legging pour mes jambes, je suis prête. Seules les courbes de mes graphiques devraient interesser mes interlocuteurs, et justifier leurs choix et jugements. 

 

Ce soir, je serai "entrepreneure", en marche avec ma volonté et mes idées.

 

Une dédicace spéciale à l'article de ma chère blogueuse BEBAROCK :

bebarock.com/article-de-l-envie-d-entreprendre-a-la-rage-d-entreprendre

 

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Fin d'année, fatigue, fin d'un stress, décompression, douleurs dans le corps.

Hier soir, mardi soir exactement, nous avons fait une remise traditionnelle de pris pour nos plus grands, les CM2. Fin d'un cycle, fin du primaire, fin d'année scolaire pour tous, étape de leur vie, plus marquante que celui de la fin de maternelle, cette fois se sera la collègue. Un petit speech, des enfants impatients, entre fatigue et énervement, des enfants que l'on a vu grandir, tant pat la taille que par le développement de leur caractère, de leur personnalité, ils sont autonomes maintenant.

 

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Certains sont plus grands que d'autres, cette génération nourrit copieusement et avec une meilleure santé, mais aussi des gènes heureux, ils rigolent avec leurs maîtresses de CP et CE1, plus petites maintenant qu'eux-mêmes. Déjà les souvenirs se construisent. Avec comme premier paradoxe, les plus turbulents devenus nostalgiques de ce lieu. Ils appréhendent une nouvelle cour, une nouvelle dimension, de nouvelles études, de nouveaux professeurs, et plus encore un univers où ils seront les plus petits, après avoir régnés en étant les plus grands.

 

Et vous, et moi, je suis sereine pour eux, et là, soudainement une larme coule, quand ils jouent de remerciements, avec des mots sicnères et maladroits, pour chaque classe, pour chaque professeure. Ils sont émouvants dans leur improvisation, dans leurs sentiments qu'ils avouent malgré eux avoir pour nous. Des larmes de joie, d'un bonheur lié à mon métier, ma vocation.

 

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Mais je n'oublies pas le temps passer à les sermonner, à les engueuler, à les maudire. Les larmes de fatigue quand on passe plus de temps à faire de l'éducation, du civisme et parfois de la simple politesse. Les générations ont changé avec de nouveaux repères, parfois aucun. Je me bats car je crois en ce transfert de connaissances, en cet enseignement qui construira les bases e leur métiers, de leurs vies, de leurs passions. J'aime ce métier si dur, mais j'aime ce milieu, cette école en zone où il y aplus de famille au chômage, en difficulté, en marge d'une société qui les fragilise toujours plus.

 

Mais je reçois leurs bisous, leurs boîtes de chocolat, des fleurs, des petits cadeaux qui viennent souvent du coeur, des larmes des deux côtés. Les filles comme les garçons, ils laissent une dernière bise, avec un coin de vérité, celui de l'enfance, d'une relation entre un groupe et une professeure, entre deux êtres dans un océan de tables et de chaises.

J'ai des larmes, ce n'est pas un manque, parfois c'est plus proche d'une libération, mais toujours ce métier pas comme les autres, il y a un échange. Les petits messages entre tous.

 

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Je sèche mes larmes.

Pour un été de vacances, de préparation de la prochaine rentrée. Un été au féminin, dans la mode et mes passions, chevelure libre, dans la chaleur de mes lectures.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Après de longues années comme vendeuse dans diverses chaînes de prêt-à-porter, j’avais pris cette petite boutique. Une nouvelle autonomie, loin d’une petite chef qui changeait chaque année, qui cédait à la pression en ouvrant son parapluie, opprimant en retour ses subordonnées. Aucune chance de progresser, pour chaque fois des raisons différentes, l’âge devenait un handicap, même si l’inexpérience des jeunettes nouvellement embauchées, était une jambe de bois plus évidente.

 

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Libre depuis quelques jours, après un départ négocié, libre de gérer maintenant son temps, ses horaires d’ouverture et de fermeture, libre d’agencer les petites robes d’été par couleur, par longueur, par matières, par envies, par tendances, libre de ne pas être la petite main soumise à un modèle marketing obligatoire.

 

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Libre de créer une vitrine à son goût avec des petites touches vintages comme des bottes anciennes, un corset des années 50, des gants en soie, une paire de bas nylon, un univers féminin dès le premier regard. Mon boudoir était là, au milieu du tourbillon, pour les clientes habituées dans ce quartier à des enseignes qu’elles retrouvaient dans tous les centres commerciaux. Je proposais des robes taillées, confectionnées et cousues dans l’arrière-boutique,  fait maison, avec des patrons anciens. Des pièces quasi uniques au gré des envies de matières, des rouleaux de tissus achetés çà et là, des bouts, des pièces, des satins, des soies, des mousselines, des essais romantiques ou parfois chaotiques, gothiques récemment. Les clientes trouveront des coupes néo-rétro mais revisité dans le classicisme d’un jersey fluide ou d’un vynil étonnant.

 

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Je vois ainsi défiler des jeunes femmes qui adorent l’excentricité avec une forme corolle, des petits plis qui brillent. Je pousse les infos sur le net, sur les blogs, sur ma page facebook, je twitte. Je paye ma community manager, une babydoll un brin kawaï en lui cousant et en lui créant des modèles uniques.

 

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Une fois par quinzaine, elle passe, elle anime mon réseau, ma publicité 2.0, je lui envoie les photos au fur et à mesure des créations. La boutique vit sur le net et dans derrière cette devanture. Puis je lui montre les nouveautés, elle essaye, elle adore se glisser dans mon bonbon géant, une cabine d’essayage rose, capitonné en velours rose, avec des miroirs roses, une chaise de princesse rose ! Elle passe sur sa paire de bas nylon, des robes de couleurs, jouant avec ce nouveau cuir rose plissé en minirobe, avec ce col claudine jaune citron sur une robe pull tilleul. Elle adore ces moments, défilant dans la boutique vide le soir, draguant mes mannequins de bois, plotant les fesses de mon groom en tutu. Nous sommes devenues amies, par hasard, elle faisait un stage dans un grand magasin, nous avons partagé nos rêves un midi en mangeant nos déjeuners, en parlant mode. Elle m’avait montré ses fantaisies virtuelles, ses mondes féeriques du web. Je lui avais parlé de mon rêve, cette boutique.

 

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Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Petit matin d’été, une fraîcheur toujours aussi marquée, une canicule de froid  se glisse sous forme de courant d’air, sous leurs tuniques. Les jambes nues frémissent, encore blanches d’un manque de soleil, elles discutent coincées derrière un panneau de publicité.

 

Elle travaille depuis des années dans une grosse entreprise, avec un statut semi-public, elle a tout vécu depuis son embauche sans diplôme mais avec tant de places. Elle a appris sur le tas, passant de simple assistante, en charge des photocopies, de l’archivage à un poste rattaché aux ressources humaines. Année après année, elle est devenue une responsable de pôle, en charge des recrutements des employés de terrain, de leur suivi de carrière, de leur reclassement interne après chaque réorganisation ou évolution technologique. Elle est heureuse, elle est en formation sur les nouvelles règles RH, une mise à jour annuelle suivant les instructions nouvelles issues des trop nombreuses lois. Elle a mis son pull noir, sur une jupe en coton corail, de petits talons chics. Un passe-partout en harmonie avec son âge. Un petit collier de perles de verre, elle adore le caresser en parlant, un cadeau de sa petit fille.

 

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Face à elle, la fille d’une voisine, elle vient de la rencontrer, éloignée depuis quelques années par ses études, son récent mastère en communication en poche. Une jeune fille en collant noir, en jupe boule satinée, avec elle aussi un petit pull noir, à manches courtes, agrémenté de dentelle, elle sert dans ses bras son sac en vynil brillant. Un joli trait d’eyeliner, deux couleurs pour illuminer ses yeux, elle resplendit de cette jeunesse conquérante et fière. Elle écoute les conseils de cette femme sur son contrat de stagiaire. Assidue, elle pose des questions, la transmission de connaissances entre deux générations passe. Chacune donne et reçoit des informations, aujourd’hui pour le business et les emplois, demain sur la mode.

 

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Elles s’échangent des sourires, des mines interrogées, des banalités sur les pièges des contrats, des horaires et de la mutuelle. Elles parlent des congés maintenant, l’une s’inquiète, avec sa main elle accompagne ses cheveux, en tire la pointe, les roule sous ses doigts, la vie n’est pas si simple. Elles papotent des conditions de transport, des bureaux trop petits, trop grands et impersonnels, de ce boulotqui dévore un tiers de notre vie.

 

 

Pour finir, comme un dernier conseil, la plus âgée la prévient des chefs un peu trop pressants, des blagues douteuses, des cafés uniquement dévolues au service des femmes dans une réunion. La jeune écoute, finalement tire un peu sur sa jupe, presque gênée intérieurement de mettre en valeur sa jeunesse, dans un tailleur sobrement chic, très business. Elle sourit, consciente que sa génération devra devenir chef avant les autres femmes, et donner une autre version de ce rapport femmes-hommes au travail. Après toutes ces paroles, elle aura une armure cachée sous cette veste cintrée, sous cette jupe, sous son collant.

 

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Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Au cœur de ce beau quartier chic et vivant, elle assurait chaque jour le service de cette brasserie. Quarante ans de labeur, depuis si longtemps qu’elle avait oublié sa date d’embauche.

Adolescente, sans formation, elle était rentrée chez cet auvergnat, sans recommandation, mais juste avec un nom du cantal, un sourire, un décolleté si frais. Elle avait fait la plonge pendant trois ans, dormant au-dessus de la brasserie, au fond du couloir. Un coin à elle, loin de sa province, de son cantal, de cette famille où la belle-mère ne l’aimait pas, elle était partie, tournant le dos à une époque.

 

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Puis chemin faisant, elle a pris les assiettes, gérée les commandes, en aidant le patron le soir. Un vieux qui rêvait du pays, qui lui parlait de montagnes, de sorties et de vaches. Le week-end elle pouvait manger chez lui, avec sa femme, la caissière, des plats mitonnés, de la tradition, des larmes parfois derrière une roue de Salers. Mais jamais elle n’était repartie, elle flânait dans Paris, dansait dans les bals, fréquentait sans conclure malgré des jambes aiguisées par des talons, des kilomètres de marche par semaine, des allers-retours vers la cuisine, la terrasse, à mettre en place, à servir, à ranger. Elle adorait ce métier harassant, qui dépassait les cinquante heures par semaine. Ce contact avec les clients, les habitués mais aussi les touristes, les VRP de passage, elle aimait parler, de tout et de rien, prendre des clichés dans sa mémoire pour servir encore plus sereinement les plus fidèles.

 

Elle avait vu les bougnats partir, les suivants investir, et demander plus pour changer tout et revenir aux habitudes de la brasserie, du café, à la tradition. Les années passaient, les décennies avec, elle bossait, affûtant ses jambes, sa petite jupe sur des hanches plus larges, le temps faisait son travail, mais son buste était toujours fier dans son chemisier blanc. Elle était la femme, la seule femme du lieu, au milieu des quelques serveurs, et des rares stagiaires, trop jeunes, trop peu motivés.

 

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Elle menait la salle, ordonnait en cuisine, couchait avec le chef depuis que ce jeune trentenaire avait craqué pour ses gambettes, sa maturité, sa force sensuelle. Il était inspiré à chaque saison pour les plats en fonction des fraîcheurs du marché, mais il était encore plus inspiré en la voyant virevolter entre les tables, lui glissant un bisou entre deux commandes, la tête entre deux portes. Sa silhouette semblait éternelle dans ce lieu, pour les jeunes devenus moins jeunes, pour les clients qui avait vu passer plusieurs patrons mais toujours leur « Dame de Zinc ». Un surnom donné par un poète de fond de bouteille, un ami désœuvré qui rangeait les tables le soir, en toute saison, mangeant gratis pour cela. Elle l’avait imposé, année après année.

 

Elle était cette femme qui aujourd’hui n’envisageait pas encore la retraite, mais avec un regard derrière elle, sur ses belles années dans ce lieu. Tant de souvenirs.

 

Nylonement

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