Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes & portraits

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Hier, j'ai attendu près de sa chambre, sans oser rentrer, sans oser la déranger, de tout façon elle dormait. Alors près de la machine à café, dans la lumière blafarde d'un néon fade, j'ai écrit une lettre. Pour elle, pour ma fille.

 

Près de cinq ans ont passé, sans discussion aucune, sans voir mes petits-enfants, sans parler de famille, de vie, de nos vies. De vieilles histoires, des engueulades, des positions aussi fermes l'une que l'autre, en particulier sur mon ex-mari, et puis un jour des mots trop forts, ceux de la colère, ceux que l'on cherche non pour dire une vérité, mais pour crier des horreurs sur l'autre, pour le blesser. Trop de violence, de cruauté, et soudain un silence, une porte qui claque, définitivement sur un silence encore plus long.

 

60cc749b26d56edb1d5b07432bef5103.jpg

 

Nos esprits, nos intelligences mais pas nos sagesses n'ont rien changé, tout a évolué vers une relation distante, vers un début d'oubli, pas vraiment. Chacune vivant dans sa coin, dans son univers de travail, de journée bien remplies par le sempiternel métro-boulot-dodo. J'ai vécu le vide de ne plus la voir, d'apercevoir son frère qui vît en province, de parler d'elle comme une chose éloignée. Et puis des rencontres, des amies, des hommes, un début de nouvelle vie, de l'amour peut-être, j'ai pris cela avec du recul, j'ai avalé ma bile, ma bêtise, mon acharnement à croire en mes idées, un coin de sagesse, non. Simplement j'ai pris la décision de vivre, pour moi, plus heureuse, plus apaisée. Sereine pour mes vingt prochaines années, peut-être trente.

 

 

Hier, j'étais près d'elle sans oser la voir, elle dormait. Son mari, par hasard croisé dans une rue marchande, m'a prévenu de son hospitalisation. Une palpation, une boule, une échographie, une biopsie, un scanner, des bilans, une décision difficile, une opération, une possible ablation. Quelques minutes violentes, là aussi, un retour vers elle, qui est une femme, qui tombe dans la maladie. J'ai pleuré, j'ai repensé à elle dans mes bras, enfant, puis ado et même jeune fille, ses chagrins, ses amours, ses rires. Tout cela est repassé si vite, c'était si proche.


Je lui ai demandé "où et quand" et même si elle avait besoin de moi. Et là, ce jeune homme si discret, avec la pudeur que l'on ne voit que chez les hommes, m'a avoué être un peu perdu lui aussi, et qu'elle avait parlé de moi. Un oui sans le dire, oui, je lui manquais. Peut-être pas un manque mais un vide dans ce lien naturel, un espace de sentiments si forts sans réponse. Je l'ai serré dans mes bras entre deux rayons fruits et légumes, pathétique aveu de ma stupide obsession. 

 

Je ne l'avais oublié, elle était, pardon, elle est ma fille.

 

Hier je lui ai déposé une lettre, pour son réveil, pour lui dire tout mon amour, pour rayer les mentions inutiles du passé, pour être ensemble demain.

 

OCTOBRE ROSE

Luttons contre le cancer du sein

Aidons et soutenons nos proches, amies, collègues malades

cancer-sein.jpg

www.cancerdusein.org

octobre-rose-Visuel_Campagne2012_GD.jpg

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Un parfum étrange, celui de pluie sur le sol, dans les odeurs d'automne, avec cette brume nouvelle ce matin, avec le froid, je marche vers ce collège, je porte deux fois mon poids sur mes épaules. Celui des cours mais déjà aussi de mes futures études, car je rêve d'un job d'avocate. je marche en portant l'autre poids, celui de ma couleur dans une France carrefour des droits de l'Homme, carrefour éternel des passages de peuples différents où les origines se mêlent, où chaque région à ses traditions, mais où chacun vient un peu d'ailleurs en regardant trois générations en arrière. Un délicat mélange comme toutes les épices qui composent les recettes gourmandes de notre gastronomie.

 

Et puis moi, mes origines entre Bretagne et Martinique, elles me pèsent dans le racisme latent, dans les remarques des personnels, dans une attitude toujours à rabaisser l'une plutôt que l'autre dans les rapports humains. Je suis volontaire, travailleuse, ouverte d'esprit mais parfois la goutte fait déborder le vase, l'excès enflamme des douleurs gardées trop longtemps en soi.


4a1270b1d9a6077aea5394a6fb721116.jpg

 

Il est encore difficle d'être noire à notre époque. Certes le cinéma et la littérature nous donne des rappels de ce que fût l'esclavagisme, mais plus encore la politique de l'apartheid, mais on oublie quand même trop vite, une errance trouble de nos esprits, que les droits des noirs furent libérés récemment dans les années 60 aux USA, la démocratie leader. Probablement des vieilles habitudes. Mais comment cela peut-il durer ?

 

Nous débattions de la notion de pays, de cultures, des régions et des origines. Des définitions et vite des mots acerbes, des préjugés, du racisme dans toutes ses variantes. 

 

russh-jourdan-dunn-shoot11.jpg

 

Et pourtant quand Miss France est métisse, quand nos sportifs gagnent et quelque soit leur couleur, la France est alors fière. Serions nous prêts pour ceux-là et non pour les autres, pour moi. Car au-delà de ce bronzage "prononcé et permanent" dnt j'use avec humour, je suis une citoyenne, une jeune fille heureuse, qui dévore ses cours.

 

Là devant moi, mon avenir, mes copines, une vie à construire en prenant le meilleur de mon héritage génétique, de mes apprentissages, du partage avec les autres. J'essaye decroire en cela, de sourire à ce futur durable où chacune aidera chacune et ne cherchera plus à trouver en la différence, un autre bouc-émissaire pour vider des propos infâmants. 

 

Ma beauté est un atout de plus, mais ce que je veux devenir, se fera avec ma passion, ma volonté de réussir.

 

 

40dc9600ccb0e52fc90316eb8e43f412.jpg

 

 

Nylonement

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Oui, une grande colère contre ce mur, celui d'un courrier, de paperasses d'une société de loi, de règles faites pour les riches et bien-portants. Une lettre insultante pour moi, pour ma fille, dans l'irrespect de la personne de la part de cet organisme, je suis révoltée.

 

Alors, doucement après une nuit blanche, une autre, je prends mon thé tiède, là devant moi, je crosie mes jambes, je le love dans le canapé, chaud, complice de mon cocon de douceur. Je prends cet album sur moi, des photos, d'une époque où l'on en prenais peu, si possible vivantes et belles, de son enfance, de notre vie, et que l'on collait ici avec un petit mot, une date, une blague. Toute petite déjà elle aimait les couleurs, sur ses dessins, sur ses murs, sur son sac et dans tous ses vêtements. Jeune fille, jamais elle n'avait été dans une tribu, sauf en meneuse, heureuse, volontaire et battante, mais surtout en rouge, en rose aussi, en orange souvent.

 

00df8bad81341c3d0366f9e6dcea4645.jpg

 

Une amie de l'époque l'avait appelée la princesse soleil, car elle rayonnait, car elle orchestrait les autres, et tous, ils suivaient. Elle croquait la vie, photos après photos, à la mer l'été, les mâles s'usaient les yeux sur sa silhouette, les femmes tiraient leurs hommes, jalouses de cette beauté naturelle, non excessive, mais ce charme flamboyant, cette poitrine fière et puis son regard éclatant. Plusieurs fois, des scouts d'agence de modèles de tous pays, l'avaient abordé pour lui proposer un essai. Son astuce consistait à mentir sur sa taille, pour être trop petite, pour rester libre. Le soleil s'habillait de rouge, la fête continuait, nos barbecues, sa soeur, ses frères nés de mon second mariage. De la vie !

 

5.jpg

 

Des sourires, des petits clins d'oeils, des poses, des cheveux longs, des souvenirs à la pelle, des larmes, ma tasse pour une pause. Je suis là, refroidie par ce temps, par cette vie, cette injustice qui court au-devant de nous, fuyant les diagnostics, contournant les signes positifs pour mieux attaquer. Je suis assomé par tout cela. Je tourne les pages, d'aures photos, les réunions de famille, Noël, de superbes feux de cheminée, des cadeaux, des rires et des moments intenses tous ensemble. Mes parents, des amis, ses petits copains, tout le monde plus grand.

 

Elle semble si proche. Toujours en couleurs, été comme hiver, elle en riait si souvent, même pour le travail.Toujours un soleil, une femme déjà si élégante, toujours avec cette grâce qui suivait ses pas.


superficialgirls.jpg

 

Hier, je l'ai vu, après trois jours où elle m'avait dit de rester chez moi, de lui parler pas trop longtemps au téléphone, recluse dans sa chambre d'hôpital. Oui, cette merde récidive, lui dévore les seins, des boules, des soins, des traitements, des effets secondaires impossibles à gérer sans larmes, et moi, juste mes bras, car mes mots sont partis, évaporés, épuisés depuis des mois. La douleur, la mienne, la sienne en premier lieu, notre famille qui reste silencieuse, bouche bée car ne trouvant plus les paroles réconfortantes, ne pouvant donner de solutions. Comme moi, je ne sais plus que faire, et il est supportable pour une mère de voir sa fille, toute personne d'ailleurs, mais plus encore sa propre fille dans une telle douleur. Injuste car rien ne semble détourner ce mal, sournois.

Un profond sentiment d'impuissance, j'en ai parlé, des praticiens sont là pour écouter, conseiller, mais j'ai aussi hurlé, explosé, pleuré devant ce fait si bloquant.

 

Hier, je lui ai porté un sac, une touche de couleur pour elle, pour ce qu'elle est aujourd'hui, en perte de sa féminité, doublement blessée, dans son corps et dans son intimité de femme. Son esprit est fort, heureusement d'ailleurs. Alors voyant ce paquet, sans force, elle a arraché doucement le papier, et la couleur est venue, comme de rayons de soleil, vers elle, de la transparence orange. Elle a souri, j'ai pleuré. 

 

Comme maintenant en pensant encore à elle. Mais je serai là, encore et encore pour me batter à ses côtés, pour lui proposer mon épaule, même en silence, même en entendant ses forces partir, son corps dormir, ses cris suivrent ses douleurs. Je serai là, car cet amour est la force de vie envers l'autre, un message discret, immatériel, un début de médicament.

 

Pour elle.

 

 

Femmes-3-3730.JPG

 

 

Mes amies, n'oubliez jamais vos amies, vos proches, vos femmes qui ont besoin de votre épaule pour se soigner. Restez présentes !

 

Image-0297

www.cancerdusein.org

 

rose magazine 3

www.rosemagazine.fr

 

 

Nylonement

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Les dernières heures sont troublantes, elles sont les derniers instants de ma courte pause vacances, les derniers rayons de soleil en ce début de septembre. Demain sera une autre vie. Je ne change pas de job, enfin un peu, je deviens la responsable de mon service. Après être rentrer ici une première fois comem simple stagiaire, jeune fille à tout faire, entre photocopieuse, rangements inutiles dans des bureaux anciens avec des pigistes jaloux et aux dents longues, des journalistes à l'égo surdimensionné pour les portes doubles du couloir.

 

J'ai vu, j'ai beaucoup appris, j'ai noté dans un coin de ma tête, oubliant les remarques machistes concernant mon derrière, et certaines mains malheureuses. J'avais besoin de ce petit boulot pour comprendre et compléter ma formation, et pour me nourrir.

 

6a23c2e9.jpg

 

Puis j'ai continué mes études, demandant des bourses, travaillant en plus de celles-ci, sortant finalement peu par manque de temps, d'argent un peu mais aussi d'envie tout simplement. Aucune jalousie face au bronzage de mes amies , ces années-là, plus sereines, plus libres, avec les parents qui payaient le studio, les sorties, voir même la voiture. Finalement, j'ai réussi,plutôt brillamment mon cursus, cela rassurait tout le monde, ma mère, mon beau-père, mes futurs employeurs. Un diplôme, un papier qui semblait futile car j'avais si peu d'expérience, mais tant de volonté. Le papier était le passe-partout pour rentrer dans une entreprise, j'ai pris la première, puis je suis partie, lasse et surtout conquérante pour revenir ici, dans les locaux. 

 

Pigiste économiste, un brin politique, un brin relations internationales, avec en plus un mastère de langue anglaise sur les mêmes sujets. J'ai profité d'une mutation à l'international, une création de poste, un côté sauvage, sans filet, en pionnière sur les cotinent américain pour ce magazine. J'ai donné tout mon temps, croisant un jour une belle aventure au passage, en mangeant si tardivement un burger dans un bar moche et froidoù tous les journalistes attendaient la fin de débats, attendaient sans savoir quand il fallait se réveiller, choper l'exclusivité avec qui. Nous étions deux parmi un groupe de cinquante humains mous, avachis devant leurs claviers et leurs téléphones.  

 

Finalement heureuse, le débat de ce jugement traîna deux jours de plus, une infinie longueur que je comblais dans ses bras, dans ses mots, avec sa bouche.

 

aline-weber-abrand1.jpg

 

Pourquoi, je pense à cela aujourd'hui après des vacances pleines de boulot en fait ? Peut-être un brin de nostalgie ? ce fû bon, ce fût court, ce fût très intense avec elle. Nous nous sommes aimées, j'ai compris ma différence alors dans ce pays étrange avec tant de communautés, de divisions et de respect affiché, de lois et de ségragations encore en cours. Je fus heureuse, pleinement sereine de cet amour-là. Vivant avec elle, partageant nos métiers mais dans des médias différents, dans deux pays, elle aux USA, moi en France via internet. 

 

Puis ils m'ont rappelé ici, demandant une évolution en rapport avec mon excellent travail. remplaçant au passage le vieux macho de mon passage de stagiaire, lui envoyant avec du retard la réponse dans mon discours d'arrivée, pour aussi son départ. La Femme prenait le poste convoité par les mâles en présence, historique changement car si peu de place sont données aux femmes dans les médias, dans les magazines, surtout proche des rédactions en chef, près des sous, proche des financiers mâles. Une fin d'hégémonie !

 

Ainsi depuis six mois, je suis en France, depuis quelques semaines je deviens la rédactrice en chef adjointe, sur les rails pour le prochaine étage de la fusée. La fondatrice du magazine m'a invitée à déjeûner, me regardant dans les yeux, me prenant la main, ma rassurant malgré mon calme absolu et ajoutant qu'elle sera encore là quand je prendrais la première place. J'ai souri. Nous avons discuté de tout, de vie, d'amour, de féminité, de causes perdues, de l'inégalité, de politique, de macro-économie, était-ce un test ?

 

 

562809284652448244_PTPxD4Rc_c.jpg

 

Demain, je serai dans mon nouveau bureau, celui dont j'ai vu chaque nuit les meubles dans mes rêves, la baie vitrée, les autres journalistes à proximité. Cela fait des heures que je pense à tout cela, que je ne dors pas, que je suis excitée par ce job.

 

J'ai même préparé ma tenue, un beau tailleur clair, une veste Chanel, mon cadeau personnel pour cette promotion.

 

Mais finalement c'est à elle que je pense. Elle me manque, je l'aime.

 

 

Nylonement

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Femmes & Culture, #Femmes & Portraits, #Féminité & Féminisme

valerie-benguigui-photo-afp-francois-lo-presti.jpg

 

Je vous avouerai qu'il est rare que je puise dans l'actualité, et encore plus rare que j'accompagne le flot macabre des charognards médiatiques, qui font avec la misère, un fond de commerce et d'informations.

 

Mais oui aujourd'hui, enfin depuis hier, je suis triste, vraiment triste d'avoir perdu une amie, non pas une véritable amitié, mais ce lien qui se tisse entre nous, toutes et tous, avec les héros de la télé, plus encore avec les comédiennes, plus encore avec celles qui nous ressemblent. 

 

Elle était, elle semblait si simple, si vivante et pleine de vie. Valérie emmenait par son humour, son dynamisme, sa fraîcheur, sa vérité plus simplement, elle nous emballait le monde dans un univers dont elle avait les clefs. Comédienne de second rôle diront-certains, de premier plan car sa présence était de plus en plus réelle, et elle le partageait si bien lors de ses interviews. 

 

Elle semblait être cette femme, cette voisine qui a réussi mais qui continue à nous parler, à nous respecter, à rire avec nous durant les brocantes, à partir pour un film puis revenir pour la sortie de l'école. Deux petits garçons seront tristes, et en colère car c'est cette foutue maladie qui l'a rongée, croquée, mordue et laissée sans vie.

 

valerie-vraie.jpg

 

 

valerie-benguigui-trop-vite-partie.jpg

 

Valérie restera une étoile, une vraie, celle que l'on aimerait avoir près de soi, celle qui brille d'un sourire et provoque aussi de l'émotion dramatique avec son jeu de scène, variant de films et films.

 

Je suis confus, car cette femme, cette féminité, oui, je l'appréciais, tendrement.

Alors hier dans mon fauteuil, habitué au flot des actualités, j'ai été pris d'une émotion plus forte, celle qui vous rappelle que l'on est mortel, que la vie est trop courte pour partir à 47 ans, toujours trop courte pour les belles âmes.

Oui, une larme a coulé à cet instant, comme elle coule encore maintenant avec ces mots.

 

 

 

Emu et triste pour elle et sa famille, ses proches et amis.

 

Emu et en colère contre cette maladie, injuste.

 

 

 

Image-0297

www.cancerdusein.org

 

rose magazine 3

www.rosemagazine.fr

 

 

 

Nylonement 

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Je serai en vacances en fin de semaine, et déjà je vois mes derniers patients du moment. Quand j'ai commencé cette activité, en complément de mes études de psychologie, nous étions peu à y croire, et j'avais dû m'expatrier aux Etats-unis, puis en Suède pour apprendre, pour comprendre et finalement pour me convaincre à 200% de la méthode.

 

Aujourd'hui, j'interviens dans différents hopîtaux et quelques jours dans mon cabinet pour recevoir des cas très variés. Les patients sont des jeunes, des hommes, des femmes, des personnes plus âgées, des enfants. Chacun cherche ses repères dans une société qui a tendance à laminer son prochain soit pour une pseudo normalité de famille, soit pour une coque guerrière du monde l'entreprise. Alors je démêle les angoisses de chacun avec de la musique.

 

 

454623f61ba398dead6c3e792a054339.jpg

 

Diverses approches en fond sonore durant les périodes de questions-réponses, parfois en faisant un brin de pratique avec les plus petits, et puis en regardant la musique avec des morceaux choisis de classique ou de morceaux devenus incontournables comme les beatles. Je cherche les émotions, les souvenirs, parfois la nostalgie des moments heureux, pour qu'ils se libèrent. Mucisothérapeute, un métier en soi, un long chemin au coeur du cerveau des autres, mais quelle joie quand les clefs de sol déjouent les serrures les plus féroces de l'âme et de ses souffrances. Epuisée le soir, à analyser, à comprendre les autres, à écouter, à déverouiller les différentes portes, à partir avec dans le labyrinthe tout en ne perdant pas le chemin vers eux. La musique pose les cailloux sur la voie d'une ouverture, elle provoque larmes et sourires, avec la même intensité.

 

 

abd57de7788de1a946ae59d8477e82f5.jpg

 

Récemment j'ai vécu ma plus belle expérience, une maman épuisée, un enfant différent, autiste diraient certains médecins ou d'affreux voisins. Il était recroquevillé sur lui-même, elle était à bout de force et pourtant elle lui donnait tout. Le papa assurait les nuits, les errances et autres dérapages, et aussi le revenu de ce couple en pleien combustion intérieure. La maman suppléait à l'amour naturel d'une mère vers son enfant, et celui-ci vivait dans un monde à lui. La communication, ce lien qui passe par des sourires, des silences, des cris, des paroles et des simples gestes, ils avaient essayé, mais rien ne se passait, chacun un monde de codes, différent.

 

J'ai écouté, j'ai parlé, du moins échangé avec cet enfant, touchante tête brune, après deux séances il a souri, inconsciemment, la mère a laissé une larme partir sur sa joue. Nous avions mis de la musique classique, des cordes, des sons longs et mélodieux, un univers commun à nous tous s'ouvrait. Voyant ceci, j'ai proposé de nous voir, chaque début d'après-midi, très régulièrement, juste pour lui j'arrangerai mon agenda. Et en quelques jours, il a changé, il a montré sa capacité à reprendre les sonorités sur un clavier de piano, à changer d'instrument, à les reconnaître sans les nommer, à rêver de mélopées sortant de sa gorge. Nous avions un soleil naissant, il devenait plus serein, car nous communiquions, du moins nous étions en communion sonore. Chaque semaine fût un progrès, une maman plus souriante, plus apaisée, un enfant heureux, oui heureux avec des gestes naturels de décontraction, des câlins d'amour autour de lui. 

 

e7a32dc622bc98f3f7cedc36c0ab8873.jpg

 

Nous avons découvert ensemble des sons, des bruits, des silences, des aigus et des graves, des nouveaux morceaux, testant des univers différents, trouvant des clefs pour le voir s'épanouir. Depuis, il chantonne, il apprend le piano, ses parents écoutent, partagent avec lui. Le papa a ressorti son harmonica, sa guitare, a pris du temps pour s'occuper encore plus de son fils. La dernière fois, il y a un mois, ils sont venus tous ensemble à un concert, ils m'avaient envoyé une place pour être avec eux. 

Que d'émotion, que de larmes en voyant ce soleil rayonné sur son siège, si différent de la première rencontre, si différent dans sa générosité à être tous ensemble en harmonie.

 

 

tumblr_me1kvgw6Wf1r68mxdo1_1280.jpg

 

" La musique a un pouvoir. Ecouter battre un coeur,

il sera toujours différent et dans le bon tempo, celui des sentiments."

 

 

Flashmob "Hymne à la joie" by Banco SABADELL

 

Nylonement

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Ma fille est partie avec un sourire. Le plus grand des sourires, celui de sa nouvelle liberté, un début d'études supérieures, de nouveaux défis et diplômes, un nouvel appartement à Paris.

 

Des pas de géant, un sourire quand elle faisait chaque carton, organisée, elle préparait son minimum car le studio n'est pas immense, mais si fonctionnel, au 5e étage sans ascenseur, une vue sur le ciel, une petite terrasse, un rêve parisien. Elle rayonnait lors de la visite, ensemble nous avons regardé les détails, moi surtout le prix, les charges, mais elle sera bien ici.

 

9247951969 f4ef4ab2ed z

 

Modeuse, elle se rêvait déjà en plein dîner entre copines, avec son amie, entre deux bambous, avec la dolce-vita. Et surtout les boutiques, les jupes, les robes, les chaussures et leur virus actif en toutes saisons, les sasc à main, elle ne cachait pas ce bonheur. Mais toujours, en remontant dans le métro, elle m'a rassuré, elle m'a rappelé qu'elle mangerait avant de craquer pour un nouveau chapeau, une nouvelle paire de lunettes. Peut-être d'ailleurs un petit job, avec sa copine d'ailleurs. Serveuse, deux ou trois soirs par semaine, avec les études. 

 

9250732218_afd9a4ee9c_c.jpg

 

Comment afficher tant de bonheur ?

Nous étions heureuses, comblées de ce lieu qui devient sa vie, ses futurs souvenirs, elle était un soleil, une jeune femme dévorante , alors aujourd'hui elle emménage. Je ne suis pas là, retenue dans ma belle ville de province par le travail, je me tiens au courant par téléphone. Hier elle est partie avec un copain conducteur de la camionette pour les cartons, avec son amie, main dans la main. Un dernier signe de la main. Sa vie.

 

 

9247951703_575029dca0_z.jpg

 

 

Oui je suis fière d'elle, de sa joie communicative, de sa vie, de ses décisions, d'être là prêt d'elle quand elle veut encore se confier. Etre parent prend un sens aussi ce jour-là.

 

 

9250732358_c46706e6a8_z.jpg

 

Nylonement

Voir les commentaires

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog