Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes & portraits

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Féminité & Sensualité, #Femmes - vous, #Nylon & Mode, #Nylon Passion

Mais qui êtes-vous ? (une question en off, par email)

 

Je ne suis qu'un accoucheur d'émotions, un tapoteur de lettres, de voyelles et de consonnes sur un clavier usé. Clic, corrections, lecture et relecture, je ne donne que des sensations pour traverser le miroir, ma seule monnaie honnête, pour le prix doux d'un reflet de vous. J'accompagne le voyage non pas d'un petit trou dans le ticket, mais d'une palpitation ou deux en vous regardant ici.

 

En cherchant dans les centaines d'articles, de billets d'humeur, dans mes évocations, dans quelques tags et bels interviews, vous trouverez un peu de moi, quelques bribes.

 

Car le plus important ici, sur ce blog, c'est VOUS, jamais moi.

 

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VOUS et vos féminités, que j'aime défendre, que j'aime parfois chatouiller ou plus souvent essayer de charmer. Je vous suis, je vous décrypte sans prétention, et je tente d'être un peu de vous, quand je parle en "je". Aucune ambiguité pour autant, juste une proximité pour parler de vos portraits, de vos doutes et de vos ambitions, de vos beautés intérieures, de vos courbes extérieures. Vous, toujours VOUS !

 

 

Mode, je ne donne que quelques clefs pour jouer des gammes dans le lyrisme du glamour, car 2015 sera l'Année du Glamour, vintage ou moderne. Des arpèges de baroque aussi et des notes déjantées de maquillage, des silences de bien-être aussi.

Volupté dans vos pas, devant moi, je suis toujours en recul (oui parfois par gourmandise d'esthète), je ne regarde qu'avec des mots, pour apprécier avec respect vos silhouettes, et pour nourrir une seule chose : mon imagination. Source de mes prochains mots, de ce blog, de mes incohérences sûrement, de mon  profond amour de vos Féminités.

Inspiré, je peux alors vous créez un espace, votre blog, pour que toutes, vous trouviez votre place, votre regard, un peu, beaucoup de vous, un peu de vos amies, de vos proches.

 

 

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Vous êtes toutes mes muses,  je ne suis que ce que je vois, que ce vous me donnez à voir de vous.

 

Nylonement

 

 

PS : Article repris d'une version 2012, il peut être compléter par celui-ci sur les origines du pseudo :

www.nylon-volupte.com/article-gentleman-w

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Femmes & Mode

Comme emportée par le vent chaud dans les transports, dans les souterrains, je cours vers le bureau, une journée normale dans une vie normale.

 

Et pourtant ce matin, tout le monde s'embrasse, se fait deux ou quatre bises pour fêter la nouvelle année, en se souhaitant du bonheur, une santé de fer, des joies avec la famille, avec les amies et même avec les collègues. Un mix de franchise et de fausseté onctueusement mêlé comme un gâteau magique. Personne ne sait quelle couche de bonheur il croquera, ni quelle vacherie le supérieur lui fera sur le prochaine dossier, soit pour garder le prestige et la réussite pour lui, soit pour jouer l'effet parapluie envers l'autre. Bienvenue et bon retour au bureau, dans un milieu de pure joie, de bonheur inontestable, de franche camaraderie. 

 

 

LibrementLibrement

Rassurez-vous, le vent froid est aussi vite revenu quand la première réunion a tiré tout ce petit monde de la machine à café vers les bocaux transparents avec table et chaises, chacun emportant son portable et ses dossiers sous le bras. Alors dès aujourd'hui j'ai pris la mode version hiver et grande protection, une version confort où je pourrai librement me mouvoir, me déplacer d'étages et open-spaces, sans réel lieu d'existence dans cette entreprise, du moins un coin personnel. Ma boîte à roulettes, mon sac à main, mon téléphone, mon portable, mon manteau, voilà ma vie ici, le reste est mobile. Je peux travailler là ou deux étages plus bas, avec des collègues inconnus qui restent le nez dans leurs écrans, les oreilles avec des écouteurs branchés sur de la musique ou des conférences avec les clients ou leurs chefs de mission. Un monde merveilleux !

 

Alors ma mode, sa chaleur m'est indispensable pour me sentir bien et même parfois pour me sentir libre. Des escarpins, des bottines ou des bottes suivant mes envies. Des robes, de couleurs, des jupes, des tenues féminines au milieu des hommes aux costumes souvent gris ou noirs, je veux respirer. Accessoires obligatoires, bijoux discrets mais bien présents, maquillage et coiffure, collants, tout est là pour me donner de l'espace, pour forger mon univers personnel et féminin.

 

Allez je file, une réunion, après un train, heureusement ce soir, je retrouve mon chéri, dans une autre bulle, celle de notre amour. J'en rêve déjà.

 

LibrementLibrement
 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Changer, être, s'affirmer  et soudain ne plus subir.

 

Travailler est aujourd'hui compliqué, avec la crise, la pression des ventes, les baisses des budgets de toutes les catégories sociales, bref de tous nos porte-monnaies, à nous toutes. Commencer à travailler à vingt ou vingt-cinq ans, travailler au-delà de cinquante ans, tout devient un chemin sous les feux de la concurrence, de la violence du silence et de l'attente malgré la recherche en continu.

 

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Alors oui je travaille comme ouvrière dans une usine de gâteaux secs, cela sent plutôt bon, mais mon univers a bien changé depuis trente ans, depuis mon premier jour, pas encore majeure, mais déjà embauchée. Les chaînes, les produits, les effectifs, les machines et la qualité, tout cela a subi des évolutions, des modifications, des changements plus ou moins compréhensibles.

Mais le pire, au-delà des horaires décalées, des moments de doute face à des nièmes réductions de personnel, se retrouve dans les relations humaines. Ah le premier patron, il était paternaliste, un peu esclavagiste parfois sur les heures, mais il connaissait tout le monde, respectait tout le monde. Le soir, il raccompagnait les dernières ouvrières, les plus anciennes. Il se souciait des grossesses, faisait quelques cadeaux, faicilitait des crédits quand on achetait une maison dans le coin. Son fils fût plus distant, et puis quand un groupe a racheté l'usine, on est devenu des numéros, plus des humains, mais des machines adjointes.

 

 

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Alors oui, hier, la responsable qualité est passée, jeune trentenaire sûre d'elle, mais à qui nous avons appris les consignes réelles de la vraie vie en arrivant ici. Hier donc, quand elle nous a lancé quelques phrases sur notre "miséreuse vie de petites ouvrières, sans avenir, sans initiatives, sans rien". Je me suis levée, j'ai attendu qu'elle soit dans le bureau des patrons, là-haut à l'étage. J'ai monté les marches, et moi aussi j'ai parlé fort.

Là devant ses supérieurs, j'ai lâché ce qui me pesait sur le coeur, sur le dos, à moi et probablement à tant d'autres sur les chaînes, d'ailleurs d'en bas les regards étaient vers les vitres éclairées de l'administration. J'ai dit tout ce que cette femme faisait, oubliait aussi, malgré ses diplômes, ses consignes et sa connaissance très relative de notre métier, enfin de ce qu'elle appelle les processus de fabrication. J'ai tout libéré, j'ai sorti mes griffes et puis pour conclure, face à leur silence, face à leur management ancestral et froid, j'ai donné ma version de ma vie, , de mes valeurs simples, du respect et de la politesse envers les autres. Il n'y a pas d'être supérieurs, ni ici ni ailleurs. Certes il y a des cadres et des simples agents de production comme moi, depuis trente ans bientôt. Mais en dehors de mon boulot, je suis une personne, une citoyenne, bénévoles pour des enfants en difficulté dans les écoles pour les aider à écrire, à lire. Mes enfants sont avocats et kinésithérapeutes, ils ont profité d'une vie normale, de parents travailleurs, volontaires et simples. Je rêve comme toutes les femmes de mode, de vernis à ongles (interdit au boulot), de chaussures, de fêtes avec ma famille, de sourires avec mes amies et voisins, je vis simplement mais sereinement. 

 

 

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Rien ne doit permettre à cette femme, à ces chefs, à tous ceux-là de se croire au-dessus de nous, de moi. Et si il voulait que je parte, qu'ils me le disent en face. Et qu'ils fassent eux-mêmes les gâteaux. Le silence a été accompagné de celui de l'usine, les copines avaient arrêté les chaînes, un long silence. Très long.  Celui d'une vie à recevoir des phrases assasines en courbant le dos, à recevoir le crachas, les propos de trop de celle-là. Elle était confite dans son fauteuil. 

 

Depuis, vous voulez savoir ?

 

Je travaille toujours à la même place, des réunions ont été faites pour développer de meilleures relations avec plus de respect entre "les intervenants dans les processus de l'entreprise", c'est beau non ! Et pour la responsable, je pense malheureusement que le management a préféré conserver des personnes serviles mais honnêtes que ses rapports ennuyeux et son arrogance immature. Depuis beaucoup plus de bonjours et de mercis entre les deux étages de notre usine.

 

 

 

Nylonement


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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

J'avais trop peu de recul quand mon père a quitté la maison. Laissant mon frère, ma mère et moi, comme des êtres en perdition, certes nous avions gardé l'appartement, mais nos repères devenaient flous. Les fins de mois furent difficiles, et puis l'organisation, les pleurs, les doutes ont suivi le tourbillon des saisons, avec des hauts et des bas.

 

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Adolescente, je l'ai haï, conforté par la haine démesurée de ma mère envers cet homme parti, la quittant, rompant des années d'amour et puis de mensonges. Elle se sentait trahie, elle le disait, elle restait seule sans croire à d'autres hommes. Le divorce était long, trop long, car chacun voulait emmerder l'autre sans voir les engueulades, les insultes, les menaces et finalement la petitesse de manipulations. Nous les enfants, nous étions aussi sujets à des mots forts, à des enjeux, des mesquineries sur les dates pour embrouiller l'autre, sur des week-ends trops courts ou trop longs, des obligations et leurs contraires. Alors on se rebellait, on croyait notre mère, protectrice, face à ce diable de père. Il avait tous les torts, dont celui, apparemment suprême de vivre déjà avec une autre femme. Heureux en plus.

 

Je l'ai détesté, assez pour lui cracher tout cela à la figure, pour qu'il me dépose dans une gare pour rentrer chez ma mère, pour préférer ne plus me voir. Enfin ce n'était pas son choix mais bien le mien, tant de haine envers lui, cet homme qui avait été si aimant avant. Je ne l'ai plus vu durant des années, sauf derrière une vitre de voiture, quand il récupérait mon frère, plus neutre dans cette histoire, plus en recul face aux avis des uns et des autres, sans position pour ne pas brusquer ni les unes, ni l'autre. Plus de père. Et un peu de hargne contre les mecs, cette image déconstruite du masculin. 

 

Mon frère m'avait dit un jour de doutes, un jour où nous étions tous les deux dans nos études, proches des diplômes de fin d'année, que je lui manquait. Juste une phrase, et puis des révisions. L'esprit ailleurs.

 

 

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J'ai eu le temps de devenir moi, un être libre, dans mes pensées et mes actes. Mon père vieillissait, amoureux d'une autre femme, avec d'autres enfants, plutôt des jeunes adultes, je crois. Un homme normal dans un monde où les familles recomposées étaient majoritaires. Je l'ai croisé par hasard en allant à un spectacle, ils marchaient dans la rue, ils se souriaient. Il ne m'a pas vu. Voilà dix ans que je ne le vois plus, et que ce père me manque. Surtout le jour, où en rangeant des photos, j'ai retrouvé des instants magiques, nos balades, nos jeux, mon enfance avec lui. Tant de bonheur car il était si présent avec nous, si impliqué, si papa gâteau. Derrière le mur de plomb que ma mère avait construit face à sa propre douleur, il y avait un traître, un salaud à ses yeux, mais aussi mon père tout simplement, un homme. Peut-être même avec ses souffrances.

 

Alors j'ai invité mon frère, pour lui poser des questions, et surtout avoir des réponses. Je ne pardonnais pas mais je voulais savoir si mes idées étaient fausses, savoir qui il était, savoir qui il est aujourd'hui. Calmement, entre mouchoirs et verres de vin, on a parlé de tout, du pire et du meilleur, de ce que j'avais dit et cru, de ce qu'il était, le bon et le moins bon, un triste bilan. Le sien, le mien aussi.

 

Mais avais-je le droit de le juger, car finalement ce n'était que la rupture d'une histoire d'amour entre lui et ma mère, mais pas avec nous, pas avec moi. 

Et pour me protéger, il avait pris tous les torts. Il me semble qu'ils étaient partagés. Faiblesse, hypocrisie, lâcheté, sensibilité, je devais trouver la réponse dans ce cocktail d'années perdues.

 

 

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

Prendre le temps, c'est mon quotidien depuis mes longues années de retraite, depuis que je vois le jour se lever doucement sur ce ciel d'automne, les gens courir vers leurs voitures ou leurs bureaux, et que je prends mon thé derrière ma fenêtre.

 

Sagement, dans la vapeur de ma tasse, je feuillette un album de photos, moi, des rares clichés en noir et blanc d'une époque où les sentiments ne devaient pas être montrés sur les images. Je suis là pensive, prise dans mes pensées par mon frère qui essayait son nouvel instamatic. Après tant d'années, je me revois, avec cette jeunesse oubliée depuis si longtemps, cette beauté évaporée.

 

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Quelques pages, des souvenirs, des personnes, des proches, de la famille, des étincelles éteintes, des rappels pour cet évènement, des paroles, des images nettes. Que sont-ils devenus ? ont-ils eu des enfants, je ne les ai jamais revus ? où sont-ils maintenant , elle ma meilleure amie, lui cet ami d'enfance, si élégant ?

 

Je n'ai pas les réponses, je tourne les pages, un mariage, des enfants, mes enfants, des couleurs apparaissent, des moments, des repas, des coins de nostalgie. Lui, il est là, si amoureux de moi, son regard le dit sur chaque cliché, je le revois, je ressens ses bras sur moi, ses mains pour tenir les enfants, pour jouer avec eux.

 

Là, je suis sur un banc, il m'avait dit des mots d'amour, j'étais si heureuse.

 

 

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Tant d'autres pages, un deuxième, un troisième album, des personnes qui ne sont plus là, les anciens, les divorcés,  les nouvelles femmes de mes frères, les enfants, les petits-enfants, tant de monde, tant de photos. Je suis un peu perdu, je bois du thé, pour une pause dans une vie qui défile.

 

Des dizaines d'années entre les premiers et les derniers clichés, des décénnies, je suislà, ah non, ce n'est pas moi, mais ma petit fille, lors d'un shooting pour son travail. Une pose magnifique, elle porte une petite robe noire, vintage, sortie de mes armoires, elle brille de beauté. Elle est superbe.

 

Le temps passe, transmet notre féminité.

 

 

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Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits

A l'ère des nouvelles technologies, j'avais apprécié cette invitation manuscrite, avec des lettres arrondies, des belles anglaises sur un carton épais. Une amie travaillant maintenant dans les relations avec la presse et dans la communication des marques de luxe de son groupe, avait eu la bonne idée de réunir de "vieilles copines" de notre école de commerce, celle où nous avions toutes passées nos cinq années avant de sortir avec un mastère spécialisé. Un groupe soudé alors par des cours communs, des devoirs et des beuveries ensemble, mais aussi parfois par des colocations entassées.

Serait-elle toujours aussi mince, aussi sobre dans ses vêtements, parfois on se moquait de ce minimalisme quasi Ikea de la mode. Elle rigolait en nous époustouflant avec une jupe zippée et impeccable, un top en coton apparemment sans forme qui tombait à merveille, son corps peut-être aidait à ce tout réussi. 

 

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Six années déjà, avions-nous changé ? un peu, beaucoup, pas du tout ? Ma meilleure copine était parti en Allemagne pour un groupe de chimie, pour suivre ce beau blond devenu son mari, elle était enceinte de deux bébés. Sa grossesse l'empêchait de venir jusqu'à nous. D'autres contacts dilués par le temps et par les affinités naturellement dégradées par la distance, me donnaient parfois des signes de vies via Fb, on discutait fringues, famille et boulot.

Les années passaient, les célibataires restaient, les séductrices se mariaient et avaient quelques enfants, les faire-parts circulaient. D'autres avaient oublié ce pan-là pour se consacrer à leur job d'enfer, pour grimper à la sueur de trop nombreuses heures de présence, de réunions et de rapports, dans les étages du management. Quelques rares cas, sautaient d'un boulot à l'autre, en quête d'un job idéal, impossible, et souvent finissaient par créer leur emploi sur-mesure. 

Je les verrai ce soir, derrière ce porche, ce code et sa porte automatique, en haut de cet ascenseur parisien grillagé, chic au creux de cet escalier en marbre.

 

 

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La tenue avait été un exercice, comment continuer à être soi quand des années auparavant on avait vécu entre jean et tee-shirt, parfois pull moelleux. Mais depuis j'avais changé de clans, surtout depuis quelques mois, encore plus. J'avais choisi de mettre mes jambes en valeur, de porter des jupes, des robes, des tuniques même durant l'été. Ma féminité simple était devenu une part de moi, et récemment un point de séduction.

Collants opaques au début, collants fins, jupes longues puis au genou, puis courtes, j'avais tout essayé, pas tout adopté, mais mes collègues m'avait rassurée. Chaque jour, je jonglais donc entre le tailleur pantalon et le tailleur jupe, avec des bijoux pour marquer mon style, un peu de maquillage.

Ce soir, j'avais choisi la guîpure mais avec un collant rouge, un peu flashy, très opaque, mon caractère pour sortir ce soir, me montrer avec une présence différente, avec mon moi actuel. Après tout je ne venais pas pour être l'étudiante discrète de nos soirées passées. J'étais heureuse, mon petit ami m'accompagnait, j'étais bien.

 

 

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Octobre rose 2014

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Publié dans : #Femmes & Portraits

Toi, avec ce souvenir revenu par hasard hier, ce regard, cette présence, toi tout simplement dans ma tête.


Toi mon amie, fille d'une collègue de ma maman, rencontrée par hasard lors d'une exposition de peinture, ce premier regard, ce coup de foudre amical. Tu étais là, exquise dans ton petit tailleur si féminin, si chic pour un lieu où tout le monde frôlait les sculptures, avançait vers les toiles, se jetaient sur les petits fours.


Naturellement, tu avais cette élégance, cette matûrité avancée, car lycéenne tu aurais pu être plus décontractée, plus casual, et finalement, tu excellais avec ta chevelure brune, ces yeux si persants. Quelques pas, des talons, ta voix douce de future hôtesse de l'air, ton regard posé, tes mots justes, et soudain un vide, juste toi et les autres ailleurs. Oui j'aurai pu tomber amoureux, je l'ai peut-être été un peu d'ailleurs, mais il y a prescription, et uniquement de bons sentiments pour me rappeler encore aujourd'hui de cette première fois, de notre discussion comme des amis déjà, depuis cinq minutes, depuis plus longtemps.


Nous nous sommes croisés, appelés parfois, le téléphone coûtait cher, l'internet était un embryon militaire et universitaire, loin de nos pensées, j'ai dû t'écrire, te dire ce plaisir de te voir, de parler mode, de parler de tout d'ailleurs. Un soir, j'ai invité quelques amis, quatre ou cinq, une table, mon premier repas d'adolescent responsable, une entrée avec du saumon fumé, un plat au four, un dessert, et surtout du champagne rosé. Tu avais aimé ce détail, ce choix féminin et bienvenu à tes yeux. Nous avionsnotre permis, j'ai roulé vers toi, discuté avec toi en écoutant Daho, ton idôle. Belles soirées ou instants entre amis car oui déjà sans le savoir j'admirais ton allure de femme, de jeune femme au potentiel affirmé. Talons toujours, collant impeccable, jupe années 80, tes sourires, tes doutes, tes études aussi. Nous avons parlé de tout, puis la vie nous a emporté chaque côté de France, moi pour mon premier job, toi avec tes avions, ton mari, tes enfants. J'avais des nouvelles par ta mère, par ma mère.

 

Et puis un jour, j'ai appris que cette putain de maladie, celle que l'on veut croire ailleurs, ou pour les vieux ayant déjà vécu une longue vie, pour les autres. Ce cancer t'avait attrapé dans ses griffes, toi jeune, trop jeune, nous avions le même âge. Trop jeune, trentenaire, de jeunes enfants, ta vie que tu menais avec détermination, avec envie, avec sourires malgré cela. Toujours forte, toujours féminine, une silhouette soudainement atteinte, un corps en agonie, luttant sans force.

 

Laurence, tu me manques soudainement, cet éclat hier, un lien sans réel rapport m'a rappelé ces instants ensemble, mais plus encore ta beauté, extérieure et rare, intérieure et lumineuse. Toi, mon amie, tu me manques car je ne peux prendre internet pour te glisser des photos, des mots, des rires et des sourires, pour te dire, si fort cette amitié, ces sentiments forts, cette admiration. Tu n'es plus là, partie trop tôt, trop loin.

 

Toi, mon amie, tu étais une petite femme, au coeur d'or.

 

 

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Nylonement

 

 

 

 

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