Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes & portraits

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - demain, #Femmes & Portraits
Etre ou ne plus être

Marcher dans la rue, et soudainement être absorbée par la texture du mur, devenir transparente, invisible pour toute cette foule autour de moi, pour ce monde entier qui ne me voit plus.

 

Stopper, voir ces mouvements continus, cet arrêt sur image juste pour moi, autour de moi, sur moi, à travers moi. Je ne suis plus là. Je croyais exister et depuis une heure, je ne suis plus là. Les souvenirs sont bien là, un passé bien actif, dans ma mémoire, dans ma vie courante, du moins jusqu'à hier, j'étais. La jeune femme que je pensais être, consulte son téléphone, ce fil à la patte, ce lien impossible parfois dans ses périodes de silence, ce lien si tenu quand les gens se suivent, se parlent, partagent leurs réunions de travail, appellent pour préciser les éternels retards des transports. L'heure, les minutes et le secondes, le temps tourne toujours, rien de figé. Juste moi, mon enveloppe corporelle devenue diffuse, trouble, inexistante.

 

Un répertoire, deux doigts sur l'écran, des images, des groupes, des sujets, mes copines, ma famille, mon ex, oui bof, de la déco, ma passion pour l'équitation, les chevaux donc, et mes selfies. Truc débile par excellence, sans vocation artistique aucune, souvent souvenirs de soirées entre potes, de sorties en boîte, de vacances improvisées, de tenues plus ou moins réussies. Je glisse mon doigt, je suis bien là, face à un miroir, dans des toilettes, dans un restaurant, devant des vitrines, à un concert, dans une chambre, un soir de fête, le mariage de ma soeur. Je suis là dans cette machine, juste là.

 

Etre ou ne plus être
Etre ou ne plus être
Etre ou ne plus être

 

Et pourtant cette palissade, ces travaux, ce mur défait, le trottoir, la rue, personne ne me voit. Ma coiffure semblait parfaite ce matin, je me revois dans la salle de bain, douche, séchage, serviette chaude, maquillage, eye-liner, un peu de rose mais pas trop sur ma peau claire, un rouge à lèvres clair, un rose tendre, pas trop voyant. Un coup d'oeil sur mes ongles, nickel depuis hier soir. Mes fiches, mon dossier, mon petit déjeuner en lingeries pour ne pas faire de tâches sur ma robe. Un collants opaque, une tunique longue pull gris, un ceinture, un trench dessus, mon sac pas trop grand pour éviter mon côté bazar ambulant, pas trop petit car je ne suis pas en petite robe noire et sortie restaurant.

 

Tout était là, je suis arrivée à l'heure, j'ai attendu. Et puis deux entretiens, et ce vide en sortant, cette chaleur de printempes ressentie à neuf heures, disparue à onze heures, deux heures qui ont aspirées ma vie. Toutes mes sensations aussi.

 

Rien, mon profil, pas mon corps, juste des mots sur un cv, vite relu, dix candidates dans la salle, toutes alignées comme des poupées, toutes la tête droite, le regard fuyant la concurrence, personne ne parlait. Rien de ce moi de papier et de mots, de moi présente, ne valait de choisir mon avenir, et donc mon présent. Ce nième rendez-vous stérile où je me donne, je me vends, je me marchande, je suis ressortie avec rien. Même plus l'envie d'être moi.

 

Et puis les autres, eux, ils oublients qui je suis, ils sont occupés par leurs vies, ils se déplacent de A vers B. Peut-être ont-ils l'idée que le boulot tombe tout seul, ou mieux encore que les sans-emplois pour ne pas dire honteusement les chômeurs, se moquent de travailler. Le rapport est un peu différent, franchement moins engageant. Des dizaines d'appels, des emails par centaines, des versions par dizaines, des conseils si nombreux que je pourrai écrire un livre sur le faire, le défaire, le refaire et son contraire. Je suis vidée, désesperée n'est pas le mot, car je ne vois plus mes pieds, pourtant j'avais mis des bottines. Je suis aspirée par le néant de ne plus être réellement un humain, ou peut-être de seconde zone. Un mimétisme troublant avec le non-être d'une vie intérieure et d'un corps extérieur.

 

Invisible et consommée, bientôt digerée par la société.

 

 

Nylonement 

Etre ou ne plus être

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Féminité & Sensualité
Respirer

Inspirer, expirer, souffler, faire une pause, reprendre son souffle, lentement, sentir son corps qui suit le mouvement intérieur de l'air. Respirer encore ! 

Une simple quête d'identité.

 

Et dans ce moment intense de la nuit, du quasi silence extérieur, ne plus être concentrée que sur mes doigts, mon écran, les mots, entre voyelles et consonnes, sans limites. Respirer le parfum de la cardamone et du réglisse mêlés au thé noir, la douce vapeur d'une tasse, non loin d'une souris immobile, un clic, elle vit, mais comme les mains travaillent plus vite, seul le texte compte, les détails viendront ensuite. La mise en forme, de quelques clics, des habitudes, un rituel même pour commencer ma première phrase, mais après, tout coule naturellement, sans limite, surtout celle du temps. La nuit absorbe mon espace, que je sois assise sur une chaise dans un coin de paradis, en plein été, au bord d'une piscine ou là-bas, dans cette vieille chambre, un coin de grenier, à la campane, chez ma grand-mère, je suis seule, libre et uniquement avec mes mots. Je vis dans mon entière dimension intérieure, au rythme de mon souffle, lent, très lent, comme un marathon.

 

Une liberté incomprise des autres parfois, quand je quitte un groupe d'amis, en pleine discussion pour me retirer plus loin, non que le bruit me dérange, mais je me cloisonne et soudainement je ne suis plus là. Respirer alors devient un acte vivant d'un corps absent, avec seul un esprit en pleine création. Mes yeux observent le jour, lisent la nuit, il y a des réactions physiques réelles, comme le fait de manger, de déguster, de boire ce fameux thé, complice à toutes heures. Bien sûr, il y a la vie, le cours quotidien rempli de missions, de rapports, de services, de boulot, d'attente de boulot. Et puis le summum, la beauté, la fraîcheur, la bonté, les sentiments et ses bras forts autour de moi, lui, cet homme qui m'aime sans relâche, discret, présent, obstiné dans ses sentiments pour sortir l'artiste qui se cachait en moi. Née dans un famille où au-delà du travail, on possède le don de dessiner, de peindre, avec un frère qui lui est devenu photographe talentueux, je ne savait pas donner vie à des formes. J'étais seule, pas vraiment, pas artiste, pas musicienne non plus, un vide apparent quand les uns et les autres s'invitaient à leurs expositions pro ou amateurs. 

 

Une absence de netteté, un trouble extérieur, une possibilité cachée en moi.

 

 

Respirer
Respirer
Respirer

 

Et puis en respirant, conquise par le bonheur, entre deux moments d'amour, au fond d'un lit, j'ai eu envie de l"écrire, sans nuances, sans sexe, simplement parler de lui. Puis de moi, les scribouillards commencent souvent par là. Puis une nouvelles, deux, trois, d'autres, des débuts sans fin, des textes sans raison, et ses yeux au-delà de ma simple robe en laine, de mes jambes enveloppées d'un collant noir sous moi, de mon cahier et de mon stylo. Il a osé, tendrement lire par dessus mon épaule, et là, il n'a plus rien lâché, pris entre le sentiment étrange de violer mes mots, en me le demandant malgré tout, en forçant mon refus, moi bloquant mais n'attendant que son avis. Pessimiste sur les pages, celles-là, j'ai entendu ses critiques plus sur le fond, à développer selon lui que sur le style, ma forme, mon style. J'ai relu le lendemain, seule puis avec lui, j'ai pris mon courage, un grand bol d'air pour croire en moi. Un long parcours de nuits blanches, d'angoisses puis cette méditation écrite, gardée ou jetée suivant les soirées.

 

Depuis il prépare mon thé, s'installe dans le fauteuil club plus loin, sans frontières avec ma bulle, lit, écrit parfois, crayonne un peu de design pour son plaisir. Souriant, son regard suit mon confort habituel, ma routine. Comme ce soir, une lampe, un coin de lumière, mon portable, mon clavier, ma tasse de thé, mes jambes repliées, ma robe douce, parfois mon étole plus chaude en plus. Quand je voyage dans mes textes, j'oublie tout, je découvre alors qu'il m'embrasse en allant se coucher, qu'il me masse le dos, sans bruit, tactilement en relation avec mon corps abandonné, moi prise par le flux de mes phrases, de mon histoire. Je suis libre, je suis heureuse qu'il m'est révélée, sans me forcer, sans le dire, sans l'écrire, juste avec quelques sentiments, toujours présents.

Ligne après lignes, page après page, je respire son parfum.

 

 

Nylonement

Respirer

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Sans Nuances

Je me suis levée, épuisée par des angoisses, entre le boulot précaire et les fins de mois qui commencent le neuf de celui-ci. Seule dans mon lit, les draps froissés, avec juste le bruit des ouvriers qui défoncent pour le nième fois le macadam gris devant chez moi, un rituel annuel pour ajouter une nouvelle canalisation, un nouveau câble, rien peut-être. La vie, la version ciel blanc ou ciel gris, rien de nouveau.

 

Hier j'avais un entretien, une société de luxe, une business woman reconnue sur la liste des millionnaires voire plus, j'ai été reçue par une quadra droite dans son tailleur gris, impeccable brushing de blonde, visage froid, aucune émotion, seul bémol à sa tenue frigide, une body rose en dentelle sous sa veste grise. Une excentricité pour son management, un test pré-st valentin peut-être. Un entretien sans nuances, mes diplômes, mes écoles, les cases d'un système autiste qui se sauve lui-même de son impossible ouverture vers l'initiative, vers l'expérience multiple. La pièce était fade, des murs beiges, d'un autre temps, ou sortis d'un cerveau nouvelle tendance mélancolie d'un soir d'asile psychatrique de l'ex-bloc soviétique. Rien ne me donnait envie de m'éclater dans cette société pourtant au nom brillant. Trop gris pour moi !

 

Des questions à la créativité fatiguée :

"Etes-vous prête à vous impliquer totalement, physiquement dans la relation avec notre stratégie, avec votre management ?"

"Rien n'est simple, ici nous voyons les objectifs autrement, avec une constante implication, serez-vous prête à vous soumettre à nos règles ?"

"Implication, mais aussi totale disponibilité pour le poste que vous visez ? Est-ce bien ce que vous voulez ?"

 

Sans Nuances
Sans Nuances
Sans Nuances

 

Dans mes pensées, prête à bosser, mais dans un projet dont on ne m'avait même pas encore évoqué le début, je ne doutais pas, je cherchais à comprendre le sens de ces questions formatées par un consultant névrosé. J'ai baissé les yeux, elle portait de très beaux talons fins, une folie pour travailler avec autant de hauteur. Etrange détail.

 

Une porte s'est ouverte, elle s'est redressé, soumise au diktat du manaement probablement, dans l'ombre, le gris opposé à la lumière venant des baies vitrées, elle est apparue. Quinqua, brune aux cheveux longs, ondulés et brillants, fidèle à son imae des magazines d'économie ou de stratégie, un tailleur en cuir couple, des bottes de marque. Du bout de ses ongles vernis, un bleu nuit très joli, elle a déposé des dossiers blancs, annotés d'une écriture grise. Quelques mots vers celle qui baissait quasiment les yeux, moi je l'ai observé, dans toutes ses nuances. Elle devait prendre un avion pour les USA demain matin, avec avant un dîner business dans un restaurant étoilé de la capitale. Tout était codifié. Dans un mouvement digne d'une des meilleures publicités pour coiffeurs, le marketing est quand même fort pour nous faire croire qu'elles le valent bien, nous aussi devant notre télé payée à crédit, ses cheveux ont illuminés cet atmosphère un peu gris, les chaînes de ses colliers, de ses bracelets ont scintillés, sans aucune douleur, sans aucune soumission inutile, sans contraindre mon court espace de rêve. La porte s'est refermée.

 

Devant moi, un dégradé de gris, des dossiers entre blanc et noir, foncés ou clairs, elle rangeait tout cela. Je ne pensais plus qu'à partir, me libérer de cette bulle fictive, où tout était trop beau, trop factice pour être vrai, trop riche pour être parfait, trop codifié pour être humain, trop dans une relation dominante-dominée pour être saine. Je me suis levée, elle semblait m'avoir oubliée.

 

"Si vous voulez savoir qui je suis, ce que j'ai fait, ce que j'aurai voulu faire avec votre entreprise, retrouvez-moi au happy hour chez Arlequin. C'est un bistrot coloré, au coin de Belleville, avec du jazz et des gens heureux. Je vais y passer ma nuit."

 

Voilà j'ai fait la fête, dans ma tenue habtuelle, une jupe trapèze noire, un collant imprimé de couleurs, un pull douillet, une écharpe molle de soie, perchée sur mes bottines pailletées. Il y avait les copines, les amis, un monde ouvert, des métiers divers et des passions pleines de couleurs. De l'amitié et de l'amour, du vrai !

 

 

Nylonement

 

Sans Nuances
Sans Nuances

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Toute la nuit

 

Je n'ai pas fait d'insomnie, les heures ont défilé, sans limite, sans s'arrêter, de la nuit jusqu'au petit matin. Un semblant de dimanche, mais c'était bien un mardi, un matin, une sonnerie de réveil, le boulot-métro-pas dodo.

 

La couette était chaude, mes yeux fatigués, mes pensées diffuses malgré ce temps éveillé, mes mille et unes réflexions. Je n'ai pas arrêté d'y penser, sans fermer vraiment l'oeil. Peut-être des minutes de sommeil, quasi éveillé, les yeux endormis, sans risque d'accident, coincée entre deux coussins, roulant sur la route de mes amours, à fond dans ce road-trip. Pas de direction réelle, juste avancer, croire en ce destin nouveau, apprendre à le comprendre.

 

Et là, malgré mon intense bonheur, oui, des sourires, seule dans le noir, pour la lune perdue derrière les volets, simplement pour moi, pour toutes les émotions, je suis incapable de savourer pleinement les dernières heures. Comme un grand looping affolant en montant, enivrant dans la sensation de force, luttant contre la gravité, criant de plaisir face à ce rush ascentionnel, dans l'attente du déclic, de l'apesanteur. 

 

Toute la nuit
Toute la nuit

 

Mais je n'ai pas décroché, je suis restée collée par la force centrifuge, figée dans mon lit, dans ma chemise de coton, ultra-douce et avec l'oreiller, son odeur dessus. Oui, j'ai dormi seule, bizarrement, je l'ai laissé repartir dans son studio, traverser Paris dans le froid. J'étais mieux ainsi, et pourtant.

 

Je revois son geste, son visage, son corps et soudain ses mots. Lui simple, en jean, dans son sweat préféré, les cheveux aussi courts que sa barbe de trois jours était longue, lui dans son attitude nonchalante, soudainement près de moi, à genou devant le canapé. Là, en quelques secondes, dans un décor de notre vie commune, malgré nos deux lieux de vie, là, il m'a demandé en mariage. Moi, devenir sa femme !

 

Un long silence, un regard, des larmes de bonheur, ses mains sur les miennes, une boîte, une bague toute symbolique, des petites fleurs d'arent liées par une ficelle de lin. Naturelle, comme nous, une sobriété bien choisie, mon doigt, sa délicate attention, des bises sur mes mains, mon silence toujours. J'ai dit "oui" bien sûr car après plus de trois ans ensemble, de vie, et encore plus d'études, nous nous aimons. 

 

Alors pourquoi dormir seule, je ne sais pas, trop d'émotions en si peu de temps, pas prête peut-être. Et puis moi, jeune femme dynamique, indépendante, fière de mes idées, féminine et parfois féministe, bien dans mon époque, je ne voyais pas un jour dans mon agenda, un mariage. J'aime mon homme, mais je n'avais pas programmé cela. Une éducation, mes propres choix, mon style de vie, mon caractère, le divorce quasi global de tous mes proches, parents, parents des amis, amis, collègues, et même mes futurs beaux-parents. Oui eux aussi, je les considérais comme un bout de famille, mais un nouveau qualificatif s'ajoute. Je n'ai pas dormi pour essayer de digérer, sans savourer pourtant ce bonheur réel, en ne quittant pas du bout des doigts la bague légère. En pensant à lui, si fort.

 

Demain, enfin maintenant, là avec ce jour, je suis une femme libre mais fiancée, une future mariée, voyons si la douche, le café et tout le reste à la même saveur depuis ce changement. Une nouvelle vie ou simplement une belle surprise d'amour.

 

Nylonement

 

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Impossible

Que devais-je faire, ce matin, là, à la machine à café ?

Je suis restée dans le vague des murs gris, des affichages syndicaux, des consignes de sécurité, mon gobelet haud dans les mains. Perdue. Pour finir un rapport, je suis venue plus tôt, laissant les enfants dans les mains de leur père, prenant le premier train du matin. Des documents à relire, une synthèse à revoir, la première version ne me satisfaisait pas. Un doute, un bruit dans cet open-space si vide, les toilettes, j'ai poussé la porte. Elle était là, en larmes, effondrée.

 

Ma collègue, une charmante consultante admirée pour son talent de négociation, pour sa maîtrise des dossiers complexes et sa pugnacité à vaincre les freins politiques de nos projets. Brillante aussi par son élégance, toujours avec des tailleurs bien coupés, des chaussures qui nous rendent jalouses par sa capacité àchoisir le bon modèle tendance du moment, la plus adapté pour une réunion, une soirée, un séminaire, toujours féminine et admirable. Récemment mariée, quelques photos traînent sur son coin privé, une belle robe blanche, des amies, des collègues dont moi, son mari.

Impossible
Impossible

Elle, si exemplaire aux yeux des hommes comme des femmes de notre équipe, elle si différente là cematin, malgré un sursaut de fierté intérieure, pour ne rien laisser paraître. Les larmes étaient trop lourdes, le poids trop important, j'étais la première, la seule présente, elle m'a tout confiée. Un couple si heureux, du moins dans nos esprits, Toujours heureuse avec lui, des voyages, du shopping, des sorties, des belles photos, un beau mariage, mais finalement derrière cela une fêlure. Un goufre même. Une chute abyssale. Des douleurs, des traces, des bleus, des marques.

 

J'ai écouté ses propos, silencieuse face à l'énormité de la folle situation. Lui, elle, eux, une relation d'amour, une relation impossible. Leurs rapports ont toujours été compliqués, mais les sentiments estompaient la réalité. Pourtant flagrante. Puis il y a les moments , un soir, des doutes, des gestes, des paroles, une blessure. Un pardon, D'autres plus tard, toujours des cadeaux, des excuses, des promesses de ne plus recommencer, des chantages aussi, pour partager ses actes.

 

Et pourtant mon analyse sans bruit, figée par les mots si forts, abasourdie par la violence,var c'est bien de cela que nous parlons. Des coups, des gestes brutaux, des violences physiques, un sénario que je n'ose imaginer. impossible pour elle, comme pour aucune de mes proches, pour aucune de mes amies, aucune femme. Je l'ai aidé à se redresser, à sécher les larmes, à panser les plaies, les bleus sans résoudre les douleurs dans la chair mais aussi dans l'âme. Je lui ai donné deux comprimés pour dormir, appelant un taxi, lui donnant lesclefs de chez moi, un endroit neutre, loin de chez eux. J'ai prévenu mon mari, médecin de plus, pour qu'il l'aide à son arrivée, pour qu'il appele un collègue spécialisée pour constater les dégâts, présents et passés.

 

Là face à des murs gris, je suis restée loin de mon rapport, des chapitres à finir, perdue dans l'incroyable labyrinthe de la folie masucline, d'un homme qui croit s'assumet en battant sa femme. Faiblesse ultime, folie intérieure, je ne connais les leviers de ce processus impossible, d'autant que je n'ai jamais imaginé ou prêté attention à ce détail, surtout avec elle, si lumineuse. Devant mon écran, je reste troublée, car comment le voir, le prévoir, l'aider, réagir, comprendre, tant de questions.

 

Non, à cette violence invisible, à cet aveuglement extérieur, à ce silence intérieur. Heureusement aujourd'hui il s'est rompu, débordant, inondant de ses douleurs l'espae, libérant un début de soins, finissant ce lien entre eux.

 

 

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
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Si j'avais su

Aujourd'hui je vais à un rendez-vous, avec un homme, un potentiel amoureux, un de ceux qui rentraient dans la grille de ce site de rencontre. J'avance pleine de doutes, chargée de mes souvenirs qui étrangement me sautent à l'esprit dans les couloirs bondés du métro, comme une foule supplémentaire.

 

Il faut savoir regarder en arrière, mais une bonne amie de ma maman, une confidente depuis mon adolescente, ma dit aussi de regarder devant, même si rien ne pointe parfois à l'horizon. Et encore récemment c'était une ligne, et un grand vide juste là en dessous. Rien.

 

J'ai eu tant de mal à oublier une histoire, celle avec un charmant collègue de travail, un sourire, deux cafés, une discussion au-dessus de deux plateaux repas, des poses ensemble, le hasard d'un dossier, le plaisir de bosser ensemble. Et puis un jour, j'ai osé, bêtement peut-être un bisou alors qu'il me raccompagnait en bas de chez moi. Sans prévenir, sans en reparler ensuite. Du moins jusqu'au restaurant, un dîner tous les deux, de belles histoires de nos voyages, de nos passions, de nos poinst communs mais pas vraiment de pas en avant. J'ai rêvé, lui restait pragmatique, sans mystère, il répondait à mes questions mais en posait peu sur ma vie. 

 

Les semaines ont passé, toujours avec ce plaisir de se croiser, de travailler encore ensemble, de sortir entre collègues ou amis pour des happy hours festives. Et puis ce soir-là,un jour de pluie, je sortais dans ce quartier pour quelques courses, je longeais un restaurant, lui derrière la vitre, à une table. Elle était là, pleine de sourires, la main dans la sienne, ils attendaient leurs plats, et moi je mouillais amplement sous le déluge. Intérieur et extérieur. J'ai pleuré toute la soirée, tout le week-end. Impossible vision de cette femme, vingt ans de plus que moi, mais qu'est-ce qu'elle avait en plus ? J'ai revu cette scène comme dans un cauchemar, de nombreuses fois, je décortiquais sa tenue, leur complicité, leurs sentiments évidents, deux amoureux à table.

 

Si j'avais su

Alors j'ai pris d'autres missions, je me suis écarté de son chemin, j'ai postulé dans un autre bureau, une autre branche, j'ai oublié son numéro. Il a pris de mes nouvelles, il s'est même inquiété de ce silence, je n'ai pas répondu aux sms, aux emails. Rien, le vide. 

 

J'ai perdu pied sans comprendre que l'amour se partage à deux, et que je devais être la seule à l'aimer, à sens unique. Une confusion dont il était ni le coupable, ni la victime, juste un ami, sincère. Je ne l'ai revu que dans les grandes réunions de boulot, entre deux verres, entre deux rigolades ou discours. Rien. Lui semblait heureux, Mes collègues, les siens aussi, m'ont raconté qu'il vivait avec une femme divorcée, avec des enfants, loin de mon modèle. Je suis restée célibataire en me noyant dans le travail, l'oubliant et tous les autres hommes avec. J'ai déprimé, j'ai pleuré, ronchonné, crié et puis j'ai repris espoir en l'horizon.

 

Il est là, cet incconu du net, juste des heures et des emails de discussion sur ce site. Des tulipes pour moi, je souris, cela fait si longtemps.

 

Nylonement

 

Si j'avais su

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Tendresse

Sortir de l'hiver, espérer en sortir et pourtant ce matin, il fait encore plus froid, avec cette humidité héritée d'hier, de cette brume matinale qui devient permanente. Neige prévue, je regarde au-dessus de moi, le ciel est blanc, opaque, dense et triste.

 

Heureusement, là en moi, mon coeur bat plus fort, pour lui, une belle aventure, un hasard, une rencontre anodine, un ami d'amie, une relation autour d'une table bruyante, et finalement des paroles. Nous avons déconnecté des autres, là dans le coin, sur cette banquette, prenant le temps de partager nos lectures, de laisser les adeptes des multiples applications inutiles pour téléphones à l'obsolescence programmée si peu durable, si peu enrichissantes. Nous avons voaygé dans nos mots, nos écrivains préférés, nos têtes de turcs réciproques ou communes, nous avons fini la bouteille de chamapgne, là, tranquilles, à deux au milieu de dizaines de personnes. Le bruit ne venait plus à nous, et puis soudain, j'ai ri, de rien, de son décalage involontaire sur une phrase, d'un humour presque anglais malgré lui, ou d'un involontaire quiproquo. Il a souri, lui aussi. Je l'ai aimé probablement dès cet instant.

 

Simplement

 

Tendresse

 

Et comme rien, n'est simple en étant une trentenaire sans boulot, sans voiture, dans une chambre louée par la famille, je me suis levé pour ne pas rater les derniers bus, il m'a proposé de me ramener, je ne savais plus choisir entre le Oui ou le Non. Mes sentiments, ma vie incongure depuis que je ne trouve pas de boulot, ma petite vie, si fade mais soudainement, magiquement plus souriante avec lui.

 

Ma meilleure amie, l'instigatrice de ce repas entre copines et quelques copains, elle me fait signe, elle valide mon choix par ses yeux complices, et je suis là sans réponse. Mais sagement, il me rassure sur ses attentions, sourit de ma soudaine fragilité, de mon trac face à ce simple détour sur son chemin. D'ailleurs je ne sais pas où il va, et lui ne sais pas d'où je viens. Nous avons visité nos bibliothèques, nos livres, lui surement bien classés sur des étagères bien rangées. Moi, la version cartons non ouverts depuis un déménagement rapide, un ex bien stupide et une envie folle de tout quitter. Je voudrais pas le décevoir mais j'ai envie de l'avoir près de moi, pas trop loin, même assis finalement sur ma banquettes en cartons non déballés. Quelques coussins, un tas régulier, et les amis s'amusent de s'asseoir sur Molière, Proust, Balzac ou tous autres romans plus actuels. Quand il y a un creux, ils cherchent un de ces livres d'été, creux aussi dans son contenu, vides dans leurs histoires, avec peu de pages, pour calés leurs fesses. La littérature devient la base de mon design non suédois.

 

Vais-je lui dire de m'accompagner chez moi ? oui là-haut, cinq étages, sans ascenseur, des marches rapées, des odeurs multiples, un palier froid, mais souvent la lune dans la fenêtre du couloir. 

Oserais-je lui dire que j'ai envie de l'avoir avec moi sous ma couette ? oui pas uniquement pour un dernier verre, mais collé à moi, tout près.

 

 

Il a trouvé la réponse, m'embrassé, en me prenant par la main, vers la sortie, un dernier signe aux copines. Une belle histoire.

 

Là ce matin, je quitte son appartement pour me rendre à ce nouveau poste, depuis plus de trois ans déjà. J'aime ses baisers légers sur mes épaules, dans le cou, là comme la première fois. Jamais lasse de lui, de sa chaleur. Heureuse de sentir ses mains sur mes jambes. 

 

Nylonement

 

Tendresse

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