Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes & portraits

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain, #Femmes & Portraits, #Femmes - vous
Diagonale

Happy week-end seule. Certes le chemin fût long depuis quelques semaines, depuis notre rupture, depuis que je l'ai foutu dehors de chez moi. Un sms, deux, trois, dix, trente, peut-être cent pour lui pourrir la vie et ne pas être effacer sans être vraiment écouter, pour l'obliger à voir ma réaction urticante avec large allergie. 

 

Lui, surpris par hasard par une copine, avec une autre, à une réunion, mais là plutôt dans les bras d'une autre, un soir tranquille, dans une vie amoureuse sympa, avec des projets même. Trentenaires tous les deux, heureux de vivre une petite vie joyeuse depuis près de trois ans, des boulots prenants mais des vacances loin de tout, du fun, de la fantaisie.

 

Et puis celle-là, que j'ai vu sur une photo, un simple "selfie malgré lui" de la gentille copine, elle aurait pu s'en passer diront certaines. Elle aurait pu tourner la tête et elle aussi voir ailleurs, mais le hasard des invitations, des soirées, des lieux, du monde toujours petit, enfin il a récuperé ses affaires chez la concierge, sa voiture à la fourrière (zut je l'avais garé sur un passage piéton), et son courrier, il a pris la direction de la poubelle depuis cette date. J'ai ronchonné, pleuré, beaucoup, trop, réfléchi, je suis sortie avec les copines, pour annoncer la nouvelle, enfin la rupture plus que l'infâmie.

 

Jalouse, non, amoureuse, oui, trop.

 

Mais après trois mois, un silence total vers lui, il a laissé un courrier, des roses avec, une invitation pour une soirée, demain soir. Une longue, très, très très longue lettre non pas d'excuses car il savait que je savais, il assumait son acte, mais il demandait, il implorait un pardon. J'ai cherché chez moi, dans tous les coins et rien de cela en stock. Aucune envie de lui donner un quelconque espoir. Rien, rien du moins durant quinze jours. Rien de rien.

 

Ma meilleure amie, m'a emmenée boire, rire et manger sur une terrasse parisienne pour m'avouer qu'elle aussi sa rupture cachait une infidélité, celle de son copain en séminaire, mais bon elle avait fait un peu pareil sans qu'il le sache. Au final elle l'avait mis dehors aussi. On a bu, trop bu, mais on a ri toute la nuit, en finissant vautrées toutes les deux dans son canapé avec de la vodka, les têtes lourdes. Douche et puis je suis reparti en étant moins seule dans ma bête vie de célibataire, moins seule à avoir été trompée, à ne pas avoir trompée, à vivre dans mon bel appartement, entre quatre murs. Seule mais libre, libérée aussi de ce poids, forgée par cette expérience, avant j'avais toujours été plaquée, sans trop d'explications. D'ailleurs pourquoi en donner quand on aime plus.

 

Cependant ma nature, mon caractère trempé ne me permet pas de ne pas penser, quel dommage. Alors j'ai repris le cas, j'ai joué la défense et le procureur, j'ai regardé cette photo, toujours là, floue dans mon téléphone, j'ai déplacé les pièces de l'échiquier.

 

Aller. ne pas aller.

Le voir, ne pas le revoir.

L'assasiner, avec une dernière bandrille, ou simplement le laisser saigner.

Séduire, sans tomber dans son jeu du mâle que j'ai tant aimé.

 

Quelle robe choisir a été mon dernier recours, un moyen indirect de penser à cette invitation sans le prendre pour unique objectif ? Elle avait une belle robe de soirée, je pourrai prendre un modèle encore plus osé, encore plus féminin, une petite robe noire avec de la transparence, avec une sensualité fatale... pour lui. Le reconquérir, jouer, le prendre dans ma toile comme elle. Ce sentiment était malsain, mais aussi si excitant. Devenir une créature prédatrice car elle me donnait cette impression, une fois seulement, elle l'avait dévoré.

 

Le mettre mat, en quelques coups, sans aucune défense, mais je ne saurai pas moi, mon style plus chic, plus bohême. Cette facette qu'il aiamait moins, le faire plier en lui donnant mon image, mon reflet réel, très actuel, ma féminité, telle que je le veux. Maîtresse du jeu, je devais choisir, un chapeau, une jupe, des boots, des bottines, je ne savais comment m'habiller. D'ailleurs il y vait tant d'autres questions, auxquelles j'avais déjà donné une réponse, définitive.

 

Sans lui.

Diagonale
Diagonale
Diagonale

 

Non finalement, je n'irai pas. Laissons-le savourer la juste saveur de son infidélité, attendre, longuement m'attendre.

Egoistement et sereinement, je vais pendre le temps, le recul pour voir autrement ma vie. Seule ou à deux.

 

 

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Femmes & Portraits, #Femmes - demain
Parfum

Le soleil poussait les volets, un bonheur printanier, le signe que la vie reprend réellement. Il s'était levé plus tôt probablement pour son projet actuel, hantant ses nuits devant l'ordinateur, écrivant et imprimant des pages de détails, de nouvelles idées, de rappels pour les nuits suivantes. Sa place était vide, encore chaude. Il flottait une lègère odeur vers la chambre, je me suis détendue, j'aimais ce moment où la saison permet de sortir du lit sans choc de température, direction la douche. Un parfum floral, pas le sien, pas le mien.

 

Et mon sourire est devenu large, extra-large, il était là, assis, en plein travail sur son écran, je devais bien dormir finalement. Lui devant son clavier, avec à côté sur notre table, deux tasses pour le thé fumé, des yaourts aux fruits, du jus frais de clémentines, des croissants, un pain au chocolat, de la baguette fraîche, du beurre salé, un petit déjeuner du dimanche mais nous étions mercredi.

 

Surtout un énorme bouquet de roses là, posé sur la table, pour moi.

 

Parfum

 

Voilà la source des effluves légers titillant mes narines dès le réveil, malgré ma tête enroulée dans l'oreiller qui est le sien, j'adore le faire au petit matin, me gaver de lui, de sa présence invisible. Mais il était encore là, telle une petite souris, fidèle à ces instants magiques, il était sorti sur la pointes des pieds, avait fait l'aller-retour vers les magasins les plus matinaux, et là, il me souriait, attendait de voir ce sourire, gravé sur mon visage pour la journée. 
 

Dans ses bras, dans sa chaleur incomparable, dans sa chemise, avec sa cravate, mon homme.

 

Et devant vos écrans, vous vous posez des questions "pourquoi ? un anniversaire ? une fête ? une date importante pour eux deux ?". 

Non, rien de cela, juste le bonheur d'une surprise, de rappeler ici et là que l'amour c'est tous les jours. Je l'ai dévoré, le croissant un peu, sa chemise aussi, en lui retirant, la douche attendrait un peu, mais là, je ne vous dirai rien.

 

Bonne journée à vous, mon soleil était dans mon sourire, toute la matinée, toute l'après-midi, et ce soir, nous irons au théâtre, belle journée.

 

 

Nylonement

Parfum

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité, #Femmes & Portraits, #Femmes - demain
Autrement

Aujourd'hui, c'est un autre jour, non pas une autre vie, mais un pas différent.

 

Un pas de danse, une pause dans ma vie bien occupée. Célibataire, faute de ne pas trouver le temps de remplacer le prince charmant parti avec une brunette aguicheuse, je me suis concentrée dans mon boulot, avec quelques mouchoirs, et du temps pour moi. Après avoir l'impression de tout lui avoir donner, je suis devenu altruiste avec moi--même, prenant le temps de pousser la porte d'un salon de massage deux fois par mois, pour me détendre, me faire chouchouter sur-mesure, et puis surtout j'ai repris la danse. Un exutoire, un sport, un art de vivre aussi. Non pour le régime, je ne veux devenir danseuse étoile, et rachitique pour mieux enfiler mon tutu. Mais simplement  dans l'esprit, je veux être légère, aérienne, force de subtilité.

 

Alors le classique certains jours, du jazz d'autres soirs, parfois de la danse plus chaude, plus sensuelle à deux avec de la salsa ou de la rumba, mais je reviens toujours à la barre, à mon tutu, à mes chaussons, à ce temps immobile avec le laçage, le mouvement lent des mains autour des chevilles. Se changer, bouger, chauffer tous les muscles, avancer, voler, devenir une autre.

 

 

Autrement
Autrement
Autrement

 

Un bien-être très intéroirisé, une histoire personnelle, une sueur qui me fait du bien, au-delà des hormones que mon corps distribue quand je poursse l'effort, quand je repousse les limites, quand j'oublie que j'ai peut-être mal, que la fatigue est là depuis plusieurs minutes. J'aime ce bien-être fort, une drogue sportive mais aussi spirituelle, tourner sans limites, ne plus sentir les muscles, les années, mon corps de femme, mais juste interprêtée la volupté, la grâce dansun espace sans fin. L'horizon de lumières vives, le soir, quasi seule dans cette salle, en cherchant le bon geste, la main subtilement libre, les pieds en extension, les cambrures, les muscles allongées, les coups de reins, les sauts, les réceptions, les enchaînements, c'est un tout dans la nuit extérieur, les lumières sur la ville. 

 

Je fais corps avec ce piano, cette variation d'Horowitz que j'aime tant, elle me berce depuis des années, depuis mes études, dans mon mp3 dans le métro, chez moi parfois, mais ici sur ce parquet, je fusionne avec le piano, avec la fougue délicate des doigts de ce génie. Et quand le public applaudi cette version concert, je m'écroule, satisfaite, épuisée, rassasiée de mes efforts. La douche, sera le meilleur moyen de caresser mon corps, de retrouver ma présence de femme, celle que je refuse encore de voir dans le miroir, espérant ses bras à lui autour ma robe. Je me donne pour retrouver mon intégrité, encore et encore.

 

D'ailleurs aujourd'hui, je ferai des photos, en danseuse pour un photographe, me voir enfin.

 

 

Nylonement 

Autrement

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Publié le par Gentleman W.
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Jamais sans mes jambes !

Encore un regard, celui d'une collègue, sur mon petit tailleur noir, sobre, presque stricte, d'une coupe stylisée sans fioritures, juste quelques lignes blanches et fines pour marquer le tissu. Elle semble apprécier, tout comme le collant opaque et mes bottines, eux aussi en toute simplicité, mais avec cette élégance chic qui est ma signature, ma silhouette dans ce cabinet de consultants. Audit et réunions, rapports et tableaux, je travaille beaucoup, trop parfois, mais j'aime me donner du style avec quelques éléments simplement, avec des jeux sans excès de transparence, ni même de dentelles, mais plutôt avec des matières nobles, aux coupes modernes. Sans jamais oublier de mettre en valeur mes jambes.

 

Mon atout féminité, ma force de femme active, une part réelle de mon identité. 

 

Depuis toujours. Déjà adolescente, j'avais mouché les autres, les tribus soumises aux remarques des ados mâles souvent pré-pubères, coincés entre les résultats des matchs de foot et leurs premières vidéos de cul, leurs visions très limitées du corps de la femme. Sans oublier les esprits peu libres, pas très sains qui voyaient en mon corps une expression débordante de "salope" car j'osais porter des jupes, des robes, affirmer et montrer mes jambes. Mes bracelets aux poignets, mes cheveux en pétard, ma haine dans les yeux envers ceux qui regardaient pas, envers ceux qui regardaient trop, envers tous. Belle adolescence pleine de paradoxes !

 

Puis j'ai déménagé au gré du divorce des parents, dans une autre banlieue, une autre région, du soleil en bonus, des nouveaux copains, des copines plus stylées, et puis moi, en plein changement, naturellement plus bohème, les cheveux longs mais enfin coiffés. Des bottines, des sandales compensées, des sacs très lares pour mon bazar, mes cours, mes discussions sans fin pour refaire le monde avec les potes.

Que de café, que de paroles sur la mode, moins sur moi, tant mieux, j'aimais alors être fondu dans la masse, dans cette foule d'amitié, mais fidèle à mes shorts, mes jupes, mes tuniques d'été et mes gambettes libres.

 

Jamais sans mes jambes !
Jamais sans mes jambes !
Jamais sans mes jambes !

Puis le poids du divorce, des résultats d'école qui ne me convenaient pas, la maturité d'un corps naissant de jeune femme, quelques kilos, je me suis caché sous des pulls longs, des tuniques plus épaisses, plus molles, des collants opaques, ma féminité en retrait, loin de moi, dans une enveloppe floue. J'aimais pourtant ce nouveau calme, ce nouvel amour de ma mère, ses sourires, ce beau-père discret et attentif. Et puis j'ai aimé, cet Emmanuel, beau brun timide, mais fougueux dans sa déclaration, dans la chaleur de ses bras, des baisers volés et une volonté de mes retrouver pour lui. De devenir femme entre nos sentiments et nos émotions charnelles, j'ai retrouvé une ligne sans régime sauf celui de l'amour.

 

Robes légères, balades et soirées sans fin. J'étais bien et si féminine, une nouvelle coupe, blonde six mois, brune six mois et toujours lui. Pour lui, pour son coup de crayon, j'ai posé, j'ai souri sans limite, j'ai joué avec mes courbes, mon corps exprimant le reflet de ses regards forts sur moi. Un duo complice, une belle fusion, le temps de porter des collants de couleurs, d'oser des motifs, des tenter les résilles de toutes tailles, de rire des moments impossibles, des collants filés trop vite, des looks destroy imrpovisés, de son regard toujours attentionné sur moi. J'étais sin bien.

 

Aujourd'hui je suis devenue une femme, bientôt une mère, déjà une épouse, avec un autre certes, mais je ne peux envisager ma vie sans mes jambes libres. Dans ma propre définition de cette valeur, sans contrainte, sans exhibition, mais juste aériennes sur des talons, dans des bottes ou sur des escarpins à talons hauts, mes jambes enveloppées de nylon, fin ou opaque, pour souligner mon allure naturelle. C'est un peu de moi, c'est indispensable à ma féminité, et je suis bien ainsi.

 

Nylonement

 

Jamais sans mes jambes !

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Publié le par Gentleman W.
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Comme les autres

Lundi, lundi de mars, lundi d'hiver encore. Le ciel est entre gris et blanc au-dessus de mon velux, dans mon studio un peu froid. Lui est déjà parti, en mission pour la semaine, moi j'ai démissionné la semaine dernière. Fin d'une relation triste avec des collègues stressées, pâles et sans sourire, fin de cette relation d'objet à vendre. Je suis épuisée par ce manque d'humanité, et là encore ce matin, sans rien, après tant de larmes, tant de bras serrés autour de moi,  je peine à trouver un sens à mes prochaines semaines.

 

Je déprimais, mais j'aurai pu glisser plus loin, pour le seul bonheur de gens qui me relançaient avec une éternelle remarque sur l'effort, sur le monde est difficile, mais toujours en oubliant que je n'étais pas un paquet de viandes sou vide, qu'ils ne disposaient pas de moi comme d'un produit. Sans moi ils ne sont rien, sans eux, je ne suis pas grand chose, je le sais. Mannequin, un boulot usant, frustrant, pesant fait d'attente et de longueurs, puis de courses, d'ordres, de froid et de chaud, de folies en tous genres.

 

Entre le styliste, souvent créateur raté, se lance dans un délire d'envies, de cri, d'hystérie hormonale, de besoins et d'envies qui contredisent les premières, et si je suis le mannequin, je ne suis pas de chiffon, ni une poupée mais bien humaine. Les assistantes terrorisées et souhaitant en même l'éviction pour la moindre faute de la première, je jongle entre leurs coups fourrés pour ne pas attraper froid en posant dans un studio trop grand, avec des décors délirants ou sur des plages à l'autre bout du monde, sans intérêt, sauf le wifi à l'hôtel, enfin le soir. Non, je n'accroche pas avec ce style, cette mode, cette volonté aussi de déstructurer tout, de chercher un autre sens, souvent aucun sens à tout, à donner un contre-sens au vingtième degré en posant avec des talons hauts de quinze centimètres, valant mille euros, mais plongés soit dans du sable et de l'eau de mer, avec une fourrure, soyons con jusque boutiste, ou les mêmes escarpins dans un souterrain glauque, puant, un atmosphère de poubelle, des flaques d'huile de vidange.

 

 

Comme les autres
Comme les autres

Et puis finalement je suis payé pour sourire, faire la belle, faire la belle modèle, la plus belle avec le plus grand sourire, j'ai tant entendu les superlatifs, et finalement maintenant pour ne pas détourner les futures clientes du produit que je porte, je dois faire la gueule. Rien, un regard vide, une moue, un visage maquillée mais inerte de la moindre émotion. C'est tendance, et un petit groupe s'autocongratule sur les modes, les couleurs et les imprimés qui feraient mourir un kaméléon, même adepte des clowns. Je les regarde effectivement avec une lassitude profonde, et donc je leur dis ce que je pensais d'eux, de leurs minauderies, de leurs manque profond de talent, de leur exigence sans rapport entre les personnes présentes, la communication sans autres  valorisations, juste des remarques, des pensées  négatives, ce reél manque d'envie finalement. Créatif, j'ai expliqué ce qui leur manquait aussi, ce recul sur eux-mêmes, ce besoin de vivre sous une pression non constructive, cette mélasse qui était leurs pensées, et puis j'ai ri.

 

Totalement, même en allant chercher mon chèque, donner ma démission, en claquant les portes, en donnant ma vérité d'humaine à mon agent, en la coupant dans une de ses nième discussions masturbatoires sur le poid de l'une ou l'autre, celles qui attendaient dans le couloir. Je me suis lâchée, peut-être flinguée dans le métier, mais mon corps est autre chose.

 

Deux photographes ont vite appris la nouvelle, les rumeurs, le coup de vent pris en pleine face par certains, et ils m'ont booké aussitôt, pour mon corps libre, ma fougue, mon impertinence et mon sourire.

 

Une semaine commence, une nouvelle semaine.

 

Je suis mannequin, je suis libre, pas totalement, mon corps est fatigué, mais le soleil pousse les nuages, l'envie est là, avec ce futur printemps, les couleurs. Moi.

 

 

 

Nylonement

 

Comme les autres

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Besoin d'elle

Eux, ce sont mes proches en particulier ma famille, mes amis et mes amies, mes copines, mes voisins, mes collègues. Mais c'est aussi la société, cet univers invisible dans lequel nous sommes vivants, respectant les règles d'un gouvernement, les lois, mais aussi les valeurs de notre éducation. Les interactions de tous les êtres, de ceux qui pensent librement avec leur propre référentiel de valeurs, leurs propres définitions des mots "Respect" et  "Liberté". Le poids énorme d'un groupe d'individus, qui se parlent, se regardent, s'observent, s'entendent , s'écoutent parfois, plus rarement.

 

Eux ce sont ceux que je croise anonymes dans les transports, moi-même avec mes écouteurs et mon univers musical, ma tronche penchée dans un livre, un magzine ou dans le vide du sol pour ne pas les voir. Leus pas, leurs godasses et leurs talons, les petits et les grands, les trop parfumés et les sans-douches, je ne les regarde plus, pas vraiment envie des les voir. Je ne tente pas le rand écart entre eux et moi, mais nous ne posons pas la même vision sur notre monde. Passé, présent, futur surtout, je vis pour demain.

 

Moi, je suis jeune, studieuse, protégée et pourtant parfois un peu paumée. Mes repères sont faciles, un quotidien bien chauffé, un cocon bien nourri. Cependant dans un monde où le boulot manque, où le futur rime souvent avec des contrats précaires, j'essaye de bosser un maximum pour être la meilleure avec le meilleur diplôme. Et pourtant, en tenue jean et pul, ou en tailleur pantalon, je reste moi-même. Et j'ai des doutes quant à un réel poste disponible juste suivant mes envies, juste suivant leurs besoins.

 

Moi, c'est aussi une bombe à retardement,une famille aimante, peut-être trop présente même si ils me foutent la paix, même si il supporte mon caractère d'adolescente aux règles complexes, aux sauts d'humeur très acrobatiques. Je ne sens perdue, et pourtant ils sont là derrière la porte, n'osant forcer ma barrière d'humeur, n'osant comprendre que j'ai besoin d'eux. Un paradoxe quotidien, sauf depuis qu'elle a apporté sa lumière.

 

 

Besoin d'elle
Besoin d'elle
Besoin d'elle

Eux, ce sont aussi les regards, ceux de la vie, des repères naturels et hérités des générations ou des habitudes. La quête du couple entre les copines et les copains, l'esprit ouvert sur de belles soirées où l'on trouvera sa moitié, son mâle romantique ou macho, son homme. J'ai regardé, j'ai goûté, mais finalement je ne me suis pas trouvé dans ce modèle. Heureusement j'ai pris du recul sur eux, dans ma timidité, j'ai compris que ce n'était pas eux qui me jugeait, mais moi qui pensait pour eux. Mon propre regard dans le miroir. 

 

Eux n'avait pas non plus l'envie de voir, le flou restant une solution de faciliter, une aisance colorée de politesse. Mais dans mon cocon le plus proche, j'ai pas cherché à être autre chose que moi. D'ailleurs mon beau-père, cet homme qui aime ma mère, elle aussi en retour, deux amoureux heureux, deux familles derrière, un amour fusionnel devant, bref eux, ils ont ouvert les yeux plus vite, sans juger. Ils ont été simples dans leurs messages "nous ne voulons,, nous ne voyons que ton bonheur !" Eux  n'avait pas de choix sur moi, sur elle, sur nous. Loin de la société, loin des écueils possibles, ils étaient déjà là comme un point de soutien. 

 

Moi, c'est un peu d'elle, cette femme que j'aime de tout mon coeur, fragile, encore incertain, encore pris dans les doutes. C'est un peu mon moteur intérieur, ma carapace et puis aussi dans ce cas, une révélation, une obligation de me l'avouer à moi-même. Sans surprise, sans avoir de plus à le clamer autour de moi. Est-ce que ma mère m'a fait son revival d'amour quadra-out, non, elle l'aime simplement. Moi aussi j'aime simplement cette femme.

 

Moi, c'est un bonheur de me lever, de l'attendre, de l'appeler, de bosser beaucoup et de trouver que tout mon temps libre avant si important si vide, est maintenant si limité, si peu extensible pour être encore plus avec elle. Je suis bien dans ses bras. Notre relation vit, nous sommes deux femmes ensemble, main dans la main, face à eux, mais heureusement si les regards diffèrent, de plus en plus nous soutiennent, ou simplement s'indiffèrent dans un naturel contemporain. C'est ainsi, c'est notre vie, pas la leur d'ailleurs, mais la mienne avec elle.

 

Moi, je suis amoureuse d'elle. Et c'est ainsi.

 

nylonement

 

pour référence

www.liberation.fr/societe/2015/03/05/lesbiennes-vivons-heureuses-vivons-cachees_1214348

 

 

Besoin d'elle

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Publié le par Gentleman W.
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Lumière ou ombres

Etrange voyage dans le réel comme dans le figuré, je suis ce soir dans cet hôtel merveilleux, au sud du Maroc, l'équipe de shooting fête dans la bonne humeur, le soleil qui nous manque tant actuellement en France, la fin de nombreuses heures d'essyages, de poses, de stylisme, de sable un peu partout.

 

Et les esprits se lâchent un peu, je suis nouvelle dans le métier, pas comme les autres, plus grande, pas si fine, mais surtout plus âgée. J'ai fait mes études, finies même mon mastère pour finalement enfin profiter de la nième proposition de faire mannequin. J'avais posé un peu pour moi, des copines, des photographes devenus des amis, mon petit ami même, mon fiancé. Mais cela m'avait permis de m'exprimer, de rentrer dans le jeu des envies de l'autre, de sa mise en scène, me libérant d'une timidité et paradoxalement me permettant d'accepter mon corps. Oui trop grande, trop noire dans une famille métisse, trop jeune pour être si belle. Je complexais de tout, de ces petits riens qui deviennent des obsessions de jeune femme.

 

Ce soir, je me retrouve face à des questions, d'où je viens, face à l'Afrique, face à des raccourcis, car tous sont persuadés que je connais le continent. Eh bien non, je suis allé plus souvent au ski, dans les Alpes, mais jamais dans le moindre pays africains. Un blanc, du moins un silence dans une équipe mêlant mixité de physiques et de cultures. Asie, europe de l'est, magreb, pays variés entre le photographe allemand, les deux assistants slaves, les maquilleuses et coiffeuses parlant une langue inconnue, les stylistes gays et anglais, les assistantes et scriptes vaguement suédoises ou néerlandaises, du personnel divers, un dessinateur algérien, un mélane où je ne suis qu'une goutte d'eau pour diluer le tout.

 

 

Lumière ou ombres
Lumière ou ombres

 

Oui c'est étrange car mes origines sont mixées aussi, des grands-parents des îles, un père certes noir mais né à Lille, une mère métisse mais bretonne, une belle-mère super mais terriblement blanche, des soeurs et frères de toutes les couleurs. Et notre culture, notre milieu social , des parents cadres hospitaliers, plus favorisés, je suis loin des clichés, j'ai toujours vécu avec une culture melting-pot. Sans y réfléchir, certes en avalant les remarques racistes parfois mais les enfants sont terribles entre eux, la couleur, les apppareils dentaires, la coupe de cheveux, l'acné, les mauvaises baskets, tout est sujet à vacherie, rien de plus pour moi. Et  le côté culture et traditions, la bouffe venait de tous les pays du monde, celle du centre commercial d'à côté, des restaurants, des fast-foods. Pas de religion, sauf celle de la gourmandise. De la lecture aussi, des études aussi.

 

Je grandis, pour découvrir, avant-hier les parfums de l'Afrique, du tagine, du souk, du sable chaud. Un univers parallèle au mien, quel sourire intérieur en regardant leurs yeux tous ronds ce soir. Surtout que le rédacteur, le chef de notre troupe, un blanc, même un peu trop âle à force d'écrire dans son bureau sans fenêtre et lumière naturelle, lui, en rigolant, il a précisé ses origines. Ici Casablanca, son enfance, son Afrique, ses potes, sa nounou, sa vie, son exode, sa nouvelle vie, ses souvenirs des parfums, sa nostalgie. En l'écoutant j'ai eu une larme, car nos coeurs se sont croisés, nos cultures, nos valeurs, nos vies, nos âges, tout cela ne veut rien dire. C'est une part de nous, invisible, profondément cachée parfois, une caricature extérieure aussi quand le regard des autres juent sur l'apparence.

 

Nous avons ri de nos racines mêlées à tous, pour nous définir tous comme des humains, un peu fous, un peu saôuls de fatigue et de vins, enivrés de nos histoires différentes mais venant des mêmes gènes.

 

Nylonement

Lumière ou ombres

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