Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes & portraits

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Culture, #Douleurs de Femme, #Femmes & Portraits

Je n'ai pas choisi de naître ce jour-là, dans cette famille-là, dans cet hôpital en banlieue de Paris. Bébé de l'euphorie de la Libération, j'ai été le fruit de l'amour d'une femme éternellement enfant et d'un homme ne pouvant exprimer ses émotions. Heureuse dans une époque souriante des trente glorieuses, j'ai fait mon chemin avec mes deux soeurs derrière moi, si différentes, si éloignées de mon caractère. Naturellement, j'ai pu choisir ma voie, celle d'à côté d'une vocation de peintre, de crayonneuse comme disait-alors mon professeur, de styliste au final. Dans un bureau, j'ai suivi une carrière en m'impliquant dans mon travail, en étant toujours présente, forte face aux hommes qui pensaient tout savoir, pour grimper dans les échelons. Dans un bal, j'ai emmené avec moi un jeune homme discret mais si beau, il m'a fait décollé loin d'ici quelques mois plus tard. Mariée et joyeuse dans cette vie d'aventure, d'insouciance et de bonheur au soleil j'ai pu reprendre l'art, partager avec pédagogie mes bases pour des plus jeunes. Ah que la vie était belle !

 

Aujourd'hui je dois prendre tout cela comme un dernier voyage dans mes souvenirs pour retrouver mes beaux moments. Le regard figé dans cette lumière néon, au plafond de ce bloc d'hôpital, je suis ailleurs, shootée par les médicaments. Hors de mon corps qui me lâche, je vacille sans tomber, mais j'ai plus l'impression de m'appartenir. Ils tournent autour de moi, injectent, discutent, se justifient, misent sur mon potentiel à être encore là demain. 

 

 

Survoler

Heureusement, on imaginaire est libre de toutes ses contraintes, je peux m'évader dans le ciel bleu, celui que je ne vois pas d'ici, que j'ai en moi, avec mes couleurs d'aquarelle. Sans limites, je pousse plus loin, les mots, surtout les images de ma volonté, de cette force intérieure qui bat encore. Avec lui, je n'ai pas encore eu le temps de peindre, de partager cette envie de tourner autour d'une modèle, de façonner des croquis, de les compléter, de leur donner vie avec des craies, des pinceaux ou de simples crayons, des tâches d'encre, quelques bambous plus sobrement. Ma boîte et mes papiers me manquent mais je peux créer sans contraintes autant d’œuvres que je les souhaite. Pensées, ébauchées et déjà finies, sans les coups de gommes ni les retouches, déjà accomplies, elles sont là face à mon regard, prêtes pour une exposition.

Je serai là pour la prochaine, à moins que ce ne soient uniquement mes dessins et mes toiles. Que d'amour pour ce dernier vol !

 

Nylonement

par Gentleman W

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité, #Femmes & Portraits

Mon quotidien était celui de tant de gens, de tant de femmes et d'hommes. Une routine entre famille, enfants et boulot, avec les transports en supplément, trop de kilomètres en voiture mais tant de perte de temps dans les trains et autres bus, j'avais changé de job, oubliant l'hôpital pour devenir infirmière à domicile à mi-temps. la seconde moitié de mon temps était pour ce nouveau dispensaire ouvert dans notre village, à l'usage des citoyens des petites communes environnantes. Des médecins, des psychologues, deux dentistes, deux autres infirmières et notre nouveau pôle fonctionnait bien. Avec le temps, j'ai abandonné les domiciles à une nouvelle infirmière, pour basculer vers un autre bonheur, une maison d'hôtes du vendredi au lundi. Notre maison ancienne avait retrouvé son lustre d'antan, après un an de travaux. Je pouvais chiner dans les brocantes des meubles pour les chambres, donnant un style romantique à l'une, un style plus chic bourgeois à l'autre, organisant la salle de détente avec des fauteuils club de toutes époques. Une bibliothèque recueillait de nombreux livres trouvés dans les dépôts Emmaüs, à disposition des premiers clients durant leur séjour. Des liens nouveaux avec des personnes de passage, des visiteurs enchantés par notre région. Majoritairement des retraités en duo, mais aussi des petits-enfants durant les vacances, des couples amoureux, des couples d'un jour cherchant un endroit pour le confort d'un lit sans se soucier de la météo, nous avons vu tant de monde passer ici. Certains soirs, nous faisions des plats locaux, des plats traditionnels et familiaux. Avec les vins des viticulteurs des environs, nous avions toujours un petit stock et les adresses pour satisfaire les clients amateurs.

 

Un jour il y a eu ce week-end prolongé, avec une pluie incessante, un ciel gris, du vent, beaucoup de vent. Nous avons fait un feu dans la cheminée du salon, pour réchauffer les coeurs tristes de ne pouvoir faire des balades, pour lire en grignotant thé, café et petits gâteaux. Des clients pris au piège mais heureux d'être dans notre belle demeure. Et ce couple qui proposa de danser. Une idée souriante, quelques minutes de confusion pour pousser les tables basses et fauteuils, et le temps de trouver des disques, oui des vinyls, de danses de salon. Après quelques tâtonnements, quelques pieds écrasés, tout le monde a suivi ce couple de danseurs. Des amateurs très éclairés, passionnés de corps à corps enchantés, de cette liaison de force et de souplesse entre deux personnes. Ce jour-là, j'ai compris que ma vie changeait. Une drogue venait de me piquer le coeur, le corps entier en vibration malgré mon niveau de totale débutante. Mais dans ces bras inconnus, j'ai ressenti l'espace si différemment, ma silhouette a quitté son aspect recroquevillé. Femme et même féminine, j'ai senti un plus à changer ma position, à me redresser, à jouer de mes jambes, à faire l'harmonie avec mes bras, à laisser ce tout s'enivrer. Une découverte, une révélation complète.

 

Depuis ce jour, j'ai changé de vie, je me suis révélée dans cet art du bien-être. Pourtant les premiers cours ont été épuisants, avec cette fatigue qui attise le doute pour poursuivre, mais j'avais aussi les effets de l'addiction, pour continuer. Ce plaisir après la souffrance et quelques douleurs dans les jambes, des contractures dans le buste. Ce plaisir de m'envoler, de voler au-dessus du sol, de partir ailleurs pendant quelques instants. Ce plaisir si intense qui me fera revisiter ma vie amoureuse, quitter mon mari, partir un peu plus loin, pas trop loin avec mes enfants déjà grands. Et surtout plus proche de ma salle de danse. Mais aussi en stage en Argentine, là-bas pour simplement vivre le tango. Respirer le tango comme un art de vivre, une passion entière. Mon corps s'est adapté, ma vitalité vient de ces moments sportifs, de ces instants de lâcher-prise total. Une nouvelle vie !

 

 

 

Tango hypnotique

Une nouvelle vie gorgée de sensualité, de robes fluides sur mes courbes, de talons hauts toujours à mes pieds, comme une part de moi. 

 

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Femmes - demain

Je repense à elle en ce jour gris, assis derrière une vitre chargée de gouttes d'eau. La pluie a commencé à tomber doucement, une bruine délicate sur les fleurs, sur le gazon qui retrouvait son vert oublié avec cet automne prolongé. Comme un coup de pinceau qui uniformisait le sol, comme un coup de baguette magique dans la paysage. Les rares demies heures de pluie des derniers jours avaient redonné vie à cet espace. Mais aujourd'hui l'intensité s'est démultipliée, pour frapper même les carreaux, avec le vent comme complice, une force naturelle et invisible. J'étais là dans mon fauteuil club, porté par le long dossier de cuir, en pleine lecture. Avec ce temps, les souvenirs de son passage ici, dans ma vie.

 

Cet jeune étudiante, comme moi d'ailleurs, un peu perdue les premiers jours, puis très sure d'elle dans les mois qui suivirent, une personnalité avec un charisme évident même dans cette masse de jeunes gens, tous vêtus de même. Jean, blouson du moment, bottines, sac besace pour tous, sans même une distinction de sexe, juste des couleurs pour les matières, des coupes un peu différentes, mais elle avait ce petit supplément qui forçait mon regard pourtant plonger dans mes cours. Quand elle arrivait dans l'amphi, elle ne descendait pas les marches comme les autres, elle se faufilait, elle marquait une pause, cherchant une place. Justement, prévoyant, j'avais mis mon sac à dos sur un siège libre, mordant les contrevenants, attendant un ami. Mais elle fût pour elle, pour recevoir un merci qui traversa mon coeur. Un sourire en bonus. Inoubliable.

 

Nous avons pris l'habitude de parler, de réserver nos places mutuellement, de partager nos séances de révisions ensemble. Bien sûr nous avons formé un duo, parfois trio ou quatuor pour les travaux en groupe, travaillant au même rythme, complétant de nos connaissances les avancées de l'autre. Juste pour les études, un sujet de blagues pour mes potes le soir. Quelques railleries entre deux bières. Mais nous avons passé cette fin d'année-là comme deux camarades ayant l'unique ambition de passer les examens pour continuer l'année suivante. Nos résultats furent concluants, les siens plus brillants, et nous avons fêté cela avant les vacances. Chacun repartant dans sa province, basculant vers un petit job, vers d'autres passions mises de côté depuis neuf mois. Le choix des options nous assuraient de futurs cours en commun pour la rentrée.

 

Si belle

 

La suite, vous l'imaginez déjà, elle est revenu, plus radieuse que jamais, avec cette touche caramel en plus, toujours plus belle, avec une maturité nouvelle. Toujours aussi impliquée, prenant au passage des responsabilités dans une association d'étudiants pour de l'aide sociale aux étudiants étrangers. Sa couleur de peau lui fit parfois de mauvais tours, jugés trop souvent par pur racisme. Une fois, alors que nous travaillions ensemble, elle s'effondra face à cette haine trop présente, face aux messages verbaux reçus à la figure, blessants. Elle ne comprenait pas, elle refusait de devoir justifier qu'elle était française, avec ses grands-parents antillais mais aussi sa mère métropolitaine mariée avec son père breton. Quelle confusion dans les mots, dans les douleurs et toujours cette haine pour toujours la différencier. J'avoue n'avoir pas été qu'une grande aide car ne trouvant pas les mots pour sécher ses larmes, juste mon épaule et mes bras. Nous avons tant parlé ce jour-là, je lui ai proposé de venir ici ensuite pour la semaine de vacances qui arrivait. Une vieille maison de bord de mer, ancienne mais inhabitée bien que maison de famille. De longues balades, toujours mes bras, tant de soirées à rire dans ce salon, avec les bûches craquantes dans la cheminée, des plaids pour la couvrir quand elle somnolait dans le fauteuil club. La vie a continué, nos études aussi, nos amours le temps d'une autre année. Et puis elle est partie vers une autre université. 

Dans ce journal, une photo d'elle, lumineuse, brillante dans sa profession, toujours aussi belle. Et les souvenirs qui se bousculent dans cette maison. Je suis seul, mais elle est là, en moi, dans mon coeur. Inoubliable.

 

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Femmes - Duo de générations, #Femmes - demain
Art et toi ?

 

Le temps a passé depuis les sorties d'école où je venais chercher ma petite fille. Un moment si particulier, survenu quatre ans après la première joie d'avoir une nouvelle personne dans la famille, une autre génération. Une petit fille, Colombe, un prénom de paix et d'espoir, une fleur venue au printemps, dans le couple de mon fils et de la si gentille belle-fille, j'étais grand-mère. Mamie plus exactement quand les premiers mots sont venus, et je me suis accommodée de cette boule d'énergie qui dévalait les pentes du jardins, remontait et recommençait durant tout l'après-midi. Insatiable ou simplement curieuse, elle aimait faire le tour du jardin en tenant la main de "son" Papy, ne le partageant pas durant ces moments complices pour découvrir le noms des fleurs, tentant vainement de les répéter. La malice de celui-ci arrivait toutefois à faire dire à une petit fille des noms en latin, qu'elle écorchait à volonté avec un grand éclat de rire ensuite. Découvrir aussi les insectes, les moineaux nichant au-dessus du garage, les lézards sur les trois pierres chauffés par le soleil, la petite mare pour les grenouilles, un univers qu'elle dévorait seule. Puis sont venus deux jumeaux dans sa maison, des cousins, des cousines aussi, le jardin avait alors son guide attitré pour expliquer aux autres, avec un brin de fantaisie, les qualités et défauts des insectes, des fleurs et même des fleurs de pissenlits. 

 

Aujourd'hui, nous sommes entrées ensemble pour partager une visite d'exposition d'art. Elle a grandi, trop vite, venant moins souvent nous voir, regrettant aussi le départ récent de son papy, retrouvant après une pré-adolescence compliquée et rebelle, une ascendance plus douce, plus proche de moi maintenant, entre adolescence et ses premiers pas d'adultes. Nous voilà heureuses en duo pour marcher sur ce parquet ancien, pour commenter les tableaux et les sculptures. Devant nous, un duo de pipelettes, hautes comme trois pommes, dissertant sur la jupe de cette ballerine, refaisant la réalité avec leurs repères d'enfants. Rires doubles de notre part, car tout cela se raccroche à nos souvenirs. Immuables émotions communes !

 

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain, #Femmes & Portraits

Aujourd'hui je marche, je me lève de ce fauteuil design, je quitte mon bureau pour traverser les locaux de mon entreprise. Petit idée, devenue grande, ayant trouvée son marché, j'ai lancé un premier produit dans un concept-store avec la boule au ventre. Les premiers clients je les aurai embrassé pour les remercier de croire en nous. Les ventes ont grossi, les murs ont grandi, les salariés se sont multipliés. Mes horaires n'ont jamais cessé d'être à rallonge mais la fatigue était celle d'une réussite après les doutes des premiers mois, des deux premières années. Même si des débuts à tout faire, j'ai dû déléguer, me tromper sur certains recrutements, me relancer pour passer de nouveaux paliers, pour vendre d'autres produits, pour les créer et les faire produire. Toujours avec le même cahier des charges, maximum local, à un prix compétitif, avec un label Made in France bien réel. Car derrière ce simple concept marketing, il y a un environnement de travail, un écosystème comme diraient certains blablateurs, le plus souvent dans la paroles que dans les actes. Oui un ensemble de petites et moyennes entreprises capables de se comprendre, de se porter pour lancer une nouvelle gamme en quelques mois, assez solidaires pour se serrer les coudes pour supporter les premiers budgets engagés, avant d'obtenir les premiers retours financiers. Mais tout cela vit avec une belle stabilité.

 

Je suis devenue la directrice générale le titre de PDG me paraît trop pompeux, trop français aussi, surtout depuis notre développement à l'international, après à peine cinq ans d'existence. J'aime toujours autant cette ruche d'idées, de personnes impliquées et d'échanges pour toujours innover.

 

Pour lui

 

Avec mon premier vrai salaire, au bout de vingt six mois, j'ai succombé à une folie, une paire d'escarpins de rêve, un petit bonheur symbolique. Ceux que je porte aujourd'hui pour aller à cette réunion, moitié dans cette grande salle, moitié en vidéo-conférence avec les quatre autres bureaux internationaux. Nos derniers salons ont enclenché des opportunités de reventes nouvelles, démultipliant l'offre et en retour une demande bien réelle. Nous devons faire un point sur cet équilibre entre production, stock, demande et surtout qualité, car nous sommes dans le haut-de-gamme, en frontière du luxe. D'ailleurs nous pourrions franchir cette limite, pour aller plus loin mais avec d'autres codes, d'autres valeurs, une qualité renforcée dans les finitions, dans le contact avec les clientes. Je suis sereine pour ce moment-là, mon équipe avance avec les mêmes objectifs. Mes doutes sont toujours sur notre pérennité, sur le temps pour devenir une marque reconnue du secteur, innovante et incontournable. Je pense à mon père, qui avait ri, m'avait charrié en me faisant le premier chèque pour me lancer. Mimant ma réussite et ses excès, mimant la déconfiture avec encore plus d'excès pour me rappeler la réalité d'un long chemin. Son investissement n'a jamais été perdu, doublement consommé mais rentable car nous offrons un totale indépendance envers les banques. Sans cette pression supplémentaire, notre modèle économique est viable maintenant, mon père peut rire, me voir gambader en tailleur gris perle, loin de la salopette des débuts pour réceptionner les livraisons, débarrasser les cartons stockés parfois dans son garage. En fait, je suis fière de l'avoir rendu fier. Quel bonheur, une pensée positive avant de pousser cette porte, de me lancer dans cette réunion. Son soutien moral était bien plus fort que les milliers d'euros. Si importantes nos discussions sans fin certains soirs de semaine, les jours de doute, où il ne me donnait pas de réponses, juste un avis, parfois empli de malice, juste un éclairage différent pour mieux apprécier mes paramètres pour me décider ensuite. Merci !

"De toutes façons, ma fille, ton cerveau te servira encore plus que tes longues jambes à conquérir le monde."

 

 

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Femmes - vous

 

Ouvrir ce manteau long, ce vêtement d'automne indispensable avec ce vent installé depuis plusieurs jours, soufflant feuilles rousses et papiers gras dans les rues, soulevant les jupes, glaçant les gambettes. Mais là dans cet atelier, pas de sensations de froid, plutôt une chaleur rassurante, comme sa voix. Car c'est bien au-delà d'un défi que je m'étais lancé, je voulais retrouver un sens avec moi-même, une conscience visuelle avec mon corps. Ma psy m'avait conseillé cela avec un sourire, comme une suggestion d'amie, pour se détendre sans vraiment y croire, mais en touchant là où il fallait. J'avais cogité sagement, pas tout de suite, mais l'idée s'était renforcé un soir, sous la pluie, en regardant les vitrines, et puis soudain ce miroir, moi, mon image, parmi les mannequins, parmi les photos des autres corps, au milieu des publicités.

Aucune envie d'être ces femmes là, ces mannequins sans formes, sans réelle féminité, victimes d'un jeunisme répandu sans limites, parfois à contre-sens du produit vanté. Une crème anti-âge pour les quadras et quinquas, mais idéalisé sous les traits vides, fades et lisses d'une jeunette hybride, déconnectée de notre réalité, du moins de la mienne. Alors en riant, j'avais fouiné sur le net ce soir-là pour comprendre les possibilités de faire des photos, de devenir modèle pour une fois devant l'objectif. Pour qui ? pour moi, pour lui, pour mes enfants, pour nous en privé, pour un album ou juste des clichés numériques, avec quels droits à l'image, à la publication. J'avais pris plusieurs soirées pour m'informer sur les forums et autres réseaux sociaux, pour avoir l'avis d'amies aussi, pour entrer d'un pas léger, très prudent dans une photothérapie inavouée.

 

 

Pour moi

 

Ouvrir mon peignoir devant lui. J'avais contacté plusieurs photographes, les offres étaient nombreuses, le choix entre portrait et boudoir me titillaient déjà. Alors d'autres questions ont trouvé des réponses, avec des instants de doutes, mais toujours cette envie, sans aucun renoncement, j'en avais envie pour moi. Pour me réapproprier mon corps. Certes imparfait quand aux critères nombreux délivrés par les médias, mais je ne visais ni la couverture des magazines féminins, ni même les pages intérieures. Juste une série pour moi. Dans les books, sur les sites de photographes j'avais pu voir des femmes, comme moi, singulières, vraies, authentiques avec leurs tailles, leurs formes, leurs défauts mais aussi et surtout leurs qualités. Des séries avant-après où elles étaient sublimées par le travail de la maquilleuse, de la coiffeuse mais principalement par le regard du photographe. Des yeux sur elles, toujours bien réelles, mais resplendissantes, sur moi.

J'avais posé mon sac, une amie m'avait accompagnée pour cette première fois, par sécurité et par curiosité aussi. Nous avons discuté encore avec lui, de son style, de ses clichés vus sur le net, de mes attentes ensuite. Et puis très vite, nous avons choisi une tenue, un chemisier, une robe, des escarpins, des talons fins que je ne mets pas assez dans la vie courante et que j'adore pour élever ma silhouette, pour signer ma féminité. Un brin de lingerie, nous avons ri, choisi et essayé, je me suis changée tout naturellement.

Et devant lui, j'ai délivré l'image que je pensais être. Je me suis lâché doucement, plus exactement la deuxième fois, pour le deuxième série. Car entre temps j'ai vu, décortiqué, critiqué et finalement tant aimé me voir. Avec l'envie d'encore m'ouvrir à son regard complice, qui devenait le mien ensuite en regardant les clichés.

 

 

Merci à Katia WEYDERS pour cette collaboration visuelle, toute en féminité

Merci à Katia WEYDERS pour cette collaboration visuelle, toute en féminité

 

 

Ouvrir ma vérité. J'ai pris plusieurs mois pour libérer en confiance mon corps. Car poser est un art, une science du geste naturel, voire parfait, sans heurter les proportions, les mauvaises ombres, les lumières trop directes, les rondeurs trop présentes, les bras et les mains encombrantes. J'ai observé d'autres modèles lors d'une séance où j'étais venue en avance. Comprenant mes erreurs, réalisant ma féminité avec ce corps enfin délivré. Avec ses défauts, mais aussi avec tant d'atouts. D'ailleurs j'ai fini par les montrer à une amie, à une autre, elles ont crié de bonheur, face à cette autre femme, qu'elle voyait rayonnante. Moi, réellement moi.

 

Ouvrir cette album, ce soir pour lui montrer enfin ces autres facettes que je cache trop souvent. En scrutant ses yeux émerveillés, avec un début de larmes de bonheur. Car lui connaît de ses mains, de son amour, de notre vérité, mon corps mais lui aussi surprend ces instants figés dans une beauté qu'il a déjà vu, sans pouvoir trouver les mots, sans pouvoir me convaincre de ma réalité. J'ai adoré ce jeu de miroirs, et maintenant j'en veux encore.

 

 

" Briller de mille feux, dans ses yeux,

juste en croyant en moi. "

 

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Femmes & Portraits, #Douleurs de Femme

 

"Je n'ai jamais rien vu dans ses yeux. Surtout pas son amour !" 

 

Marie, ma meilleure amie, venait de venir sonner, quelques minutes plus tôt à la porte de mon appartement, sans prévenir, en cette fin de journée, perdue. Derrière ma porte, à peine rentrée de mon boulot, de ces réunions sans fin et sans réels objectifs clairs, avec encore quelques courses pour remplir le frigo vide, je venais de poser des fruits dans un joli compotier ancien sur la table. Une grappe de raisins, du chasselas de Moissac bien doré, croquant et sucré, je rêvais d'un thé et d'un temps de repos, de détente précisément. Et cette sonnette, cette amie désespérée derrière ma porte. J'avais ouvert pour la laisser entrer, croyant avoir une visite surprise pleine de belle énergie, mais c'était une source infinie de larmes qui dévalait sur mon sofa.

 

Elle avait vaguement délaissée son trench trempé par cette nouvelle pluie d'automne, en venant depuis le métro, sans parapluie, sans cohérence, son sac abandonné dans l'entrée, elle voulait tout me dire, elle était là perdue dans mon salon. Ses propos étaient confus, elle s'excusait d'être venue, sans savoir où aller, sans savoir pourquoi elle était là, roulée en boules sur mon canapé, près de moi. Nous nous connaissions depuis des années, pas des copines d'université mais durant nos premiers stages, nous avions suivi les mêmes aléas de boulots instables, mal payés, sans intérêts ou grisants mais avec des heures impossibles, on avait sué ensemble, ri le plus souvent de cette situation bancale, ri de tout, ri de nous au final. Elle avait pris ses marques ensuite dans une société de communication, commerciale souriante, généreuse avec son équipe, toujours ouverte aux idées les plus folles pour satisfaire les besoins de publicité ou de simples brochures vers les clients. J'avais bifurqué vers le juridique de ce même métier, alors sans être concurrentes, ni dans la même structure, nous avions gardé des contacts pro et surtout amicaux. Nos envies de boulot avaient laissé place  à nos aventures pour des weekends de dernière minute à Deauville, à Bordeaux ou dans un spa déniché avec d'autres copines. Puis les amours avaient soudé des couples, des enfants en cours ou déjà en marche vers la maternelle. Nous étions encore célibataires, du moins entre deux histoires de prince charmant. 

 

 

Amoureuse

 

Elle avait croisé Jules, un beau brun sportif glissé dans un polo rayé sous un costume bien coupé, lors du mariage d'une amie commune. La plage, les soirées, les terrasses et les repas sympathiques, les saisons se suivaient depuis bientôt deux ans. Ils venaient parfois à la maison avec d'autres amies, elle toujours souriante, sublime avec sa petite robe noire, ses fesses rondes dont elle détestait les volumes, dont il adorait les rondeurs. On rigolait, on buvait, on mangeait, on vivait pleinement ces soirées. 

 

Là ce soir, elle était dévasté par leur histoire, elle ne voulait pas me déranger mais nous étions si complices. On avait tout partagé depuis le temps, nos doutes, nos folies, nos secrets en partie, nos vies de mode et de boulot. Tout et rien, presque tout. Une intimité d'amies devenues si proches. Alors j'avais discrètement glissé un paquet de mouchoirs sur l'accoudoir, j'avais sorti de quoi boire sans la saouler et j'écoutais son flot de mots, ses silences, ses larmes. Après un weekend impossible à se disputer après une accumulation de petites choses, de détails qui amplifiaient leurs incompréhensions mutuelles, elle avait craqué, elle l'avait foutu dehors, ne supportant plus son individualisme, son presque nombrilisme. A cette période, elle souhaitait vivre d'autres choses, construire ensemble et là, soudainement, elle venait de découvrir un grand vide entre eux. Loin de ses envies à lui, elle voyait partir leur vie sans appartement commun, sans un lieu à eux, sans un début de cheminement vers le mariage, sans enfants, sans famille. Son modèle s'était écroulé, elle qui en rêvait enfin, la jeune femme devenant femme, se voyant épouse et mère peut-être aussi. Tout cela partait, en fait surtout semblait s'évanouir dans des sables mouvants. Sans aucune base commune.

Fini le beau gosse, celui envié par les regards des autres copines, de certaines collègues quand il passait la récupérer avant un départ pour un nième weekend de fêtes, fini ce mâle bien sous tous rapports. D'ailleurs elle venait de dérouler leurs fantaisies sexuelles sur deux ans. Sans pouvoir l'arrêter j'avais vu défiler les moments très hot collés contre le mur de l'entrée, le string envolé dans l'escalier, les corps chauds et collés par la sueur. Au final, ils étaient devenus plus classiques, plus standards, moins acrobatiques dès la fin du premier été. Beau, sportif, bien carrossé mais sans assez d'envie pour la satisfaire, sans une langue assez experte pour la faire partir dans les étoiles, sans ... je l'avais stoppé avant plus de détails d'intensité, de centimètres ou d'ardeur bien réelle. Et puis ces deux phrases, comme un couperet. Une sentence mûrie par une journée où elle n'avait fait que semblant de travailler, pour au final l'appeler pour prendre ses deux sacs, ses affaires et ses baskets multicolores. Marre du sportif, des copains et des soirées sur le terrain, pour la troisième mi-temps, pour fêter ceci ou cela en chantant. 

 

Et leur amour dans tout cela, je lui proposais de ne plus compter, de ne pas forcer les qualités, encore moins les défauts. Une soupe ensemble, une quiche avec une salade, un menu tout simple, toutes les deux sur le canapé, avec une belle bouteille de blanc d'Anjou, elle reprenait quelques forces. Oubliant durant quelques minutes ces moments apparemment perdus. Pour relativiser, le chemin était encore long, à peine visible derrière ses yeux gonflés de larmes séchées, toujours présentes. J'ai pu enfin parler, donner un avis modéré de tout jugement, cherchant à lui donner un peu d'espoir, pour elle, pas pour eux.

 

 

L'amour n'existe

qu'entre deux personnes qui s'aiment,

mutuellement !

 

 

 

Nylonement

 

 

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