Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes & portraits

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - Duo de générations, #Femmes & Portraits
Soeurs

 

"Moi, un jour, je serai aussi grande que toi, aussi vieille et je mettrai ta robe."

Un cri du coeur du haut de ses sept ans, elle était en colère pour une obscure histoire de bonbons retrouvés par hasard dans sa poche. Collés et fondus, mais surtout disparus puis réapparus, enfin pas tous, mystère. Alors ne voulant pas perdre la face, elle grondait de sa voix douce, de toute sa hauteur. Mes yeux l'observait, conquise par ce petit bout de fille, qui aurait pu être la mienne, mais qui était celle de mon père et sa nouvelle compagne. Oui ma soeur, ma chère petite soeur. 

Je vivais à l'autre bout de la France quand elle était arrivée, bébé minuscule, adorable bouille avec des sourires ravageurs qui rassemblaient toutes les contradictions de cette différence de générations. Mon grand frère venait lui aussi d'avoir sa première fille, une nièce du même âge que sa tante. Et puis le divorce avait perdu de son acidité, de ses coups de gueules et autres reproches douloureux dans les échanges entre les membres de la famille. Nous étions tous devenus grands, les parents vivaient chacun leur nouvelle vie, nous nos études, nos premiers pas d'adultes. J'étais même partie en Ecosse pour valider un diplôme en langue anglaise, j'y étais resté deux ans de plus avec un charmant barman local, entre highlands et bonheur.

 

Alors cette soeur, elle était pour moi comme une jeune gamine que je gardais adolescente pour arranger les voisins, pour arrondir mon argent de poche.Nous nous connaissions par photos interposées, par fêtes de famille trop rares, trop rapides, dont certaines que j'avais ratées. 

 

Soeurs

 

Un simple sourire. Elle s'est éclairée, avec la même moue que moi enfant, étrangement proche, nous avions des gênes communs. D'un pas léger dans ses petites ballerines à tête de chat, elle s'est approchée de moi, en caressant le tissu de ma robe. Douceur, charme de la couleur rouge, elle s'est enroulée autour de mes jambes en me demandant pourquoi j'étais si grande, comment j'avais grandi, comment étais ma chambre d'enfant. Tant de comment, de pourquoi, de questions et d'envies. La première fois que j'étais là, pour quelques jours. La première fois que j'étais seule avec elle. Je me suis assise à terre, sur le parquet de ce salon, où moi aussi j'avais joué, grandi, marché, dansé et surement pleuré un peu. 

Descendue de mes talons, de ma hauteur, nous étions plus proches, plus soeurs. Elle s'est glissé sur mes genoux, naturellement, pour jouer à basculer, pour rire, pour me parler de son école, la mienne dans la passé aussi. Elle avait une jeune professeure des écoles que j'avais eu, plus de vingt-cinq ans nous séparait. L'école, les classes, la cour, tout semblait similaire. 

"Tu pourras venir me chercher, on visitera toutes les deux."

"Bonne idée, mais on pourrait aussi aller dans les magasins. Pas pour des bonbons, mais pour te trouver une robe comme la mienne. Comme cela, on serait des soeurs, presque jumelles."

"Une robe rouge, des soeurs de la même couleur."

 

Dix minutes plus tard, nous étions dans la galerie commerciale, entre les jupes et les pulls, cherchant des robes, rouges mais aussi d'autres couleurs.

"Une pour moi, une pour ma grande grande soeur."

Nous avons trouvé, pire encore, nous avons pris le temps de repasser devant l'école, en mangeant quelques fraises tagada. Chut, c'est un secret.

 

 

Nylonement

 

 

Soeurs

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Nylon & Mode, #Nylon 2000..., #Femmes & Portraits
Un simple détail

A vous qui ne le savez pas, mais qui ne saurez pas plus après !

 

Car le bas nylon est là, bien présent dans notre monde, là près de vous, avec qui je déjeune pour cette réunion de projet, pendant ce repas d'affaires. Nous avons prolongé cette négociation après la présentation et le jeu des questions-réponses de ce matin, deux longues heures pour défendre le contenu de ce projet, nos choix innovants, notre pleine volonté de réussir avec vous. Au total mes trois associés et vous, cette assemblée de quatre femmes et cinq hommes, nous prenons le temps de descendre de votre immeuble, de récupérer nos manteaux pour contrer ce froid d'autsomne, de papoter des projets en cours, de la nouvelle direction et de sa stratégie, mais aussi des réalisations communes passées qui sont aujourd'hui les standards de votre entreprise. Un rapide regard sur les tenues des uns et des autres, une joli trench bleu nuit sur un tailleur noir, une jupe crayon si rare pour une autre, des talons pour toutes, une unanimité d'élégance comme pour ces messieurs tous en costume, même un gilet, version trois pièces, pour l'un d'entre eux. Des sacs à main, des marques, de formes et autant de couleurs, deux petits ordinateurs glissés sous le manteau pour les protéger des grosses gouttes, tout le groupe se faufile entre les voitures vers cette brasserie. Un lieu, presque une cantine, ils rentrent, saluent quelques relations présentes, moi gourmande, je regarde plus les assiettes pour choisir parmi de futures envies.

 

Un salon au fond, derrière un rideau de velours, juste nous autour de cette grande table, un décor belle époque avec des porte-manteaux en laiton doré, un repose sac dessous, je pose mes affaires. Je libère mes jambes, mes coutures sont bien là, verticales jusqu'à mes talons fins. J'aime cela, cette finesse rassurante sur ma peau, chaude même si aujourd'hui je n'ai pas pris l'option bas de soie. Je prends place, un gentleman, du moins un homme avec encore quelques notions de galanterie, je tiens ma chaise. Ah moins que cela ne soit un homme de goût appréciant mes mollets voilés. Ma jupe glisse sur les revers, remonte sagement sous la table, je pose toujours une main pour connaître la position sur ma cuisse. Sagesse pour éviter toute exhition malvenue en se relevant, tout incongruité sensuelle avec un regard venant d'à côté. Mon chemisier blanc rayonne dans ce décor noir et pourpre, une réelle ambiance du début du siècle dernier, un esprit parisien qui traverse les décennies. Je salue l'assemblée à nouveau, en prenant le temps de présenter notre juriste nouvellement venu avec nous après cette réunion. Son futur rôle pour la partie contractuelle, et j'enchaîne avec le projet à nouveau, pour des aspects informels, notre équipe, nos consultants, leurs collaborateurs dédiés. L'humain de cette aventure technologique, les objectfs et les plans d'action des prochains mois, je laisse chacun prendre part à la discussion. Le champagne, un beau magnum perlé de gouttes d'eau fraîche remplit les flûtes. 

 

Ma main, celle de la femme, celle de l'executive woman qui doutait encre il y a quelques heures malgré les forces évidentes du dossier, celle de l'amoureuse partie avec des bisous dans le cou pour m'encourager ce matin, je pose cette main sur mes bas nylon, un réflexe naturel, quasi inconscient. Je rejoins ce bien-être enveloppant, comme je le ferai peut-être en repoussant une mèche de cheveux. Détail sur mes jambes, indispensable clef de ma féminité cachée sous ma mode au quotidien, fétiche de quelques grammes toujours avec moi. Eux ne savent pas, eux ne sauront jamais.

 

Instants courts de déconpression, je savoure les bulles et la douceur.

 

NYLONEMENT

 

Un simple détail

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Femmes & Portraits
Voiles d'été

C’était cet été, un moment de liberté, nouvelle après cette rupture. Je venais de me réfugier dans une petite chambre, gentiment proposée par une amie me sentant un peu fragile. Des vacances, elle avait insisté pour que je fasse un break, moi qui avait annulé mon voyage à Bali avec lui. Je ne voulais pas voir ce futur devenu impossible, je bossais jusqu’à la saturation depuis six mois. Plus de sorties, je les refusais toutes, mêmes les instants entre copines au restaurant, rien de tout cela, juste du boulot. Douche le matin, travail ensuite sur mon ordinateur, sur les projets, quelques rendez-vous avec les clients et les partenaires, je retournais ensuite face à mon écran, mes idées concentrées dans une folle envie de ne plus penser à moi. Boulot encore le soir en mangeant une salade, un morceau de fromages, du boulot jusqu’à ce que ma tête s’affaisse dans le canapé, sur une dernière idée, les yeux fermés.

 

Un soir, elle était passée, ma grande copine, mon ex-colocataire quand nous étions ensemble en école de commerce à Grenoble. Des soirées pâtes à refaire le monde dans un studio, des soirées avec nos autres copains de classe, nos rapports de stage finis à l’arrache, nos premiers projets professionnels, nos rêves. Elle n’avait pas changé son image, entre sa chemise d’homme sur son corps de femme enfant, blonde et mince, parfois très sérieuse, triste voire fade, et en quelques secondes, radieuse, solaire et conquérante. J’aimais cette dualité en elle, son mari était un ex-camarade de classe, une année avant nous. Un beau brun charmeur, elle avait craqué pour son parfum, je me souviens encore de ses discussions sans fin sur ce coup de cœur après une soirée dégustation de vins en centre-ville. Les petites rues, elle me les avait racontées tant de fois, son parfum, sa chemise bleue à rayures blanche qu’elle portait dorénavant. Je repensais à cela dans le hamac, moi la vacancière malgré moi, venue avec eux, sa famille, ses jumelles en bas âge, sa cousine et son mari, ses beaux-parents. Je m’étais intégrée dans ce cocon familial avec une discrétion réelle, pour mieux disparaître dans la chambre du fond, dès que possible. Ils étaient au bord de la piscine, je me reposais de ce marathon de six mois, pour éviter l’implosion de fatigue. Elle avait eu raison d’insister lors de notre dernier coup de fil pour m’arracher à mon clavier.

 

Un repas à deux dans un bistrot caché, un endroit privilégié avec peu de monde. J’avais presque perdu l’habitude de la foule, de ces gens nombreux, de ce bruit multiple. J’avais pris un taxi avec elle, son rire solaire m’avait capturé comme dans le passé. Une sensation renouvelée avec nos sourires complices, avec cette amitié distillée entre nous deux. Une porte, un bonjour, une table dans un recoin, un menu sur une ardoise, deux flûtes avec du champagne. J’avais ri de cette initiative comme si elle était mon prince charmant, un beau gosse en train de me draguer. Des bulles, de la fantaisie, j’avais croqué dedans avec un bonheur non retenu. Je m’étais aperçue dans le reflet de la vitre, floue avec en arrière-plan un bac de fleurs de printemps, mais j’étais bien là. On avait bu, largement plus que de raison, juste pour trouver l’ivresse, le sens confus de la désinhibition. J’avais déroulé mes frustrations en mangeant de la cochonnaille, ce plaisir du gras, du goûteux, de la bouche pleine de pain et de sucs de viandes séchées, de parfums complexes. De la gourmandise, juste cela. Elle avait une boîte cartonnée dans un sac, et soudain elle l’avait déposée sur la table. Simplement devant moi. Un cadeau. « Pourquoi » avait été mon premier mot, « pour le plaisir de te voir heureuse » avaient les siens. La marque Repetto, un souvenir complice aussi quand nous avions partagé nos enfances, nos cours de danse classique et plus encore notre envie de reprendre ces exercices de contraintes et de souplesse. Nous avions poussé la porte d’une salle de danse grenobloise, avec nos corps de jeunes femmes, nos collants blancs, nos chaussons neufs, durs et si peu confortables. Là encore, nous avions été des amies encore plus proches, c’était notre échappatoire entre deux cours, entre deux sorties étudiantes, nous venions ici pour la rigueur et le plaisir. Un grand carton, dedans une jupe légère, non pas un tutu de mousseline, mais cette version longue d’un voile opaque rose poudré. Une longueur féminine en attente d’un souffle de vent sur ma silhouette, elle l’avait suspendue entre ses doigts, devant moi, parlant d’un lieu pour la porter tout prochainement. C’était ici, en vacances, un double cadeau, un ticket pour venir avec eux me changer les idées. Cette super amie, je lui avais fait mille bises entre mes larmes de joie.

 

Et le vent soufflait maintenant sur mes jambes, le rose s’illuminait du soleil arrosant cette terrasse.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain, #Féminité & Sensualité, #Femmes & Portraits
Une jolie robe

Une tasse de café, une de plus. Un peu de tension, peut-être trop de caféine, des palpitations en plus, elle jette un regard à travers la fenêtre. Des maisons bien alignées, une résidence avec des pelouses vertes, des arbustes bien taillés, des trottoirs trop propres pour y voir une poubelle, un passant ou un vélo d’enfant, ici le vide semble remplir tout l’espace.  Un quart d’heure entre deux tasses, quelques voitures, quelques oiseaux sur les branches, un air de province triste, elle attend.

 

Cet après-midi, elle a pris le temps de se faire belle, plus encore que les autres jours, elle a voulu mettre en avant sa féminité. Elle si peu adepte du pantalon, encore moins du jean laissant les robes légères d’été de côté, elle a succombé à un coup de cœur sur le net la semaine passée, une longue robe de jersey bordeaux. Une coupe asymétrique, un tissu fluide et moulant, sa taille et ses hanches qui seront en valeur, elle a craqué en quelques clics. Le paquet est arrivé très vite. Une princesse a ouvert le contenu, détendu la coupe entre ses mains, jusqu’au sol, puis l’a posé sur le lit. « Idéale » fût le mot instantané dans son esprit et même dans la chambre vide. Après ce long hiver, ce printemps pluvieux, ces mois interminables de mauvais temps, durant lesquels elle a choisi de s’occuper de la famille, les jeunes adultes faisant leurs études, revenant le week-end, le plus jeune, adolescent au lycée, mais elle a ajouté de bonnes résolutions en allant courir régulièrement. Par tous le temps, pour sa silhouette, ses longues jambes, oubliées dans la routine de la vie de famille, dans la monotonie de la vie de couple, en mouvement dans les baskets, elle a dévoré des petits chemins, subissant les courbatures, puis l’envie de continuer après les doutes et les douleurs. Bouger pour aussi se vider l’esprit, pour se dépasser, pour se retrouver au final, seule dans la campagne, seule avec un passé, un présent et surtout de nouvelles envies pour l’avenir.  Des kilomètres devant puis derrière elle, des douches pour le réconfort, pour le bien-être ensuite, aujourd’hui elle a pris un grand bain, un bonheur si rare. Du temps pour elle, des bulles parfumées, des instants à caresser sa silhouette avec le gant, avec le savon, ensuite elle a lavé ses longs cheveux. Crèmes et encore un peu de parfum, un trait de rouge à lèvres. Nue devant le miroir, elle a souri, elle se plaisait à nouveau, elle se trouvait belle. L’avenir méritait un peu de beauté. Pas uniquement le passé.

 

Lingerie, des tiroirs, un choix pour le confort, pour le pratique mais aussi trop peu souvent portés récemment pour la séduction, elle a pioché, fouiné, retrouvant des ensembles oubliés. Un modèle gris et rose, enveloppant sa poitrine, un balconnet si agréable, elle a pris le temps encore de se regarder dans la glace avec sa volupté renouvelée. Une culotte ou un string, elle a hésité, elle a été surprise par cette lingerie tombée sur le parquet, un porte-jarretelle. Un rapide aller-retour entre la dernière fois où il fût sur ses hanches, une envie tout aussi soudaine de recommencer. Une, deux, trois agrafes, un demi-tour et le voilà calé sous la taille, les jarretelles glissées sous la dentelle. Une pochette dans le fond du tiroir, des bas neufs, des bas noirs avec une fine couture, un geste naturel qu’elle aimait sentir glisser sur ses jambes. Sensations similaires, toujours présentes, sensuelles. Elle a attaché ses bas, ses six jarretelles posées sur sa peau, tant de douceur avec le nylon ultrafin. Ses escarpins, avec des brides bien évidemment. Son astuce féminité pour son quotidien de maman, tous les jours mais là plus encore avec cette robe fluide. Son corps embrassé par la matière, ses courbes sublimées, elle a ressenti une fierté d’être femme, toujours aussi élégante.

 

Depuis elle attend ainsi, derrière sa fenêtre. Les enfants ne rentreront pas ce soir, l’adolescent est chez les grands-parents, elle sera avec lui, son mari. Ce grand absent. Lui préfère le boulot, les rituels entre sport et copains, un vide humain pour elle.

 

Malgré des sms plus nombreux, elle attend toujours. Ou peut-être elle envisage déjà un futur différent, un virage plus en phase avec ses derniers ressentis. Une autre palpitation.

 

 

Nylonement

Gentleman W

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Féminité & Féminisme, #Féminité & Sensualité
Vendredi

Je ne l'avais jamais vue.

 

Et pourtant elle était là, devant moi. Elégante dans cette robe choisie avec justesse, embellie par les conseils de cette vendeuse, dans cette petite boutique, proche de chez moi. Pas des compliments pour me vendre la plus chère mais pour prendre en compte mes courbes, les rondeurs du temps, les excès au-dessus des hanches mais aussi ma poitrine pulpeuse que je ne peux pas cacher. Que je ne veux pas cacher !

 

Car dans ce miroir, je me voyais enfin, j'ouvrais les yeux.

Lui, cet homme que j'aime m'avait un peu refroidi avec sa franchise, mais surtout en précisant que ce n'était pas un jugement ni même un reproche, juste un constat positif. Il n'était pas aveugle en me regardant, il voyait ma silhouette, nue ou habillée, en mouvements ou allongée sur un lit, il me connaissait par coeur. Aussi, ses sentiments étaient toujours les mêmes, plus encore quand il m'entendait me décrire, ronchonner face à mon corps dans le miroir. Là il se fâchait avec délicatesse. Ne cherchant pas à cacher la vérité, oui les rondeurs, mais s'opposant à mon regard négatif. Excessif même avait -il ajouté avec fermeté ! Car si d'un côté j'étais bien consciente que mon corps changeait, évoluait avec le temps, l'âge surtout, avec l'activité et le stress de mon travail, avec cet abonnement à cette salle de sport dont je ne rappelais pas mon dernier passage. Lors de mes instants personnels, sous la douche, en prenant le temps de bein étaler la crème ici et là, avec ce miroir juste derrière, j'apercevais mes jambes, mon buste, mes bras, ma tête. 

 

 

Vendredi

 

 

Et sans concession, je n'y voyais plus que le côté obscur, le relâchement ici, le petit boudin là, trop présent, ce ventre, cette peau molle ici encore, mes fesses plus rondes, mes jambes plus flasques. Pire encore, mes petits doigts, mes orteils sans charme, et il était entré, j'avais déballé mes impressions, une fois de plus. Il aurait pu rire ou m'écouter sans vraiment m'entendre. La routine de certains couples, la fadeur quand certains ne regardent plus l'autre. 

 

Mais son attitude fût inverse, choquante en recevant les premiers mots. Il refusait de croire en mon regard car lui voyait une autre femme. Certes il pouvait, il l'a fait partiellement, faire des remarques, constater lui aussi des changements. Nous n'avions plus vingt ans, et ma morphologie n'était pas d'être un mannequin filiforme. Alors il a défendu, pour s'opposer à ma défense trop sombre, à mes arguments trop négatifs. Il a pris le miroir, le vrai, celui de ses yeux, celui de mon corps, de ma réalité mais aussi de ses sentiments, de ses mains, lui si tactile. Nous initime, nous nus, nous en corps à corps, nous aussi dans des câlins. Il a exprimé clairement cette relation charnelle, mais bien évidemment il a pris ce recul sur la mode, sur mes tenues, sur notre quotidien. Sans reproches, mais fermement en opposition sur mes critiques infondées, avec de beaux conseils, avec des espoirs, communs d'ailleurs car lui aussi à sa silhouette qui a évolué, gonflé, changé. Il a repris chacune des courbes, les replaçant dans notre bonheur, dans mon allure, dans mon âge et dans mes désirs. Avec ses arguments, il ne m'a conforté dans mon corps actuel, mais avec quelques changements accessibles et réalistes, atteignables, et à mon ryhtme. Avec de l'amour, il a demandé à mes yeux d'accepter cette beauté matûre, naturelle et rayonnante. Elle est une part de moi, il m'en a convaincu, rajoutant sans coeur et ses émotions pour le dire, le redire et souvent le répéter. Changer, réajuster, croire surtout, se sentir aimer et au final s'aimer !

 

J'ai fini avec quelques larmes de bonheur, et un large sourire.

Il m'a embrassé, serrant toutes mes courbes dans ses bras.

 

 

Nylonement

 

Vendredi

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes & Portraits
Tartan Attitude

Sagement installée dans un salon de thé, je feuillette un magazine féminin, des pages people, des pages société et des collections de mode. Mon amie Julie doit me rejoindre après sa séance de soins chez l'esthéticienne. Images de mode à côté de mon thé blanc Dammam, je prends le temps de regarder les idées de la styliste. D'habitude, je tourne sans vraiment regarder, car entre les mannequins trop maigres et leur visage d'adolescente triste, mêlées aux folies soi-disant créatives d'imprimés accumulés, mélangés et mixés, je ne me retrouve pas. Pourtant j'aime sentir l'air du temps pour capturer une tendance, une étincelle de féminité ou un futur basique indispensable. Quadra depuis peu de temps, je cherche aussi des idées pour mes enfants, mes deux filles et mon fils. Balade shopping chaque fin de mois, ou pour leur anniversaire, nous sortons pour trouver notre coup de cœur du moment.

 

Mode d'hiver même si nous sommes encore en été en ce début septembre, le monde n'est jamais en retard pour courir après le temps. Page après page, je vois les couleurs, les pulls longs, les jupes courtes, les collants, les bottes et quelques bottines. Le photographe a enfin réglé son objectif, car les trois derniers numéros, les séries étaient floues, ou avec un coup de zoom décalé. Je ne comprends pas toujours la valeur esthétique du résultat. Du rouge, du tartan, du velours, des résilles, du cuir, des tee-shirts en superposition. Des souvenirs.

 

Tartan Attitude
Tartan Attitude

Petit retour dans le passé, les années de jeunesse, une rebelle attitude, une profonde envie d'emmerder mon père et la nouvelle belle-mère dans leur appartement bourgeois face à la plus belle avenue. Les années collège puis lycée, j'étais en plein bouleversement. Le divorce de mes parents, mes hormones en ébullition permanente, ma grande soeur déjà partie en école de commerce, l'adolescence et les premières fois, surtout la rage d'être moi, sans vraiment savoir ce que je voulais être ou faire de cette grande silhouette. Grandir finalement n’est pas simple, être enfant devient pesant, mais c’est si confortable. Alors un jour, en écoutant des morceaux piratés en concert par des amis, de la musique underground, j'ai vu mon style sur une pochette, une punk révolution. Mes idées et mon corps ont suivi, mes propos aussi. La belle-mère a vu sa nouvelle jupe Burberry devenir plus courte d'un coup de ciseau oblique, idéale avec des collants résille pour sortir un samedi soir sur Paris. Un cuir négocié à Pigalle dans une fripe, et hop je devenais la bad girl de ce groupe. Je forçais sur le maquillage entre deux stations de métro, dans un reflet de vitres, les yeux noirs, les cheveux rapidement décoiffés et fixés avec du gel. Cigarettes bien sûr et autres douceurs de jeunesse, pas vraiment autorisées, je buvais des bières au goulot avec ma bande d’un soir. L’anarchie ne permettait pas un suivi de la masse d’idées et d’énergumènes, leurs libertés étant au cœur de leurs mouvements, de leurs squatts et de leurs envies pour chaque jour. Parfois j’ai été un peu trop loin, entre vomi et soirées trop près des limites. Quelques bières cassées sur un pare-brise, des provocations inutiles, des insultes et des flics, un cocktail trop fort, vite accompagnée d’une soirée dans une cellule, ma tenue punk avait perdu de sa saveur au petit matin. Mon père avait dormi, refusant lui aussi par liberté personelle de venir me récupérer, c’était mon expérience m’avait-il dit simplement, sans autre procès. Si ! un sac plastique devant ma chambre, pour y jeter ma jupette plissée en tartan rouge, mes tee-shirts sales à trous et autres guenilles, le sort était jeté. J’ai repris forme, du moins, je suis partie vivre chez ma mère, plus sobrement, avec mes études devant moi, mon lycée, mon école de commerce, mes sorties moins nombreuses, un calme nouveau en moi, autour de moi. Ma mère m’apportait un cocon d’amour dans lequel je vivais heureuse, avec parfois encore des instants rebelles, plus rares, plus doux, plus chics aussi. 

 

Tartan Attitude

Que cette époque est loin soudain, là devant mon thé, avec quelques macarons, je regarde les tenues des jeunes, plus variées que dans le passé. La mode, ce moyen d’expression pour affirmer son caractère, permet aujourd’hui avec le choix immense de varier son style, d’en changer aussi souvent que souhaité. Je regardais ma jupe droite bleu marine, surlignée d’une finition en cuir sur le bord, juste au-dessus du genou. Un collant noir opaque, des bottines de marque, une belle affaire en soldes mais j’en avais acheté d’autres avant dans d’autres teintes. Un petit pull en cachemire, une douceur inégalable sur un caraco en soie, des folies trouvées avec mon mari lors de son dernier déplacement à New-York, ou peut-être à Londres, j’aime le suivre lors de ses séminaires de cardiologie, en me baladant entre musées et boutiques. Ma vie a suivi son cours, un beau diplôme, une spécialisation et deux entreprises pour devenir responsable marketing dans le luxe. Et le hasard d’un repas, un bel homme, un costume impeccable, de belles références glanées entre deux flûtes de champagne rosé, mon collier de perles qui l'a fait rire. Nous avons eu un coup de foudre mutuel, plaquant nos vies précédentes pour vivre ensemble. Le comble a voulu que j’hérite du fameux appartement haussmannien, re-décoré en devenant maman par trois fois, un fils et des jumelles. Je passe maintenant mon temps à aider une amie dans un projet d’entreprise, j’y pense aussi pour moi, dans le secteur de la lingerie de luxe. Je m’occupe des enfants, de l’école, des sorties, du sport de chacun, des invitations aux anniversaires, et je fais les boutiques avec eux.

L’adolescence les guette, seront-ils aussi rebelles malgré le confort familial ? Dans un carton,  dans la pièce de service, se trouve rangés ma jupette tartan rouge, mes doc martens et autres accessoires anciens, des fripes vintage maintenant. Je porte encore du tartan dans une version chic, plus classique, plus actuelle, pas forcément rouge, plutôt un dégradé de gris. Avec toujours la même belle énergie, une autre féminité.

 

 

Nylonement

 

 

Tartan Attitude

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes & Portraits, #Femmes - demain

Vingt ans, de retour de son école de commerce en province, elle a révisé dans son tgv, profitant de ce long trajet pour repenser à Noël, ici, en famille. Les courses avec sa mère, les instants complices, les boutiques pour essayer des robes avant les soldes, ce petit top pailletée pour elle, et puis finalement, symboliquement aussi pour sa mère. Ses fameusesbottines, le coup de coeur, l'envie soudaine, le bonheur de les retoruver sous le sapin, de les porter maintenant. Un peu froid aux mains, elle se protège, la tête ailleurs en pensant fort à son amoureux, un peu à la famille aussi. Le temps passe trop vite pour combler tout le monde.

 

 

Recto-Verso                 .2/2
 

Quarante ans, un sac, une tablette, un téléphone, un nouveau job après ce récent divorce et tant de questions encore en tête. Les insomnies mais aussi la motivation pour de nouveaux projets professionnels et personnels, elle voyage en région chaque semaine pour coordonner les attentes, former les équipes, donner le bon cap à tous. Elle assure dans ses nouvelles responsabilités, mais l'interrogation reste chaque matin pour gérer ses enfants. Sur leurs routes entre collège et lycée, elle attend les sms pour confirmer le bon réveil, le bon trajet avec des transports pas trop fantaisistes ou en grève, enveloppée dans son manteau, elle pense à son agenda complet pour toute la semaine, ajusté heure par heure. Avec sa jupe en laine, joli tartan, elle soigne son élégance d'executive woman.

 

 

Quarante ans, un sac, une tablette, un téléphone, un nouveau job après ce récent divorce et tant de questions encore en tête. Les insomnies mais aussi la motivation pour de nouveaux projets professionnels et personnels, elle voyage en région chaque semaine pour coordonner les attentes, former les équipes, donner le bon cap à tous. Elle assure dans ses nouvelles responsabilités, mais l'interrogation reste chaque matin pour gérer ses enfants. Sur leurs routes entre collège et lycée, elle attend les sms pour confirmer le bon réveil, le bon trajet avec des transports pas trop fantaisistes ou en grève, enveloppée dans son manteau, elle pense à son agenda complet pour toute la semaine, ajusté heure par heure. Avec sa jupe en laine, joli tartan, elle soigne son élégance d'executive woman.

 

Recto-Verso                 .2/2

 

Soixante ans, et même un peu plus, les années passent, elle sourit chaque matin face à son miroir, sans quête de l'éternelle jeunesse. Les rides son là, la peau et ses petites imperfections, son regard sait les voir, les grossir les mauvais jours, les oublier les soirs de fêtes, les journées de bien-être comme aujourd'hui. Elle se sent si bien dans cette nouvelle vie de retraitée, si libre de profiter de tout, de croquer avec dynamisme les matinées et les après-midis. Des bottines, des soldes récentes, du temps pour cela, avec les amies ou sans, elle galope sur le macadam, avec ce manteau, conseil de son compagnon. Le collant sublime son premier atout, ses jambes, elle emporte avec elle son "petit bazar", dans un grand sac à main, fidèle complice de sa vie quotidienne. Quelques carnets, elle écrit dès qu'elle se pose, dans le métro ou en terrasse, le soir chez eux. Lectrice et écrivaine amateur, elle aime dessiner de mots les silhouettes féminines, celles de ses rêves, celles de ses envies, celles des inconnues. Avec ce short si bien coupé, en cuir, elle assume ses choix de mode, il les aime tous. Depuis si longtemps que son regard caresse ses jambes.

 

 

Nylonement

 

Recto-Verso                 .2/2

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