Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

feminite & sensualite

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité

Je suis revenue auprès de ma soeur, un premier été totalement sans enfants, la plus petite, devenue grande vient de finir ses études de droit. Une prolongation en province, un diplôme puis un autre, des années de bonus avec elle, un privilège malgré la vingtaine passée, sa vie de jeune adulte, ses amours, ses humeurs. Mais maintenant je suis seule, comme ma soeur, cet été. Ces enfants sont avec son mari dans leur maison du pays basque, elle doit travailler encore quelques jours, je partage son appartement. Deux chats, une terrasse ombragée, des fleurs partout, un transat et des livres, je picore dans sa bibliothèque. Un lien et un souvenir.

 

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Avec lui, quand nous partagions des moments de lectures complices, sur notre canapé, lui assis, avec un bon auteur anglais, moi allongé, la tête sur ses jambes, avec une romancière américaine. Nous étions écclectiques, gourmands et gourmets de mots, de douceurs et de vérités. Des tas de pages, des romans et des polars, des documentaires, des beaux livres sur l'art ou l'architecture, tout était plaisir de lectures, de découvertes, de nourriture intellectuelle. J'aimais sa frénésie délicate, à chercher des nouveautés, à se tromper et en rire, à dégoter la perle de la saison littéraire. Nous avions tant de choses en commun. D'ailleurs il écrivait si bien, rarement en dehors de ses rapports professionnels, pris par le temps consacré à nos enfants.

 

Eux vivent libres maintenant, et je vois ce vide s'ouvrir plus grand encore qu'après le divorce, j'étais si en colère après cette jeunette, cette jeune femme si élégante, si en beauté, si arrogante à son bras, si différente de moi. J'avais une haine totale, féroce et blessante pour lui reprocher tout, dont ce point de rupture. Je l'ai haï longtemps, montant les enfants contre lui, vainement d'ailleurs, eux n'y voyait que le reflet d'une série télé ou de la suite semblable aux parents des copains. Une vie dissolue, une vrille dans laquelle j'ai perdu mes repères. Des amies, souvent seules, elles aussi, nous avons parlé, beaucoup parlé, de nos vies mais uniquement avec notre angle de vue.

 

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Il y a quelques mois, il est venu pour un papier administratif, une signature dans l'imbroglio administratif digne de Kafka, il m'a laissé une lettre en plus, avec un silence, un départ rapide, mais un regard que je lui connaissais. Je ne l'avais pas revu depuis notre rencontre, nos premiers amours, nos soirées collées l'un à l'autre, amoureux et fusionnels. Mais cela était si loin, car entre-temps des enfants nous avaient écarté pour marquer leurs places. Un éloignement. Dans ce courrier, il s'excusait de cette situation folle, de mes souffrances, prenant sur lui les erreurs, et avouant m'aimer encore. Je l'ai lue, relue, tant de fois, cette lettre. Dans mon sac à main, elle est pliée dans un coin, la plus belle déclaration d'amour.

 

Oserais-je l'appeler un jour, car oui, suite à cela j'ai vu une psy, une femme qui m'a poussé à lire la lettre à voix haute, à comprendre mon parcours, le sien, le nôtre à reculons. Elle ne cherchait pas de coupable, ni de bouc-émissaire, mais une solution, une vérité, plus complexe qu'une simple aventure, qu'une simple jeune femme passée entre lui et moi. Notre rupture était due à l'oubli de notre vie amoureuse, dans une routine évidente. Et oui j'étais complice. Lui et moi, nous avions travaillé un peu plus pour une belle maison, pour les enfants, pour la fatigue des week-ends, pour tout leur donner. Rien de plus, rien pour nous. 

 

 

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Une larme en regardant à travers le balcon ce couple, de mon âge qui s'embrasse, si amoureux, ensemble. Et si je l'appelais encore. Hier j'ai essayé, mais il semblait absent. Depuis si longtemps.

 

 

 

 

Nylonement


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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité

Voir le chemin derrière soi, non avec une profonde nostalgie, non pour corriger les erreurs, juste pour l'apercevoir, se gorger des moments intensément bons avec elle. Dans cette petite maison prêtée par des amis, les prairies et les moutons qui jouent d'ilôts en ilôts avec la mer à marée haute, je découvre des livres laissés sur un meuble ancien. En échange de ma présence, je refais leur salle de bain, avec un esprit rétro mais des finitions propres et sans fuite. 

 

 

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Le reste des journées est fait de balades, de moments libres, de repas simples entre poissons et crudités, des légumes du coin, des sourires avec les petits commerçants, des échanges simples, des bouts de relations sans la foule de la ville. Avec ma baguette sous le bras, je croise d'autres couples, et là je pense à elle. Oui cette femme, ma femme que j'ai tant aimée, si longtemps aimée. Une vie de douceur, une rencontre dans cette université où notre plus jeune fille a fait son droit comme nous, des souvenirs ce jour-là en revenant pour son diplôme, mais nous n'étions plus main dans la main, juste de passage, récemment séparés.

 

A cause de moi, oui, une jeune femme, mon statut de quinqua naissant, la belle et la bête, une erreur de casting, une faribole de quelques mois, une belle aventure, des soirées, des week-ends amoureux, des parties de jambes en l'air, de la lingerie sur les meubles, le sol, futilement rien, juste du fun. Puis un jour, face à moi, un divorce, un vide total, des souvenirs et des enfants devenus grands, une vie partie en fumée, mais avec des bulles de champagne pour fêter tout cela. Naturellement la belle est repartie dans un autre coin de France, une belle mutation, des déplacements, des espacements, la découverte d'une vraie erreur de casting. 

 

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Oui j'aimais encore ma femme, je l'aime toujours. C'était de ma faute, et j'en ai parlé à un psy, un homme qui a entendu mes complaintes, mes fautes, ma vie pro et personnelle, mes hauts et mes bas. Et un jour, il m'a demandé "et votre femme dans toutes vos errances ?". Force était de prendre sur mon dos les erreurs de notre couple, de ce divorce où elle avait forcément raison, où elle garderait la maison, où elle aurait gardé les enfants si ils avaient été plus petits, où j'était le fautif. 

 

 

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Ramenant un papier pour une signature, sans dramaturgie, je lui laissé une lettre pour dire tout ce que j'avais sur le coeur, là ici, au fond de moi, de ma bêtise mais surtout du temps plus important encore le temps ensemble, non sa nostalgie, mais le fait de l'aimer encore. Je n'osais aller sur la pente ouverte par le psy, et si "vous aviez oublié d'être un couple, au lieu d'être des pros et des parents uniquement", et si "Madame avait oublié de vous séduire encore", et si "vous aussi vous aviez oublié"... tant de questions dont je prenais encore la charge. Le sable entre les doigts de pieds, les pas, le ciel et ses nuages si beaux, si dessinés sur ce bleu vif.

 

Aujourd'hui je marche, je pense encore à ces mots, à mes mots. Je n'ai pas eu envie de donner la clef à mon psy, je n'ai pas envie de lui reprocher, à cette femme, à mon ex-femme, des éléments de notre vie. Nous avons peut-être oublier d'être un couple dès l'arrivée de nos enfants, un oubli passif, une perturbation devenue une météo instable puis calme, définitivement calme. Une routine. Je rentre pour prendre un thé chaud, là face à la mer, au vent qui se lève, à ce plaisir d'être seul soudainement, comme seul au monde, avec elle dans le coeur. Bien là.

 

 

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Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité

Juste un rayon de soleil, un deuxième, un autre, un bouquet de soleil, une foison de soleil.

 

Et là la plage, du sable, du soleil encore, un petit bar avec de la musique, des serviettes et devant la mer, les vagues. Moi, main dans la main avec mon amoureux, des sentiments, du bien-être et même de l'amour. Je découvre ce duo, comme une première fois, car mes précédentes histoires commençaient sous la pluie d'automne, traversait parfois les fêtes de fin d'année, mais fondaient avec les chocolats de pâques, ou dans un flot de larmes et de mouchoirs.

 

Alors là, celui-là surtout, un coup de foudre, un hasard et depuis des semaines, un coup de coeur réel, une vie entre petits restaurants, balades main dans la main, sur son épaule, dans la douceur. Une joie de vivre que mes collègues pourtant austères, statues de pierre dans un open-space, ont décélé dans ma démarche plus légère, dans mes conversations plus ouvertes. Ce compagnon m'a changé, certes j'ai ravalé mes fiches de contrôle, dixit ma meilleure amie, car c'est vrai que je faisais toujours par réflexe, un check-list des qualités, des possibilités, des atouts des mâles que je croisais. Et jamais je n'avais le ticket gagnant, jamais le bonheur de trouver la perle rare, mais j'avais beaucoup d'exigence en bas de chez moi avec mon carosse et ma tenue de princesse, seule. Il m'a fallu du temps pour comprendre ce nouveau bonheur simple avec un mec assez timide, pas un prince, mais avec tant de sentiments.

 

 

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La première fois qu'il m'a offert des fleurs, j'ai trouvé cela presque grotesque, et quand ma meilleure amie est passée cet après-midi là, elle les a trouvé sublimes dans leur pot. Et elle m'a avoué qu'elle les attendait encore, ce geste de romantisme. Et là j'ai craqué car il m'a proposé de le suivre dans la maison de campagne de ses parents, sans eux, a-t-il ironisé. Ses bras, je les aime, son corps, son tee-shirt, son parfum, ses bras encore, et derrière son coeur.

 

Lui il m'aime, il sait aussi me dire non, et il ne rentre pas dans les cases, mais son amour est vrai, et mes sentiments se sont noués avec les siens, naturellement, avec le temps. Pas pour un court-terme, mais un moyen ou long terme, comme une balade sur l'horizon. Là sur la plage, on marche, on parle, on rit, on s'embrasse, on rentre à pieds dans les hautes herbes, je soulève ma robe, mon sac. Il me prend dans ses bras, on roucoule sur la terrasse, ou dans cette baignoire posée au milieu du pré avec de l'eau un peu chaude. 

 

Je l'aime, il m'aime, nous nous aimons.

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Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité

Eté, chaleur ou pluie, soldes durant votre pause déjeuner, travail ou vacances, j'avais envie de vous détendre avec un peu de poésie, sans paroles et sans mots.

 

Un hommage à la danse, mais aussi à la beauté, masculine ici, cela réjouira mes lectrices, mais la version féminine aurait été aussi talentueuse, aussi superbe dans l'expression de l'effort, de la souplesse et des muscles en plein travail. Légèreté, excellence dans la perfection, poésie en trois dimensions, vous avez le temps, respirez, oubliez le monde autour, savourez !

 

 

 

 

Bonne journée

 

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité

Marcher, poser son pied, toucher le sol, s'envoler, courir vers lui, savoir qu'il est là, pas si loin, juste après cette réunion de travail où notre tête était déjà ailleurs. 


Aimer, oui simplement essayer de cerner par des mots, ce qui fait qu'un jour, là devant nous, cet homme, celui-ci, celui-là, anonyme est devenu une source de palpitation. Fuir cette impossibilité en rentrant le premier soir, surprise mais entre un brin perturbée par ces instants calmes, sous une pluie fine d'avril, s'asseoir sur un canapé, face à la vie d'avant, si loin, le divorce si proche. Un bruit, mon fils qui sort, entre deux révisions, grommèle mais me glisse un de ses sourires forts. Discrète, je sors si peu.

 

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Le revoir, pourquoi ? pour une exposition, et là devant ce restaurant, juste là, un lieu, une bulle, une terrasse, des plats, des sourires, des mots, la vie. Un coin de ciel bleu étrangement intense. Mais plus encore devant l'exposition, je lui parle de moi, de mes failles, je me dévoile sans rattraper mes mots, je suis là, moi totalement. Découverte comme jamais depuis quatre ans, je m'ouvre à cet homme, à cet inconnu, et lui sans réponse, me pose la main sur l'épaule, me prend la main. Naturellement comme celle d'une amie.

 

Mais mon coeur, mes yeux, tout a tremblé.

 

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Lui, moi, cet homme que je suis, j'ai pris cette main, j'ai senti cette femme fébrile sans être fragile, un message silencieux. Moi non plus je n'ai jamais su quand cela commencerait, quand cela a commencé, quand ce serait une évidence. Sans preuves, sans gestes, sans mots, ou peut-être avec tant de mots, d'émotions dans cette bulle incroyable qui se forme ici ou là, quand nous sommes ensemble. A la sortie d'un métro, dans une rue piétonne, dans un restaurant ou un parc, nous sommes un, et rien d'autre ne peut le changer.


Evoluer, nous avons grandi avec nos sentiments, nous avons fusionné dans cet espace sans trop y réféléchir, nous avons changé, nous nous sommes ouverts l'un à l'autre avec le temps. Et sans voir trop l'avenir, nous vivons intensément le présent, chaque nuit, chaque minute, chaque seconde. C'est notre amour.

 

Je vous aime.

 

 

 

Nylonement

 

Aimer, 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité

"Une grande masse d'air chaud se déplacera sur le haut ..." avec dans les oreilles le défilé météo sur les régions de la France, dans ma voiture, sous une pluie battante, j'espère que le feu deviendra vert et que le soleil viendra avec.


Sagement installée, je me change l'esprit en positivant, en observant les passantes sur le trottoirs, sur les passages piétons, ici un short bleu sur un collant noir et un blouson court blanc, des ballerines, là une tailleur pantalon noir, un top rose fuschia, un sourire sous son parapluie, sa conversation téléphonique la rend heureuse. Elles traversent.

 

Bonheur intérieur, depuis ce jour où je l'ai rencontré moi aussi, souriante, soleil intérieur, il était là dans cette dégustation, silencieux, concentré sur son verre de vin rouge, il buvait, écoutait. Mais il ne partageait pas l'avis des autres, ce vin ne lui plaisait pas malgré l'étiquette ronflante. J'avais osé une question face à son air détaché, il avait répondu doucement, pour ne pas rompre le bonheur des autres, même si plus tard, il m'avait expliqué que le snobisme n'est pas une politesse pour des mauvais dégustateurs. Nous avions fini ailleurs, dans un petit bougnat parisien, une cave anodine, un ami, de la charcuterie à minuit, des anecdotes, des verres, des rires et même enfin deux bouches unies.

 

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Quelques mois déjà, des instants trop loin, si proches pour autant, je n'ai pas vu le temps passé depuis ce jour. Et pourtant, nous ne vivons pas ensemble, nous sommes ensemble, nos dégustations ont continué, naturellement avec de grands vins, mais aussi des petits coins de France ou d'ailleurs. Nos repas sont devenus des balades, mon corps l'a reçu, comme pour comprendre mieux encore le trio "oeil, nez, bouche". Lui était finalement si sensible, appeuré par les prochaines étapes peut-être, j'avais craqué sur ses tempes grisonnantes, sur ses yeux délicats. Et son parfum !

 

Lui avait ouvert ses émotions, cette course de sentiments qu'il n'arrivait plus à contrôler, ce débordement intense et addictif à ma bouche, à mes mots. Il m'aimait mais n'osait trop en abuser par des déclarations, juste des petits gestes. Un hédoniste, et ma chaleur en sa présence, je devenais femme, je devenais ébullition. Jamais je n'avais ressentie cela, jamais je n'avais pris autant de plaisir à quitter mon travail, à traverser Paris pour le retrouver. 


Les gouttes coulaient sur la vitre, j'avançais doucement vers lui.

 

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Printemps pluvieux, mais bonheur chaleureux, je lui avais fait cette surprise, cette réunion écourtée pour me changer, pour me glisser dans ce tailleur en cuir, un coup de coeur. je me sentais si bien dedans, libre, libérée même de mes dessous, j'étais folle peut-être, folle de lui. Affolée par ce geste d'abandonner mon soutien-gorge dans mon sac, libre de lui donner ma volupté à déguster des yeux. 

 

Amoureuse aussi.

 

Emportée par cet air de saison, par ce rendez-vous dans un quartier populaire, dans un restaurant argentin, où la cuisine le surprendrait, où l'animation le séduirait. Car si les jambes des vins, rouges ou blancs, sur les bords des verres de cristal, sont des sources d'inspiration, de commentaires sur le potentiel du vin, sur son millésime, sur son apogée, il aimait les miennes, les autres aussi. 

Avec malice, il m'avait assuré de cette gourmandise aussi douce pour ces yeux, que certains arômes dans sa bouche. Je pensais à elle, à lui en entier, à ce corps un peu raide, quasi fragile quand je lui avais proposé de danser. Esthète mais mauvais danseur, il m'avait prévenu, mais depuis, il avait relâché sa rigueur, pour attraper l'animal que j'étais, plus féline sur mes talons. Il progressait doucement, pas après pas, et finalement c'est moi qui le guidait. Un force d'attraction qui nous emmenait dans des volutes, après quelques verres, avec des sentiments de plus en plus forts. Nous étions en fusion, ma souplesse contre sa raideur, je l'enveloppais de mes jambes, il suivait, il s'étourdissait de cette découverte.

 

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Dégustation en trois dimensions, sans snobisme, dans la vérité de nos coeurs, dans l'élégance de gestes millimétrés, dans la force et la fougue, dans le rythme de la musique, dans ce show de lumières qui tournait autour de nous. Nous étions un couple, plus encore, un corps, un tourbillon de bonheur. La concentration laissait venir des réflexes naturels, des mains ici, des pieds là, un duo, parfois un duel de courbes qui fusionnaient. Attirance, oui, totale !

 

Je me garais, là-bas, il attendait dehors, sous son parapluie, droit dans son costume de gentleman, je l'aime. Et dans son regard, venant vers lui, je le sais, il me dit "je t'aime".

 

 

 

 

 

Nylonement

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Publié dans : #Féminité & Sensualité

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Il est parfois étrange de croiser un regard qui parle vers vous dans un silence d'une rencontre passagère, là dans la rue. Souvent on oublie, parfois encore on se regarde dans une glace, dans le reflet d'une vitrine pour voir quelle réelle image les autres ont vu de nous.

 

Alors sans plaisir égocentrique, je pose mes yeux sur moi dans le miroir du matin, pour trouver les contour d'un visage qui vieillit avec une barbe qui repousse toujours trop vite, des cheveux plus gris, des tempes grisonnantes. Cheveux courts, je me glisse dans ma chemise, un plaisir masculin auquel je m'adonne chaque matin ou presque. Dans mon dressing, par ordre de teintes, avec ou sans rayures, je regarde les couleurs, un oeil en coin sur les cravates, une bonne cinquantaine, avec quelques favorites. Autant les chaussettes sont toutes grises ou noires, avec parfois une pointe de orange, le gentleman excentrique existe aussi, autant mes chaussures sont toutes noires sans exception, autant mes cravates sont multicolores, comme un parfum différent pour signer mon humeur, pour défier les membres de cette réunion, tous austères. Je caresse les tissus, je noue avec précision en regardant le jardin, les arbres à perte de vue, je refais sans hésiter ce geste pour un double noeud impeccable. Un geste fantôme si facile, quasi pavlovien.

 

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Là ce soir, je suis à ce vernissage, un lieu, une amie, une invitation, qu'il est bon de se glisser dans ce décor art déco. Un ascenseur à l'ancienne, un palier, un vestiaire et la lumière du lieu. Toutes sont là des créatures de mode, de tous âges, des amies, des amis, des couples, des groupes, des inconnus pour moi, je la suis, elle me présente, je sers les mains, je justifie ma présence. Ce soir je suis là pour développer mon réseau, pour expliquer entre petits fours et champagne, entre les fines tranches de bellota bellota et la vodka, je dois placer en quelques minutes mon projet dans le luxe. Un challenge parfois laborieux quand l'autre n'écoute qu'une demie oreille, s'efface pour partir vers une amie qui arrive. Je ne peux rivaliser avec cette jeune blonde au pull trop court sur son nombril scintillant de bijoux, trop moulant pour ne pas ignorer le bonnet et les motifs de la dentelle l'enveloppant de très près.

 

Mais je suis accueilli par d'autres personnes, je partage des points de vue sur le lieu, sur l'exposition ici, mais aussi d'autres à Paris. On me présente le couple, les maîtres des lieux, charmants et d'une élégance folle. Beaux comme des statues, souriants et sublimes de finesse. Un ami reste avec moi, il travaille dans la mode, nous échangeons nos cartes de visite. La foule du début de soirée s'estompe, les relations s'égrennent, les plus intimes restent. Je ne sais que faire, un peu seul, puis rejoint par une personne que l'alcool a rendu très attachante. Elle me parle, s'interroge de ma relation avec ces messieurs. je la fais rire malgré moi, de mon métier qui n'existe pas, de cette idée de projet si nouvelle. Je me sens perdu, mais elle me rassure, d'autant que ma créativité semble la conforter dans ma sensibilité si masculine, si spéciale, si évidente ici avec tous les amis des hôtes de ce soir. Là je souris, car finalement je comprends que ma sexualité, pourtant rester dans mon lit depuis ce matin, m'emporte malgré moi dans des univers de déductions, de préjugés, d'idées convenues, je ne sais que choisir.

 

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Elle revient avec du champagne, jeune femme perdue entre son métier dans la finance, et son envie de création, de son plaisir évident à cotoyer des individus à la sensibilité à fleur de peau, démultipliée même qui créent, se permettent d'innover sans limites. Elle me parle des chaussures posées sur cette étagère, ose me parler de lingerie, de mode, de dessous, de détails presque initimes, mais je ne suis pas un danger pour elle. Moi le spécialiste de la lingerie, des collections et des marques, des rangements soyeux, je peux regarder dans son décolletté débordant, ou ses cuisses de cette fort courte pièce de tissu, très justement appelée "petite robe noire". Je peux car jamais, au grand jamais je n'oserai un regard déplacé, un regard de gourmand hétéro, mais plutôt une caresse visuelle d'esthète homo.

 

J'ai ri en rentrant seul, sans eux, sans elle, en me regardant une dernière fois dans la vitrine, la nuit dans la rue, un reflet. J'étais toujours le même, et pourtant en voyageant dans cet immeuble j'étais devenu apparemment un autre. Une question de sensibilité peut-être !

Ou une simple question d'interprétation de l'autre ?

 

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Nylonement

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