Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Féminité & Sensualité, #Femmes - demain, #Nylon & Mode
Gants de cuir

Etrange détail que je ne voyais pas dans cette silhouette arrêtée derrière la vitre de la brasserie, mon chahcolat chaud encore fumant, mes carnet de notes à côté, des idées, des mos et des dessins en cours. Mais de cet hiver encore présent malgré les rayons du soleil, il faisait froid, elle avit pris la précaution de s'enrouler d'une tunique pull irlandais, épais et confortable, avec quelque chose en plus. Sa moue, même pas, sa conversation semblait passionnante avec son mobile, elle tournait les yeux vers le sol, vers quelques voitures ou passantes, rien de plus.

 

Et puis soudain son regard froid, droit sur moi, un sixième sens en retour du mien plus intrigué, et soudainement capté par ses mains, ses gants, ses doigts enveloppés de cuir souple.

 

Un mouvement de foule, deux livreur, elle est partie sans laissé de traces, juste son image, un accessoire de mode si rare, si élégant, un retour dans le passé, sans nostalgie, juste par effort de mémoire sur la mode du soir, des sorties au théâtre, des restaurants, des belles toilettes avec les robes corolles ou longues. Les gants, un héritae ancien, venant des temps moyen-ageux avec des dentelles, des usaes multiples, mais surtout devenus au gré du temps, des siècles une étincelle de mode. Encore très présent au XIXe puis début du XXe siècle, il s'est consumé avec la liberté des années 70, même si il existait alors en version coloré et maxi pour des tenues de scènes. Il était de trop, dans des décennies de sobriété où le paraître passe dorénavant par la robe, les chaussures et le sac à main. Le chapeau est parti avec lui.

 

Gants de cuir
Gants de cuir
Gants de cuir

Comme par jeu, comme les enfants comptent les voitures jaunes, les chaussures d'une couleur, en espérant pouvoir toutes les transformer d'un geste magique, j'ai observé toute la journée, durant mes déplacements, les mains gantées. Rares pour ne pas dire très rares, surtout que je ne me rendais pas à une soirée pour un opéra, simplement ici et là dans cette ville grouillante de mode, mais où le glamour se dilue fortement. Coiffure, beaux escarpins, belles allures, jolies robes se font rares là encore.

 

Et les gants ! Une belle attendant un taxi devant un hôtel chic sur une grande avenue, elle portait le tout avec style. Simplement, sobrement mais comme le reste de sa tenue, elle avait du caractère, un joli ensemble, un joli chignon. Une vraie présence.

 

Un peu plus loin, juste entre deux rideaux d'un magasin de mode, là où mes yeux se posent le plus souvent, j'ai aperçu un plissé léger, rose poudré, presque un tulle de danseuse, peut-être des ballerines aux pieds, je n'ai jamais su, mais des gants, en version longue, si valorisant, si infiniment féminin posé sur une hanche. 

 

Quelques pas encore, deux coups de fil, du bruit, la rue, finalement un coin plus tranquille dans une autre rue, le calme relatif, deux bottes suivies d'un manteau de saison, un sac de marque, des pas courts, une jupe crayon peut-être en dessous, elle semblait chercher une adresse. Perdue, je ne sais, mais avec des gants mi-longs.

 

Deux rendez-vous, des discussions, un bureau fade dans les teintes de beige que seuls les architectes tristes savent faire, un contrat signé, enfin, dirais-je après des heures à pinailler sur des détails dont chacun reverra autrement dans le compte-rendu. Je sortais, je laissais un message à ma belle, un lieu commun pour se détendre, tous les deux.

 

Quand je suis arrivé, j'étais le premier. Une eau, des bulles, non finalement un schweppes, du citron, et la ville qui sombre dans la nuit encore trop tôt dans les horaires de nos journées remplies. Je reprends mes notes, corrige le design des prototypes, ajoutent des options folles pour ravir les futures clientes, j'annote une idée saugrenue. Une pause, un regard circulaire.

 

Une femme, brune, les yeux brillants, fixant les lumières extérieures, et deux bras, plutôt deux gants en cuir, longs, sans fin. Sa tête repose sur le cuir noir, satiné, souple comme une seconde peau, sensuel. 

 

Je sens ma belle, toujours féminine, toujours plus proche, avec une pointe de sourire intérieur, face à cette série gantée, je m'interroge. Portera-t-elle aussi des gants ce soir ?

 

Moi seul le saurait.

 

 

Nylonement

 

Gants de cuir

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - vous, #Femmes - demain
Vous

 

Je pense si fort à vous.

 

Un peu à vous, l'une ou l'autre, quelques uns aussi, des anonymes, des amies et amis, des relations et d'autres friends de la sérendipité, mais plus encore et surtout à elle.

 

Oui j'écris depuis plus de cinq ans, chaque jour ou presque, ici ou sur du papier, sur des feuilles parfois perdues durant des semaines, sur des cahiers, sur d'autres blogs, dans des commentaires laissés aux autres aussi. Je m'échappe ainsi, mais je me donne aussi. De mon intérieur, je ne vous donne qu'une version multiple, un méli-méo de doutes, de douleurs, de sourires et de belles visions optimistes de notre monde. Ma machine personnelle croit en sa production illimitée de glamour, sans devenir idéaliste, juste positif.

 

Mais aujourd'hui, je pense si fort à elle.

 

Pour une simple raison, je l'aime.

 

Vous
Vous

 

Ne souriez pas messieurs, je vous vois déjà avec vos fleurs achetées à prix d'or pour une st valentin sans âme, avec option pour le dessert, je te fais ta fête. Non, oubliez cela, oubliez les dates encore, même si son anniversaire c'est important, mais pensez fort à elle. Non pas la mienne, la vôtre ;-)

Oui, prenez cette joie pour vous aussi, prenez le temps de lui envoyer pour une fois des sms pleins de sentiments, de lui concocter une surprise (oui vous aussi vous avez le numéro de la baby-sitter, et du restaurant préféré, ou un autre plus intimiste d'ailleurs). Oui surprenez-la encore, aujourd'hui, demain et après encore. Les souvenirs naissent uniquement des instants magiques où notre corps devient épicurien. Le bonheur grave en vous ces détails, pas les montants dépensés. Des gestes simples, des initiatives délicieuses, des macarons et des bisous, du temps aussi. Prenz-en pour elle !

 

Et vous mesdames, laissez ce gentleman caché en lui se révéler, doucement, subtilement, presque par hasard. Si il vous oublie alors embrassez-le goulument, avec votre rouge à lèvres le plus coloré, pour lui montrer qua la routine n'existe pas, que vous l'aimez, et si possible avec réciprocité. Profitez de la vie, là, dès vingt ans, sans choisir votre amour pour vos parents mais avec votre coeur, dès trente ans par le hasard des rencontres. A tous les âges car on peut recommencer une belle vie, en ayant finie une autre. De nouveaux bonheurs, de nouvelles mains, de nouveaux bras pour vous enserrer dans la force de ses émotions. Partagez votre plaisir avec un esprit toujours jeune, là maintenant, ce soir, demain, quand vous avez envie de l'autre. 

 

Mais moi aujourd'hui, c'est elle, celle qui lira ces lignes, la seule qui a mon coeur. Je remercierai un jour le hasard, les mots et la magie d'un soir avec trop de monde, quelques gouttes de pluie. Depuis j'ai réouvert mon coeur, cette pulsion que je ne croyais plus que réserver à des fonctions vitales, biologiques avant d'être humaines.  J'ai ouvert les yeux, serré mes bras, senti sa peau, son parfum, croisé son regard fragile. Depuix ce temps, je savoure chaque minute, chaque heure, chaque jour, car j'aime sa silhouette, son regard discret et clair, son corps et ses courbes. J'aime plus encore sa vérité, son coeur et ses mots. J'aime graver des souvenirs, sur nos pas ensemble, de beaux souvenirs encore et pour longtemps.

 

Jamais je n'ai vécu si fort dans une douceur si intense, à cause de vous.

 

Vous, je vous aime !

 

 

Nylonement

 

Vous
VousVous

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Publié le par Gentleman W.
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Amour

Un simple coup de vent, mon journal s'envole, je me lève surpris par ce geste invisible. Un besoin, su signe, je ne sais, je me dirige vers ce rendez-vous, traversant ce joli jardin blotti à l'intérieur de la ville. Mon regard s'échappe, mes pensées sont assez lourdes pour m'autoriser un peu de bonheur esthétique. Les arbres, les crocus de printemps, quelques primevères, le vert du renouveau, la fraîcheur de la la nouvelle saison, je flâne un peu.

 

Puis il y a eu cette magie, cette main qui a frôlé la mienne, involontairement, dans cette allée si large, presque vide. Je suis retourné, elle a souri, une fée peut-être, d'où sortait-elle ? Elle marchait élégamment avec une allure droite et souple, une robe gris foncé, la taille marquée, les années 50. 

 

Soudain voyae dans le passé lointain, le passé proche aussi, elle, celle qui m'a croisé dans les mois précédents, plusieurs fois sans jamais donner son adresse. Une rencontre, un coup de foudre, une première soirée folle de regards, de bonnes phrases, de révélation, je lui aurai tout donné, j'ai reçu une bise en ponctuation, elle avait disparu.

 

Et puis pour une soirée privée, une inauguration d'exposition, elle était là, le destin, seule, avec une flûte de champagne, la tête vers une sculpture d'homme nu. Sa main caressait le dos, les muscles, leur force, leur faiblesse en bas du dos, les fesses. Son sourire était le même, prise sur le fait, la main encore sur les arrondis arrières. Nous avons ri, parlé encore, pris le temps de boire, de manger, de croiser du monde sans nous intéressez à eux, de parler encore. Derrière d'autres bronzes, elle est parti, sans prévenir. J'aurai dû me méfier, elle venait de m'embrasser encore.

 

Amour
Amour

 

Un soir, la pluie, une humidité impossible, la routine du métro-boulot-dodo, un livre dans ma poche, j'avais pris une pause sur mon chemin. Je regardais les passantes, les styles des unes, les improbables essais de mode des autres, le croisement réussi ou non entre le masculin et le féminin. Deux talons m'ont surpris alors que mon regard tombait sur le macadam, ils sont étrangement rapprochés de la vitre, vers moi, des bras avec. Un visage. Elle.

 

Nous avons partagé un chocolat viennois, du plaisir, deux cuillères, de la crème chantilly, du sucré, du chocolat, du bonheur. Elle était là de nouveau, ma fée. Etrangement, je ne savais rien de sa vie réelle, de son métier ou si peu, de sa vie amoureuse, de son lieu de vie, je connaissais sa beauté naturelle, son élégance très féminine, sa bouche rouge, ses paroles et ses yeux. Je la dévorais sur le vif, en temps réel, et je m'évitais la souffrance de ne pas savoir, de ne pas la voir. J'aurai tant aimé l'avoir.

 

Elle pétillait, me donnait des réponses à des interrogations, mais ma discrétion, mon ébouissement m'empêchait de la dévoiler. Ma timidité revenait avec elle, et pourtant j'aurai voulu être capitaine d'un vaisseau pour l'emmener au bout du monde, sur le chemin de mes sentiments si forts. Oui je ressentais de l'amour mais en silence. Sa joie attirait les regards, sa beauté aussi.  Nous avons parlé, grignoté, mangé là en attendant que la pluie ne s'arrête jamais. Etre là avec elle, toujours, ma main sur la sienne, ou peut-être l'inverse. Un temps sans limite, nous avons tant échangé, j'étais dans le trouble où le temps devient flou, les dimensions avec. Je ne voyais plus que son chemisier plumetis, son manteau sur le dos du siège à côté, ses mains fines, ses lèvres rouges.

 

Il faisait nuit, elle s'est levé, reprenant son sac à main. Nous étions sur le trottoir humide, le silence extérieur annonçait la présence de la lune, le sommeil des voitures et de leurs conducteurs, les volets clos. Mais il n'y avait qu'elle. Nos deux mains, un lien, je ne voulais plus la perdre. Au moins avoir un numéro, un email pour la joindre, la revoir, ne jamais la quitter.

 

Derrière ce mur, sans savoir, je l'ai embrassé. Serrée fort dans mes bras, jamais lâchée, plus jamais.

 

 

Nylonement

 

Amour

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Comme les autres

Lundi, lundi de mars, lundi d'hiver encore. Le ciel est entre gris et blanc au-dessus de mon velux, dans mon studio un peu froid. Lui est déjà parti, en mission pour la semaine, moi j'ai démissionné la semaine dernière. Fin d'une relation triste avec des collègues stressées, pâles et sans sourire, fin de cette relation d'objet à vendre. Je suis épuisée par ce manque d'humanité, et là encore ce matin, sans rien, après tant de larmes, tant de bras serrés autour de moi,  je peine à trouver un sens à mes prochaines semaines.

 

Je déprimais, mais j'aurai pu glisser plus loin, pour le seul bonheur de gens qui me relançaient avec une éternelle remarque sur l'effort, sur le monde est difficile, mais toujours en oubliant que je n'étais pas un paquet de viandes sou vide, qu'ils ne disposaient pas de moi comme d'un produit. Sans moi ils ne sont rien, sans eux, je ne suis pas grand chose, je le sais. Mannequin, un boulot usant, frustrant, pesant fait d'attente et de longueurs, puis de courses, d'ordres, de froid et de chaud, de folies en tous genres.

 

Entre le styliste, souvent créateur raté, se lance dans un délire d'envies, de cri, d'hystérie hormonale, de besoins et d'envies qui contredisent les premières, et si je suis le mannequin, je ne suis pas de chiffon, ni une poupée mais bien humaine. Les assistantes terrorisées et souhaitant en même l'éviction pour la moindre faute de la première, je jongle entre leurs coups fourrés pour ne pas attraper froid en posant dans un studio trop grand, avec des décors délirants ou sur des plages à l'autre bout du monde, sans intérêt, sauf le wifi à l'hôtel, enfin le soir. Non, je n'accroche pas avec ce style, cette mode, cette volonté aussi de déstructurer tout, de chercher un autre sens, souvent aucun sens à tout, à donner un contre-sens au vingtième degré en posant avec des talons hauts de quinze centimètres, valant mille euros, mais plongés soit dans du sable et de l'eau de mer, avec une fourrure, soyons con jusque boutiste, ou les mêmes escarpins dans un souterrain glauque, puant, un atmosphère de poubelle, des flaques d'huile de vidange.

 

 

Comme les autres
Comme les autres

Et puis finalement je suis payé pour sourire, faire la belle, faire la belle modèle, la plus belle avec le plus grand sourire, j'ai tant entendu les superlatifs, et finalement maintenant pour ne pas détourner les futures clientes du produit que je porte, je dois faire la gueule. Rien, un regard vide, une moue, un visage maquillée mais inerte de la moindre émotion. C'est tendance, et un petit groupe s'autocongratule sur les modes, les couleurs et les imprimés qui feraient mourir un kaméléon, même adepte des clowns. Je les regarde effectivement avec une lassitude profonde, et donc je leur dis ce que je pensais d'eux, de leurs minauderies, de leurs manque profond de talent, de leur exigence sans rapport entre les personnes présentes, la communication sans autres  valorisations, juste des remarques, des pensées  négatives, ce reél manque d'envie finalement. Créatif, j'ai expliqué ce qui leur manquait aussi, ce recul sur eux-mêmes, ce besoin de vivre sous une pression non constructive, cette mélasse qui était leurs pensées, et puis j'ai ri.

 

Totalement, même en allant chercher mon chèque, donner ma démission, en claquant les portes, en donnant ma vérité d'humaine à mon agent, en la coupant dans une de ses nième discussions masturbatoires sur le poid de l'une ou l'autre, celles qui attendaient dans le couloir. Je me suis lâchée, peut-être flinguée dans le métier, mais mon corps est autre chose.

 

Deux photographes ont vite appris la nouvelle, les rumeurs, le coup de vent pris en pleine face par certains, et ils m'ont booké aussitôt, pour mon corps libre, ma fougue, mon impertinence et mon sourire.

 

Une semaine commence, une nouvelle semaine.

 

Je suis mannequin, je suis libre, pas totalement, mon corps est fatigué, mais le soleil pousse les nuages, l'envie est là, avec ce futur printemps, les couleurs. Moi.

 

 

 

Nylonement

 

Comme les autres

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Lueur de printemps

La lumière était là, bien présente, comme assise à côté de moi, sur les chaises vides de cette salle d'attente. Etrange lieu d'ailleurs, habituellement confiné entre deux séries de portes, avec des revues cornées et dont les pages de mode dataient largement, des fausses plantes et d'improbables tableaux modernes ne donnant aucun sens à notre regard, aucun retour dans nos pensées, celui-ci était différent.

 

Lumineux, car en lieu et place du mur, une immense baie vitrée donnant en hauteur sur le boulevard adjacent, sans le bruit des véhicules, juste le passage des oiseaux, de gros pigeons de ville, une haie de bambous et de fleurs blanches à mi-hauteur sur le court balcon, et aucun rideau. Le soleil attendait lui aussi sa consultation. Chaudement posé sur les chaises vertes et jaunes de la salle, sur un parquet en bouleau clair, deux tables basses également du même bois, modernes mais présentes, pas une vision jetable.

 

Etonnant lieu, étonnant contact sans humain, une porte automatique, un code fourni par sms ou email, une série de chiffres et me voilà assise devant une revue d'art, de cuisine, de cinéma, de mode. Quatre magazines seulement, soft, peu courant, plutôt branché, et datant du mois en cours. Un test peut-être, pas de caméra, des plantes dans le coin, des pots de couleurs vives de différentes hauteurs, j'attends. J'observe, je me regarde aussi dans ce long miroir en horizontal sur le mur, il coupe les jambes, mais donne le volume de soi, de notre buste, de notre tête, de nos doutes, de nos douleurs. Déforme-t-il ?

 

 

 

Lueur de printemps
Lueur de printemps

 

Un bruit, sur le mur derrière moi, un écran que je n'avais pas vu, deux écrans, trois écrans verticaux, surprenant, une musique sobre, un brin jazzy, des touches délicates d'un piano swing. Et sur les paes numériques défilent des corps, des femmes, des silhouettes, des variations nombreuses. Pas uniquement des midinettes de quinze ans vantant des crèmes anti-âge alors qu'elles n'en sont qu'aux besoins anti-acnée. Pas de perfection, des femmes, des photos élégantes, de rue, de mode en mouvement, pas de vidéo, mais un spectacle vivant, je me lève, je me pose sur les chaises en face.

 

Grandes, petites, maigres, trop maigres, malades pour être si fines, rondes, très rondes, grosses voire obèses, jeunes, moins jeunes, quadra, quinqua, senior, silver, tous les âges passent et se croisent, adultes, femmes classiques, femmes glamour, femmes en jean. Mais toutes ont le sourire, un point commun. Un sourire avec un téléphone, un message heureux, un sourire de mode, un sourire pris par hasard, une moue des lèvres pour dire les sentiments, elles sont aussi sources de lumière.

 

Différentes, en toutes saisons, leurs modes le démontrent, elles bougent, elles vivent, elles souffrent peut-être mais elles croient en une image positive de la vie. D'ailleurs des images me ressemblent aussi, ce foulard sur la tête, cette couleur fade de moi-même il y a quelques mois, je me rappelle. Oui au milieu de cette foule, de cette belle énergie, il y a des femmes malades, atteintes comme moi du cancer, victimes mais aussi vainqueurs sur la maladie. J'en ai souffert, avant sans savoir, à l'annonce très fortement dans mon corps et ma tête, pendant le traitement, seule, mais aussi supportée par mon mari aimant, mes amies, après encore. Maintenant. Aujourd'hui je viens voir cette femme, sur recommandation, elle est kiné, elle masse les chairs meurtries par l'ablation, elle redonne du tonus et de la souplesse pour vivre les mouvements du bras, de l'épaule plus facilement. J'ai besoin d'elle, de ce rayon de lumière car le chemin sera long encore pour oublier, pour revivre sereinement

 

 

 

Nylonement

 

Lueur de printemps

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Etre ou ne plus être

Marcher dans la rue, et soudainement être absorbée par la texture du mur, devenir transparente, invisible pour toute cette foule autour de moi, pour ce monde entier qui ne me voit plus.

 

Stopper, voir ces mouvements continus, cet arrêt sur image juste pour moi, autour de moi, sur moi, à travers moi. Je ne suis plus là. Je croyais exister et depuis une heure, je ne suis plus là. Les souvenirs sont bien là, un passé bien actif, dans ma mémoire, dans ma vie courante, du moins jusqu'à hier, j'étais. La jeune femme que je pensais être, consulte son téléphone, ce fil à la patte, ce lien impossible parfois dans ses périodes de silence, ce lien si tenu quand les gens se suivent, se parlent, partagent leurs réunions de travail, appellent pour préciser les éternels retards des transports. L'heure, les minutes et le secondes, le temps tourne toujours, rien de figé. Juste moi, mon enveloppe corporelle devenue diffuse, trouble, inexistante.

 

Un répertoire, deux doigts sur l'écran, des images, des groupes, des sujets, mes copines, ma famille, mon ex, oui bof, de la déco, ma passion pour l'équitation, les chevaux donc, et mes selfies. Truc débile par excellence, sans vocation artistique aucune, souvent souvenirs de soirées entre potes, de sorties en boîte, de vacances improvisées, de tenues plus ou moins réussies. Je glisse mon doigt, je suis bien là, face à un miroir, dans des toilettes, dans un restaurant, devant des vitrines, à un concert, dans une chambre, un soir de fête, le mariage de ma soeur. Je suis là dans cette machine, juste là.

 

Etre ou ne plus être
Etre ou ne plus être
Etre ou ne plus être

 

Et pourtant cette palissade, ces travaux, ce mur défait, le trottoir, la rue, personne ne me voit. Ma coiffure semblait parfaite ce matin, je me revois dans la salle de bain, douche, séchage, serviette chaude, maquillage, eye-liner, un peu de rose mais pas trop sur ma peau claire, un rouge à lèvres clair, un rose tendre, pas trop voyant. Un coup d'oeil sur mes ongles, nickel depuis hier soir. Mes fiches, mon dossier, mon petit déjeuner en lingeries pour ne pas faire de tâches sur ma robe. Un collants opaque, une tunique longue pull gris, un ceinture, un trench dessus, mon sac pas trop grand pour éviter mon côté bazar ambulant, pas trop petit car je ne suis pas en petite robe noire et sortie restaurant.

 

Tout était là, je suis arrivée à l'heure, j'ai attendu. Et puis deux entretiens, et ce vide en sortant, cette chaleur de printempes ressentie à neuf heures, disparue à onze heures, deux heures qui ont aspirées ma vie. Toutes mes sensations aussi.

 

Rien, mon profil, pas mon corps, juste des mots sur un cv, vite relu, dix candidates dans la salle, toutes alignées comme des poupées, toutes la tête droite, le regard fuyant la concurrence, personne ne parlait. Rien de ce moi de papier et de mots, de moi présente, ne valait de choisir mon avenir, et donc mon présent. Ce nième rendez-vous stérile où je me donne, je me vends, je me marchande, je suis ressortie avec rien. Même plus l'envie d'être moi.

 

Et puis les autres, eux, ils oublients qui je suis, ils sont occupés par leurs vies, ils se déplacent de A vers B. Peut-être ont-ils l'idée que le boulot tombe tout seul, ou mieux encore que les sans-emplois pour ne pas dire honteusement les chômeurs, se moquent de travailler. Le rapport est un peu différent, franchement moins engageant. Des dizaines d'appels, des emails par centaines, des versions par dizaines, des conseils si nombreux que je pourrai écrire un livre sur le faire, le défaire, le refaire et son contraire. Je suis vidée, désesperée n'est pas le mot, car je ne vois plus mes pieds, pourtant j'avais mis des bottines. Je suis aspirée par le néant de ne plus être réellement un humain, ou peut-être de seconde zone. Un mimétisme troublant avec le non-être d'une vie intérieure et d'un corps extérieur.

 

Invisible et consommée, bientôt digerée par la société.

 

 

Nylonement 

Etre ou ne plus être

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Partir deux jours

Il y a toujours les rêves fous, les instants magiques que notre imaginaire sur-activent en  nous. Même avec l'option impossible de gagner au loto, pour vos envies les plus folles, pour vos délires sans limites.

 

Et puis, il y a ce coup de fil d'une amie, passionnée de peintures, d'art en général qui vous invite à prendre votre passeport, une mini-valise et vous attend dans deux heures deevant chez vous avec un taxi. Vous n'aviez rien à faire, et puis elle vous a dissuadé de toute autre envie durant le week-end. Oublions le frigo vide, les copains qui se décident jamais pour une sortie ou une bonne séance de cinéma. Pas de famille Bélier, pas d'excuses impossiblees pour justifier votre nième flemmardise pour ne pas courir, pour ne pas sortir. Elle sonne, elle est en bas, avec son trench, son sac et le taxi.

 

Direction l'aéroport, New-York, la ville, les avenues, les bars, les nuits et le shopping, mais aussi les galeries d'art, les copains musicos que vous avez déjà vu vautrés chez elle, le soir, le jour, dormant avec le décalage. Pluiee et ciel gris, adieu Paris, direction les nuages.

 

Partir deux jours
Partir deux jours
Partir deux jours

 

Pourquoi vous êtes là ? parce qu'elle a choisi un jour d'arrêter la fac de droit pour montrer ses gambettes, son nez, son dos, ses fesses, sa cambrure, son corps en devenant mannequin. Une passion, un passe-temps surtout un gagne-pain quand on a le bonheeur de naître quasi parfaite, de ne rien faire pour rester svelte, en se gouinfrant des viennoiseries, een lisant dees livres sans faire de sport. Bref elle avait un potentiel, une femme l'a reperée, castée et depuis, elle vit heureuse. Un peu seule aussi, dans les voyages, dans un milieu photo un peu snob ou trop branché pour l'intello qu'elle reste. Finalement elle continue ses études de droit par correspondance, pas assidue mais motivée.

 

Surtout elle partage ses envies, ses goûts et puis quand le vide l'obsède, elle revient vers moi, sa meilleure amie. Toujours. Elle a vu mes diplômes, mon studio, mon appart, mon jules, mon bébé, le départ de mon jules, mon gosse et mon boulot entre quainzee dossiers importants. Elle aime venir dormir sur le canapé du salon, tout simplement, un endroit avec une vraie vie normale, selon elle. 

 

Alors là je suis dans l'avion, sur un siège, tranquille, elle parle de notre périple, de notre sortie, dee nos deux jours, de tout, de nous ausssi, de nos souvenirs, du temps qui passe trop vite. Deux jours là-bas, mon fils avec son père, deux jours pour voir de l'art et respirer un autre air.

 

Folie, rêve ?

Amitié simplement !

 

 

Nylonement

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