Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes & mode

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Nylon & Lingerie, #Femmes & Mode, #Nylon & Mode
 

 

"Chéri, ce soir, c'est latex !" c'est avec un simple sms que je lui ai tout annoncé.

 

Dubitatif, il a dû rester devant ces mots, captés entre deux phrases d'une réunion, ou en tapant un rapport sur la croissance économique, bref en plein boulot. Une subite envie de préservatifs, des champignons suspects ou une quelconque démangeaison gracieuse qui fait que l'on porte sa main sans pouvoir se retenir entre ses jambes, non rien de tout cela.

 

Mais ce soir, j'ai envie de latex, cette matière si tendance que les podiums exhibent sous toutes les formes, en robe, en jupe, en body, en trench déstructuré, en lingerie même. Une curiosité dans un monde où tout évolue si vite, où l'on peut avoir peur de rater la dernière innovation, chaque minute, chaque heure, chaque jour. Le temps absorbe l'importance d'une mode. D'autant qu'il est inversement proportionnel au bonheur absolu mais très bref qui nous fera briller dans des discussions, elles aussi très brèves, tout aussi vite oubliées.

 

Je veux être in, devancer même la tendance car si les sites classiques de vêtements ou de lingerie, ne proposent pas de réelles déclinaisons, j'ai trouvé en quelques clics mon bonheur. Et puis c'est surtout en discutant avec une collègue un peu branché, un peu décalée, modeuse à ses heures, testeuse compulsive, c'est ainsi que nous avons disserté sur les matières, les classiques et les incongrues de la mode. Celle-ci semble fétichiste, bizarre même, étrange car finalement mal connue du grand public. Certains créateurs en ont joué, d'autres l'ont exploité sur scène en tant qu'artiste, finalement, le stretwear l'a adopté pour changer, pour ressentir l'enveloppe de la mode autrement.

Intimement ici, c'est mon choix, car les photos aperçues dans des magazines m'ont donné l'envie, oui un désir profond de toucher, de comprendre, de voir. Au final, d'essayer !

 

Une version moderne des dessous chics !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Folie me direz-vous au-delà de la curiosité ? Peut-être mais est-il raisonnable de porter des chaussettes dans des escarpins ? d'oser des mi-bas pour valider la couleur trendy d'une jupe coupée de travers ? d'avoir porter des uggs moutonnés et chaudes , et surtout moches ? d'oser les spartiates alors qu'aucun mannequin de magazines n'a encore réussi à les chausser avec élégance et splendeur ?

 

J'ai envie.

 

D'ailleurs si l'aspect sulfureux de la matière souvent mystérieuse pour beaucoup de gens, il est souvent lié à des préjugés sans aucun avis réel et direct, des rumeurs ou des lectures avec des stéréotypes tout faits. Certes auriez-vous été tendance en lisant les romans mum-porns, ou totalement perverse si vous l'aviez fait avant le grand coup marketing en trois tomes ? Comment juger sans savoir !

 

Alors j'hésite, j'essaye, j'écoute les conseils de la vendeuse, certes habillée en robe latex, tatouée, piercée, maquillée un brin gothique, mais avec une voix sublime et des propos justes en réponse à mes interrogations. La matière ? les tailles ? quel modèle pour débuter ? soutien-gorge et culotte ? string ? bas ? comment les enfiler ? les entretenir ? les stocker ?

 

Je suis étonnée de la variété des collections, encore plus par la douceur extrême de cette matière sous les doigts. Plus encore sur ma peau, c'est enveloppant, autant seconde peau d'une paire de bas nylon, soyeux, gommant les rondeurs, affirmant mes formes, marquant mes atouts voluptueux. Je suis conquise, sauf par le prix, mais une folie moderne n'a pas de prix, et puis c'est quand même plus sensuel qu'un i-machin, même avec un million d'applications inutiles. Je me sens bien dedans, et j'anticipe que mon homme va avoir les yeux dans une autre dimension.

 

Sourire, achats, sms. 

 

Vivement ce soir !

 

 

NYLONEMENT

 

texte publié sur le blog

www.absolue-feminite.blogspot.fr

Mots & Emotions

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes & Portraits, #Femmes - demain
Magie d'été

J'aime les instants imprévus, ceux qui me confortent dans le plaisir du quotidien routinier en jugeant certaines idées trop folles pour être vécues, mais surtout j'aime quand tout bascule. Comme là maintenant, simplement, quelques mots, un sms.

 

Une réunion sans fin, des rapports accumulés cherchant un point final, une climatisation à bout de souffle, des gens énervés de devoir se remettre au travail, des absents qui ont toujours tort, des stagiaires qui fêtent trop leurs nuits post-bac, des ordinateurs qui ne supportent plus la chaleur, d'ailleurs si présente. Je suis entre mon clavier, mon thé froid, ma bouteille d'eau et même avec un brumisateur, une robe légère, mais la tête est en surchauffe, endolorie par la température et le stress de ce plateau. Vive les openspaces, le partage mutualisé des odeurs de sueurs, des courants d'air vains dans une pièce sans un souffle. Je suis vannée, en attente de pauses, mais une première année de boulot, pas vraiment de vacances, juste des ponctuations, des week-ends prolongés pour des mariages familiaux ou un séminaire pas vraiment reposant.

 

Un sms, ses mots, mon amoureux et une liste. Au début, au premier bip, j'ai souri, toujours contente de lire ses bises ou bisous, mais ensuite est venu un déballage de bips, de vêtements, de robe de plage, de couleurs, de bikini, de sandales ou de claquettes, des photos avec de ma garde-robe. Cela défilait sans s'arrêter, au point de couper le son des réceptions régulières. Et cela continuait, encore, encore un peu, plus. Pourquoi me vidait-il tous mes tiroirs, mes tops d'été, vantant au passage celui-ci si joli , jamais mis, ce monokini bleu si joli, cette jupe à larges rayures, cette marinière courte. Un grand bazar, des photos, un blanc, un smiley joyeux, des mots sur un papier, des coeurs.

 

Et une photo de la valise prête, avec des précisions sur le sac de maquillage et autres produits de toilette, de brosses à cheveux et autres colliers. 

"Départ ce soir vers la mer !"

 

Une interrogation, une pile de rapports devant moi, les vagues vraiment loin derrière, à peine un clapotis, du boulot encore là. Ma chef justement venant vers moi, le sourire, sa bouteille d'eau et deux dossiers avec elle. Droit sur moi, mon téléphone retourné, perdue, je ne sais plus quoi faire, je rêve tant de ce sable fin, d'une tenue légère pour un océan frais. Son sourire, si rare, surtout ces derniers jours. 

"Deux dossiers que l'on voit ensemble tout de suite." Deux noms de clients, je prends mes notes, je la suis dans une salle de réunion, plus discrète, loin des claviers, téléphones et autres ventilateurs.

"On clôture cela avant ce soir. Les autres attendront la semaine prochaine. Ton copain m'a appelé, et après un beau discours, m'a demandé de te mettre en congés. Une bonne idée. Un amoureux organisé... gonflé et ... très amoureux."

 

Cet fin d'après-midi, j'ai bossé pour trois, rendant les dossiers sus-nommés avec une joie inégalée. Lui attendait en bas, dans la voiture, ma valise, sa valise, direction la mer.

Magie d'été
Magie d'été
Magie d'été

 

 

Nylonement

 

 

Magie d'été

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Femmes & Mode, #Femmes - demain
D'antan ou d'aujourd'hui ?

Lumière d'été, ciel entre bleu et gris, la météo joue avec le soleil et les nuages. Une fraîcheur nouvelle, une pause plus légère, moins accablante en température, surtout dans la ville, une nouvelle bouffée d'air, je bois un verre en attendant mon compagnon. Nous sortons ce soir, un anniversaire, une occasion, juste le plaisir toujours souriant de se revoir, de s'aimer, comme au premier jour.

 

La café s'anime, les couples sortent, des amis se croisent, des solitaires s'ignorent dans un livre ou un journal, pendant que quelques célibataires observent les hommes ou les femmes, en quête d'une personne parfaite, d'un coup de foudre peut-être. Une vieille dame se lève, doucement se faufile vers les tables, pour trouver probablement un lieu d'aisance, non finalement elle s'arrête près de moi.

 

"Bonjour jeune dame, quel âge avez-vous ?" je reste surprise de sa politesse, de son ton direct, de son regard bleu clair entre deux rides. Plus encore de cette question curieuse pour une inconnue. 

 

"Bonjour, pourquoi cette interrogation ?"

 

"Je vous regarde depuis votre arrivée. Oui je prends mon thé ici, tous les jours, ou presque, depuis des années. La mode défile devant moi, mes souvenirs avec. Surtout avec une aussi belle robe. Pas de votre époque, il me semble !" avec un sourire malicieux. " Je peux m'asseoir, mes yeux sont plus vifs que mes os."

 

"Prenez place." sourire en retour "Je suis une une nouvelle trentenaire depuis peu,mais j'aime les belles robes surtout pour sortir. Comme ce soir. Alors j'ai des modèles récents, des petites robes noires, intemporelles, fluides ou strictes, moulantes ou pleines de froufrous. J'ai hérité de cette folie vestimentaire dans ma famille, de mère en fille, de grand-mère en petite-fille aussi. Cette robe a été refaite avec des coupons et un peu de couture récente, mais aussi des mousselines d'antan. Mais je me sens si bien dedans, elle n'a pas d'âge."

 

"Vous rayonnez de féminité, un soupçon des années 40, 50 même, vous êtes la plus belle de ma journée, voire de la semaine et même de ce mois de juillet, si chaud. J'ai tant vu de touristes, de femmes en short, de sandales plates, des claquettes moches, des tee-shirts informes, des tenues de plage dans la ville. Même pour un café chic, j'avais l'impression d'être dans un fast-food. La mode se perd. Les plus jolies ici sont les avocates du cabinet voisin, des amies avec lesquelles je partage mon thé parfois. Toujours en tailleur, souvent avec de belles chaussures. L'une d'elle s'achète toujours des talons hauts à chaque affaire gagnée, et cette année, elle en change chaque semaine." rire " J'aime voir la mode vivante, pas celle des magazines, des belles et des élégantes comme vous."

 

"Merci."

 

"En vous voyant, j'ai même douté, croyant voir une page en noir et blanc, un mirage ou un effet d'un coup de soleil. Je vieillis mais j'avais bien vu, vous étiez là, immobile avec votre sac à main, cherchant un visage, puis entrant dans la salle. Je suis là rarement aussi tard, je ne croise pas forcément les femmes qui sortent le soir, mais je suis heureuse. Je tenais à vous le dire, vous avez avec cette robe, une allure naturellement raffinée. Félicitations." en se levant, elle ajouta " Heureux à notre époque, l'homme qui sera  apprécié votre tenue, votre charme complet, de ce chapeau, en passant par votre rouge à lèvres, votre robe, votre étole, vore démarche."

 

"Merci encore." les joues rouges de bonheur face à ces compliments imprévus, si joliment déposés près de moi, je restais émue.

 

"Vous avez enchanté ma journée, je vais retourner chez moi, en pensant à cette mode, à mes souvenirs, à cette nostalgie d'antan."

 

Au loin, il poussait la porte, me faisant signe.

 

 

D'antan ou d'aujourd'hui ?

 

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes & Portraits
Voyage d'été

Le soleil caresse les fleurs, une couronne, une stèle froide de granit. Elle repose là maintenant. 

 

Hasard du vide, avec une famille actuelle où certains enfants, petits-enfants vivent aux quatre coins de la France, du monde même, avec en bonus les vacances, personne où presque n'a voulu changé son programme, envoyant des excuses pour absence à la cérémonie. Notre grand-mère, arrière-grand-mère même n'a eu que quelques amies locales, quelques proches et moi derrière elle. Etrange sensation quand on connaît sa gentillesse, sa présence et ses bras ouverts, ses câlins et ses douceurs culinaires, chacun de nous a pourtant savourer ses flans onctueux, ses madeleines, ses confitures uniques, ses moments dans la cuisine ou autour d'une table. Une femme toujours prête pour les grands repas de famille, pour écouter les chagrins et les amours des enfants, des jeunes filles, des garçons. Son regard noisette perçait sans blesser les doutes et les absolus de chacun, guidait les pas suivants avec sa sagesse.

 

Aujourd'hui la maison prend l'air, je suis seule, ici chez elle, j'ai décidé de libérer les pièces des esprits coincés par le temps, les générations. Toute la maison avec ses fenêtres ouvertes, le jardin passant par la porte d'entrée pour aller vers le potager derrière, par la porte de la cuisine, des courants d'air, des souvenirs nombreux. Une grand maison blanche, posée dans un coin de nature, un lieu de repos depuis sa retraite, mais aussi une vie active, des guerres, des enfants, des mariages, des divorces, des repas et des fêtes. Nous avons tous des photos , en toutes saisons, je les ai étalées sur la table du salon, immense, remplie de toutes les générations, en couleur et noir et blanc. Miracles de voir des parents petits, des enfants inconnus, du moins, je ne peux mettre un prénom dessus, des militaires, des paysans, des fêtes locales, des mariées, des chevaux et des jardins, des couleurs seventies, des tenues de tous âges, je voyage depuis deux jours dans ma famille. Sans leur présence, sans leurs commentaires aigris pour certains, sans leurs rires non plus face à nos sourires figés d'autres décennies, je classe au mieux, je vais ranger tout cela dans un boîte à chaussures, les numériser pour tous, enfin pour ceux qui souhaiteront connaître le passé.

 

Je ne suis pas nostalgique car c'est simplement une partie de moi, plus qu'un gène, une tranche d'histoire.

 

Et là-haut, j'ai ouvert des armoires, des lieux interdits quand j'étais petite, pour éviter que nos jeux abîment les meubles, les lits, les armoires. Des endroit oubliés quand je venais moins souvent dans ma période adolescente, préférant la ville à la campagne tranquille, paradoxe d'un âge. J'ouvre les portes, j'ouvre les armoires, les commodes, tout est là, l'odeur de la lessive, des bouquets de lavande maison et un peu de renfermé. J'aère les lieux et les esprits.

 

Sur une tringle, posées, des robes, des années 40 à 70, trente ans de mode, du fait maison, avec de petits moyens, une robe de mariée (à qui appartenait-elle ?), des robes provenant de petits magasins, du village ou de la ville. Je regarde, je la vois dedans, le souvenir des photos vues hier soir, avec ce modèle, elle a tout conservé. Là une robe fifties, corolle et froufrous d'origine, blanche dessous, des pois dessus, je ne peux résister. Je me glisse dedans.

 

J'adore traverser le temps, je ferme les yeux, je les ouvre face au miroir, elle est encore là, à travers moi, nos traits communs, cette robe.

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité, #Femmes & Mode
Kate Upton

Kate Upton

Comment ais-je pu tomber amoureuse de cet homme ?

 

Certes quand il est arrivé à cette soirée, les copines, voyant mes yeux collés sur lui, m'ont expliqué qui il était. Bon parti né avec une cuillère en argent dans la bouche, de belles études dans des universités internationales, beau gosse (çà je le voyais, je ne le quittais d'ailleurs plus au milieu de cette foule, de cette terrasse privée !), une carrière dans les médias. J'avais aperçu ce type entrant dans la lumière, comme dans une publicité, là dans cette soirée d'été, invitée par hasard de copinage pour me détendre entre cocktails et musique pop-électro, je buvais avec le regard perdu dans le ciel étoilé. Lasse des récentes chaleurs d'été, je promenais mes talons hauts, ma tunique blanche et turquoise sur peau bronzée dans une fraîcheur retrouvée, je vivais la plage mais en centre-ville. Rien de spécial, je ne connaissais quasiment personne, et l'ambiance portait vers une prolifération de marques, de bling-bling assumé, de cris enthousiastes (mais faux) d'amitié, de grands déballages de bonheur avec un snobisme suspendu. Ici chacun discutait avec une voix off soit ailleurs dans d'autres pensées, soit en pleine somnolence intérieure face à ces échanges insipides. 

 

Avec mes amies, le trait d'union qui m'avait ouvert cette terrasse, j'oscillais entre cette flûte de champagne rosé et quelques fraises dedans, mes talons et mes hanches dans le rythme musical. Ponctués de son arrivée. J'ai écouté le CV, j'ai misé direct sur lui, et pourtant il semblait si loin de mes goûts. Simples d'ailleurs. Littérature, bons films, un peu de blogging, des sorties au restaurant avec des copains de lycée, d'études de premiers boulots, des gens sincères, des amitiés réelles. J'aimais mon petit studio, mon nouveau job de création dans le design, ma discrétion sauf les jours de folies vestimentaires, ces jours où la mode me faisait vivre dans le corps d'une autre. Simplicité avec un peu d'excentricité, mais aucun snobisme avoué, aucun penchant non plus pour les princes charmants, beaux, riches, avec belles bagnoles et grosses montres. Je rêvais de confort, de bonheur quotidien avec un amoureux, des tartines, du thé, un jus d'orange, un chat, un lit, un canapé, une voiture d'occase pour les vacances.

 

Et là, le lendemain, j'avais juste un drap sur moi, une baie vitrée immense donnant sur la mer, le ciel bleu. Splash. Une vague, de l'eau, un corps en mouvement, une piscine en prolongement de la terrasse en bois. Lui. Je me suis souvenu de ce voyage, de ce regard avant de tomber dans ses bras, de ses paroles, de nième cocktail avec la vue sur les toits de cette ville, puis de son cabriolet, de mes jambes nues sur le tableau de bord, de nos rires dans la nuit, sur l'autoroute, vers ce lieu. Après les souvenirs sont plus confus. Nuit, sexe probablement, amour pas vraiment, le prince charmant était fatigué, l'alcool n'aide jamais sauf dans les films.

 

Enveloppée du drap blanc, ne discernant pas ma robe, ni aucun sous-vêtement dans la grande chambre, je suis allée vers lui, dehors, près de l'eau bleue.

 

"Tu piques une tête, rien de mieux pour commencer une journée."

 

Seule ma montre sur mon bras. Nous étions déjà en début d'après-midi, nous avons nagé, refait l'amour, mangé des fruits de mer, profité de ce lieu. Mais après deux jours, j'avais l'impression d'être loin de moi, dans un luxe inadapté, sans plaisirs vrais. Une prison d'été.

 

Prison d'été
Prison d'été
Prison d'été

 

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - demain
Gambader

L'été est là, pesant de chaleur, vampire de la moindre trace d'humidité dans l'air. 

 

Cependant la saison s'amuse avec la mode, car les belles chaussures, les escarpins fins qui me faisait rêver durant l'hiver, dans les vitrines, toujours en décalage d'une saison, voire de deux, maintenant je suis heureuse de les sortir. Miracles des bonnes affaires, des soldes et des coups de coeur, avec une paire complice d'un craquage d'un soir de spleen, elles sont là, patientes et posées sur une belle étagères, deux encore dans leurs boîtes. L'air chaud les frôle, elles s'animent, je les glisse à mes pieds. 

 

Ongles vernis, chouchoutage en règle de mes pieds, massage en institut, un rituel d'été, des crèmes pour la peau souple, un peu hâlée, une chaînette sur la cheville, aucun voile de nylon, juste la liberté de me chausser, jambes et pieds nus. Escarpins ouverts, talons de petite taille, mais plus souvent des hauteurs supplémentaires, surtout pour cette paire dont l'excuse tient dans une invitation au mariage d'une cousine éloignée. J'ai acheté des hauts talons, dépassant les dix centimètres, mais j'ai répondu que je ne pourrai venir. Paradoxe au féminin, plaisir simple de pouvoir les porter pour une sortie entre copines au restaurant en terrasse. Cet accessoire, c'est mon plaisir, ma gourmandise, ma folie parfois, mon simple bonheur au quotidien. Tous les jours, été comme hiver, je ponctue ma silhouette. Un atout ? peut-être, évidemment une touche cosmétique de bien-être, une note de mode, pour moi.

 

 

Gambader
Gambader
Gambader

 

Et puis si ma mère en rêvait sans pouvoir, sans vouloir oser en porter. Adolescente, ce fût mon premier vice affirmé avec mes sous, mon argent de poche, mon premier achat personnel, quasi intime. Aussi important que les premiers sous-vêtements. Une transgression de mon milieu social peut-être, une rupture avec la normalité pour mieux affirmer ma féminité, mes rêves.

 

Accessibles comme aujourd'hui dans ce dressing, j'aime compléter mon allure avec des escarpins, des talons, toutes les tailles, car je sais marcher, fièrement avec.

 

Et puis le regard des autres est différent, et comme un miroir, j'aime cette étincelle dans leurs yeux, leurs compliments aussi.

 

Nylonement

 

Gambader

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Rester soi-même

Rousse je suis, rousse j'ai toujours été.

Différente dans le regard de certains, anecdotique dans la foule. Certes les cheveux roux, les vrais, avec cette couleur de feu, souvent associés à une peau claire sont rares, moins prépondérants que les teintes châtains, les brunes et les blondes, les fausses blondes. Dans mon cas, c'est ainsi depuis ma naissance, depuis le jour où ma mère m'a posé sur son ventre, les cheveux humides du voyage dans son corps.

 

Grandir, ignorer les remarques dans la cour d'école, pire encore les mots blessants des adultes, presque éffrayer par ma simple chevelure, comme une tradition héritée, une époque ancienne où le roux devenait sorcellerie. Je n'ai pas compris, ma mère, mes grands-frères, mon père, tous m'ont défendue, expliquée aussi cette non-différence. Puis je me suis fondu dans la masse, les études, les tribus d'adolescents. Les premières surprises-partys, les premiers baisers, les sourires, les selfies inoubliables d'un compagnon vite oublié, j'ai pris des formes, je sis devenue jeune femme assez vite, sautant la case jeune fille, avec comme signature cette longue chevelure rousse. Moi, mon identité.

 

Plus récemment, un hasard, une soirée dans ma ville de jeunesse, une mondanité locale, une invitation, loin de ma vie à Londres, loin de mon univers professionnel, un retour en province, je suis allé à cette soirée. Retrouvant un ami de ma génération devenu maire de la ville, d'autres personnes connues, des amis  d'enfance perdus dans les annéeséloignées d'ici, et quelques personnes, pas vraiment relations de classe, mais présentes dans mes années lycée. Des pimbêches qui soudainement réapparaîssent toujours avec leurs figures ternes, leurs corps et leurs codes dépassés, j'ai souri. Mais comme les cons, plus encore ceux vivant dans un snobisme du paraître, osent tout. L'une d'elles est venue vers moi, pour parler comme si nous étions copines, mais j'ai de la mémoire, et je l'ai revu plus jeune, dans son groupe de jeunes friquées étalant les marques des chaussures à leurs modes complètes en passant par le sac à main. Suivant les tendances les plus douteuses, les chaussures compensées de chez untel, les robes imprimées moches de chez machin. Elle et ses réflexions et autres commentaires désagréables sur les autres non fagotées comme ce mini-groupe. Elle a osé me parler, semblant un peu perdue par mon assurance, par mes cheveux flamboyants, par ma robe d'été en accord avec cette douce soirée, mes talons hauts et fiers. Un compliment poli, quelques mots. Mais je n'ai pas eu de pitié pour elle, pour sa fadeur globale, pour ses cheveux devenus blonds peoxydés pour être toujours juste sans style, pour ses nouveaux seins, pour cette bouche pulpeuse que seules les putes de luxe adoptent. Elle était là, femme du grand coiffeur local, lui-même habillé de marques de la tête aux pieds, mais que ces gens avaient l'air triste. J'ai ri, en reprenant du champagne, la laissant seule dans son coin. J'avais rien à dire.

 

 

Rester soi-même
Rester soi-même
Rester soi-même

 

Et puis le vent embrassait mon cou, sous mes cheveux. Mes parents et mes frères étaient là, eux-aussi, j'avais envie de retrouver ma famille. Leurs sourires. 

Quelles flammes rousses derrière moi !

 

 

Nylonement

 

 

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