Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes - vous

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #femmes - demain, #femmes - vous
Hiver

 

Une ville toute blanche, seules les rues principales laissent apparaître un macadam noir, quelques voitures, les seuls bruits. Je marche vers le centre-ville, vers les rues piétonnes et le parc, des lieux avec les cris d'enfants, quelques oiseaux un peu perdus dans ce paysage immaculé.

 

J'aurai pu choisir une doudoune, un saucissonnage épais et chaud pour sortir, mais j'avais envie de m'amuser de cette météo d'hiver. Juste quelques pas à la maison, sur le parquet et son bois chaud, j'ai hésité entre différentes tenues, mais deux couleurs me semblaient juste. Le noir pour contraster sur le blanc de la neige, le rouge pour donner un peu de pep's à cette saison. Finalement le premier a forcé mes goûts du jour, mais autant en jouer. Avec ce tutu noir par exemple !

 

 

Hiver

Un manteau avec cette forme corolle un peu ancienne,des boutons officiers, une robe pull noire dessous, oui il fait vraiment froid. Collant opaque bien sûr, des gants et une écharpe, j'ai sauté dans mes bottes, indispensables pour ne pas tomber, pour aller laisser des traces dans l'épaisseur craquante de la neige. 

Je me suis regardé dans le grand miroir de l'entrée, un grand sourire, un nœud pour attacher mes cheveux ou plutôt un bonnet. En descendant les marches, j'ai croisé une voisine emmitouflée jusqu'au bout du nez, un petit bonjour. Ses yeux semblaient voir un cygne noir sur un lac blanc, une grande interrogation. J'ai ri, avec ce plaisir de m'amuser avec la mode, avec la vie et même quand le vent a soufflé mon bonnet. Attention aux glissades, j'ai pu me promener en douceur, dans ce monde tout blanc. Chemin faisant, j'ai appelé des amies pour leur proposer de venir faire une bataille de boules de neige. Aucune volontaire, sauf pour boire un thé avec des cupcakes en fin d'après-midi.

 

Vive l'hiver !

 

 

Nylonement

 

Hiver

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

Une belle année 2019, avec des moments de douceur obligatoires, voilà une résolution, plutôt un art de vivre indispensable.

 

Alors si le temps est bien d'hiver avec son ciel gris sale, presque blanc mais pas assez pour nous laisser choir des flocons de neige, il est temps de passer en mode cocooning affirmé. Avec cette robe pull sis douce, non pas dénichée lors des dernières soldes, pas le courage de sortir, pas d'envies particulières, juste un modèle trouvé il y a deux ans, si confortable. Sa première et principale qualité pour me séduire sur son étagère, bien plié, il me sourit, je me love dedans. Sur des dessous soyeux, avec un collant, oui pas des bas aujourd'hui, un modèle entre laine et cachemire ultra-doux, crème pour le teinte. Je suis bien.

 

 

Légèreté tout de même !

 

Je l'entends revenir vers le salon chaud, vers notre cheminée, vers le canapé avec un plateau composé d'une théière, deux tasses larges et une galette. L'odeur de la réglisse et des épices se mêle au beurre du feuilletage gourmand, je succombe à ses attentions, je le vois sourire, venant vers moi, entre deux coussins. Ici, c'est notre bulle, notre dimension personnelle, avec sa chaleur naturelle, mon corps contre le sien, tout naturellement. Deux silhouettes en harmonie, je ne bouge que pour croquer dans le mille-feuilles encore chaud, pour savourer au passage la pâte d'amandes et de noisettes, en quête d'une possible fève. Tradition mais surtout gourmandise annuelle, comme un cadeau de plus pour marquer cette période de fin puis de début d'année. La tasse entre les mains, lui à côté, avec son ordinateur, en pleine écriture, je me glisse pour ne pas le déranger mais pour rester toujours en contact avec son corps. Fusionnels nous sommes peut-être, amoureux et toujours dans ce plaisir complice du contact, du ca^lin à venir, du bisou furtif dans le cou. Je suis bien.

 

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Femmes - demain, #Femmes - Duo de générations
White Monday

Reprendre le cours de cette nouvelle semaine, en pensant à hier, dimanche, installée dans mon canapé, à boire du thé noir, en pleine lecture, j'étais si bien. Une pause, je me suis offert un weekend de trois jours, et aujourd'hui je retourne au boulot avec l'esprit libre. Mais en évitant les discussions autour de la machine à café, avec le même sujet obsessionnel depuis lundi dernier, les bonnes affaires, les remises et les promotions folles.

 

Moi, j'ai pris mon vendredi pour aller voir deux expositions, pour ne pas les rater, et surtout pour profiter du calme ambiant, loin des magasins, loin de vague de consommation, d'idôlatrie de ce besoin compulsif d'avoir toujours plus. Ensuite j'ai flâné pour aller prendre tranquillement mon repas dans un restaurant à vocation d'insertion. le café joyeux au coeur de Paris. Un lieu sympathique, où le personnel est un mixte naturel de personnes avec des handicaps, pour mieux comprendre nos différences et plus certainement nos réalités. Délicieux dans l'assiette, détendue pour l'ambiance.

 

Samedi, j'ai marché pour aller dans un dépôt Emmaüs, avec mon sac à dos, mon parapluie, mon sourire aussi. Détente toujours, pas de queues à la caisse, pas d'affolements excessifs dans les rayons, juste du temps pour passer entre les allers d'étagères remplies d'objets recyclés, utiles ou non, mais en quête d'une nouvelle adoption. Un coup de coeur, un besoin, une futilité, dans tous les cas, c'est pour une bonne cause, et une réutilisation en phase avec le développement durable. Moins de déchets, plus d'échanges car ici les bénévoles ou les personnes en réinsertion, toutes sont souriantes, promptes à vous renseigner, vous guider et surtout vous emporter dans les souvenirs d'un objet, des souvenirs d'un lieu ou d'une époque. Tous les styles se croisent, s'amusent les uns des autres, du kitsch impossible au design vintage trop marqué, toutes les matières s'expriment. 

 

Alors fidèle à mes mauvaises habitudes, oui je consomme trop de mots, trop de voyelles et de consonnes, j'ai dépassé mon quota d'adverbes, de locutions et de paragraphes mais heureusement je ne paye pas d'impôts sur la culture. J'ai pris quelques livres, quelques romans mais aussi des livres de voyages, des vieilleries pour comprendre la vision de notre modernité actuelle vue depuis les années 50 ou 70. Un regard dans le rétroviseur sur le monde d'aujourd'hui, une lecture riche et édifiante, car parfois ils se trompent, parfois ils annoncent nos erreurs. Des livres, encore quelques uns, bref un sac à dos rempli et un second sac plein. Je suis revenu, j'ai réchauffé mon pot au feu, les saveurs pour donner une belle odeur à la maison, j'ai posé mes fesses dans le canapé, j'ai lu jusqu'à m'endormir sur les pages. 


Des livres toujours, du thé dimanche, rien de plus, des mots et encore des mots. Aucune dépense sauvage, juste du bonheur pour moi, en aidant indirectement les autres. Je me sens beaucoup mieux ainsi, même avec mon vieux mobile, acheté sans aucune promotion, il y a si longtemps. Tout cela suffit à ma vie.

Simplement.

 

 

Nylonement

 

White Monday

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - vous

Rien ne pouvait me faire douter de la féminité. Absolument rien.

Encore moins le temps, cette dimension terrible qui vous rappelle le jour de votre anniversaire, au milieu des cadeaux et hourras des amis, que vous avez pris un an de plus, une décennie de plus. Quinqua et alors ! Pimpante et féminine dans cette petite robe noire, des coutures dans le droit alignement de mes talons fins.

 

Cette sonnette m'avait surprise dans ma préparation, je n'attendait personne, à cette heure tardive de la journée. La fin d'après-midi avait laissé place à la soirée depuis une bonne heure, le ciel avait noirci pour déléguer la lumière uniquement aux lampadaires de la rue. Un second coup de sonnette, plus insistant. Il a les clefs pourtant. Alors j'avais décroché l'interphone pour entendre un livreur me confirmer sa présence en bas de la résidence. Surprise, étonnement, pourquoi si tard ? pour quel colis ? "un bouquet, Madame" !

 

Alors j'avais ouvert la porte principale à distance après avoir préciser l'étage pour le recevoir. Un jeune, en jean et polo gris bariolé d'un logo géant, deux bras, le tout caché derrière ce gros bouquet de roses rouges. Je me suis excusée de ma froideur, croyant à une mauvaise blague, à un enquiquineur vendeur de vent. Un pourboire pour ce service sur-mesure, il était déjà reparti vers d'autres clients.

 

Moi, j'ai pris le temps de savourer ce bouquet, ce papier de soie blanc, les fins rubans de couleurs roses et parmes pour enserrer les longues tiges. Une carte aussi, une écriture manuelle, plutôt de femme, pour transmettre le message par téléphone entre l'acheteur et la boutique délivrant la commande. 

 

 

Son amour

"Veuillez trouver les traces de mon Amour pour Vous. Mille et un pétales carmin, comme autant de battements de coeur pour Vous. A ce soir !"

 

Un cadeau, non pas pour une st valentin commerciale, ni pour une date fixe chargée d'obligations, non juste pour le plaisir de passer devant un magasin de fleurs, d'avoir un pincement au coeur. Il m'avait expliquer cela, en riant, en prenant un bouquet et en le payant à la volée à la fleuriste, comme dans un film, nous étions là, simplement en ballade. Avec ses sourires, avec les miens retrouvés depuis sa rencontre. Tout simplement, par le plus grand des hasards, sans forcer l'évidence d'une rencontre ou l'obligation de former un couple avec des profils cachés derrière internet, il était passé, sans jamais repartir de ma vie.

 

Encore aujourd'hui, nous n'avions pas un appartement commun, mais des contraintes d'enfants encore jeunes, de divorce mal digéré, d'emplois nous tenant à distance certains jours de semaine, mais nous vivions ensemble comme un couple. Heureux, toujours avec le même pincement en pensant à lui, recevant ses attentions avec bonheur. Ce soir, nous irions voir une exposition en nocturne, puis nous pousserons au hasard une porte de brasserie pour déguster un plat en nous serrant sur la banquette.

Nos mains sont toujours proches, comme un signe naturel de cet amour, de ce partage émotionnel traversant nos corps. Parfois les personnes, des amis ou simplement des inconnus, nous font la remarque sur cette sérénité que nous incarnons.

 

Oui il m'aime, je l'aime, nous nous aimons.

 

 

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Douleurs de Femme, #Femmes - vous
OCTOBRE ROSE

 

Nous gagnerons le combat contre le cancer du Sein, qu'en étant ensemble, solidaires et sources de bien-être pour accompagner les malades, pour les soutenir moralement et physiquement, pour aller ensemble, femmes et hommes, pour la prévention aussi.

 

Aidons à prévenir, 

Aidons à combattre, 

Aidons à reconstruire la vie après.

 

 

 

OCTOBRE ROSE

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

 

Continuer à marcher, encore quelques pas, encore un peu pour m'aérer la tête. Sortir de cet hôpital même si les soins et surtout le personnel sont là pour moi, mais j'ai tant envie de voir du ciel bleu, de le croire immaculé pour me réchauffer. Mon corps souffre de cette putain de maladie, celle qui dévore mon sein gauche. Quelle injustice, quelle merde, les douleurs me rendent grossière pour la première fois de ma vie, je ne sais plus quoi penser.

Car comme beaucoup, j'ai fait ce qu'il faut, prévenir avec des visites bi-annuelles pour une mammographie, avec entre-temps des palpations chez mon gynécologue. Un suivi régulier pour ne pas y penser, pour montrer l'exemple, pour être sur d'être bien dans mon corps de femme. Et puis soudain, la première crampe, là en soulevant le bras, en nettoyant des vitres dans le salon, je me suis dit que je vieillissais un peu, le ménage en plus du travail. Mais les souffrances sont venues me relancer même en pleine lecture, sagement calée dans mon canapé. Tendre le bras pour ma petite tasse de thé, la relance, et donc une visite chez mon médecin, les autres rendez-vous ont vite suivi. Nombreux pour faire des examens, pour me découper en tranches fines avec les scanners et autres TEP, j'ai visité les cliniques, attendue des heures des spécialistes surchargés. Assommée par la sanction, surprise mais surtout victime d'une injustice, j'ai pleuré, libérant mon corps de cette nouvelle affreuse, impossible. Oui j'a renié ce sein, j'ai refusé cette déclaration trop facile dans la bouche de cette femme médecin. Un cas parmi d'autres, non pas vraiment, c'était moi, face à cette nouvelle i-m-p-o-s-s-i-b-l-e.

 

 

Marcher
Marcher

 

Vivre avec, l'annoncer aux autres, mes proches, mes enfants, mon mari si souvent absent, devenu un fantôme, mes parents, mes amies, mes collègues. La douleur, la fatigue surtout et tout cela démultiplié par les traitements, j'ai vomi mon corps, mes envies de ne plus être malade, de ne plus être tout court.

Vivre malgré tout cela, malgré les médicaments et leurs effets secondaires irrationnels, j'ai marché vers le bout du tunnel. Assommée durant des semaines, espérant en sortir plus vite que les autres, voyant les mois passés, espérant simplement sauver ma peau, car j'ai perdu toute rationalité. Que de voyages intérieurs dans un moi blessé, conscient de mes faiblesses, refusant cette vérité chaque jour et pourtant la voyant dans ce creux de mon corps, J'ai pleuré encore, j'ai trouvé heureusement du personnel médical follement disponible, totalement à mon écoute, même face à des questions stupides, des espoirs d'un autre monde. J'ai ajouté petit à petit quelques amies, quelques collègues, ceux qui n'ont pas eu peur, ceux qui ont compris mon combat, ceux qui ne savaient pas quoi dire mais proposaient leurs épaules fortes comme des mouchoirs infinis.

Vivre pour eux, mes enfants, ma famille. Forcer l'espoir d'être dans la bonne partie des statistiques. Croire en tout cela entre deux phases fatigue immense et des douleurs régulières. Retrouver le chemin pour marcher, sortir enfin de ces lieux trop visités, de ces contrôles trop nombreux, sortir vers un taxi libérateur. Ecouter de la musique, pour marcher et reprendre le cours de ma propre vie. 

 

Vivre tout simplement après mon cancer.

Vivre.

 

 

Nylonement

 

Marcher

 

 

OCTOBRE ROSE

 

Une cause, un combat quotidien pour beaucoup de femmes, pour des amies, des proches, des voisines, des collègues, des anonymes.

Apportez votre soutien moral ou physique, en écoutant leurs doutes, leurs souffrances et leurs douleurs diverses, car le pire serait en plus de les laisser de côté.

 

 

Marcher

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

 

De moi, il n'avait laissé que cette série d'empreintes, noires sur un fond blanc. Traces uniques d'une personne, résumé extrême d'une vie, ultimes résidus d'un corps, mon existence se retrouvait ici, dans ce bureau froid, sur un document officiel, ce simple passeport. Nom, prénom, sexe, date de naissance, lieu de naissance, voilà au-delà de mes traces ce que j'étais, du moins ce qu'il croyais que j'étais. Dans une matrice conventionnelle, je devais être dans une des cases.

Et pourtant le flou existait, à la première minute quand ce fonctionnaire d'état-civil était venu vers la jeune femme assise à côté de moi, pour des papiers, en prononçant mon nom, mon prénom. Face au refus, il avait alors tourné la tête dans le vide dans cette salle d'attente, comme si je n'étais pas là, comme une plante supplémentaire dans les pots plastiques blancs. Je m'étais levé vers lui, face à son interrogation, face à ce début d'incompréhension.

 

Moi, mademoiselle, je n'étais pas celle qu'il attendait. Et cela durait depuis ma plus tendre enfance. J'étais bien humain, avec deux pieds et deux bras, un corps complet sans aucun manque, enfin si peut-être. Des cheveux longs pour plus facilement assimilé une présence de féminité, un rouge à lèvres bien carmin pour amplifier la véracité de mon statut sexuel, mais je n'avais rien de cela. J'étais moi, sans ces repères, sans les avoir jamais ressenti comme m'appartenant, comme un chemin possible d'évolution de mon enfance vers mon adolescence, vers mon statut d'adultes. Les années avaient défilé, souvent dans la souffrance lente d'attendre demain sans voir la maturité arriver assez vite. Sans rien attendre non plus.

 

Mes deux grandes soeurs, mon grand frère étaient pourtant si proches, si prévenant avec le bébé que j'étais, eux si grands déjà, au collège, bientôt au lycée. Maman avait changé de mari, offrant un cadeau d'amour à sa nouvelle vie. Moi.

 

 

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Une fille, une charmante petite fille, et pourtant, assez vite, j'ai donné mon avis, j'ai préféré être moi, tout simplement sans distinction, sans rien analyser. Juste des goûts, pour les pantalons, sans réel dégoût pour les petits collants blancs et mes robes d'été, j'aimais tant l'école et les copains, les copines aussi. Ce fût plus compliqué quand un jour, la maîtresse a formé des groupes pour des activités. Des choses pour les garçons, pour les filles, cela existait encore, comme si le monde se devait d'être normé sexuellement dans les passions, les sports et surtout à l'avenir les métiers. J'étais pas en rébellion, pas encore du moins, juste perdu car moi, je n'étais pas avec eux, je ne me retrouvais pas dans aucun groupe, du moins avec leurs critères. Une instabilité lié à des choix impossibles, je n'étais pas à ma place. Au gré des rencontres, je me suis fait des amitiés, des désamours, des ennemis en particulier avec ma non-appartenance à une tribu, à un groupe. Surtout quand le leader, cette personne au charisme envié, décidait de régner sur ses courtisans, créant des cases où jamais je n'aurai ma place. Forme incongrue pour rentrer dans leurs ronds ou carrés normatifs, triangles ou même octogones. Je n'étais pas bien pour eux, de plus en plus seule, seul peut-être.

 

Alors j'ai pris le recul, j'ai profité du cocon doux de ma famille, celui laissé par mes autres soeurs et frère. J'ai tant aimé ma tante, elle aussi en dehors des frontières idéales de ce clan, celle qui était différente, sans mari. Un jour, un voyage, un long week-end, je suis allé me balader avec elle pour une exposition dans sa ville. J'ai entendu ce mot pour la première fois de sa bouche, "homosexuelle", elle m'a donné sa version. Pas les pâles rumeurs sans raison des autres membres de la famille, les jugements et autres reproches, les remarques de colère des anciens, les délires de certaines autres. Je me suis sentie libérée d'un poids en comprenant sa vie, ses choix, ses doutes et surtout son amour pour "l'autre tante". Cette personne aperçue, non identifiée lorsque j'étais enfant, inconnue même, sans lien familial, et pourtant tout simplement sa compagne depuis de nombreuses années.

 

Mais au retour, je n'ai fait aucun lien avec moi, sauf sur les silences, sur les murmures autour de mon image. Car je n'avais pas de sexualité d'une part, mais que je n'avais même pas d'attirance pour d'autres, mâles ou femelles de mon espèce. J'avais surtout du mal à être moi, à me définir. Mon médecin, un vieil homme avait pourtant choisi de m'envoyer voir une de ses collègues, pour parler, pour "libérer mon corps" avait-il rajouté. Aucun jugement de sa part, juste une prise de conscience d'un point d'interrogation intérieur. J'avais pu parler avec elle, docteur,généraliste, psychiatre aussi. Et nous avions décidé de laisser cette liberté s'imposer sur ma silhouette. 

 

S'habiller était un acte commun, voire anodin pour le quotidien. Mais alors j'avais deux images, celle que je renvoyais aux autres, celle que j'étais face au miroir. Sans être trop dur, mais sans vouloir ce maquillage, sans forcer les cheveux trop courts ou trop longs, sans calibrer à titre définitif ma possible androgynie. Grâce à elle, j'ai joué de cela, de pantalons amples à des jupes plus courtes, de chaussures plates à des talons si fins et si hauts. Je passais parfois de heures à essayer pour me voir, parfois me faire disparaître car ce n'était plus moi. 

 

Aujourd'hui je me sens mieux, sans rouge sur les lèvres, dans ce costume trois pièces, avec ce chapeau masculin. Mais ne me demander pas qui je suis, car ne suis que moi. Avec ce dossier pour renouveler mon passeport sous le bras. 

 

 

Nylonement

 

 

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