Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes - vous

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous
Un baiser

Respirer avant les prochains pas.

Respirer en pensant à ce moment tant attendu, des heures de balade dans les limbes du net, avec ses impasses et ses mirages. Un, deux et même trois sites de rencontres, en même temps, pour meubler mes soirées après le boulot. J'avais mis de côté les trop nombreuses sorties avec les amis et les copines, dépenses d'énergie qui dévoraient mes heures de sommeil et surtout ne me faisaient pas croiser le chemin du prince charmant. Non que j'ai des doutes sur ma sexualité, encore moins sur mes envies charnelles, je doutais de tout, d'aimer parfois, plus encore d'être aimée. Mais j'avais cette étrange impression de ne pas exister. Le temps passait, fuyait un peu plus durant les saisons froides d'automne et d'hiver, je me rattrapais en m'amusant avec la mode, mais là mon dressing était plein, le lit un peu vide, le canapé jamais plein. Rassurée à moitié par les copines qui concluaient pour mieux emménager chez lui ou chez elle, avant de débarquer avec leurs sacs et valises un soir de rupture, j'avais une seconde chambre souvent occupée, mais un vide pesant en moi. Boulot intéressant, beau cabinet comptable avec des clients satisfaits de mon efficacité reconnue, des associés sereins et des promotions régulières depuis cinq ans, mais rien à titre personnel. Un miroir, avec mes sourires et mes doutes, chacun jouait à cache-cache avec mon image. Déplaisant jeu de dupes. Pas d'amoureux. Juste quelques corps masculins, sans prénom, pour une nuit ou une semaine maximum, et puis encore rien. 

Là devant mon écran, je croupissais derrière mes profils, décortiquant les pièges des affabulateurs, les intrépides sans but et les désespérés sans sentiments, les affamés aux bas-ventres trop expressifs, les maniaques et les dingues aussi. Que de clics inutiles, de rigolades aussi face aux abysses développés dans certains échanges, j'avais changé au moins dix fois mes photos, certains de mes goûts qui attiraient les malsains, affinant ma recherche, tombant dans le néant certains soirs, frôlant la folie de plusieurs propositions de coïts pour le jour suivant. Heureusement sur l'écran d'à côté, il y avait mes séries préférées, les copines au téléphone, quelques tapas party pour remplir le samedi soir.

Rien. Puis lui. Un soir, un peu tard, fatiguée, prête à fermer l'ordinateur, pensant déjà au moelleux du lit, et là un message poli, sobre et souriant. Une réponse, deux messages suivis de dizaines d'autres et le sommeil vainqueur. Dès le lendemain, d'autres messages, des soirées, des semaines, un vrai début d'échange entre amitié et plus si affinité. Un pincement là sous ma poitrine. Lui toujours, plus que lui d'ailleurs. Un rendez-vous envisagé, mes déplacements et les siens, un croisement impossible avant, noël, avant le prochain printemps. Et soudain, il y a eu ce coup de frein. Brusque, plus de trains, d'avions ou même de trajets en voiture pour des réunions d'expertise avec les clients, des hôtels le soir. L'agenda libéré mais figé, les messages toujours aussi forts. Rien. Enfin si juste un écran, chez soi. Chacun chez soi. Trop loin. Inaccessible.

Des semaines, des mois, des mois encore, et une histoire plus forte, une première visio à défaut de se voir, mieux que nos deux voix dans un téléphone, mais loin de notre attente, de cette instant magique souhaité par nous deux, pour se voir enfin en mode réel. Nous avions, nous avons appris à nous connaître, nos passions communes ou pas, nos points communs, nos petits défauts avoués, nos envies, nos rêves aussi, nos prochains pas. Ensemble si possible ! Alors nous avons fini par en rire, par nous habituer à cette situation nouvelle pour tous, à ces doutes face à la contagion, à ces nouvelles frontières toujours renouvelées avec de nouvelles contraintes. 

Nous avons disserté sur un simple baiser. S'embrasser en vrai, lèvres contre lèvres, sans masques, sans rien, juste deux corps en vérité. L'amour dans ses premiers pas, mais aussi les suivants, chair contre chair, courbes affolées cherchant corps enivrés. Nous avons beaucoup ri en parlant de ce recul forcé, de cette liberté au bout d'un tunnel trop long, encore obscur. Les prochaines semaines, les prochaines vacances, juste un week-end, juste un simple rendez-vous.

Juste un baiser.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes & Portraits, #Femmes - vous

Plusieurs semaines sans venir ici, j'ai traversé le hall en ayant cette étrange impression d'être en visite chez un client, alors que je ne faisais que revenir dans les locaux de mon entreprise. Ils ont fait quelques travaux, changer les plantes artificielles en créant deux murs verticaux de véritables plantes. Le lieu semble plus respirant, mieux éclairé aussi.

J'ai appuyé sur le bouton de l'ascenseur, attendant la montée vers le troisième étage, vers mon bureau, vers cet espace oublié depuis l'année dernière. Des réunions uniquement en mode virtuel, avec des applications sur mon ordinateur portable, loin de ce coin de bureau, loin des photos personnelles, des dossiers posés là dans des pochettes de couleurs différentes. Un peu de poussière sur le plateau, deux plaquettes de chocolat dans le tiroir, mais étrangement les plantes ont été arrosées. Deux collègues passent derrière la vitre vers le couloir, deux bonjours et une proposition incroyablement réaliste pour aller partager un café. Certes avec nos masques et une bonne distanciation, mais ce petit bonheur de revoir des personnes, des êtres vivants bien réels.

Depuis le début de la crise, je ne sortais presque plus, me faisant livrer mes courses, suivant les médias sur les réseaux, appelant les amies, travaillant en distanciel, avec les collègues, avec les clients.

Contente de revoir des personnes même si les premières discussions sont directement brancher sur les multiples facettes de la crise, du vécu de chacun.

Devenir une autre

Leurs regards restent toutefois circonspects. Enfin elle ose "mais tu as changé de coiffure, tu as changé quelques chose". Je souris, lui cherche et se lance à son tour "tu as rajouté des boucles, tu as laissé pousser tes cheveux pendant tout ce temps, tu est une autre". Je souris encore, car durant les derniers mois, j'ai effectivement laissé ma coiffure reprendre son naturel. La longueur sans vraiment les couper, juste réajuster les pointes, tout en laissant les boucles, elles aussi naturelles, envahir mes épaules et même maintenant les vingt centimètres en-dessous. 

Mais surtout j'ai oublié le blond variable et totalement faux, pour revenir à ma rousseur d'origine. Un jeu de couleurs chaudes, une chevelure flamboyante que j'avais caché à la fin de mes études, pour séduire d'une part un beau mâle amateur de belle blonde, oublié depuis, mais aussi pour casser mon image trop marquée. Plusieurs personnes m'avaient dit, souvent avec un demi sourire, que mon abondante chevelure rousse faisait que l'on ne voyait qu'elle, que moi. Coupe plus courte, blondeur artificielle, changement de look pour des tailleurs jupe. Voilà j'avais gagné une parfaite combinaison de caméléons, anodine parmi les autres blondes, mais toujours avec la même allure, le même tempérament. 

Aujourd'hui je ne change pas, je ne deviens pas une autre, je redeviens moi-même. Et il va falloir qu'ils s'habituent à mon existence ainsi. Naturellement rousse, sereine car plus en phase avec mon caractère. Je garde les jupes et les vestes, variant du gris au noir, avec les tops blancs, toujours de rigueur. Demain de nouveaux rendez-vous avec les clients, autour d'une table, dans des bureaux, dans la vraie vie.

Croquons cette nouvelle tranche de vie.

 

Nylonement

 

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Culture, #Femmes - vous

Libérées de cette crise, nous étions toutes et tous si heureux de vivre enfin de nouveau sans limite et même sans masque, j'avais retrouvé mes amis, serré fort dans mes bras tous ceux qui m'avaient tant manquée. Dans un moment de joie réelle, d'amitié profonde, j'avais embrassé les copines, les amis, les copains des amies, les nouveaux et nouvelles qui venaient à ce vernissage.

Une minuscule exposition de mes aquarelles, de mes sculptures en terre brute. Mais le bouche-à-oreille et surtout l'envie forte de sortir, faisait que tout le monde était venu, un grand nombre dans cette petite galerie sans prétention. Les quelques petits fours avaient disparu trop vite et chacun ne pouvait plus que boire, des jus de fruits frais et bien évidemment du champagne. Un ami restaurateur tout proche avait même mis à disposition des magnums bien frais dans des grandes vasques de glace, l'ambiance était festive, la joie d'être ensemble. La fin d'après-midi était devenue fin de soirée, début de nuit. Les visiteurs m'avaient rassurée de leurs commentaires en direct, deux galéristes voisins étaient venus donné leurs avis plus techniques, plus froids, plus commerciaux, mais sans snobisme. Ils avaient apprécié les modèles, "l'universalité des galbes" selon le plus précis. Il est vrai que je me contentais de sujets bien réels, d'une approche figurative avec des courbes masculines parfois mais majoritairement féminines. Des modèles croisées pendant des séances de poses, des vérités et des corrections, j'aimais voir des reflets sur les muscles, figer leurs dimensions multiples sur une feuille plate, j'abusais de tous les artifices pour leur donner du relief.

Avec les sculptures, j'envisageais plus encore le vrai des silhouettes, cette masse de chair humaine sublime mais avec tant de morphologies différentes. Avec une amie, nous avions parfois eu du mal à trouver ces personnes atypiques, du moins par rapport aux standards des modèles venant en général dans les ateliers. Minces, trop minces, sylphides, sans excès de formes, juste de belles silhouettes, mais loin des femmes qui passaient devant nous lorsque nous étions attablés à une terrasse. Sans vouloir capter toutes les femmes, nous espérons trouver des corps plus proches de nos images dans le miroir. Pas atypiques en fait, mais concrètes ou même communes, grandes et moins grandes, de toutes tailles, plus pulpeuses, plus rondes, du moins avec des hanches plus marquées, des tailles variables, des cuisses, du ventre, des seins, des bourrelets aussi, des courbes débordantes, mais aussi tous les contraires, des fines et des plates, des jeunes et des moins jeunes, des corps réels quelquefois fatigués par le temps, une palette plus vraie tout simplement.

 

 

Modèle

 

Parmi les modèles, puis par relations, mais aussi aidées d'un peu de hasard, nous avions croisé des personnes souhaitant faire partie de notre aventure. Libres et nues, ou enveloppées dans leurs lingeries, mais avec leurs corps authentiques, nous avions réussi à saisir les formes des unes et des autres. Ventres pas vraiment plats, fitness oubliée au fond d'un placard, timides puis relâchées, au final toujours fières de leurs féminités, et bien souvent sereines dans leurs différences, nous avons créé malgré nous un lien avec leurs regards portés sur elles-mêmes, souvent cruels, bien trop souvent déformants dans des excès de jugements. Oui telle actrice avait le ventre ultra plat dans cette robe moulante bleu nuit, mais sans jalousie, elle devait avoir les moyens de se faire aider d'un coach sportif, d'une diététicienne et aussi d'une gaine bien remodelante. Nous avons beaucoup ri de nos regards partagés, de nos dessins donnant une version plus esthétique des corps, parfois copies conformes, mais avec ce choix du glamour en plus, de la sensualité dans le pinceau. Une quête de vérité, par le truchement de l'art, sans autre objectif que de voir apparaître des femmes, toutes leurs réalités.

Alors ce soir, éméchée par un abus de champagne et de bonheur, avec certaines modèles venues anonymement voir leurs aquarelles ou les courbes en terre, avec des amis aussi, elles étaient encore plus fières, j'étais follement heureuse. 

Mon corps, mon regard dans le miroir, ce chemisier en soie avec plumetis, cette jupe sur mes fesses bien rondes, mes copines, mes vrais amies, mes amis et plus loin là-bas mon discret compagnon si fier de moi, mon support, je savourais ces instants. Cette nuit, tard, nous allions finir tous les deux, hors du temps, dans le silence du petit matin pas encore réveillé, de la ville endormie, avec une dernière bouteille, soûls de toutes ces émotions positives reçues ce soir, en visitant chaque coin de la galerie, replongeant dans chaque tableau, chaque rencontre. Je profiterai de ces moments uniques, des souvenirs qui sont figés sur le papier mais au-delà dans ma mémoire. Des femmes, des histoires, des libérations aussi, plus exactement des révélations.

Je suis bien, comme souvent il me pose la main sur les hanches, caressant le tissu de la jupe, imaginant le serre-taille en-dessous, respirant du bout de ses doigts mes courbes débordantes qu'il aime totalement. Il sourit. 

Je suis bien devant cet autoportrait, avec sa main qui souligne mon corps.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Gentleman W

Rien n'est plus évident que ces moments où il s'absente. Il n'est plus là, dans cette pièce près de moi, il s'éloigne en étant assis là à côté. Son corps devient mou, sans lien avec l'espace environnant.

Et puis il y ces mots, ces phrases cachées ici et là sur ces post-it oubliés, incontestablement des signes de cette errance qui reprend en lui. Ailleurs, il l'est déjà, dans cette dimension qui lui donne de l'amour. Chaque battement de coeur si particulier s'attache à des émotions, faibles dans la douceur du matin, plus fortes dans la journée, intenses quand la nuit tombe, que le noir dehors enveloppe le monde, absorbe les bruits, avale les silhouettes et leurs discussions téléphoniques inutiles. Il retrouve ce calme relatif, il laisse son coeur battre plus fort. Des mots encore sur son téléphone, des sms si longs qu'il faudrait un écran d'ordinateur pour les lire totalement. je les survole, je retrouve son style, ses tournures bien à lui, sa façon de lui dire "je t'aime", et puis parfois plus charmeur, plus gentleman encore avec son "je vous aime". Il les laisse partout, il est avec elle, j'en suis sûr.

Il n'a pas voulu me le dire, encore moins l'avouer. Me le demander serait trop incongru. Alors il est parti, en justifiant de tout et de rien, en prenant quelques jours de retard de vacances, il est monté dans le train vers Trouville. Son antre, les mauvais esprits diraient "sa garçonnière". Un simple cocon sobre en décoration, avec une table ronde bien éclairée, des mouettes pour rappeler la proximité de la mer, un calme secoué de rafales de vent et de gouttes de pluie indiscrètes sur le velux, il aime ce lieu. En arrivant du train, il traverse le pont depuis Deauville, toujours les mêmes habitudes, toujours un passage par cette petite boutique pour un stock de boîtes de sardines, de maquereaux ou de miettes de crabes. Un arrêt chez le boulanger pour une miche de pain, des sourires à la belle brune, un peu plus loin, quelques bières locales, blanches un peu épicées, il sait déjà qu'il y a une bouteille de gin qui attend, des bouteilles de champagne à volonté. Voilà il pousse la porte, il allume le chauffe-eau, prend une douche, se glisse dans un pantalon, dans un tee-shirt à manches longues dans un coton très doux, usé par le temps, gris pour être neutre. Il dépose ses chemises dans le placard de la chambre, s'assure d'avoir quatre oreillers moelleux. Ensuite il redescend pour se servir un schweppes avec un demi-doigt de gin, trois rondelles très fines de citron.

Je le savais avec sa maîtresse

Elles l'attendent dans le salon, allongées sur le canapé deux places, vierges ou presque. Rien d'affriolant, du blanc, des grandes lignes. 

Sur la table aussi, parfois elle se répand, s'étale de tout son long, offerte à lui, à ses envies, à ses délires peut-être, totalement dévouée à ses émotions.

Lui arrive, avec sa petite trousse en cuir orange, un fétiche depuis de longues années, ce truc qui le suit tout le temps, en tous lieux. Dedans une vieille gomme usée, avec cette odeur particulière, ses recoins noircis, des crayons HB, 3H, 2B mais aussi des feutres et deux beaux stylos-plume, l'un à l'encre noire, l'autre à l'encre bleu roi. Voilà, il est avec elles, non pas une mais plusieurs, parfois en même temps, ses maîtresses finalement se donnent entièrement. Des courbes, des coups de crayon, des glissades sur le papier, mais aussi des mots, des phrases sans limites, des émotions couchées sur l'écran de son ordinateur portable. Il est entré dans son univers, la porte est fermée, son téléphone est en mode avion, il est ailleurs pour plusieurs heures, pour les prochains jours. 

Je sais que ses blessures se sont réouvertes, alors je tolère, non je lui laisse cette liberté complète de s'enfuir dans sa bulle. Là-bas il va pouvoir oublier le monde, partir sur une autre planète tout en étant là, pas si loin. Je le préfère en train de libérer des mots pour soigner ses doutes, des pansements et des traitements simples. Ponctués certes de gouttes de champagne, parfois d'un anesthésiant au goût de gin, il reste sage, s'amuse de s'être étourdi un peu trop en sortant à cinq heures du matin, pour marcher vers le port, vers les premiers bateaux revenant de la pêche, vers la plage, vers ce sable sans fin. Deux heures après il sera assis avec un grand chocolat chaud, deux croissants croustillant, et une envie de la croquer, de dessiner des courbes, de laisser l'eau de l'aquarelle définir les teintes nuancées de sa peau. Puis il caressera de ses neurones enflammées avec des mots encore, rassemblés cette fois, non plus dispersés sur des post-it. Il écrit, il partage sur les réseaux quelques articles, son livre aussi avance.

Ce sont des soins quasi gratuits, il respire en libérant son esprit de la pression, en étant ailleurs. Et entre deux moments où il décroche, où la souffrance le ronge trop, où il choisit de dormir ou de marcher seul, là soudainement il m'appelle pour me dire combien il m'aime. Juste moi.

Ses maîtresses dorment sur la canapé, l'une sur l'autre, un peu en vrac entre couleurs et papier encore blanc, sur la table, dans son ordinateur, elles attendent sa générosité, sa rudesse, sa folie douce. Il gomme, déchire, ne transige pas avec son exigence, il rature, il revient en arrière, efface les mots, recommence, poursuit encore. 

Un moment, quelques heures, quelques jours, il sera là, de retour, juste pour moi.

 

 

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Féminité & Sensualité, #Gentleman W

Le ciel gris attend un rayon de soleil pour réchauffer son dos, pour lui céder un peu de place. Les oiseaux picorent les peaux de magrets accrochées à la branche, le chat reste là, perplexe derrière la vitre, bien au chaud, un regard vague vers eux.

La cheminée crépite, la chaleur retrouve sa place autour du sapin. 

Rien ne bouge sinon ma main sur cette tasse chaude de thé aux saveurs de Noël, je pense à mes amies, si loin par la distance, plus encore par cette crise. Cette année, je ne ferai pas de sms de Noël ou de bonne santé, mais j'envisage plus des cartes, avec le plaisir d'ouvrir une enveloppe, de sentir la matière épaisse de la carte, un dessin original, quelques mots. Ceux-ci seront forcément légers pour ne pas peser sur le fil de la vie des uns et des autres. Doucement écrits à la plume, je viens de nettoyer ce vieux Mont-Blanc de mon 25e anniversaire, une fierté du moment, oubliée mais de nouveau dénichée. De l'encre avec la pompe pour le nourrir, et là quelques voyelles et consonnes pour les prochains jours, pour les relire dans les prochaines semaines, pour croire en l'avenir.

   

     

Et si la douceur était là

 

Choisir les couleurs, un thème, pas trop kitsch, juste un peu pour attirer les sourires, pour laisser les doigts s'exprimer dans un dessin qui sera unique, juste pour elle, pour lui, pour eux aussi. J'ai déposé sur la table mes aquarelles, mes crayons gras, mes sanguines chéries et mes blocs de papier. Toutes les épaisseurs, naturellement d'un blanc cassé, avec parfois du grain, lisse ou plus rugueux mais toujours aussi accueillant pour laisser glisser les mains, puis le pinceau. Je pense, plus exactement je me charge de belles émotions, pour en libérer un coup de crayon simplement, un début d'histoire, une bribe aussi, figurative ou abstraite, je ne le sais pas encore. Rien ne vient, là mes mains sont encore sur la tasse chaude, libres de choisir leurs chemins futurs.

 

Le chat ronronne, vient fureter sur la table basse, sur les papiers étalés, il renifle, tout en cherchant sa place, parfois son confort est relatif, soit sur la pleine page de dessin, vautré de tout son long, soit là posé sur les angles bruts de ma boîte d'aquarelle. Mais il marque son endroit, attendant avec une patience mêlant sagesse de voir mes mains le caresser, puis prendre une pointe d'eau, une touche infinitésimale de rouge et libérer le geste sur le blanc immaculé.

 

   

    

    

Photos du net : Modèle Idda Van Munster

Photos du net : Modèle Idda Van Munster

 

Je suis bien, dans une bulle qui me paraissait disparue depuis quelques moi, j'oublie le travail, les errances des uns et des autres, les possibles ondes négatives d'un monde insatisfait. Le téléphone est loin, en sourdine, le néant attendra, l'urgent avec, si réellement il existe, ce fil multiple ne m'apporte aucune délicatesse ou joie. Relâchée, j'avance dans ce cocon si personnel. Je glisse une jambe sous mon corps, sous cette robe pull soyeux et chaude, l'autre naturellement posée sur le sol, et assise ainsi, je commence à créer. Une douceur entière m'envahit, je suis bien. Le chat ronronne avec les premiers coups de crayon, il ferme les yeux, ressent peut-être les vibrations complices du papier et de la mine traçant des courbes. Un corps apparaît, allongée, quelques lignes, rien de vrai, mais pour mes yeux surpris autant que moi, une forme vient de naître, de ce lien flou entre mon imaginaire, de mes neurones dopées aux endorphines, et de mes doigts légers. Est-ce l'expression naturelle des caresses ressenties ? de ce souvenir encore présent de ses mains à lui sur moi ? de cette folie douce et charnelle partagée avant ce thé ?

Je croque la douceur, librement. Sans limites.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous

Ce mois de décembre qui débute à peine, un pas de plus vers l'hiver, et déjà cette sensation molle mais bien présente qu'il sera trop long. Comme cette année d'ailleurs !

Pourquoi mettre douze mois dans un calendrier qui ne permet pas de savourer nos libertés, la météo et ses nuances de gris renforce la pression pernicieuse des minutes, des heures et de journées décidément trop longues. Cette période particulière où chacune se lève dans la nuit, pour une douche et un petit déjeuner sans consistance, dans le halo d'une lumière synthétique, loin des doux rayons du soleil matinal d'été. Une traversée de force dans les transports et le travail avec des personnes aussi grises que le ciel, et tout cela pour revenir chez soi, dans la nuit de nouveau, avec la fatigue accumulée en bonus sur les épaules. A ce mois de décembre semble plus foncé, moins nuancé que les précédents, emportant avec lui nos derniers ressorts d'énergie. 

Au loin des lumières, des étincelles, des clignotements dans le noir, au bout là-bas, des sapins et des guirlandes, un peu d'espoir pour croire encore à une vie normale. Le sera-t-elle un jour à nouveau ? Rien ne nous fait croire à une possible magie, encore moins des vaccins illusoires, encore moins les poches vides des amis, les visages affligés dans les queues des restos du coeur. Qu'espérer dans ce noir qui absorbe nos libertés ?

 

 

 

Hiver serais-tu là ?

Peut-être un peu de chaleur ? 

Là une voisine a aidé, a conforté en gardant la bonne distance mais en partageant des mots, une espérance d'un prochain calendrier plus lumineux. Par ici, des boutiques enfin réouvertes, des commerçants que l'on n'a pas oubliés, bien au contraire, on passe les saluer, on s'arrête, on cause, on prévoit des idées de Noël, plus local que les autres années. Ces vagues n'ont pas eu le même impact sur les unes et les autres, alors en prenant le temps, on peut se retrouver un peu. Là encore on mesure cette proximité immatérielle qui nous relie dans une toile fine, distendue parfois mais bien réelle, ces liens entre nous. Là-bas malheureusement deux rideaux baissés, l'espoir a fui ailleurs, ce restaurant tout neuf, avec des jeunes gens si dynamiques, emporté dans un dernier reflux. Tristesse en passant devant, leurs menus du jour si simples, si frais et si bons ne sont plus là. 

Heureusement il reste un peu de chaleur chez nous, sous les pulls et les étoles, emmitouflés et amoureux. Collés l'un à l'autre dans un silence relatif, la radio ou la télé en fond, assommés de fatigue et de grisaille, de doutes et parfois de douleurs, mais collés l'un à l'autre. Chaleur et amour, notre recette évidente du bonheur !

 

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Gentleman W
MERCI

GRAND MERCI à tous les services de réanimation,

MERCI à tous les soignants, infirmières et aide-soignants, médecins et urgentistes,

MERCI à tous ceux et celles qui assistent les personnes âgées dans les EHPAD,

MERCI à ces personnes du monde médical en retraite et soudainement de retour,

MERCI à tout le personnel de maintenance et de logistique des hôpitaux,

MERCI aux pompiers, 

MERCI aux policiers et aux gendarmes,

MERCI à tous les routiers pour tous les transports,

MERCI à tous les livreurs de proximité,

MERCI au personnel de nettoyage et des ordures ménagères,

MERCI, GRAND MERCI aux agriculteurs qui nous nourrissent, 

MERCI à toutes les caissières et leurs collègues qui approvisionnement les rayons,

MERCI aux petites commerces et leurs multiples services de proximité, 

MERCI aux équipes des pompes funèbres qui accompagnent les familles en deuil, 

MERCI à tous ces invisibles qui continuent leur activité quotidienne, 

MERCI à toutes ces personnes qui méritent des applaudissements chaque soir, aujourd'hui mais aussi demain. Au delà de leur implication, au delà bien souvent de leurs petits salaires et malgré des moyens de protection parfois limités, voire précaires, ils ont toujours été là.

MERCI à tous ceux qui sont restés chez eux, ont respecté les gestes barrières.

 

 

MERCI

MERCI à toutes les couturières productrices de milliers de masques,

 

Je pense aussi à tous mes ami(e)s confinés chez eux, avec une possibilité de télétravail, progressant malgré ce contexte dans leur business.

Surtout je n'oublie pas les ami(e)s indépendants, artistes (photographes, modèles, burlesque girls, comédiens, acteurs, musiciens, ...) , petits commerçants et restaurateurs qui sont totalement sclérosés par le système actuel, souvent sans revenus mais avec des charges. Nous serons là, avec vous, pour vous, après cette crise.

 

MERCI car c'est ENSEMBLE que nous construirons l'avenir, en espérant le partager si possible plus équitablement.

 

 

Nylonement

par Gentleman W

 

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