Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes - demain

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain
Doux réveil

Le sommeil échoué dans les premiers du jour, le chant des oiseaux, de grands bavardages mélodiques entre arbustes et branchages, je reste dans le flot de mes draps. Seul.

 

Les rêves comme un ressac régulier qui clapote sur l'oreiller, pour forcer mes yeux à replonger en eux. Retourner dans l'ivresse des pensées irrégulières, divaguer mollement avec un conscient assoupi, respirer avec un incosncient coquin.. Je revois cette soirée romantique à souhait, presque kitsch sur ce minuscule balcon, des lumières dans les bambous, des bougies sur la table, une décoration entre rouge et noir, le seau de glace, les tapas, le champagne au frais. Deux coupes et son sourire complice en les voyant.

 

Nous nous étions rencontrés à une dégustation où le sommelier vantait avec persuasion les mérites nombreux des flûtes, du cristal et de la pureté du visuel des bulles s'envolant. Nous avions ri alors en choeur, en le taquinant sur les coupes, juste pour s'opposer à ses propos. Il avait insisté, renié l'usage de celles-ci pour bien boire le champagne. Nous avions surenchéri sans nous concerter sur la vie trop courte des bullles, sur le sacrifice génétiquement programmé des bulles, avec un final l'obligation de ne jamais laisser une coupe ou une flûte à moitié pleine. Notre malice gourmande avait scellé nos premiers échanges, nos discussions suivantes. Une sympathie prolongée lors d'autres dégustations, avec d'autres amis, dans des lieux divers, restaurants ou caves de bistrots, nous avons trinqué encore de nombreuses fois, avec du vin, avec différentes bières et souvent avec du champagne. Il était convenu de boire des cuvées plus rares, juste tous les deux. Comme ce soir.

Un extra-brut fier de l'être, un champagne Substance de Jacques Selosse, un pur chardonnay en vivacité, en explosivité, un feu d'artifice posé dans l'eau fraîche, un vin complexe. Ses papilles endormies se rappelaient les arômes, la sensation de croquer le liquide doré. Dans la grand seau argenté, une autre pépite, un millésime ancien, du 1985, une version plus vineuse, une cuvée René Lalou de Mumm, avec sa bouteille cotelée, son étiquette marron or en forme de blason. Introuvable, oubliée, unique pour amateurs avertis. Nous nous embrassions déjà.

 

 

Doux réveil

 

Son blouson court en cuir reposait sur le canapé, nous étions en pleine dégustation entre coupes et grignotages, nos sourires en plus, la chaleur douce du printemps vers nous, la nuit enveloppant l'extérieur. Nous avons parlé de nous, de nos plaisirs épicuriens, de nos partages, des recettes de nos mères. Autant de souvenirs que de moments complices.

 

Les vagues revenaient vers moi, les instants de cette soirée, flux et reflux de bulles brillantes dans la bougie centrale de la table, des parfums si particuliers qui avaient marqué d'un silence notre discussion, ce bonheur intérieur. Mais aussi cette bulle de sensualité, ma main, la sienne, nos bras, nos lèvres, un tout devenu tourbillon. Je ne revoyais pas l'échouage de nos corps vers le salon, vers ce lit, les draps témoignaient d'une tempête, d'un souffle violent d'amour physique. Nous étions nus, je resssentais encore son corps près de moi, sa peau sucrée, son parfum, son intimité. Nous nous étions dégustés follement, tendrement, sans limites. Une pause avait vu venir la bouteille cotelée vers nous, tel un phare, avec non pas sa lumière mais un plop, un bouchon sauteur, d'autres bulles plus rares, quasiment dans le noir. Nous avons bu encore, soulignant les coupes, savourant les arômes arrondies par le temps, oubliant le possible déclin de ce vin, salivant de cette rencontre oenophile qui dévalait dans nos bouches, nous emplissaient d'émotions. De nouveaux repères gustatifs avec ce millésime, nos paroles pour les décrire, les coupes vides parmi nos vêtements sur le sol. Rien de plus, juste ses courbes, son corps, nos esprits embrumés par nos sentiments nouveaux.

 

Elle n'était plus là, près de moi. Mais je ne voulais pas sortir de cet océan, juste resté dans les profondeurs, dans ce souffle de vent léger venant de la fenêtre ouverte, entre deux eaux, entre rêves et bonheur naissant.

 

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - Duo de générations, #Femmes - demain

L’eau tiède sur mon dos, sa présence tout proche, il se rase en jetant un œil dans le miroir sur sa barbe sous la mousse blanche, sur ma silhouette en reflet. Un grand bonheur que de se réveiller dans ses bras, avec les souvenirs de nos corps imbriqués avant de dormir, de sa chaleur en moi, de son amour toujours présent depuis plus de cinq ans déjà, je suis une nouvelle femme, dans une nouvelle vie. Divorce oublié, enfants plus grands, plus de temps pour vivre pleinement l’amour, pour être aimer, pour l’aimer aussi. Je suis si bien, là quand la serviette me sèche le dos, quand ses mains suivent mes hanches, cherchant les gouttes dans ma cambrure, avec son regard toujours gourmand. Deux bisous il se glisse vers la chambre, je me maquille.

Il revient vers moi, en costume avec sa chemise blanche impeccable, une cravate foncée avec quelques motifs bleus. Encore des bisous avant de partir vers son bus, la porte claque, je file vers la chambre. J’hésite pour ma tenue, la météo change si souvent maintenant avec l’automne, la pluie hier, le soleil demain, mais aujourd’hui reste incertain. Fraîcheur le matin, douceur l’après-midi, je verrai bien un tailleur en tweed clair, une jupe au-dessus du genou, sur le revers caché de mes bas. Une belle lingerie pour mon bien-être personnel, un indispensable de ma féminité. Un chemisier en coton souple, ivoire avec des motifs brodés dans la verticale du boutonnage. La jupe, un zip, mes talons, noirs vernis, mon plaisir, presque mon tic de mode.

 

Je flâne sur internet, de blog en blog, pour des actualités, des chroniques, des poèmes et des coups de cœur, un menu aussi varié que mon petit déjeuner. Un jus de clémentines, des tranches d’ananas, deux yaourts, un nature, un autre aux fruits, j’hésite pour une tranche de pain grillé ou juste croquer dans les fruits confits d’un cake ramené d’une balade gourmande en amoureux. Ce soir en rentrant avec un thé, avec lui. Dans mes rêves, je vois apparaître ma belle-fille, les yeux lourds d’un sommeil trop court. Les cheveux en bataille, les mots un peu coincés dans sa bouche, elle passe vers la salle de bain, un petit bonjour. Je l’aime bien, nous avons mis du temps à nous connaître, avec les préjugés d’une adolescente d’un côté, les envies probablement égoïstes d’une amoureuse de l’autre. Nous voulions cet homme pour nous, son père, mon compagnon. Mais maintenant ses études l’occupent, ses amours plus encore. Elle est passée dans sa tenue de nuit, un pantalon de pyjama devenu tendance, ce qui parfois me laisse dubitative, ne sachant pas si elle a oublié de s’habiller, de se changer ou simplement si elle sort ainsi peu vêtue, avec cet imprimé sur un coton si léger. J’en ris maintenant. Je pianote sur mon clavier, avec la musique de sa douche en bruit de fond.

 

Un peu de thé, un yaourt aussi, des mots, mon plaisir du matin. Ses pas légers sur le parquet vers sa chambre, dans mon dos, quelques notes fredonnées en passant, elle est réveillée. Je profite pour arroser les plantes du salon, pour ranger quelques babioles, je suis libre de mes horaires, un privilège de mon activité comme indépendante. Je retouche mon rouge à lèvres, ce détail qu'il aime tant. Même absent, je le fais pour moi principalement, pour mon entourage et bien souvent en pensant à lui. Je me prépare à partir, en regroupant mon tube de rouge à lèvres, ma pochette satinée de bas de secours, mon téléphone et mes clefs, quelques mouchoirs. Elle ressort de sa chambre, elle aussi prête pour sa journée, une autre jeune fille. Plutôt jeune femme d'ailleurs, car bien dans sa génération cocooning avec des gilets, des écharpes et des bottes fourrées en toutes saisons juste pour suivre la tendance, elle a aussi adopté le glamour, du moins la féminité de son époque. Elle resplendit ainsi dans son petit top gris en coton, la bretelle du soutien-gorge noir en dentelle qui dépasse, le décolletté donnant une vue plongeante qui détournera tout étudiant de ses révisions. Sur sa taille est posée une jupe patineuse noire, sobre, doucement ondulée en corolle, sur des cuisses enveloppées d'un collant satiné chair, le tout planté dans des cuissardes en daim noir. Des talons, les cheveux au vent, elle est si mignonne, je lui glise un compliment. Elle sourit tout en me demandant de la déposer, si je peux au rer le plus proche. Ses yeux, les mêmes que ceux de son père, un regard perçant sur la vie.

 

 

Nylonement

 

Belle génération

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain

Une nouvelle rentrée, un nouveau lycée, pardon une université, un autre pays.

 

Le temps a passé depuis ce premier jour à la maternelle avec mon doudou et mes parents. Ma mère stressée, avec plus de larmes que moi, mon père fier de voir son bébé devenu grand. Des heures de coloriages, de jeux et de gribouillages, des journées entières de dessins et de couleurs avec les maîtresses si adorables. Elles séchaient mes larmes, me donnaieent des ailes pour des réussites toutes relatives, supportaient nos errances et nos progrès. Les fêtes de fin d'année, dans la cour qui rétrécissait chaque année, à chaque fois que je grandissais. Les dimensions des lieux, les odeurs, les repères dans la cour, les copines, les premiers bisous en primaire, les jeux encore, les premières fois à écrire mon prénom, mon premier poème pour la fête des mères, mon premier livre lu toute seule. Tant de beaux souvenirs de classe, de sorties sous la pluie d'automne, de cavalcades et de parties de cache-cache, de concours de sauts dans les flaques en hiver, voire de batailles de boules de neige.

Le printemps, les amours, les sourires, le bus pour le collège, là, lui et sa timidité, plus forte que la mienne, sa main dans ma main, ce bonheur qui palpite. Lui et ses conseils pour lire un livre choisi dans la bibliothèque de sa mère, prof de littérature, moi avec mes aides pour réussir ses exos de maths, nous prenions nos goûters ensemble. Les baisers volés, la chaleur de sa main, la jalousie des autres, les phrases qui blessent, l'aodlescence et ses grands loopings d'hormones, d'idées stupides et d'essais initiatiques. 

L'été et le lycée, immense avec trop de monde, trop de nouveaux, des souvenirs de plage, d'une rencontre, d'une autre première fois plus marquante pour la jeune fille devenue jeune femme. Des études, des doutes, le divorce de mes parents, mon père infidèle et sa nouvelle compagne, ma mère pleurnichante mais pas vraiment la seule victime, mes devoirs et au final mon baccalauréat en poche. Une envie de vacances, loin de tout, comme un nouveau départ.

 

Un mois de septembre passé si vite entre préparation de ce voyage, en terre étrangère, avec des nouvelles têtes, une langue presque nouvelle au quotidien, des tonnes d'informations pour vivre ici. Lui, ce bel homme croisé en faisant un peu de sport, lui dans mon lit, lui avec ses bras autour de moi, lui et son coeur, ses mots écrits dans mon carnet, dans mon sac. Lui que j'attends pour la première fois dans cette gare. Notre premier week-end en amoureux, ma robe vaporeuse, le vent, je m'envole. L'amour donne des ailes.

 

 

Nylonement 

 

Des ailes

 

OCTOBRE ROSE

 

 

Des ailes

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Féminisme, #Femmes - demain
Nous sommes tous égaux ... enfin presque

J'avais envie, terriblement envie de le revoir. Lui, le directeur de cette agence avec quinze mètres de façade, cet homme raide dans son costume gris de banquier, sûr de lui, méprisant le monde qui l'entoure tant qu'il pouvait continuer à jouer en bourse avec la vraie économie. Oui la caricature inhumaine de notre monde, le type froid qui m'avait reçu il y a un an déjà.

Je voulais le revoir en tête à tête, pour lui parler de mon emprunt, un crédit pour une voiture, un simple remboursement en adéquation avec mes revenus de cadre. 

 

Je me suis présentée au guichet, en précisant le rendez-vous avec le directeur, on m'a fait patienter dans le couloir, quelques minutes, il est venu, toujours dans un costume gris fade, une cravate triste, fidèle à son image. Il ne m'a pas reconnue quand je me suis assise face à lui dans ma robe d'automne, fluide et colorée, avec un gilet fin sur les épaules. Le décolletté plongeant sur ma féminité partiellement disparue. Je lui ai expliqué qui j'étais, une cliente depuis plus de vingt ans avec un crédit immobilier bientôt fini, un salaire de resposnable des ressources humaines, une voiture avec un crédit qu'il ne m'avait pas accordé. Pourtant il était sur le point de le faire, une cliente sans aucun risque m'avait-il précisé, essayant même de me proposer d'autres placements. Il allait imprimer les papiers du crédit quand mon foulard sur ma tête l'a interloqué. Il a essayé de cacher son interrogation, avant que naturellement je lui dise tout sur la maladie, ma maladie. Oui j'avais un cancer du sein, en plein traitement, de la fatigue, des douleurs et bien plus parfois, j'étais arrêtée pour quelques semaines. Et là, financier et personnage hautain, voire vomitif il est devenu. Me rappelant que mon état, mon statut de malade, d'humaine de seconde zone, ne me permettait pas d'avoir le crédit, sauf avec une assurance spéciale, et son baratin avec les pieds sur tous les freins possibles. Je lui ai gentiment rappelé que ce n'était pas contagieux car sinon il devrait raser son agence de m****.

 

Alors aujourd'hui je vais mieux, un an déjà, des cheveux courts, des douleurs encore, des traitements toujours, un peu moins toutefois, une vie de retour à mon poste depuis quelques mois. Mais comme la ville où j'habite est petite, les rumeurs vont vite, très vite. Je suis donc venue pour lui souhaiter un bon cancer, pas à lui, mais à sa femme. Car je sais que cette malheureuse souffre de ce mal honteux, de cette injustice ulcérante. Avec un sourire complet, je lui demande de revoir rapidement mon crédit immobilier car les taux sont bas, très bas même et que je pense me passer de ses services s'il ne propose pas mieux que son concurrent d'en face. Tout en agitant mes propos acides sur ses propors de l'année d'avant, sur son couple "allez-vous rester avec cette lèpre qui rampe vers vous ?", plus technique parfois "masectomie or not ?". La confiance, la défiance, les douleurs, le regard des autres, son visage hagard, perdu, sonné car les coups pleuvent de mon discours aigri.

 

Et puis face à cet homme minable, tassé soudainement dans son fauteuil, pris par des remords ou par un début de conscience face aux malades, à ses clients et clientes, je lui dépose une brochure prise en passant sur le trottoir. Je lui dit de profiter des promotions sur les contrats obsèques, à moins qu'il envisage plutôt de choisir dès maintenant le bois du cercueil. Et je sors, moi l'ex-malade, qui dorénavant doit se justifier d'avoir eu un cancer, en plus d'avoir souffert , pour tous les documents des banques et assurances, parfois d'autres aussi. Je ne suis plus une femme blessée mais une catégorie à riques, un être à part. Une double peine intolérable et pourtant quotidienne. Je souris car c'est lui ma seule cible sur son fauteuil gris, pas sa femme pour laquelle j'ai une pensée forte. Lui, ce représentant maudit d'une conscience sourde. Marre de ce système inégalitaire, sournois et presque aussi injuste que la maladie elle-même. 

 

Et si j'allais m'acheter une autre robe, aujourd'hui.

 

 

Nylonement

 

PS : ceci est une satire d'un monde bien réel.

 

Nous sommes tous égaux ... enfin presque

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain, #Féminité & Féminisme
Maison des Femmes

Notre monde est soit-disant déjà digital, tourné vers le futur, à grand renfort de coups de pub, d'applications et d'innovation, et pourtant la souffrance humaine est là, bien présente, si mal accompagnée, si peu écoutée, négligée à défaut d'être soignée.

 

Alors en 2016, des femmes prennent des initiatives pour écouter d'autres femmes, pour parler, pour sauver des vies, pour soigner des douleurs visibles ou invisibles. Non loin de Paris, à St Denis,  là où les services de santé font défaut de façon évidente, les femmes ont encore plus besoin de soutien pour traiter les problèmes de maternité, de planning familial, de violences conjuguales, de viols, d'horreurs comme l'excision, de douleurs diverses liées à leur vie de femme. 

 

 

La Maison des Femmes existe enfin, bâtie grâce à des dons et un projet défendu par un groupe de femmes-médecins et la très volontaire gynécologue Dr Ghada HATEM-GANTZER. Une communication forte mais surtout des actions concrètes, des visites chaque jour plus nombreuses des femmes de St Denis. Un refuge pour certaines, une première étape pour résoudre la difficulté de leurs vies pour d'autres, un centre de soins, physiques et psychologiques, pour luter contre les violences faites aux femmes.

 

Vous trouverez, vous mes lectrices, vous mes lecteurs, haitués à plus de légereté sur ce blog, de nombreux articles sur le net autour de ce projet, pour financer cette intiaitive, car il faut assurer la pérennité financière des soins et des soignants. Alors si vous souhaitez aider, faites-le, donnez sans compter pour sauver des femmes.

Nous soutenons, ma compagne et moi, cette maison au nom de valeurs qui résonnent dans nos coeurs, au nom de la fraternité entre les humains d'ici ou d'ailleurs, au nom de l'égalité des droits plus encore pour les femmes en danger. 

 

www.lamaisondesfemmes.fr

 

Un projet qui devrait être démultiplié et soutenu par notre solidarité de santé.

 

Liens web sur la MAISON des FEMMES : 

www.elle.fr/Societe/News/Reparer-la-souffrance-des-femmes-reportage-a-La-Maison-des-femmes-a-Saint-Denis-3304846

www.rfi.fr/france/20160709-maison-femmes-inauguration-saint-denis-france

 

 

Maison des Femmes
Maison des Femmes

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain, #Femmes & Mode
Dernier jour de vacances

Simple paréo vaporeux, un grand cabas en guise de sac à main, des sandales de cuir tressé, une robe de dentelle blanche, je marche sur cette plage. Sans insister, je ne veux penser à cette date dans mon agenda, la dernière semaine de mes congés. J'ai envie de la vivre pleinement.

 

Hier mes enfants, ma petite fille née en début d'année était là aussi. Ses grands yeux émerveillés par son premier contact avec l'eau et les vagues, une larme, des sourires, des sensations nouvelles pour elle, des rires pour nous tous, suivis par le bonheur familial d'une grillade dans notre petit jardin, attenant à notre charmante maisonnette de bord de mer. J'ai toujours voulu cet endroit simple, avec des fleurs partout dans ce lieu minuscule. Mais un véritable havre de paix reste toujours un paradis coincé entre les murs voisins, avec les grands pins des domaines mitoyens, qui penchent leurs têtes vers nous. Des rhododendrons, des bambous légers, des romarins, des lavandes, des ifs, des herbes souples, des hortenisas comme des bouquets géants, toutes les nuances de vert s'expriment ici. Nous respirons toute cette nature avec nos coeurs. Des petits chambres, un canapé, trois hamacs, tout est fait pour se détendre, pour de longues discussions sur nos envies, nos besoins mais surtout sur nos rêves.

Le temps glisse à un rythme différent dans cette maison, les belles âmes l'imprègnent de leur poésie. Poissons grillés, deux homards fraîchement pêchés, quelques légumes, des salades, des verres d'eau, des verres vidés de leur vin rosé. Chacun boit, mange, rigole avec les autres.

La famille est repartie, vers la ville et le boulot. Je savoure ce vide avec une harmonie différente, une balade matinale au marché, un retour par la plage, les sandales à la main, les doigts de pied dans le sable. Longue flânerie, quelques brasses aussi, une liberté dans ce calme de fin de saison. Là, maintenant, dans le hamac, un bon livre à finir, avec les bruits de la nature, les mouettes et le vent dans les arbres, le soleil se cache pour ne pas troubler cette douceur. J'enroule mon paréo pour le transformer en longue écharpe, afin de tenir mes cheveux. Je déguste les mots.

 

Demain, il sera là, lui, mon amoureux. Je me loverai dans ses bras, une semaine ensemble, dans notre bulle, sans nos deux familles. Un seul coeur !

 

 

Nylonement

 

Dernier jour de vacances

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain, #Femmes - vous
Prochain printemps

Un verre posé sur la table, vide, le goût étrange du jus d'orange qui coule en moi, la position semi-assise, semi-couché dans ce lit d'hôpital, des saveurs que je ne retrouve pas, mais au final une bouche pâteuse qui salive pas. Le petit croissant est là, posé dans sa barquette de plastique, seul, fade face à mon regard, sans le moindre arôme de viennoiseries. J'ai déjà mangé, lentement, le bout de baguette, après avoir pris le temps de déplier le papier doré du beurre, après avoir étalé soigneusement le gras jaune sur la mie blanche. Mâcher lentement en pensant fort aux saveurs possible du pain, celui de mon enfance, de la boulangerie de grand-père, des grosses miches cuites encore au feu de bois, des larges alvéoles de la mie beige, l'explosion de la croûte grillée, de la farine et de souvenirs de gourmandises, Je voyage avec ce morne plateau posé sur la tablette, un regard perdu vers l'extérieur, j'aperçois un parc, des grands arbres, quelques oiseaux. Un coin de verdure, oubliant les immeubles environnant, les étages avec d'autres chambres, avec d'autres services, d'autres malades.

 

Le lieu, je le connaît si bien, depuis des mois, des visites régulières, des protocoles expliqués une première fois, répétés  malgré les doutes, les angoisses, les envies de recul et puis les envies de vivre encore. Ah la vie, je ne l'avais pas vu comme cela, moi, la trentenaire battante, avec un boulot indépendant et riche de beaux projets, un mari amoureux, une petite fille radieuse née il y a six ans déjà, une nouvelle maison, notre jardin où je voyais mon coin pour les pivoines. Puis un jour, il y a un an, j'avais eu mal en me pliant pour planter le première. Une douleur, un mauvais geste. Mais après quelques jours j'avais pris le temps de voir le médecin pour avoir son avis, pour envisager ses talents d'osthéopathe en complément, mais son regard s'était soudainement assombri. Un diagnostic mêlé à un intuition négative, Elle m'avait préconisé des examens, une longue liste. Le désir commun de bébé envisagé avec mon mari, la chambre prévue pour cela, le sourire joyeux de ma fille, des détails qui se balayait d'un geste avec une puis plusieurs soirées à douter, à pleurer sur le canapé. Pourquoi moi ?

 

Des larmes inutiles face aux diagnostics plus complets, plus précis, plus profonds en moi, découpée en tranches par les ondes et autres processus médicaux, je devenais une malade. Une urgence à traiter. Les douleurs n'étaient plus physiques mais celles de mon esprit. Paradoxalement j'étais prête à me battre et je ne voulais voir autrement l'avenir, mais il fallait repousser certaines étapes prévues initialement. Des portes, des blouses blanches, des ascenseurs et des protocoles. Heureusement mes parents, mes soeurs, mes beaux-frères ont pris en charge ma fille, car mon mari lui ne m'a plus lâché. Un magicien des mouchoirs, capable d'en sortir de toutes ses poches, de me livrer des fleurs à toutes heures, de me préparer des petits plats même si je ne mangeais rien. Plus d'envie. Beaucoup de doutes. Les premiers jours, les premiers traitements, les nouvelles douleurs physiques, les putain d'effet secondaires, immondes, dévoreurs de vie. Un véritable effort, plusieurs fois répété pour franchir la porte de l'hôpital, pour retrouver les équipes, pour absorber le souffle de demain, pour croire à tout cela comme un morceau de passé. Jamais un calendrier ne m'a paru aussi long, le carton dans mon bureau, les dates des visites passées, des dates futures, des autres rendez-vous, des médecins et des spécialistes, des examens pour valider encore l'évolution ou non de cette maladie invasive. Les heures, les jours, les semaines et au final les mois, une année déjà, mais même si le plateau repas n'est pas un miracle, il est une parenthèse de mes longues heures de mon quotidien. J'aime le soleil qui me dit bonjour en chaque saison, en attendant les sourires de mon mari qui passe chaque matin avant son boulot, repasse chaque soir, parfois avec ma fille quand je suis dans cette chambre, loin d'eux. Je sens la larme derrière mon oeil, cachée dans kes limbes de mes doutes, et au même instant la force de penser à l'avenir. J'attends le printemps plus encore derrière l'automne qui n'est pas encore arrivé, car comme pour les arbres et les fleurs, ce sera un nouveau départ. Un printemps pour une nouvelle féminité, ma première motivation, je rêve de mode, de spa, d'essais de maquillage, de bien-être sans douleurs. De contacts sensuels avec ma peau, parfois trop sensible pour recevoir ses mains. Je rêve de volupté, de lingerie fine, de bas nylon, de rires et des siestes en toatle douceur. Je rêve de lui, de nous enlacés. D'amour et de mon corps libéré. Encore six longs mois, sans cheveux, avec tous mes foulards certes, en soie pour le dernier, mais finalement l'énergie sera là, un nouveau stock. De nouveaux projets aussi. Et surtout plus de coupures, je serai chez moi, chez nous, dans notre maison, en famille.

Leur Amour, mon meilleur médicament.

 

 

Nylonement

 

 

Prochain printemps

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