Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes - demain

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain

Un sentiment, comme un vide qui crée un besoin, plutôt une envie d'ailleurs. Un début de journée avec le morne ciel gris figé au dessus de nous depuis plusieurs, je réfléchis avec une tasse de thé, devant mon écran et mon clavier. Des emails, des rapports à lire, d'autres à rédiger, et pourtant il manque quelque chose. Lui ou elle, oui, ce désir d'être dans ce cocon si agréable, un peu de recul pour mieux apprécier le temps et l'espace, mais avec l'autre.

Proche de lui, proche d'elle, collés l'un contre l'autre, enroulés dans ses bras, j'aime tant cette sensation de douceurs. Sa chaleur, sa présence, ses silences comme ses paroles. Parler ensemble de tout, parfois de rien, sans trop glisser vers le côté obscur de notre monde, en oubliant les informations trop tristes, trop négatives. Oui, ouvrir cette bulle protectrice, pour s'aimer !

 

 

Douceur

 

Se pencher vers son cou, sentir son corps, ce parfum léger venant de sa gorge, remontant son torse, j'aime tant ces effluves légers, le parfum mêlé à ses efforts de la journée, à la réalité de sa peau. Un tout si agréable.

 

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain

Tout est là devant nous, l'immensité d'un lieu, d'une rue ou plus encore d'un paysage. les dimensions s'ouvrent  nous, sans réelles limites, sauf celle de notre regard, souvent porté sur un détail, sur une petite chose qui attire l'oeil, sur un élément troublant qui s'active. 

 

Alors dans cette rue, je ne regarde que le trottoir, pour éviter les zones glissantes, je ne me concentre que sur ma main, dans la sienne. Il fait froid, un vent s'emporte entre deux immeubles, nous glace en se frottant à nous. Elle s'est enveloppé dans sa doudoune, avec une grande écharpe, des gants en cuir souples, des bottines et un collant opaque, elle est protégée. Alors l'hiver ne peut nous troubler, nous marchons, droit vers ces arbres, plus loin vers ce musée moderne. Un ovni posé par hasard, des vitres, des formes arrondies, des chutes d'eau, des arbres tout autour, nous allons voir son coeur de couleurs, vers les salles et les étages, vers les peintures et les coins vides pour laisser respirer nos émotions.

 

Voir le monde

 

Nos pas sont parallèles, ponctués de petits bisous dans son cou parfumé, moi vers elle, elle vers moi. En Amoureux, car cela semble si loin des comportements des autres. Personne, ah si ce couple de petits vieux qui se tiennent aussi la main, peut-être pour se soutenir, non, avec leurs regards échangés, par amour. Oui, tant de monde ici devant ce musée, dans les trois queues pour entrer, des personnes, des amies, des amis, des copains et des copines, des couples aussi, légitimes ou pas, mais pourtant, si peu de main dans l'autre main, si peu de complicité. Non que je souhaite des effusions improbables de bises baveuses, de jeux de langues sensuelles et même d'attouchements too much, mais juste le bonheur de s'aimer. Je l'embrasse après l'avoir fait rire. Juste notre bonheur, pas pour le montrer aux autres, ce ne sont que des inconnus, mais juste pour nous.

Finalement j'aimerai avoir cette application de téléportation pour partir plus loin, face à cette campagne, comme cet été, là sur un banc, dans l'ombre d'un chêne, avec les prés sous le soleil, les vaches et la douceur de la vie. Oui cela aussi c'est notre énergie. Le calme, la nature, la vérité des éléments qui cohabitent sans bruits excessifs, sans haine, sans violence. Plutôt le contraire, le bruissement des feuilles, du silence parfois, des émotions, des battements de coeur, son cou, son parfum, sa peau, ses courbes, notre bonheur, notre amour !

 

 

Nylonement

 

 

Voir le monde

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Douleurs de Femme, #Femmes - demain

Les derniers mois ont vu tant de bêtes immondes se réveiller, tant de haine prendre le pas sur la moindre esquisse de débats. Alors que les médias se délectent de ce flot permanent de violence, s'amusent de toujours chercher une nouvelle source de confrontations avec un héros du jour, en oubliant quasiment toujours les victimes, en effaçant leurs paroles. Face à ces vagues régulières, de revendications des uns et des autres, les plus marquantes comme les plus sournoises, en particulier de certaines gangrènes religieuses le plus souvent très insidieuses, oui face à tout cela j'ai comme perdu le goût de savourer la vie.

 

Dans le marshmallow moelleux de ma vision idyllique d'une vie quotidienne en paix, je souhaite en partie atteindre certains rêves, mais j'ouvre les yeux sur ma réalité. Morne car en décalage de mon précédent vécu, de ce passé proche dont je ne veux revivre les douleurs profondes des mois de maladie, les souffrances et les tortures intérieures qui ont laissé des cicatrices ineffaçables dans mon corps. Triste parfois si je ne regarde pas devant moi, gris à l'image de ce ciel sans lumière solaire, sur fond blanc sale.

 

Mais pourtant le matin, je me lève avec mes problèmes certes, mais avec une réelle motivation pour mes proches. Pour aller gagner mon salaire, trop maigre, en accompagnant le flux de mon activité, en souhaitant toujours offrir un sourire, une parole rassurante, un semblant d'espoir, je travaille en m'adaptant à chaque demande. Je sais que chaque euro sera une source de repas, quotidien et même générique parfois, festif ou du moins plus partagé en famille le weekend, avec mes grands enfants. J'essaye d'être présent auprès d'eux pour entendre leurs joies et leurs doutes, pour donner des conseils, pour guider leurs premiers pas d'adultes. Certes j'ai plus de mal à les encourager à rêver, à vivre dans un monde soyeux, pas celui des bisounours mais un monde tranquille où chacun aide l'autre, respecte les autres. Cette éducation partagée depuis des années, elle devait avoir un sens, une porte vers leurs avenirs, leurs différents futurs en propre, mais aujourd'hui j'ai un doute profond sur certaines valeurs en particulier le respect de l'autre dans notre société actuelle.

 

 

Où est ma liberté ?

Moi qui pensait, je dis bien que je ne le rêvais pas, et que j'étais dans une réalité bien réelle, j'avançais en parlant d'égalité entre les femmes et les hommes dans leur quotidien. J'ai élevé mes enfants ainsi, malgré leurs propres différences, malgré les hauts et les bas de notre parcours commun. J'ai surement été un papa imparfait certains jours et un papa chéri voire super papa d'autres jours, mais j'ai cru, je crois encore (est-ce une faiblesse ?), que le respect à travers la politesse, à travers les espaces et les pensées envers les autres, à travers une vie partagée avec tant de couches sociales et culturelles diverses, oui j'ai cru que nous pouvions avoir des vraies libertés (celles de la vie au-delà d'une simple réflexion liée à l'argent comme ligne directrice de la vie).

 

Eh bien non, cela semble finit. Des personnes bloquent les autres, parfois forcent leurs espaces personnels, imposent une dictature de pensée unique, une vision unilatérale d'expansion du monde, de leur monde. Ils empiètent sur mon espace, pas si grand d'ailleurs, pas vraiment privilégié (probablement pour certains, mais seuls ma sueur et mes nuits blanches donnent l'ampleur de mon espace de propriétaire), ils déversent leurs haines sur le parcours de mes proches, de mes amis, ils ne respectent plus mes libertés. La première, celle d'espérer un monde meilleur, sans violence. Or c'est le seul moyen d'expression censé qu'ils ont trouvé dans leur désorganisation globale.


 

Modèle Nicole Nirvana by Froger

Modèle Nicole Nirvana by Froger

Alors bonne année 2019 semble un vain mot quand certains s'acharnent à nous priver de multiples libertés.

 

Toutefois pour vous tous, pour vous toutes en particulier, j'espère un monde plus doux, plus en harmonie avec votre travail et vos espoirs rattachés. Que vos voyages soient réels ou dans des livres nombreux, sans trop d'obligations à rester accrocher à des réseaux sociaux stériles car non générateurs de la moindre liberté (surtout pas celles de penser ou de réfléchir).

 

Vivez pleinement heureuses en montrant vos gambettes si vous le voulez, sans aucune réflexion désobligeante, sans oppression d'une masse gluante et rétrograde de religieux ancestraux.

 

Vivez en pleine féminité, avec des sourires, avec vos envies de glamour pour vous plaire en premier, pour soi, pour lui ou pour elle car là aussi la séduction est un acte libre, comme la liberté amoureuse. Faites l'amour avec consentement mais avec la personne qui fait battre votre coeur, librement, passionnément. Avec des bas nylon peut-être !

 

Librement

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Femmes - demain, #Femmes - Duo de générations
White Monday

Reprendre le cours de cette nouvelle semaine, en pensant à hier, dimanche, installée dans mon canapé, à boire du thé noir, en pleine lecture, j'étais si bien. Une pause, je me suis offert un weekend de trois jours, et aujourd'hui je retourne au boulot avec l'esprit libre. Mais en évitant les discussions autour de la machine à café, avec le même sujet obsessionnel depuis lundi dernier, les bonnes affaires, les remises et les promotions folles.

 

Moi, j'ai pris mon vendredi pour aller voir deux expositions, pour ne pas les rater, et surtout pour profiter du calme ambiant, loin des magasins, loin de vague de consommation, d'idôlatrie de ce besoin compulsif d'avoir toujours plus. Ensuite j'ai flâné pour aller prendre tranquillement mon repas dans un restaurant à vocation d'insertion. le café joyeux au coeur de Paris. Un lieu sympathique, où le personnel est un mixte naturel de personnes avec des handicaps, pour mieux comprendre nos différences et plus certainement nos réalités. Délicieux dans l'assiette, détendue pour l'ambiance.

 

Samedi, j'ai marché pour aller dans un dépôt Emmaüs, avec mon sac à dos, mon parapluie, mon sourire aussi. Détente toujours, pas de queues à la caisse, pas d'affolements excessifs dans les rayons, juste du temps pour passer entre les allers d'étagères remplies d'objets recyclés, utiles ou non, mais en quête d'une nouvelle adoption. Un coup de coeur, un besoin, une futilité, dans tous les cas, c'est pour une bonne cause, et une réutilisation en phase avec le développement durable. Moins de déchets, plus d'échanges car ici les bénévoles ou les personnes en réinsertion, toutes sont souriantes, promptes à vous renseigner, vous guider et surtout vous emporter dans les souvenirs d'un objet, des souvenirs d'un lieu ou d'une époque. Tous les styles se croisent, s'amusent les uns des autres, du kitsch impossible au design vintage trop marqué, toutes les matières s'expriment. 

 

Alors fidèle à mes mauvaises habitudes, oui je consomme trop de mots, trop de voyelles et de consonnes, j'ai dépassé mon quota d'adverbes, de locutions et de paragraphes mais heureusement je ne paye pas d'impôts sur la culture. J'ai pris quelques livres, quelques romans mais aussi des livres de voyages, des vieilleries pour comprendre la vision de notre modernité actuelle vue depuis les années 50 ou 70. Un regard dans le rétroviseur sur le monde d'aujourd'hui, une lecture riche et édifiante, car parfois ils se trompent, parfois ils annoncent nos erreurs. Des livres, encore quelques uns, bref un sac à dos rempli et un second sac plein. Je suis revenu, j'ai réchauffé mon pot au feu, les saveurs pour donner une belle odeur à la maison, j'ai posé mes fesses dans le canapé, j'ai lu jusqu'à m'endormir sur les pages. 


Des livres toujours, du thé dimanche, rien de plus, des mots et encore des mots. Aucune dépense sauvage, juste du bonheur pour moi, en aidant indirectement les autres. Je me sens beaucoup mieux ainsi, même avec mon vieux mobile, acheté sans aucune promotion, il y a si longtemps. Tout cela suffit à ma vie.

Simplement.

 

 

Nylonement

 

White Monday

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Femmes - demain

Je repense à elle en ce jour gris, assis derrière une vitre chargée de gouttes d'eau. La pluie a commencé à tomber doucement, une bruine délicate sur les fleurs, sur le gazon qui retrouvait son vert oublié avec cet automne prolongé. Comme un coup de pinceau qui uniformisait le sol, comme un coup de baguette magique dans la paysage. Les rares demies heures de pluie des derniers jours avaient redonné vie à cet espace. Mais aujourd'hui l'intensité s'est démultipliée, pour frapper même les carreaux, avec le vent comme complice, une force naturelle et invisible. J'étais là dans mon fauteuil club, porté par le long dossier de cuir, en pleine lecture. Avec ce temps, les souvenirs de son passage ici, dans ma vie.

 

Cet jeune étudiante, comme moi d'ailleurs, un peu perdue les premiers jours, puis très sure d'elle dans les mois qui suivirent, une personnalité avec un charisme évident même dans cette masse de jeunes gens, tous vêtus de même. Jean, blouson du moment, bottines, sac besace pour tous, sans même une distinction de sexe, juste des couleurs pour les matières, des coupes un peu différentes, mais elle avait ce petit supplément qui forçait mon regard pourtant plonger dans mes cours. Quand elle arrivait dans l'amphi, elle ne descendait pas les marches comme les autres, elle se faufilait, elle marquait une pause, cherchant une place. Justement, prévoyant, j'avais mis mon sac à dos sur un siège libre, mordant les contrevenants, attendant un ami. Mais elle fût pour elle, pour recevoir un merci qui traversa mon coeur. Un sourire en bonus. Inoubliable.

 

Nous avons pris l'habitude de parler, de réserver nos places mutuellement, de partager nos séances de révisions ensemble. Bien sûr nous avons formé un duo, parfois trio ou quatuor pour les travaux en groupe, travaillant au même rythme, complétant de nos connaissances les avancées de l'autre. Juste pour les études, un sujet de blagues pour mes potes le soir. Quelques railleries entre deux bières. Mais nous avons passé cette fin d'année-là comme deux camarades ayant l'unique ambition de passer les examens pour continuer l'année suivante. Nos résultats furent concluants, les siens plus brillants, et nous avons fêté cela avant les vacances. Chacun repartant dans sa province, basculant vers un petit job, vers d'autres passions mises de côté depuis neuf mois. Le choix des options nous assuraient de futurs cours en commun pour la rentrée.

 

Si belle

 

La suite, vous l'imaginez déjà, elle est revenu, plus radieuse que jamais, avec cette touche caramel en plus, toujours plus belle, avec une maturité nouvelle. Toujours aussi impliquée, prenant au passage des responsabilités dans une association d'étudiants pour de l'aide sociale aux étudiants étrangers. Sa couleur de peau lui fit parfois de mauvais tours, jugés trop souvent par pur racisme. Une fois, alors que nous travaillions ensemble, elle s'effondra face à cette haine trop présente, face aux messages verbaux reçus à la figure, blessants. Elle ne comprenait pas, elle refusait de devoir justifier qu'elle était française, avec ses grands-parents antillais mais aussi sa mère métropolitaine mariée avec son père breton. Quelle confusion dans les mots, dans les douleurs et toujours cette haine pour toujours la différencier. J'avoue n'avoir pas été qu'une grande aide car ne trouvant pas les mots pour sécher ses larmes, juste mon épaule et mes bras. Nous avons tant parlé ce jour-là, je lui ai proposé de venir ici ensuite pour la semaine de vacances qui arrivait. Une vieille maison de bord de mer, ancienne mais inhabitée bien que maison de famille. De longues balades, toujours mes bras, tant de soirées à rire dans ce salon, avec les bûches craquantes dans la cheminée, des plaids pour la couvrir quand elle somnolait dans le fauteuil club. La vie a continué, nos études aussi, nos amours le temps d'une autre année. Et puis elle est partie vers une autre université. 

Dans ce journal, une photo d'elle, lumineuse, brillante dans sa profession, toujours aussi belle. Et les souvenirs qui se bousculent dans cette maison. Je suis seul, mais elle est là, en moi, dans mon coeur. Inoubliable.

 

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Femmes - Duo de générations, #Femmes - demain
Art et toi ?

 

Le temps a passé depuis les sorties d'école où je venais chercher ma petite fille. Un moment si particulier, survenu quatre ans après la première joie d'avoir une nouvelle personne dans la famille, une autre génération. Une petit fille, Colombe, un prénom de paix et d'espoir, une fleur venue au printemps, dans le couple de mon fils et de la si gentille belle-fille, j'étais grand-mère. Mamie plus exactement quand les premiers mots sont venus, et je me suis accommodée de cette boule d'énergie qui dévalait les pentes du jardins, remontait et recommençait durant tout l'après-midi. Insatiable ou simplement curieuse, elle aimait faire le tour du jardin en tenant la main de "son" Papy, ne le partageant pas durant ces moments complices pour découvrir le noms des fleurs, tentant vainement de les répéter. La malice de celui-ci arrivait toutefois à faire dire à une petit fille des noms en latin, qu'elle écorchait à volonté avec un grand éclat de rire ensuite. Découvrir aussi les insectes, les moineaux nichant au-dessus du garage, les lézards sur les trois pierres chauffés par le soleil, la petite mare pour les grenouilles, un univers qu'elle dévorait seule. Puis sont venus deux jumeaux dans sa maison, des cousins, des cousines aussi, le jardin avait alors son guide attitré pour expliquer aux autres, avec un brin de fantaisie, les qualités et défauts des insectes, des fleurs et même des fleurs de pissenlits. 

 

Aujourd'hui, nous sommes entrées ensemble pour partager une visite d'exposition d'art. Elle a grandi, trop vite, venant moins souvent nous voir, regrettant aussi le départ récent de son papy, retrouvant après une pré-adolescence compliquée et rebelle, une ascendance plus douce, plus proche de moi maintenant, entre adolescence et ses premiers pas d'adultes. Nous voilà heureuses en duo pour marcher sur ce parquet ancien, pour commenter les tableaux et les sculptures. Devant nous, un duo de pipelettes, hautes comme trois pommes, dissertant sur la jupe de cette ballerine, refaisant la réalité avec leurs repères d'enfants. Rires doubles de notre part, car tout cela se raccroche à nos souvenirs. Immuables émotions communes !

 

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain, #Femmes & Portraits

Aujourd'hui je marche, je me lève de ce fauteuil design, je quitte mon bureau pour traverser les locaux de mon entreprise. Petit idée, devenue grande, ayant trouvée son marché, j'ai lancé un premier produit dans un concept-store avec la boule au ventre. Les premiers clients je les aurai embrassé pour les remercier de croire en nous. Les ventes ont grossi, les murs ont grandi, les salariés se sont multipliés. Mes horaires n'ont jamais cessé d'être à rallonge mais la fatigue était celle d'une réussite après les doutes des premiers mois, des deux premières années. Même si des débuts à tout faire, j'ai dû déléguer, me tromper sur certains recrutements, me relancer pour passer de nouveaux paliers, pour vendre d'autres produits, pour les créer et les faire produire. Toujours avec le même cahier des charges, maximum local, à un prix compétitif, avec un label Made in France bien réel. Car derrière ce simple concept marketing, il y a un environnement de travail, un écosystème comme diraient certains blablateurs, le plus souvent dans la paroles que dans les actes. Oui un ensemble de petites et moyennes entreprises capables de se comprendre, de se porter pour lancer une nouvelle gamme en quelques mois, assez solidaires pour se serrer les coudes pour supporter les premiers budgets engagés, avant d'obtenir les premiers retours financiers. Mais tout cela vit avec une belle stabilité.

 

Je suis devenue la directrice générale le titre de PDG me paraît trop pompeux, trop français aussi, surtout depuis notre développement à l'international, après à peine cinq ans d'existence. J'aime toujours autant cette ruche d'idées, de personnes impliquées et d'échanges pour toujours innover.

 

Pour lui

 

Avec mon premier vrai salaire, au bout de vingt six mois, j'ai succombé à une folie, une paire d'escarpins de rêve, un petit bonheur symbolique. Ceux que je porte aujourd'hui pour aller à cette réunion, moitié dans cette grande salle, moitié en vidéo-conférence avec les quatre autres bureaux internationaux. Nos derniers salons ont enclenché des opportunités de reventes nouvelles, démultipliant l'offre et en retour une demande bien réelle. Nous devons faire un point sur cet équilibre entre production, stock, demande et surtout qualité, car nous sommes dans le haut-de-gamme, en frontière du luxe. D'ailleurs nous pourrions franchir cette limite, pour aller plus loin mais avec d'autres codes, d'autres valeurs, une qualité renforcée dans les finitions, dans le contact avec les clientes. Je suis sereine pour ce moment-là, mon équipe avance avec les mêmes objectifs. Mes doutes sont toujours sur notre pérennité, sur le temps pour devenir une marque reconnue du secteur, innovante et incontournable. Je pense à mon père, qui avait ri, m'avait charrié en me faisant le premier chèque pour me lancer. Mimant ma réussite et ses excès, mimant la déconfiture avec encore plus d'excès pour me rappeler la réalité d'un long chemin. Son investissement n'a jamais été perdu, doublement consommé mais rentable car nous offrons un totale indépendance envers les banques. Sans cette pression supplémentaire, notre modèle économique est viable maintenant, mon père peut rire, me voir gambader en tailleur gris perle, loin de la salopette des débuts pour réceptionner les livraisons, débarrasser les cartons stockés parfois dans son garage. En fait, je suis fière de l'avoir rendu fier. Quel bonheur, une pensée positive avant de pousser cette porte, de me lancer dans cette réunion. Son soutien moral était bien plus fort que les milliers d'euros. Si importantes nos discussions sans fin certains soirs de semaine, les jours de doute, où il ne me donnait pas de réponses, juste un avis, parfois empli de malice, juste un éclairage différent pour mieux apprécier mes paramètres pour me décider ensuite. Merci !

"De toutes façons, ma fille, ton cerveau te servira encore plus que tes longues jambes à conquérir le monde."

 

 

Nylonement

 

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