Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes - demain

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - demain

Chaleur de l'après-midi, vent sournois qui soulève les jupes et rappelle que l'été est encore loin.

 

Je pousse une table, je me glisse sur une chaise, là sur cette terrasse de café, je commande un schweppes citron. Contemplative, naturellement, je pose mon téléphone, je l'oublie même car le silence malgré la centaine de CV envoyés la semaine dernière, m'agace et me terrifie.

 

 

 

 

 

Sobrement, je laisse mon regard voguer sur la population, je flâne avec mes yeux, immobile, cherchant le détail de mode des unes, les silhouettes des autres. Homme ou femme, je ne suis bégueule, tout est sujet à mon plaisir visuel. Un décolleté savant d'une chemise en coton ancien, caché par une écharpe de coton mou indien, une coiffure courte qui va si bien avec le sourire de la demoiselle, deux amoureux plus loin, lui n'ose pas, elle parle. Enfin ils s'arrêtent, lui ose, les lèvres se rencontrent, elle l'enlace, n'attendant que cela peut-être. Lui là-bas avec son téléphone, une veste d'été sur l'épaule, une chemise un peu vieillotte,  un pantalon droit, mais une paire de fesses bien rondes, un bonheur visuel. Non je ne regarde plus ailleurs, j'attends juste de trouver le zoom pour apprécier la courbe parfaite, pourtant le visage est quelconque, je préfère définitivement le verso.

 

 

 

 

 

Une robe bleu, une robe noire et beige, deux collègues ou deux copines, elles parlent avancent vite dans la rue, rien devant elle. Un couple de personnes âgées, une course folle entre lui et sa jambe raide et madame un peu ronde, pas très habile pour escalader les trottoirs, ils se faufilent entre poubelles, voitures mal garées, arbres stressés par le goudron ambiant et quelques crottes de chien impolis, enfin surtout leurs maîtres. Un groupe de jeunes fument, ils causent et tapotent leurs téléphones, cet organe bientôt greffé sur eux en direct. Des jeans uniquement ! 

 

Là-bas un skateur, les cheveux au vent, l'allure du surfeur cherchant sa vague, précoce avec son short et son tee-shirt débraillé. Je bois mon verre, j'ouvre mon magazine en attendant le prochain rendez-vous. Des publicités, des gens parfaits, des jeunes filles plutôt que des femmes, mais malgré mes vingt ans passé, je ne me reconnais pas en elle, surtout quand quelques pages plus loin, elles vantent des crèmes anti-âge, mais elles n'en ont pas d'âge. Etonnant choix, plus étonnante encore notre inconscient et son interprétation naturel, formaté par la publicité ou peut-être lassé par ce vide, ce gouffre entre leur vision et notre réalité.

 

 

 

 

 

 

Moi, je suis blonde, enfin depuis ma première teinture, je me sens mieux ainsi, et plus personne sauf ma mère et mon père se souviennent de ma couleur d'origine. Une petite poitrine, des hanches, un début de cellulite tout en faisant du sport, attention à mes repas, et en bougeant souvent à pied. Bref une personne affreusement générique comme mon copain, qui se décrit ainsi. Ni belle, ni moche, avec des yeux marrons pas en amande, ni un nez de princesse, juste un trait d'eye-liner derrière des lunettes. Standard mais avec son charme, belle avec une petite robe noire, souvent en jupe car mes jambes restent un atout, mais pas un modèle photo. Mais je m'assume avec mon corps, mes hormones et son amour. Celui-ci est si fort, qu'il m'a permis de gommer des doutes, de croire en cette petite robe l'autre jour, de voire la mode plus en féminité.

 

 

 

 

 

Mais cette femme, enfin cette jeune femme pour ne pas dire jeune fille sur la publicité des collants, ok elle a des jambes immenses, une taille de guêpe, mais aucune forme sauf celle d'un tube. Je ne suis pas jalouse, juste amusée du décalage entre elle, moi, les autres là devant moi. Aucune lui ressemble !

 

Et çà ne fait pas rêver pour autant !

 

 

 

NYLONEMENT

texte publié sur le blog

www.absolue-feminite.blogspot.fr

Mots & Emotions

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain
Famille

Une belle rage de dents, une couette douce, des babillements, sa chaleur tout contre moi, l'après-midi et sa lumière à travers les stores, je le regardais dormir tout contre moi, ce petit-fils chéri. Bébé de neuf mois, confié par ma fille pour la semaine, avec ses deux premières dents sorties l'une derrière l'autre, cela l'épuisait, et seul le corps à corps, maman-bébé le rassurait. Et je voyageais dans le temps.

 

 

Dans cette chambre d'ami qui avait été notre chambre d'amour, nous jeunes cadres, récemment mariés, nos après-midi câlins, nous aimions passé notre temps allongés ou dans d'autres positions, une complicité charnelle bien réelle. Que de gourmandise, de folies sensuelles, de soirées, de jours et de week-ends, nous étions jeunes et pleins d'énergie, avec de nombreuses envies, très nombreuses. Nous étions lovés l'un contre l'autre, parfois l'un dans l'autre, par passion et par amour. Je n'ai pas de souvenirs de balades ou d'expositions lors de nos vacances, mais de chambres délicates, de spas et de piscines, avant de retourner dans un lit, sur un canapé ou sur tous les fauteuils ou meubles à bonne hauteur. Nous étions de vrais lapins amoureux, s'amusant du corps de l'autre en toute circonstance, ne résistant jamais à nous déshabiller même juste avant un départ au restaurant où des amis nous attendaient. Nous arrivions en retard, avec une coiffure un peu chamboulée, deux grands sourires. Pardonnés.

 

Et si les enfants n'étaient pas notre premier objectif, nous pensions à notre premier bébé, aux prénoms pour une fille ou un garçon. Une fois, lors d'une sieste crapuleuse, nous avions ri des volontés de certains mâles de transmettre le nom voire le prénom, comme une photocopie d'eux-même. La fameuse particule "Jr" ajouté au prénom des américains, une rigolade assuréee dans cette volonté de perpétuer le nom, d'être inscrit comme un président dans le marbre de l'histoire. Ainsi dans une même famille, tous les premiers mâles avaient le même nom, le même prénom, un bon délire de confusion pour les repas. Et puis les prénoms improbables, les initiales facétieuses, les traditions misérables, nous avions fait deux listes. L'une pour nos enfants, l'une pour le pire du pire. Tout en refaisant encore l'amour.

 

Un fils, deux filles, un autre fils, une vie, un divorce, une vie différente dans la même maison. Mais tant de petits bonheurs quotidiens à les voir grandir, vivre leurs premiers amours, réussir leurs diplômes, vivre en croquant toutes les gourmandises, même certains interdits. La mode, le dressing devenu une chambre d'amis, mais surtout un lieu de stockage sur plusieurs décennies, avec la joie de partager des pièces vintage entre nous, mère, filles, belle-filles. Que de rires à revoir des tendances soit-disant nouvelles et finalement des retours du passé, la mode change, se renouvèle et se métamorphose, toujours avec des références passées mais une touche de modernité idéale. 

 

Alors depuis quelques années déjà, je suis grand-mère, retraitée de plus, donc heureuse de recevoir les petits-enfants, faire des gâteaux avec eux, des expositions et des musées mais aussi des balades pour découvrir la forêt toute proche. Et pour les plus petits, juste des siestes, des compotes et des câlins, j'adore tout cela. Et leurs prénoms, ils n'étaient pas sur nos listes, retrouvées sur un bout de papier griffonné, dans un fond de tiroir. Leur génération a choisi avec des repères de tradition, une sagesse nouvelle.

 

 

Nylonement

Famille

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité, #Féminité & Féminisme, #Femmes - demain
 

 

 

Trouver le mot juste, l'adjectif qui serait le plus propice à me qualifier. Dans les yeux des autres, dans leurs cerveaux, dans leurs esprits, je suis une femme. Après, ils peuvent ajouter leurs choix.

 

Légère car d'un mois à l'autre, parfois il peut m'arriver de ne pas être accompagner par le même homme, un grand, un blond, un brun, un jeune, un moins jeune, je ne suis pas bloquée par leurs physiques, je recherche autre chose.

 

Libérée, car je ne cache pas ma gourmandise pour les hommes, pour des soirées ou des journées de pur plaisir, de jouissance. Mais derrière mes blagues, qui me mettent à l'égal des blagues sexistes des cadres avec lesquels je travaille, auteurs de tableaux de chasse et de petits culs, de phrases libidineuses, je suis peut-être une menteuse. Je joue, ils écoutent, ils ne gardent que leurs versions.

 

Allumeuse, car ma tenue est toujours très féminine, très glamour, sans aucune peur de montrer mon corps. J'y travaille chaque jour, chaque semaine  en faisant du sport, en courant au petit matin pour expulser mes idées noires, pour savourer la douche après. J'aime la mode, je peux ,sans limites ou presque, m'offrir les chaussures ou les robes de mon choix, j'aime les matières légères, les décolettés profonds, les coupes près du corps.

 

Sensuelle, car j'assume sans le cacher, bien au contraire, que je suis une porteuse de véritables bas nylon. Une couture, une jarretelle, un revers, le hasard s'amuse de la fente sur ma jupe, des longueurs un peu trop courtes de celles-ci. Je ne m'exhibe pas, je ne cache pas mes bas, le vent est un complice des regards avertis.

 

 

 

 

 

 

Froide, quand les mots ne sont pas plus grossiers. Car je ne couche pas ! Ils imaginent, hommes et femmes, ce qu'ils souhaitent, leurs envies, mes soirées, mes week-ends, mes vacances, mes nuits. Mais tout cela n'est rien. Car si je suis ainsi, c'est pour laisser mon corps respirer. Mon adolescence avec des kilos en trop, une famille, la province triste, tout cela est loin. Je vis pleinement mon corps de femme. 

 

Mais le soir, je profite pour sortir, pour lire, pour voir quelques amis. J'écris simplement.

 

 

 

Nylonement

 

 

 

 

Trouver le mot juste, l'adjectif qui serait le plus propice à me qualifier. Dans les yeux des autres, dans leurs cerveaux, dans leurs esprits, je suis une femme, après ils peuvent ajouter leurs choix.

 

Légère car d'un mois à l'autre, parfois il peut m'arriver de ne pas être accompagner par le même homme, un grand, un blond, un brun, un jeune, un moins jeune, je ne suis pas bloqué par leurs physiques, je recherche autre chose.

 

Libérée, car je ne cache pas ma gourmandise pour les hommes, pour des soirées ou des journées de pur plaisir, de jouissance. Mais derrière mes blagues, qui me mettent à l'égal des blagues sexistes des cadres avec lesquels je travaille, auteurs de tableaux de chasse et de petits culs, de phrases libidineuses, je suis peut-être une menteuse. Je joue, ils écoutent, ils ne gardent que leurs versions.

 

Allumeuse, car ma tenue est toujours très féminine, très glamour, sans aucune peur de montrer mon corps. J'y travaille chaque jour, chaque semaine  en faisant du sport, en courant au petit matin pour expulser mes idées noires, pour savourer la douche après. J'aime la mode, je peux sans limites ou presque m'offrir les chaussures ou les robes de mon choix, j'aime les matières légères, les décolettés profonds, les coupes près du corps.

 

Sensuelle, car j'assume sans le cacher, bien au contraire, que je suis une porteuse de véritables bas nylon. Une couture, une jarretelle, un revers, le hasard s'amuse de la fente sur ma jupe, des longueurs un peu trop courtes de celles-ci. Je ne m'exhibe pas, je ne cache pas mes bas, le vent est un complice des regards avertis.

 

 

 

 

 

 

Froide, quand les mots ne sont pas plus grossiers. Car je ne couche pas ! Ils imaginent, hommes et femmes, ce qu'ils souhaitent, leurs envies, mes soirées, mes week-ends, mes vacances, mes nuits. Mais tout cela n'est rien. Car si je suis ainsi, c'est pour laisser mon corps respirer. Mon adolescence avec des kilos en trop, une famille, la province triste, tout cela est loin. Je vis pleinement mon corps de femme. 

 

Mais le soir, je profite pour sortir, pour lire, pour voir quelques amis. J'écris simplement.

 

 

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain, #Femmes & Mode
En toute saison

Un sms, un long sms de ma meilleure amie, et tant d'émotions en moi.

 

Souvenirs surtout, de cette période post-adolescence, où nous avions pris ensemble un appartement en colocation, pour nos études, nous étions fières de notre bac, fière d'être majeure, totalement libres de nos choix. Des soirées à refaire le monde, les premiers amours, quelques engueulades, beaucoup de soirées complices pour évacuer les frustrations des études, des examens aussi, des premiers stages et bien évidemment des premiers flirts, nous parlions tant, parfaois en cocoonant devant notre télé avec des séries sans fin. J'aimais partager ce temps avec elle, une amitié sincère, des passions communes.

 

Puis est venu le temps de partir chacune de notre côté, de prendre une autre colocataire, déjà oubliée, sans relation aucune, puis une autre avant de m'installer dans mon propre appartement, seule, avec mon premier contrat, je n'ai pas vu le temps passé. D'ailleurs c'est toujours pareil, janvier fini déjà, les fêtes de Noël sont loin, le boulot, les transports et la vie courante, de quoi s'occuper du matin avant le lever du soleil jusqu'au soir, la fatigue et le jour suivant. Peu de temps, sauf pour dormir, pour trouver mon rythme, pour sortir parfois, rarement, pour me poser et profiter du temps libre, je peux lire ou écrire suivant mon envie, tranquillement. Elle, je la revois peu, partie en province avec son amoureux, un beau cadre commercial d'une boîte de chimie, ils bossent dans la même entreprise. Souvent nous parlons, de longues soirées à parler de tout, de rien, du passé et de ses envies futures. 

 

 

En toute saison
En toute saison
 

Là, aujourd'hui, je viens d'apprendre qu'elle va se marier. Dans la tradition, il lui a demandé sa main, un genou à terre, lors d'un week-end dans un lodge en pleine nature. Elle qui rêvait d'enfants et de belle robe, elle va être heureuse. Je serai sa témoin, fière je suis. Une date à venir, probablement pour septembre, dans le sud-ouest, dans un château viticole, une grande fête. Nous en parlerons ce soir, je serai calée dans mon canapé, entre mes coussins doux, dans ma tunique en laine, mon doudou pour un soirée câlins, seule certes. Oui, célibataire volontaire, plutôt de circonstance, car si parfois lors de soirées, ou entre deux réunions, je reçoisde jolis compliments, des propositions pour un dîner, une sortie, je n'en ai pas l'envie , ni même le besoin. Pas inscrite sur les sites de rencontres non plus. Et puis je ne sais pas, oui je ne sais pas si je suis asexuelle, oui, sans libido, sans intérêts charnels, ou simplement ailleurs, sans désirs ni pour un homme, ni pour une femme. Car je me suis posée cette question, surtout après une période de blues, sans épaules pour pleurer, pour câliner, pour aimer, pour simplement parler. 

 

Son mariage sera peut-être une belle occasion de lâcher-prise, de voir d'autres têtes, de revoir des amis communs, de trouver l'étincelle d'une belle émotion.

 

 

Nylonement

Là, aujourd'hui, je viens d'apprendre qu'elle va se marier. Dans la tradition, il lui a demandé sa main, un genou à terre, lors d'un week-end dans un lodge en pleine nature. Elle qui rêvait d'enfants et de belle robe, elle va être heureuse. Je serai sa témoin, fière je suis. Une date à venir, probablement pour septembre, dans le sud-ouest, dans un château viticole, une grande fête. Nous en parlerons ce soir, je serai calée dans mon canapé, entre mes coussins doux, dans ma tunique en laine, mon doudou pour un soirée câlins, seule certes. Oui, célibataire volontaire, plutôt de circonstance, car si parfois lors de soirées, ou entre deux réunions, je reçoisde jolis compliments, des propositions pour un dîner, une sortie, je n'en ai pas l'envie , ni même le besoin. Pas inscrite sur les sites de rencontres non plus. Et puis je ne sais pas, oui je ne sais pas si je suis asexuelle, oui, sans libido, sans intérêts charnels, ou simplement ailleurs, sans désirs ni pour un homme, ni pour une femme. Car je me suis posée cette question, surtout après une période de blues, sans épaules pour pleurer, pour câliner, pour aimer, pour simplement parler. 

 

Son mariage sera peut-être une belle occasion de lâcher-prise, de voir d'autres têtes, de revoir des amis communs, de trouver l'étincelle d'une belle émotion.

 

 

Nylonement

En toute saison

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes & Portraits, #Femmes - demain

Vingt ans, de retour de son école de commerce en province, elle a révisé dans son tgv, profitant de ce long trajet pour repenser à Noël, ici, en famille. Les courses avec sa mère, les instants complices, les boutiques pour essayer des robes avant les soldes, ce petit top pailletée pour elle, et puis finalement, symboliquement aussi pour sa mère. Ses fameusesbottines, le coup de coeur, l'envie soudaine, le bonheur de les retoruver sous le sapin, de les porter maintenant. Un peu froid aux mains, elle se protège, la tête ailleurs en pensant fort à son amoureux, un peu à la famille aussi. Le temps passe trop vite pour combler tout le monde.

 

 

Recto-Verso                 .2/2
 

Quarante ans, un sac, une tablette, un téléphone, un nouveau job après ce récent divorce et tant de questions encore en tête. Les insomnies mais aussi la motivation pour de nouveaux projets professionnels et personnels, elle voyage en région chaque semaine pour coordonner les attentes, former les équipes, donner le bon cap à tous. Elle assure dans ses nouvelles responsabilités, mais l'interrogation reste chaque matin pour gérer ses enfants. Sur leurs routes entre collège et lycée, elle attend les sms pour confirmer le bon réveil, le bon trajet avec des transports pas trop fantaisistes ou en grève, enveloppée dans son manteau, elle pense à son agenda complet pour toute la semaine, ajusté heure par heure. Avec sa jupe en laine, joli tartan, elle soigne son élégance d'executive woman.

 

 

Quarante ans, un sac, une tablette, un téléphone, un nouveau job après ce récent divorce et tant de questions encore en tête. Les insomnies mais aussi la motivation pour de nouveaux projets professionnels et personnels, elle voyage en région chaque semaine pour coordonner les attentes, former les équipes, donner le bon cap à tous. Elle assure dans ses nouvelles responsabilités, mais l'interrogation reste chaque matin pour gérer ses enfants. Sur leurs routes entre collège et lycée, elle attend les sms pour confirmer le bon réveil, le bon trajet avec des transports pas trop fantaisistes ou en grève, enveloppée dans son manteau, elle pense à son agenda complet pour toute la semaine, ajusté heure par heure. Avec sa jupe en laine, joli tartan, elle soigne son élégance d'executive woman.

 

Recto-Verso                 .2/2

 

Soixante ans, et même un peu plus, les années passent, elle sourit chaque matin face à son miroir, sans quête de l'éternelle jeunesse. Les rides son là, la peau et ses petites imperfections, son regard sait les voir, les grossir les mauvais jours, les oublier les soirs de fêtes, les journées de bien-être comme aujourd'hui. Elle se sent si bien dans cette nouvelle vie de retraitée, si libre de profiter de tout, de croquer avec dynamisme les matinées et les après-midis. Des bottines, des soldes récentes, du temps pour cela, avec les amies ou sans, elle galope sur le macadam, avec ce manteau, conseil de son compagnon. Le collant sublime son premier atout, ses jambes, elle emporte avec elle son "petit bazar", dans un grand sac à main, fidèle complice de sa vie quotidienne. Quelques carnets, elle écrit dès qu'elle se pose, dans le métro ou en terrasse, le soir chez eux. Lectrice et écrivaine amateur, elle aime dessiner de mots les silhouettes féminines, celles de ses rêves, celles de ses envies, celles des inconnues. Avec ce short si bien coupé, en cuir, elle assume ses choix de mode, il les aime tous. Depuis si longtemps que son regard caresse ses jambes.

 

 

Nylonement

 

Recto-Verso                 .2/2

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Femmes - demain
Recto-Verso

La foule, les gens, et son lot d'excités, de parisiens pressés par je ne sais quoi, mais dans une urgence apparemment vitale. Les mêmes qui marchent vite, poussent, refusent d'attendre, mangent debout, mâchent peu, avalent en vitesse, digèrent mal et finissent toujours leurs journées en courant encore, peut-être pour aller au plus vite chez le psy. Pour parler de stress sasn doute, cause ou conséquence ?

 

La foule avec son flux et son relfux, un océan en mouvement, des vagues douces, des courants forts, avec des têtes, des chapeaux, des turbans aussi, des cheveux et quelques absents plus chauves, des casques et des capuches pour la partie haute. J'ai pris place sur un banc dans l'attente d'un collègue, vers un rendez-vous professionnel, je pose mon regard sur la partie basse. au niveau du sol, vers le macadam usé par les milliers de pas.

 

Le flot des jambes, deux fois plus nombreux que les têtes, des chaussures, de tous types, des bottines, des baskets blanches ou de couleurs vives, tendances du moment ou vintage volontairement, des bottes, parfois aussi  des sandales plates, des ballerines, des tongs même en ce jour d'hiver. Incroyable diversité ! Des talons, pas beaucoup, de petites tailles, juste trois paires d'ecarpins perchés au-delà du chiffre 13, je suis l'écume, le remplissage et son désemplissage sur le large quai. Une pause, une accumulation, deux sonneries, un train, une vague aller et une suivante pour le retour, Chacune emporte ses occupants, vers leurs activités essentielles. Parfois un rocher apparaît créant des vaguelettes, des contournements imprévus,  pour oublier cet îlot temporaire de touristes perdus. 

 

 

Recto-Verso
Recto-Verso

Le temps passela foule est toujours là, créature chaotique dans son volume et sa répartition toute particulière dans l'espace. Etrange concentration à droite, pas à gauche pour la même destination. Un monde moderne, avec de nouvelles frontières, une évolution sans nature, dans les souterrains de la ville, avec pour seule couleur, le noir. Quelques nuances de gris, de saleté, de pollution stagnante.

 

La foule, deux jambes, une paire de bottines en nubuc noir, mon regard caresse telle une main la matière douce, six centimètres d'un talon carré, un collant  noir. Un caban noir ponctuée d'une large ceinture de cuir, son sac à main, elle attend dans une posture bien droite, la musique dans les oreilles, avec ce casque design, si chic en imitation cuir et chrome. Dynamique, le dos tourné vers moi, ses cheveux aux reflets roux s'envolent au passage du dernier wagon. Elle patiente pour une autre destination. Une belle énergie émane de son allure. Des gants pour fouiller dans son sac à main, changer la play-list dans sa tête. De beaux mollets, des cuisses fuselées, une douce courbe que je suis depuis les bottines, avec des attaches fines de ses chevilles, vers ses genoux, jusqu'au manteau court. Une silhouette noire et rousse sous les néons de ce sous-sol, elle bouge mais une question me vient.

 

Je ne vois que son dos, sa mode sobre, ses gants en cuir noir, ses gestes, son collant opaue , sculptant ses jambes, absorbant les possibles imperfections, gommant en opacifiant sa peau pour ne plus voir que le noir absolu, variant de reflets.

 

 

Quel âge a-t-elle ?

 

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Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Féminité & Sensualité, #Femmes - demain

Un café, un nouveau lieu pour travailler, un coin tranquille, un quartier morne sans être triste, un bout de trottoir, un peu de fraîcheur sous les platanes de l'avenue, un menu, je suis en avance. Exprès pour éviter la cohue, pour éviter la foule et les impolis de tous poils, je déjeune plus tôt, comme une exception touristique, une autre table aussi proche de moi, deux personnes traduisant avec leurs téléphones les plats.

 

 

 

 

 

 

 

 

Et puis j'aime prendre les repères pour une mission de quelques mois, sentir les rues environnantes avant de m'enfermer durant des heures devant un clavier, une machine, des écrans. Soupe froide, légumes grillées dont j'hume le parfum en terrasse, j'hésite. Elle, non pas une serveuse mais elle, réincarnée, non pas copiée mais présente. Amy, la serveuse du lieu, une version dark de l'habituelle et dévouée passeuse de plats, elle aide les voisines dans un anglais impeccable, un naturel étourdissant et j'en oublie ma carte.

 

 

Baskets noires avec des noeuds de dentelles, des pics de métal, un collant noir et graphique malgré la saison, des jambes merveilleuses, une jupe crayon entre vinyl et jersey, une coupe originale, un chemisier blanc, eh bien non, elle sert en noir intégral. Version gothique, dentelles, voile noir, doublure noire et ainsi une élégance bien à elle, un serre-taille corseté à la taille. Surtout avec sa coiffure et ses yeux. Deux détails, deux fulgurances de sa féminité, de son allure, elle rayonne avec deux traits parfaits d'eye-liner à chaque coin de ses yeux noirs, des cheveux en version roulé-rétro, une star est là. J'observe tant que je déguste cette personne que l'on pousserait hors de nos normes, de nos frontières dans des cases noires et blanches du costume de serveuse parfaite, une personne différente et étonnement normale. Efficace, même face à mon blanc, mon silence, perdu dans mes pensées, ma carte effacée devant moi, j'ai commandé une soupe et une assiette de choses grillées. Quelle sauce ? elle insiste avec un sourire et cette voix chaude. J'hésite, je ne sais plus, je ne vois qu'elle, sa beauté, sa vérité.

 

 

 

 

 

Durant les jours suivants, je ne suis pas venu la draguer, juste l'admirer et quand un soir, après une réunion tardive, je suis passé ici, elle faisait le service, dans une demie pénombre. Ais-je rêver ? mais elle chantait entre les tables, les clients hypnotisés mangeaient. 

 

 

 

 

 

 

Mots & Emotions

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