Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes - demain

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Femmes - demain
Soleil d'ailleurs

Oh combien me manque ce soleil, cette chaleur qui savait tous les jours m'embrasser dès le matin, sur la terrasse de la chambre que je partageais avec ma jumelle. Là-bas, dans ce pays adoptif car mon père avait eu la bonne idée d'y travailler, nous avions pris nos racines, croquant chaque journée comme un bonheur acidulé.

 

Petites filles dans un patio ombragé, entre plantes vertes, quelques arbres et le glouglou de l'eau pour rafraîchir le tout, nous avons tant joué, avec pour seules contraintes, les repas avec les nounous locales. Des femmes formidables, des souvenirs immenses, des chants et surtout des sourires en partageant cet immense plat de semoule et de légumes, j'aimais le sentir fondre sur ma langue, doucement, libérant ses arômes délicats, sa finesse, le jeu de leurs mains qui l'avait façonné. J'étais heureuse, les premiers pas à l'école furent un nouvel espace, des nouveaux rites, un mélange savoureux d'enseignement et de cultures en fusion. Nous avons si bien vécu, jusqu'au départ vers un autre pays plus au sud, vers d'autres projets paternels. Je garde d'elles des habitudes de maquillage, des rites de lavage de mes cheveux avec de l'huile d'argan. Ces parfums uniques, je les ai retrouvé bien plus tard après mes études en métropole, un voyage organisé par les élèves, pour une semaine d'immersion dans cette école de commerce. Un coup de coeur profond, des souvenirs à la pelle.

 

Comme aujourd'hui d'ailleurs, cette chaleur qui me manque, cette sensation du vent chaud, indiscret sous mes tuniques, frôlant mes jambes, caressant mes fesses, mon dos, mon corps entier. J'aime chaque année y retourner pour me fondre dans la population, dans cette culture qui est mienne, dans ces lieux qui sont parts de mon histoire. J'aime croiser ces femmes, partager encore avec elles leurs rires. Cette chaleur du coeur !

Unique et intemporelle !

 

Nylonement

 

Soleil d'ailleurs

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité, #Femmes - demain

J'aime cette lumière disparue.

Me réveiller, l'esprit encore comateux, le corps totalement réduit à ses fonctions primaires, engourdie dans les épaisseurs de couettes, il fait si froid dehors. Un peu dedans aussi d'ailleurs, car j'ai laissé la fenêtre entrouverte pour avoir un filet d'air.Juste quelques effluves végétaux au gré des saisons, mais avec l'hiver je ne perçois que l'humidité. Sa mélodie sur le sol de la terrasse, des gouttes et leurs rythmes réguliers suivant la météo, je les ai entendues hier soir, juste avant de glisser dans le sommeil. Une petite musique de nuit, un trémolo léger, un bruissement de bambous en arrière-plan, tel une cymbale doucement frottée, quelques notes de jazz. Suivi d'un trou noir.

 

Me réveiller doucement, sans vraiment le vouloir, pour savourer cet état intermédiaire du corps tout entier, allégé des doutes et des douleurs, juste vivant dans un lit douillet, en fusion avec les plumes et leur chaleur diffuse, je profite sans limites. Dehors les oiseaux se réveillent, la nuit s'en va, laissant le jour prendre place, sans s'imposer encore. Lueurs perdues entre les branches des arbres, dans la brume peut-être, les volets sont encore fermés. Je ferme les yeux car ici le noir est encore complet, je me concentre sur la fragilité des échanges extérieurs, les volatiles ouvrent leurs gorges, poussent leurs mélopées incertaines. Seul le rossignol, oui un ami m'a appris à le reconnaître, ce ténor irrésistible du jardin, il chante ses dernières notes car lui va aller dormir, oiseau si peu diurne. D'un trait il signe sa présence, enchante les autres oiseaux, tourbillonne avec des vocalises subtiles, attend les applaudissements pour se retirer.

 

 

Regard amoureux

 

Les chants, les notes, un piano, je repense à hier soir, à cette rencontre, imprévue dans cette soirée entre amis. Un buffet, un récital avec des instants classiques pour le champagne, les flûtes et les discussions en petits groupes, l'ambiance était élégante, les robes pour les dames, les costumes pour les hommes. Ici pas de snobisme avec des bobos sales, des hipsters caricaturaux, des anarchistes de mode qui ne trouvent pas le début d'un style, juste des valeurs de féminité et de masculinité d'une époque où l'on savait encore s'habiller. Certaines ont osé le smoking, car le génie d'Yves St Laurent leur a ouvert la voie, donné les clefs pour une liberté, non sans respecter leurs allures, leurs silhouettes. Stilletos pour elles, bas coutures aperçues sur quelques jambes, du champagne, puis ce buffet avec du charleston pour endiabler le lieu, le pianiste dans son coin discret a soudain reçu des visites. Des belles accoudées sur le vernis de son demi-queue, le parfum dans ses narines, des étincelles dans ses yeux en apercevant des dentelles exquises, ses doigts sont devenus dansants. Discussions sérieuses par ici, des rires par là, des assiettes avec des mignardises à croquer. 

 

Lui était là devant ce tableau, avec des langoustines nappées d'un fine gelée de pamplemousse, saupoudrée de piment d'Espelette, il buvait son champagne de l'autre main. Attentif, patient, perdu, je ne savais mais son regard semblait vivre avec cette femme, sur la toile. Des hanches, des rondeurs même, assise sur un canapé rouge, dans sa robe noire, plissée par la coupe, emportée par les vagues de son corps, il scrutait avec ses yeux chaque courbe. J'observais, soudainement seule dans ce grand salon, au milieu de tous ces gens. Juste lui. Et elle aussi. je croquais les bulles de mon champagne, moi aussi pour mêler la force, la fougue de ce grand millésime avec les arômes du crustacé, je venais juste de le finir. Mais j'étais emporté dans la persistance de cet homme à ne voir que cette féminité. Il reculait un peu, évitant les petits groupes, s'excusant mais restant fixé sur la silhouette. Il venait encore de s'arrêter sur les escarpins, l'un tombé sur le parquet, l'autre encore sur le pied, noir et vernis. De hauts talons, comme les miens d'ailleurs. Dans un mouvement lent de ses pupilles noires, ses iris vertes avaient glissé sur le voile fin des jambes, telles des mains expertes, il faisait une pause, envoûté par cette toile accrochée entre deux fenêtres. Une huile anodine dans son traitement, classique pour ne pas dire sans âme, apparemment, lui semblait y trouver des détails si singuliers, des souvenirs peut-être. Je m'amusais de son silence au milieu des notes de jazz maintenant. Certains couples dansaient, je m'était assise sur une méridienne de velours bleu, lui toujours dans ma perspective.

 

Regard amoureux

 

Il s'était rapproché pour laisser plus de place aux autres, toujours des pas vers elle. Capturé par cette image, pas seulement, car un lien semblait émerger entre eux. Oubliant tout, il aimait cette femme, il lui donnait bien plus que son regard, il caressait ses formes. Pas avec vulgarité, juste en amoureux, enserrant de ses bras les épaules dénudées, remontant ce châle de cachemire orange sur elle. les sourires, cette complicité créait ce pont entre des deux êtres. Lui ne voyait qu'elle. Souffrante ou happée par les doutes, il était là pour la voir évoluer, pour la rassurer ou simplement pour donner son épaule, pour la soutenir. Certes il ne parlait pas encore, seul dans ce bruit ambiant, on lui aurait pardonné ce monologue, mais sa prunelle échangeait bien plus que sa simple vision. Réelles émotions, il venait de vider sa flûte, toujours là dans ce duo hors du temps, hors de toute dimension. 

Elle était si souriante, il recevait ce message, sa fragilité avec. Juste pour lui. Sa poitrine se couvrait à peine du cachemire, juste la longueur idéale de ses cheveux fins. Un délicat reflet au-delà du brun, il saisissait ce geste immobile quand elle les recoiffait, quand sa main se glissait entre eux pour s'assurer de leur beauté naturelle. Sans excès et pourtant. Lui s'approchait encore, fasciné par les courbes, par la volupté mais aussi des détails. Le vernis des ongles, des mains mais aussi sous le voile de nylon, sur ce pied libéré de son escarpin. Un regard encore sur ses hanches, généreuses, si féminines, une gourmandise glissée sous cette robe. Elle attendait un homme, elle rêvait peut-être avec ce livre à portée de main, elle songeait à ce duo impossible mais si réel.

 

Je me suis approché de lui, juste derrière pour ne pas troubler cet épisode si sensuel.

"Seriez-vous amoureux de ce tableau ?"

Et ce gentleman au cheveux poivre et sel, d'un coup d'oeil, sans vraiment la quitter m'a dit

"Totalement conquis par cette femme. Au-delà de la peinture. Sa silhouette me parle, me trouble encore, si loin des allures stéréotypées. Elle semble si proche. Son élégance simple dégage un glamour authentique, subtil, sûrement comme son parfum, gourmand et discret. Oui je crois, non je suis sûr, je l'aime."

 

Je l'ai laissé dans sa bulle, dans leur bulle de douceur.

 

 

Nylonement

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Femmes - demain
Mode en noir & blanc

Une si longue journée, en se levant tôt ce matin, pour partir à petits pas vers le taxi qui attendait déjà dans la brume d'automne. Lui dormait encore, il réveillerait les enfants pour les accompagner ensuite à l'école, pour reprendre ses dossiers et autres contacts depuis son ordinateur, elle pensait à lui sans entendre les propos du chauffeur, ni même la radio et les infos déprimantes dont se gargarisait le journaliste dès l'aube. 

Elle était déjà dans le programme des réunions du jour, à l'autre bout de la France, après cet avion, avec un déjeuner clients en plus, des équipes qui voulaient toujours plus, des commandes en attente pour la fin d'année. La pression naturelle montait, mais elle maîtrisait ce stress positif qui lui avait permis de fonder sa PME. Maintenant déployée dans chaque région, avec chaque équipe est surveillait les ventes, le marketing, les nouveaux arrivants, les futurs produits en développement, les finances et toutes les obligations légales d'un monde en pleine évolution. L'humain était un vecteur sur lequel elle voulait s'appuyer pour impliquer toujours plus ses collaborateurs, les premiers arrivés comme les plus récents. La même stratégie même si les premiers banquiers n'avaient rien compris à son projet, ni même à ses tableaux et autres plans d'évolution de croissance très maîtrisée. Ils ne voyaient ni les leviers, ni les risques et encore moins le réel besoin de financement progressif pour qu'elle puisse contenir les paliers d'évolution tant en France qu'ensuite en Europe ou ailleurs. Leurs vieux schémas, elle en avait parlé pas plus tard que la semaine dernière dans un congrès de jeunes entrepreneures, démontrant la frilosité de certains, mais surtout leur incapacité à prendre des risques alors qu'ils faisaient payer si chers leurs services. En point final à une question de la salle, elle avait ajouté l'incroyable médiocrité de projection dans l'innovation des soit-disant conseillers. Le banquier, sponsor partiel de l’événement avait serré les dents mais avait vu en elle une ambition confortée d'un pragmatisme bien réel, bien actuel. Elle en riait en pensant à tout cela, en validant son passage avant l'embarquement.

Une petit heure pour travailler des documents, pour préparer des emails pour ici et là, interne ou externe, pour se satisfaire aussi des nouvelles gammes présentées pour les cadeaux de fin d'année. Descente, téléphone rallumé dans l'autre aéroport, elle s'avançait vers sa collègue, les responsable commerciale de Toulouse, partageant sur son hésitation entre robe ou pantalon, en cet automne mitigé, recevant un compliment pour sa veste blanche kimono si élégante.

Discussions dans les embouteillages avant d'arriver au bureau, elles croisaient des informations diverses sur les dernières commandes, sur les attentes des boutiques et sur l'enthousiasme de chacun. Réunions, avec des questions et surtout des réponses limitées dans le temps, des points d'avancement, des décisions et d'autres questions en suspens avec un responsable pour établir un diagnostic. Réunions encore, déjeuner dans un restaurant élégant, avec l'idée originale de partager des tartes salées diverses, des soupes confectionnées sur place, du frais et du local. Un petit vin rouge local aussi, en riant entre deux phrases, les échanges étaient positifs. Réunions encore avant de repartir vers l'aéroport tout en répondant au SMS des autres équipes, les amies et le super papa.

Ce soir, il serait là, les enfants entre les mains d'une baby-sitter voisine, ils iraient au restaurant. D'ailleurs elle avait une jupe fluide en jersey gris foncé, pailleté avec subtilité pour remplacer ce pantalon noir. Ses jambes seraient un bel argument de plus dans sa journée de femme. Juste le temps de se changer en vol, un voile fin de nylon pour les envelopper, avec des talons hauts pour combler son bonheur, pour elle, pour lui.

 

Nylonement

 

Mode en noir & blanc

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - Duo de générations, #Femmes - demain
Automne

 

Emotions, plantées dans la peau, imprégnées sans être tatouages, je pense à elle, partie plus loin sans moi. Aujourd'hui elle me manque un peu plus, sûrement ce ciel gris d'automne. Je ne vois pas les passants sur ce trottoir, je tente vainement de lire ces rapports pour aider mes clients dans leur développement commercial. Mon esprit est ailleurs, dans un espace différent, une dimension de souvenirs. Ma mère, cette femme avec laquelle nous avons tant partagé, mes frères et soeurs, durant nos années d'enfance, plus encore à mon adolescence où elle dirigeait la maison, gérait le budget serré, donnait des valeurs à nos errances de jeunes loups. Mais le soir, elle passait dans chacune de nos chambres, prenait le temps de nos écouter, savait trouver les failles et les doutes pour les ramener dans une bulle positive, elle était si présente. 

Je me souviens de nos discussions, de mes premiers amours, de mes premières ruptures inconsolables, de mes doutes liés à ma sensibilité en devenir, elle ne donnait pas de conseils, elle usait de métaphores et de paraboles pour guider mes futurs choix, pour me laisser libre de mes pensées mais avec des guides, des chemins plus rassurants dans le brouillard de mes hormones bouillonnantes. Elle savait, elle ne voulait le dire quand ma vie changeait, quand ma vie trébuchait, quand ma vie s'envolait. Dans sa cuisine, dans sa salle où elle faisait le repassage, dans ses lieux bien à elle, elle était cette femme ambitieuse devenue femme au foyer, avec des ailes non pas coupées, juste repliées. Avec des livres, elle s'évadait, dans les romans à l'eau de rose, parfois elle apercevait un nouveau prince charmant, mon père était parti sans un mot, ailleurs avec une autre. Chaque mois il déposait des billets dans une enveloppe, il ne nous voyait plus, trop pris par son travail, nous disait-il. Elle rêvait, elle ouvrait une autre dimension, et tout en faisant du crochet devant la télé, elle pensait encore au dernier chapitre d'un livre qu'elle reprendrait tôt demain matin, levée pour préparer nos petits-déjeuners. 

Je n'oublie rien de cela, mais aujourd'hui elle me manque un peu plus. Le téléphone ne répond plus depuis deux ans déjà. Mais ce n'est pas la distance, c'est juste le vide d'une vie éteinte. Je suis sans elle, et même les bras de mon compagnon ne suffiront pas. D'autres émotions d'amour certes, mais son coeur avait un écho si particulier en moi.

 

Nylonement

 

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - demain
Créature

 

Le vent froid d'un printemps oublié derrière la pluie, personne n'attendait devant cette brasserie, préférant s'engoufrer dans la chaleur plus réelle de cette décoration art nouveau, dans le bruissement des tables formées, entre les consignes des garçons vers le bar ou la cuisine. Elle ne faisait exception à cette règle, entrée mais perdue dans cette grande salle, cherchant du regard une amie ou un amant, je ne savais. J'avais relevé la tête par hasard, pourtant conquis par ce haddock délicieusement fumé, par une purée authentique, par cette sauce crémeuse apportant l'extase en bouche. Mon verre de Ladoix blanc, explosif pour contrer la force du poisson, les reflets dans les lampes, mon regard avait quité quelques instants mon plaisir épicurien, mais elle était là. Unique.

 

Une chevelure encore retenue, elle la libéra pour retrouver un peu d'assurance, pour justifier d'être debout parmi les tables, sans avoir encore aperçue la personne pour son dîner. Rousse flamboyante, plus encore par sa tenue, cette veste sortie d'un tableau contemporain du fauvisme, elle louvoyait vers le bar, elle commanda une flûte de champagne, évidence de classe. Son sac posé sur le zinc, le personnel, les garçons en tenue blanche avec tabliers noirs, Paris en mode gourmandise, elle hésitait encore. Deux yeux d'art suivait les regards venus vers elle, les plats défilaient, les verres trinquaient. Et mon vin blanc restait immobile, mon esprit voyeur prisonnier de cette énigme.

 

 

Créature

 

Parfum, une impression, une idée soudaine, un début d'obsession, quel était son parfum ? Une femme avec une telle élégance, avec des choix de mode si affirmés, devait porter une essence rare et fruitée, un poison fatale à toute personne souhaitant l'approcher. Je suis resté ainsi, bloqué dans le temps, dans l'animation naturelle de cette salle, oubliant mon plat, laissant uniquement le vin envahir mes papilles, la prunelle inerte.

 

Et puis il est entré, elle a souri, il est passé devant elle marquant une pause d'un baise-main léger, elle s'est avancé. Son manteau court sur les épaules, sa robe plissée bordeaux avec une allure folle, sa flûte à la main droite, son sac à sa gauche. Le bonheur esthétique se joue de peu, mais il est gourmet, comme un dessert.

 

Nylonement

 

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Féminité & Féminisme, #Femmes - demain

Chaleur de l'après-midi, vent sournois qui soulève les jupes et rappelle que l'été est encore loin.

 

Je pousse une table, je me glisse sur une chaise, là sur cette terrasse de café,je commande un schweppes citron. Contemplative, naturellement, je pose mon téléphone, je l'oublie même car le silence malgré la centaine de CV envoyés la semaine dernière, m'agace et me terrifie.

 

 

 

 

 

Sobrement, je laisse mon regard voguer sur la population, je flâne avec mes yeux, immobile, cherchant le détail de mode des unes, les silhouettes des autres. Homme ou femme, je ne suis bégueule, tout est sujet à mon plaisir visuel. Un décolleté savant d'une chemise en coton ancien, caché par une écharpe de coton mou indien, une coiffure courte qui va si bien avec le sourire de la demoiselle, deux amoureux plus loin, lui n'ose pas, elle parle. Enfin ils s'arrêtent, lui ose, les lèvres se rencontrent, elle l'enlace, n'attendant que cela peut-être. Lui là-bas avec son téléphone, une veste d'été sur l'épaule, une chemise un peu vieillotte,  un pantalon droit, mais une paire de fesses bien rondes, un bonheur visuel. Non je ne regarde plus ailleurs, j'attends juste de trouver le zoom pour apprécier la courbe parfaite, pourtant le visage est quelconque, je préfère définitivement le verso.

 

 

 

 

 

Une robe bleu, une robe noire et beige, deux collègues ou deux copines, elles parlent avancent vite dans la rue, rien devant elle. Un couple de personnes âgées, une course folle entre lui et sa jambe raide et madame un peu ronde, pas très habile pour escalader les trottoirs, ils se faufilent entre poubelles, voitures mal garées, arbres stressés par le goudron ambiant et quelques crottes de chien impolis, enfin surtout leurs maîtres. Un groupe de jeunes fument, ils causent et tapotent leurs téléphones, cet organe bientôt greffé sur eux en direct. Des jeans uniquement ! 

 

Là-bas un skateur, les cheveux au vent, l'allure du surfeur cherchant sa vague, précoce avec son short et son tee-shirt débraillé. Je bois mon verre, j'ouvre mon magazine en attendant le prochain rendez-vous. Des publicités, des gens parfaits, des jeunes filles plutôt que des femmes, mais malgré mes vingt ans passé, je ne me reconnais pas en elle, surtout quand quelques pages plus loin, elles vantent des crèmes anti-âge, mais elles n'en ont pas d'âge. Etonnant choix, plus étonnante encore notre inconscient et son interprétation naturel, formaté par la publicité ou peut-être lassé par ce vide, ce gouffre entre leur vision et notre réalité.

 

 

 

 

 

 

Moi, je suis blonde, enfin depuis ma première teinture, je me sens mieux ainsi, et plus personne sauf ma mère et mon père se souviennent de ma couleur d'origine. Une petite poitrine, des hanches, un début de cellulite tout en faisant du sport, attention à mes repas, et en bougeant souvent à pied. Bref une personne affreusement générique comme mon copain, qui se décrit ainsi. Ni belle, ni moche, avec des yeux marrons pas en amande, ni un nez de princesse, juste un trait d'eye-liner derrière des lunettes. Standard mais avec son charme, belle avec une petite robe noire, souvent en jupe car mes jambes restent un atout, mais pas un modèle photo. Mais je m'assume avec mon corps, mes hormones et son amour. Celui-ci est si fort, qu'il m'a permis de gommer des doutes, de croire en cette petite robe l'autre jour, de voire la mode plus en féminité.

 

 

 

 

 

Mais cette femme, enfin cette jeune femme pour ne pas jeune fille sur la publicité des collants, ok elle a des jambes immenses, une taille de guêpe, mais aucune forme sauf celle d'un tube. Je ne suis pas jalouse, juste amusée du décalage entre elle, moi, les autres là devant moi. Aucune lui ressemble !

 

Et çà ne fait pas rêver pour autant !

 

 

Nylonement

 

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Femmes - demain
Réveil avec lui

 

Douce sensation en ouvrant mes yeux, sa chaleur près de moi, sous des draps chiffonnés, il est là, échoué après nos vagues d'amour. Le soleil perce à travers les volets, quelques points lumineux sur des formes molles et sombres, assez pour éclairer indirectement son visage serein. Il rêve. Je me glisse en dehors du lit, une envie de retrouver mes esprits. Non que cette soirée et surtout cette nuit ne fussent désagréables, bien au contraire, mais j'aime les petits matins frais, les heures calmes sans trop de bruits extérieurs, celles où je peux méditer sur mes émotions.

 

J'attrape son peignoir posé là dans l'entreporte vers la salle de bain, je me love dans le canapé, je regarde cette fenêtre encore ouverte sur la terrasse, les bougies sont encore tremblantes dans leurs verres. Un souffle de vent, je referme, j'aerçois l'assiette et les miettes de tapas, nos coupes ne sont plus là. Elles doivent trâiner sur le sol de la chambre. Perdues au milieu de nos vêtements, je retourne chercher les miens.

 

Réveil avec lui

 

Je récupère mon pull, sa douceur me rappelle ses mains. Lui qui m'avait séduit par ses mots, son humour durant nos dégustations, ne prenant pas toujours au sérieux les conseils du sommelier, parfois pour en rire, mais surtout pour exorciser les approches trop snobs du vin. J'ai tout de suite aimé cet homme pour ses émotions vraies, ses goulées franches de verres vidés avec gourmandise. Il mangeait les saveurs, il en rigolait pour ensuite en tirer après un petit silence, la poésie des bonheurs gustatifs, la finesse des voyages oenologiques avec un simple verre. Lui voyait des vignes, des vignerons, des souvenirs, des liquides, des blancs, des rouges, avec ou sans bulles, d'autres sensations, pas forcément des comparaisons avec d'autres fruits, mais surtout le bonheur ressenti. Bon, très bon, exceptionnel ou passable, il ne voyait que les plaisirs en bouche, dans le tourbillon intérieur et les paillettes associées dans nos esprits.

 

Alors avec les deux cuvées de champagne, nous avons exploré des merveilles, des millésimes anciens, du rare, du sublime, du savoir-faire authentique, nous avons bu une vérité exprimée sous forme d'or liquide. Du bonheur, ses sourires, les miens aussi, nous avons ri de tout, nous sommes devenus tactiles dès le début de soirée, nos sens en émoi. Un océan de tendresse, nous nous sommes dégustés sans concessions.

 

Ce matin, je repars doucement, sans faire de bruits, mon numéro, il le connaît déjà. Heureuse, ivre de bonheur nouveau, avoué, partagé.

 

Nylonement

 

 

 

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog