Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes - demain

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Nylon Passion, #Femmes - demain
Blog, fin de blog !

Sereinement, je vais bientôt vous laisser dans le bonheur immense de la sérendipité, cet acte de recherche, qui s'associe naturellement au hasard pour vous faire rebondir d'un sujet donné vers une myriade de constellations improbables, de chemins et de voyages sans fin sur des pages du net.

 

Voyages multiples et parallèles sans destination, sans objectifs, sans fin.

 

Passages et balades volontaires ou malgré vous dans les limbes de ce paradis du néant, pardon du virtuel, où bien souvent la futilité est devenue reine. Mais pas sans ses bouffons incarnés par le temps (cette unité élémentaire de notre vie, entre secondes, minutes, heures, jours et années) et surtout par la volatilité d'une information en rapport à celui-ci. Mémoire ou sélection hiérachisée ou délirante de notre société actuelle, de notre approche personnelle de l'importance du savoir, de la connaissance mais aussi nourriture inerte et sans saveur, donc sans valeur de souvenir. Chacun possède son échelle de nostalgie, de madeleines, de petits bonheurs et de plaisirs, avec un stock plus ou moins vaste dans son espace des possibles, volontaire ou non d'ailleurs (si vous avez déjà décroché, ou oublié, contactez le centre sur la maladie d'Alzheimer le plus proche, ou lisez Closer, le vide s'empare de vous ...!).

 

Plus simplement, nos moyens de communications évoluent toujours plus vite, pas forcément avec efficacité, par forcément vers le meilleur (simple exemple la qualité audio des fichiers MP3 est pire que toute production ancestrale même un bon vinyl, car les compressions numériques arrondissent le spectre des sons, quel dommage, un progrès régressif ... parmi d'autres), et pourtant les gens communiquent plus, tout en devenant plus indépendants et nombrilistes.

 

 

 

Blog, fin de blog !
Blog, fin de blog !

Les médias et la culture ont vu déferler la vague des réseaux sociaux et autres nouveautés indispensables à la vie, chaque semaine, avec ce sentiment génial d'être totalement "out" face à un acronyme inconnu, une application non téléchargée, même si tous les deux sont inutiles à la vie. Du moins sans grande utilité.

 

Je peux me permettre de prendre ce recul car je tape sur un clavier depuis le milieu des années 80 (1983 pour être précis, oui cela peut faire peur à mes jeunes lecteurs nés après cette date, et trouvant que les scribes de mon époque hésitaient entre le marbre, le papier et des touches en plastique moche), et j'ai toujours été passionné par le génie informatique de toutes ces boîtes en plastique qui se succèdent devant moi, appelés ordinateurs. Alors j'ai sauté dans le train d'internet, des emails, des évolutions, pour des besoins professionnels ou personnels, une curiosité d'autant plus grande que les connaissances pouvaient être multiples.

 

Les réseaux sociaux ont dévoré les habitudes, changé partiellement nos routines de vie, en rendant de réels services via le net, mais en infiltrant nos vies électroniques, nos identités et images numériques. 

Que restera-t-il de tout cela à échelle du temps ?

Dans quinze jours ?

Dans dix semaines ?

Dans cinq ans ?

Dans une décennie ?

 

 

Quand vous avez beaucoup d'amis sur FB par exemple, avec pour certains un rituel de publication et de partage de plusieurs infos par jour, la durabilité de celles-ci est minime. Car en plus il est quasi infernal de retrouver une info publiée deux jours avant dans la pile qui se nourrit par le haut et entasse sous elle, le reste. 

Quand vous envoyez un "texte" de 100 caractères avec TWT, il en reste rien après quelques heures. Alors si je parle en jours, semaines, mois et années, même les hiéroglyphes égyptiens sont plus pérennes. dans la durée mais aussi dans la valeur du contenu.

Quand vous prenez des photos floues, de tout et plus encore de rien, enfin pardon de votre repas, de celui de votre chien (ne pas les confondre pour votre santé, et la sienne), de vos courses ou de votre café en terrasse, sachez que sur ITGRM, la durée de ce savoir indispensable à l'espèce humaine est .... nulle (oui le mot est assez juste).

Certes on se moque des photos en noir et blanc des grands-parents, peu nombreuses, parfois ternies, mais elles resteront encore.

Et il y a d'autres réseaux de communication instantanés, ou basés sur d'autres concepts fumeux, troubles ou passionnants (mettre votre curseur sur le bon choix, le vôtre), il y en aura d'autres d'ici la fin d'année, l'année suivante et dans les prochaines années. Mais ne nous fatiguerons nous pas de ce communication outrancière : utile, futile ou inutile ?

 

Partage de photos avec PTRST, là il y a un peu plus de possibilités, d'organisation, de volonté de transmettre un message, des envies, des idées, des ressentis (pas toujours ...)

 

Quid des blogs dans tout cela, coincés entre les forums (trop proches du labyrinthe, mais si pratique pour trouver comment customiser une jante alu pour une modèle XJ48-BWK du millésime 1978Y-T45), les médias classiques (télé, radio, presse) et leurs propres espaces du net. Là aussi il y a pléthore de versions, de plateformes, de bons ou mauvais goûts, et surtout un gap énorme entre le vide, le contenu quasi-vide, les vitrines, pardon les blogueuses porteuses de messages publicitaires et quelques % de contenu réel. Eux resterons, sources de savoir, de connaissances, de références parfois, tant qu'un serveur tournera là-bas dans le cloud.

 

Enfin mes objets primaires pour humains évolués : les livres. Les vrais livres, pardon, ceux imprimés, collés, coupés sur des feuilles de papier ! Cette matière bien réelle, transportable, parfois lourde, parfois encombrante, mais j'adore les livres. C'est ainsi de générations en générations, et de façon magique, on se transmet des belles histoires, des documents rares, des ouvrages originaux, des fables et du rêve, des kilogrammes de bibliothèques, des éditions improbables de certains auteurs célèbres "il y a longtemps" ou "très chiants, mais lus avec obligation au collège", et encore des romans super et inconnus, des romans super et trop connus, des romans décoratifs d'auteurs connus (mais dont la description en trente-cinq pages de la pauvre jeune fille avec son seau allant à la fontaine par une nuit d'hiver... bref trop longue). Le livre reste un bonheur renouvelé, relu parfois plusieurs fois, par la même personne ou par d'autres, prêté, oublié, rendu, relu et toujours plein de souvenirs. De plus sans système d'exploitation obsolète, sans mise à jour impossible ou payante, sans intrusion dans votre vie privée, sans obsolescence, programmée ou non (mais bon le durable et l'informatique sont incompatibles) du système de batterie. Un livre, un vieux polar jauni, avec cette odeur agréable pour retrouver l'atmosphère des années 50, et presque le parfum de la pipe de Maigret en instantané. Et puis les notes manuscrites de votre grand-mère sur les fleurs du mal, sur les pages de garde des livres de poésie, même aussi dans son livre de recette. J'aime cela ! 

J'aime les livres, le rêve et le savoir.

 

 

Pourquoi ? Car je suis né curieux, je suis devenu lecteur, dévoreur de livres. J'ai travaillé, vécu, évolué, changé, souffert, vécu toujours. Et durant ce voyage j'ai même découvert malgré moi, des passions, ainsi qu'une facilité à écrire. Un exercice de style né il y a longtemps, transformé avec le temps entre papiers, notes, cahiers vers des versions clavier et fichiers, pour devenir un jour deux blogs. Sans objectif, du moins averé, juste deux thèmes, des voyelles et des consonnes, vingt-six lettres et quelques accents, je suis devenu blogueur. Multi-blogueur et finalement avec des lignes éditoriales établies, du contenu, des mots, des textes, des errances, des ratés et des morceaux plus réussis. J'ai écrit durant cinq ans, chaque jour ici et ailleurs, sur plusieurs blogs, plusieurs thématiques, sous plusieurs pseudos, jusqu'à 15 articles par semaine, et je n'ai pas tout publié pour autant. J'ai adoré, j'adore toujours cela.

J'ai écrit pour moi, pour elle, pour vous, pour des inconnus majoritairement, pour des personnes virtuelles devenues des ami(e)s réel(le)s. Pire encore, idéaliste, gribouilleur de mots et d'émotions, j'ai partagé certaines de mes passions, j'ai ajouté du savoir, parfois de la connaissance, j'ai donné tout cela. 

Pourquoi là aussi ? Pour transmettre, plus simplement pour partager des sensations, des ressentis, des libertés (oui celles d'expression et de respect), car je crois personnellement que toutes belles informations, que tous rêves légers, méritent un partage, un geste altruiste naturel. Posséder des anecdotes, des belles histoires, des envies, des informations uniques et/ou anciennes, de la nostalgie et d'autres belles valeurs, tout cela n'a d'intérêt que dans le croisement ouvert vers les autres. Laisser libre cours à des idées, provoquer des débats, des échanges, donner des indices, prolonger le rêve, emporter dans un univers de passion, jamais je n'ai pu imaginer un blog sans les autres, une ou plusieurs passions communes, des chemins et des carrefours communs.

 

Ainsi pour finir, oui poser un point final, lire un livre papier reste, restera une source d'imaginaire et de connaissances, transmissibles. Ecrire, lire un blog ne sera pas non plus éphémère dans notre référentiel de temps, consommateur trop souvent futile, pressé de connaître sans vraiment analyser et encore moins savoir, pressé aussi d'oublier. Un blog reste un espace ouvert, virtuel certes, plus immatériel qu'un livre, mais un lieu interactif, entre son auteur, femme ou homme, vers les autres. Un espace de partage interactif.

 

Je n'écrirai plus ici, mais vous pourrez toujours me lire, me relire, partager, apprendre, rêver, croire en mes histoires, pleurer ou rire, sourire le plus souvent de mes mots. Ils sont à vous maintenant.

 

Merci

 

 

Une dernière fois :

Nylonement

 

Gentleman W   gentleman.nylon@gmail.com

 

 

Blog, fin de blog !

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Féminisme, #Femmes - demain
Femmes libres

Mes enfants, mes filles, mon fils, je voudrais vous dire, vous transmettre quelques valeurs pour que demain soit plus beau, plus libre, plus empathique.

 

A vous qui êtes la nouvelle génération, ferez la prochaine, je partage et je donne les plus grands espoirs que vous puissiez continuer à vivre en paix, mais surtout en parfaite parité, en parfaite égalité entre les femmes et les hommes. 

 

Je suis né trop tôt, trop tard, venant d'un autre siècle avec des valeurs désuètes, des erreurs de jugements, des pensées incompatibles avec notre société. Idéaliste, j'ai compris que je ne serai jamais assez important, gorgé de pouvoir pour changer ce monde, cette société, mais j'ai toujours cru à la beauté dans les relations humaines.

 

Idéaliste, totalement déconnecté de notre vie réelle, j'ai longtemps poursuivi des valeurs, défendu face à d'autres mes pensées, refusé la vie de moutons, mais aussi celle de requin. J'ai cru à un espace juste où les femmes comme les hommes feraient les mêmes tâches, les partageant équitablement au gré de leur savoir, de leur volonté, de leurs possibilités. J'ai été indépendant très tôt, pour moi (ah l'adolescence et la curiosité du monde des adultes, à moins que ce ne soit un esprit en avance..., avec un autre regard déjà) mais aussi pour les autres. Pour des repas improvisés dont tous voulaient être, pour des dégustations de vins et de champagne, pleines de poésie, de légèreté et de joie, pour d'autres moments plus intimes, pour des partages d'amitié aussi, pour croquer la vie. Mais toujours j'ai refusé les évidences qui troublaient le bon sens vers un profit inégalitaire, de pouvoir ou d'argent, d'impolitesse ou d'irrespect. 

 

J'ai aimé mon parcours de vie, certes avec de belles erreurs, des joies et des doutes. Et surtout vous, mes enfants, j'ai tenté de vous expliquer que nous étions tous égaux. En droits et en devoirs, pour nous et pour les autres, pour rêver et pour réaliser. Pour aimer aussi !

 

 

 

Femmes libres

Une seule quête, le bonheur dans le regard des autres, sans trop déséquilibrer la machine vers une quelconque suprématie. Ecouter, entendre les autres, dire non, expliquer, dire oui, argumenter, partager, avancer ensemble. Avec une réelle liberté d'expression. D'ailleurs en janvier, vous m'avez vu pleuré, assommé par ce geste d'infâmie totale. Pour une fois, je vous expliqué la portée de ce geste, au-delà des CHARLIE, sur notre propre liberté de vie, sur notre liberté d'expression. 

 

Les mots, je leur ai donné une force, durant cinq belles années, ici et ailleurs, pour défendre, pour croire en ce respect commun des femmes et des hommes, des grands, des petits, des noirs et des blancs, des jeunes et des vieux. Tous égaux !

 

Bon, je vous laisse, car je vais faire une chose qui vous fera sourire : du repassage.

Un geste symbolique, non, même pas en vidéo sur youtube pour une parité nouvelle. Juste le repassage, je l'ai toujours fait, d'autant  (ne cherchez pas) que cela me détend. Je vois déjà en vous les yeux brillants, cherchant mon email, voire même mon adresse complète pour livrer votre tas de vêtements. Oui j'aime me détendre avec cette fastidieuse tâche pour certaines, cette tâche impossible pour d'autres. 

 

Mes enfants, oubliez le repassage, mais jamais que vous êtes toutes et tous égaux, durant toutes les étapes de votre vie (famille, boulot, détente, activités, obligations, pire ;-) amour ).

 

 

Nylonement

Femmes libres

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité, #Femmes - vous, #Femmes - demain
Sous les doigts

 

Sous les mots, sous les doigts.

Nous avons ri avec un ami, talentueux écrivain, en discutant librement autour de quelques fines tranches de charcuterie, deux verres de rouge d'un terroir du sud de la France. Que de souvenirs, de textes écrits, oubliés, griffonnés sur un coin de dessus de table en papier, dans des carnets de notes, dans des cahiers, sur des coins de rapports ennuyeux.

Nous évoquions nos instants uniques que la vie nous laisse avec le toucher, avec ce rapport charnel vers d'autres matières. Curieusement le premier sourire a été en reprenant le gras suant de ce jambon, si soyeux, si goûtu, ce lien vers la bouche où là, il exploserait sur les papilles. Noisette, gras, viande, oeuvre du temps, de la nourriture, de l'affinage et souvenirs incroyables des tartines avec le jambon coupé au large couteau par le grand-père sur cette patte accrochée dans la cheminée en été, dans le cellier l'hiver. Un parfum unique qui donne soudainement envie de saliver sur ce parfum de farine, de mie moelleuse, de pain un peu gris, de croûte épaisse, de charcuterie authentique. Un trait de passé, un plaisir gourmand. Nous avons trinqué car les doigts c'est aussi le verre, celui de l'amitié, celui du verre fin, des flûtes de champagne pour tout fêter, pour le bonheur de se rencontrer, de se revoir, de partir avant de revenir. Tout est sujet à avoir des amis, des relations, des personnes inconnues devenant en un soir des amis éternels, des compagnons de ripailles, tant de possibilités. Là aussi le souvenir d'une main tenant une bouteille poussiéreuse, un millésime ancien, des amis heureux, le silence derrière les verres. Des arômes dans le nez, la couleur encore dans les yeux, dans le gosier, les parfums et le bonheur intérieur.

 

Nous avons évoqué les mots, ce chemin incroyable qui nous les livre naturellement, parfois à la tonne, parfois sans style, parfois à la sueur d'une longue réflexion avec une parcimonie monastique, un simple aphorisme. Coucher des mots sur le papier, taper des mots sur le clavier. Et puis les donner aux autres ! pourquoi les garder pour soi ? En commandant une seconde assiette de saucissons, nous avions déjà admis que le partage n'est que l'unique objectif. Non pour soi, mais pour libérér les mots, car ils ne doivent pas être captifs. Seuls les lecteurs jugeront leur envie de commencer avec le titre, de lire, de lire encore, de s'arrêter, de fermer définitivement l'ouvrage ou le fichier, mais aussi de continuer, d'en parler, de vouloir partager une émotion, un ressenti intellectuel face à tel ouvrage. Nous pouvons tous écrire, avec un talent variable certes, mais nous devons donner, vendre, partager nos écrits. Nouvelles, simples articles d'un blog, roman, livres et même version avec tomes, les mots sont un lien, au-delà d'une réussite, d'un best-seller. 

 

C'est le fruit manuel d'une pensée, d'un regard, d'un sentiment, d'une contemplation, d'un témoignage, de notre imagination sur le monde. Passé, présent ou futur, tout est sujet à l'entourer de mots. 

 

Sous les doigts
Sous les doigts
Sous les doigts

Nous avons dégusté un autre verre, prenant l'option d'un verre de vieux sauternes, souvenir d'une période de passion pour ces vins faciles de Noël, trop vite bus avec le dessert, et pourtant. Là aussi des émotions, des verres, des couleurs entre ocres et or, des millésimes, des amis, des soirées uniques, des rencontres, des personnes marquées par un verre qui parlait à l'imparfait, vendangé par un père, un grand-père, il y a si longtemps. Et nous sommes revenus aux mots, à ce concours, ce prix justement pour un texte sur une dégustation de vieux vins, une situation, une cave voutée, une famille, un père, un fils, un lien. 

 

Des jolies femmes passaient ici et là entre les tables, les heures ayant passé, les personnes venaient dîner dans notre journée de liberté d'expression, d'ivresse un peu aussi. Nous avons vu un dos, des coutures, de jolies robes, des silhouettes et nos sourires communs sont partis sur nos doigts encore, dans nos esprits, sur les nostalgies. 

 

Comment évoquer tant de possibilités, sans les caricaturer ? Il savait si bien donner une réponse évidente à ce tourbillon instable. Il me disait souvent de picorer, de garder la tête haute quand dans un échange je perdais pied, dans nos emails, nos lettres, nos mots échangés. Sans insister, avec diplomatie, il voyait que le texte dévorait le blogueur, que je ne maîtrisais plus mon univers, intérieur et extérieur. Je le voyais alors dans son fauteuil, son lieu, son endroit, là où il racontait comment les doigts serrent une main d'enfant, le guident sur le chemin de la vie. Il savait si bien transmettre les tactiles pensées de ses personnages, de son vécu, de ce qu'il avait vu, de ce qu'il aurait aimé voir, de ce qu'il aurait aimé oublier. La guerre, les odeurs, sa mère, sa soeur, les bruits, les courses, la fuite. Cela le hantait, sans vraiment savoir les liens qui restaient en lui. Sa face obscure, sa liberté, ses larmes à lui, ses doutes, ses douleurs. Mais il était cet être si joyeux, ce jouisseur des mots, ce gourmet, cet homme respectable, ce bel accoucheur de titre, après le point final. Il aimait tant écrire, nous sommes repartis vers le ciel, vers notre place privilégiée, intemporelle, contemplatifs sur notre monde. Sur ce que nous voyons au-delà de la réalité des autres.

Sous les doigts
Sous les doigts

 

Cette femme, fatiguée par le temps, avec son mari, une main qui tremble pour lui, une canne pour elle et pourtant malgré les maux, un amour rayonnant, un duo à table, une gourmandise bien au-delà de l'assiette. Un verre entre eux deux, un partage, comme toujours nous avoua le serveur, comme toujours depuis plus de vingt ans de service. Ils étaient ainsi, sa main à elle sur sa main à lui en observant la salle, les décennies devant et derrière eux.

Nous aurions pu écrire, soudainement déconnectés de notre monde, mais il y avait d'autres mains, d'autres tables, d'autres plats, d'autres discussions, d'autres verres, d'autres silences coupés d'éclats de rire. Mains d'amoureux, derniers touchers avant une rupture, doigts engourdis par l'attente dans le froid avec un bouquet de fleurs, doigts chauds dans des gants, la main serrant l'autre. Mains qui se serrent pour le bonjour, mains sur l'épaule d'un ami, mains pour réconforter après un départ non souhaité, seul face à ce trou noir de la disparition de l'autre, main inerte sur une feuille de papier blanc, avouant une faute, cherchant les mots pour déclarer son amour, pour simplement parler, rencontrer, vivre et exister. Nous avons cherché sans paroles ou avec des phrases trop nombreuses sans aucun classement possible à créer l'encyclopédie des émotions, des doigts comme traits d'union de moments de vie. 

Elles étaient partout ici, en train de servir, de manger, d'attendre, d'aimer, de se faire la gueule. De lire aussi là-bas dans le coin, une femme seule, dans un tailleur jaune très années 80. Nous l'avions suivi du regard, des gants noirs en cuir souple, un livre, une lecture rapide, un repas mangé sagement. Nous voilà repartis dans la salle, mais aussi dehors, les passants les passantes, le vent, les lumières du soir, les émotions, les mains toujours.

 

Nous, des mots, du vin, du moins des verres vides, deux assiettes de fromages, un voyage autour des terroirs français, de belles régions et des balades, des extraits cités de ses récentes nouvelles. Les mains et les doigts, nous les avons vus partout, parlant pour nos personnages, pour nos textes, pour délier les situations ou pour meubler les instants sans dialogues. Il aimait en parler, conteur autant qu'écrivain, humble personnage lui-même dans le monde des livres. Curieux et esthète, il savait observer, vite ou très lentement, d'ailleurs, nous avions passé une soirée à comprendre le temps, à apprécier les mouvements, les autres soit trop vite, soit avec une lenteur gourmande. La fréquence donnait un sens différent à nos émotions, à nos mots aussi. Un tempo pour une mélodie écrite.

 

La porte s'est ouverte, une silhouette connue, plus qu'une connaissance commune, son jumeau, mon ami. Un trio infernal avec toujours des mots. Le dernier venu, a trouvé plus sage de fêter nos retrouvailles, malgré nos agendas impossibles, lui-même ayant quitté une soirée sombre et snob, sur un mal au ventre imaginaire pour nous retrouver.

"Champagne !"

Trois flûtes, plusieurs desserts.

 

"Vous parliez de quoi ?"

"De doigts, de mains, de sensations ..."

 

Toujours plus prompt à manger avec ses mains, à sucer ses doigts, à prendre la nourriture pour se gaver dans l'opulence d'un gargantua, il a ri, rempli sa bouche de profiterolles et de chocolat liquide. Il était notre troisième élément, le trublion satisfait uniquement par l'excès, du moins extérieurement, mais plus par un appétit sans limites pour découvrir, du naturel jusqu'au plus subtil. Un épicurien de tous les bontés de la vie, pouvant croquer des pêches dans l'arbre, se rouler dans l'herbe avec sa compagne, le jus du fruit dans sa bouche, l'embrassant sans fin, et le même soir, déguster un repas plus guindé, avec le souvenir de l'après-midi, en coupant avec fourchette et couteau, en pelant sa pêche de vigne pour la savourer sur une glace à la vanille bourbon, avec quelques cannelés. Sobrement ou excessivement, il était ainsi. Alors notre sujet l'emporta avec son univers de mots, bien à lui, encore plus libres, presque libertins, souvent érotiques, vers des vallées plus folles, plus magiques, avec tout autant de délices. Ses yeux brillaient, les nôtres aussi.

 

Sous nos doigts, des mots.

Mais aussi entre nos lèvres, depuis des heures.

Des doigts, des lèvres, la nuit serait sans fin.

Les mots aussi.

 

 

Nylonement

 

Sous les doigts

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Féminité & Féminisme, #Femmes - demain

Parler des femmes, ce sujet si fascinant, si trivial, si facile, si complexe, un exercice de style que j'ai pris avec moi, sans aucune prétention, juste celle de vous divertir, de vous surprendre, de vous aimer toujours plus, avec vos libertés.

 

Je n'aurai pu tout dire, tout révéler, car votre diversité est une richesse incroyable, votre position familiale si présente dans nos vies est si variée. Vos morphologies, vos esprits, vos âges et vos féminités si belles, non pas uniquement derrière un simple regard sur une beauté extérieure changeante, mais avec nos émotions sur vos vies, sur des milliards de vies. Je n'ai que picoré certaines, sans jamais vouloir les formater ou les rentrer dans des cases pour simplifier leur lecture. 

 

Au contraire, j'ai cru bon de laisser le vent léger de l'interprétation, de vos yeux de lectrices et lecteurs, se faufilant entre les mots, les virgules et les points. Se reposant sur quelques photos, pour absorber certains doutes, pour émerveiller nos journées.

 

 

Et comme souvent je suis sorti pour une pause, avec mon moi contemplatif toujours prompt à observer la vie, vous, les jambes mais aussi la mode, les allures, les styles, les comportements, les petites phrases. Ce tout qui forme des sources pour d'autres mots.

 

Etre, ne pas être. Telle est la question !

 

Derrière une femme, une trentenaire avec deux gamines toutes sages, se gavant de glace à la vanille, des yeux ronds, des petits robes sans tâches à cet instant, bref tranquillement dans cette file d'attente, je regardais la vie.

 

"Mme ... cà s'écrit comment ?"

Madame, oui effectivement avec deux enfants, probablement les siens, vous savez aujourd'hui on doute de tout, elle aurait pu les louer sur internet. Madame aussi car son âge et sa fraîcheur, à défaut de pouvoir estimer sa virginité (fermez les yeux, prudes esprits), le mot est juste, elle n'est plus Mademoiselle, terme désuet, amusant, galvaudé suivant les usages. Derrière-moi une jeune fille, étudiante, patiente aussi, entre son pull, sa double écharpe, des mouchoirs pour un rhume de passage, un sac besace, une jupette et un collant coloré. L'attente toujours.

"Vous n'êtes pas dans le système."

J'adore cette phrase, nous somes bien des pions dans un vaste monde virtuel et soudain l'humain, enfin l'humaine ici, de chair et de mode (j'avais oublié, un trench court, une robe bleue, un collant noir fin, un joli sac et des escarpins vernis assortis), a disparu. Elle n'est plus là. Et de plus elle n'a pas emmené tous les papiers utiles. Oui la carte de vie, pardon vitale, ne suffit pas pour ses médicaments. 

"Ah pourtant je viens ici souvent pour les petites."

"Elles sont sur votre carte ?"

Non dans ces ballerines et avec une glace, devant vous. Je ris intérieurement. Une seconde caisse s'ouvre, voyant la demoiselle succombé à un rhume devenu gangrène voire peste botulique, je lui conseille de passer avant moi.

 

"Votre carte !" 

Oui le bonjour devient optionnel avec les humains. C'est à l'ordinateur que l'on parle.

Et la première relance.

"Peut-être mon nom de jeune fille ?"

Car là est le bonheur, elle va être obligé de déballer sa vie, son amour de jeunesse, son bonheur, son mariage, les enfants, cette voisine très proche, surtout dans le lit avec son mari, un divorce en cours, qui traîne en plus. Car si monsieur apprécie les petits coups rapides, d'ailleurs il ne peut faire mieux, il déteste s'aoccuper de son passé, en l'occurence son avenir, ce lien, ses filles ici présentes avec moins de vanille, et toujours pas de tâches. 

La voilà partie sans son livret de famille, sans sa déclaration de divorce en cours, sans ses emmerdes au boulot, sa fatigue, ses larmes et ses mouchoirs. Mais elle est là, bloquée dans un espace-temps à quatre dimensions, coincée entre son nom de naissance, son nom de femme, son envie forte d'ouvlier ce putain de nom, ce connard infidèle mais surtout se révélant un stupide pingre égoiste sans coeur. Elle appartient au système qui lui ne connaît plus de limites, enfin si, celles des taxes et impôts divers. Mais pour le reste, elle va devoir subir des mois, des années de "Madame machin, ex truc, épouse, enfin divorcée, nom de jeune fille et autre fausses identités". Un tourbillon lourd quand parfois la séparation est douloureuse, des traces quasi indélébiles qui feraient parfois douter de qui l'on est.

 

 

Etre, ne pas être. Telle est la question !Etre, ne pas être. Telle est la question !
Etre, ne pas être. Telle est la question !Etre, ne pas être. Telle est la question !

Madame Machin, avec ses filles au nom de Truc, et si elle se remettait avec son collègue si sympa, une famille recomposée. Le jeu des sept famille en une, avec les enfants de chacun, au nom du père, du fils et ... nom pas de mauvais esprit, de la mère, de son nom de naissance, et si ils faisaient un autre bébé. Un nom, des noms, une famille et puis soi-même au milieu de cela. Non identifiée dans le système, et quête d'un nouveau souffle et pourtant des liens qui vous obligent à changer les rattachements (formulaire 14445 A01). Un détail, pas vraiment.

 

Là, le seul être mâle convient qu'il est une exception, car lui ne change pas durant sa vie de nom. Nada, jamais, ainsi-soit-il !

Alors que la jeune fille, elle aussi explique que elle doit être avec la mutuelle de son nouveau beau-père, sa mère est malade, son boulot l'a lâché, pas lui, au contraire. Il les a prise sur sa carte, mais ils ne sont pas encore pacsés après quinze de vie commune. Non elle n'a pas de père , enfin si, un type parti un jour, jamais revu. Sans signe de vie ou de mort, bref elle a un nom, et là elle veut des médicaments pour son lupus du nez, pour ce choléra ultra-contagieux. Ah oui cette allergie aux délires technocratiques.

 

Je suis éffaré, par cette non-liberté, cette source de problème et pour moi d'identité, que l'on a ajouté "naturellement" à leur statut de femme, mariée. Une liberté en moins, récurrente dans des justifications impossibles, des violations de la vie privée et autres déballages de qui l'on est, qui l'on a été, sans penser de plus à qui l'on veut être.

 

Finalement, je suis reparti sans rien, j'avais envie d'une glace à la vanille avec des pépites de vrai chocolat noir. Sans avoir à donner mon nom, pour justifier mon statut de gourmand.

 

Nylonement

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Féminité & Sensualité, #Féminité & Féminisme, #Femmes - demain, #Nylon Passion

Il faut parfois tourner la page, du moins cesser de poser des mots sur un clavier.

 

Dans une semaine, ce blog aura 5 ans. Tant de jours, de mois, d'années, d'articles, sans  aucun but les premiers jours, puis assez vite une ligne éditoriale, des récurrences de rubriques (Féminité et Portraits, Mode la semaine, Culture le samedi, Bas Nylon le dimanche et puis parfois quand je voulais rappeler ma vision glamour de notre monde) et chaque jour un article, une vision, un partage.

 

Des visites, des abonné(e)s, des ami(e)s, des lecteurs et lectrices fidèles, des statistiques éloquentes (milliers, centaines de milliers, millions) quand on ne sait pas pourquoi on écrit la première fois, mais quand chaque jour entre 400 et 1000 personnes viennent lire (gracieusement les mots) ou peut-être (suis-je naïf !) se rincer l'oeil sur la beauté, la volupté et la féminité, parfois conjuguées de bas nylon à couture.

 

 

Dernière semaine

 

Donc ceci est la dernière semaine.

 

Oui, dans quelques jours, je ne renouvellerai pas le nom "www.NYLON-VOLUPTE.com" que je paye annuellement. Refusant toute publicité sur ce blog pour garder mon indépendance dans mes écrits, mais surtout pour éviter toutes nuisances quand vous le regardiez. 

 

Aucune fatigue, ni même de syndrôme de la page blanche, j'aimais explorer les facettes de la féminité et du glamour, sous des angles différents, des reflets légers comme un nouvel exercice de style chaque jour.

Une réelle lassitude, oui la mienne,  face à vos attitudes, oui les vôtres, celle de consommer sans interagir, sans laisser de commentaires, pas au quotidien mais par-çi ou par-là, occasionnellement, irrégulièrement mais surtout pas du tout. Je rêvais d'un espace ouvert, délicat et féminin, mais finalement sa définition était,dès le premier jour, fort juste : "Univers évanescent ..."

 

Heureusement j'écrivais pour moi, pour elle, pour certain(e)s très fidèles ici ou sur FB, voire par email (GentlemanW@nylon-volupte.com bientôt Gentleman.nylon@gmail.com). Je donnais ma version personnelle, douce et rêveuse d'une passion pour la Mode, pour le respect et la parité avec toutes les Femmes, pour la liberté vitale pour Elles.

Plus encore je prolongeais, sans relâche mes mots en phrases, en chapitres pour défendre et promouvoir les bas nylon, ce symbole fort de la féminité et de l'élégance. Certains articles ici publiés font référence sur le sujet. Mais si peu de retour ...

 

Déjà multi-blogueur, j'écrirai encore ailleurs, peut-être derrière un mot de passe, peut-être sur un blog payant (symboliquement, mais pour démontrer la motivation des uns, la volonté de partage du savoir et le bonheur de la passion des autres).

 

 

Prochainement donc, il y aura un dernier "Nylonement", mon gimmick, ma signature, ma présence de blogueur, une dernière trace ...

 

 

Nylonement

 

 

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Féminité & Sensualité, #Femmes - demain
Cobalt
Cobalt

Un ciel avec juste un nuage, non deux, couleur chair, deux trous de couture, génialement posés sur mon corps, et un sourire radieux devant mon miroir. SI rare que je me sentes si bien devant lui. Rien n'a changé, les baskets sont toujours dans le placard, le soleil est pourtant là mais les excuses aussi. 

 

Rien car dans ses yeux, je me sens bien, radieuse, il sait aussi me combler de ses remarques, justes, pertinentes, pointues, parfois incisives et surtout il m'aime ainsi.

 

Je ne néglige rien, surtout pas ses sentiments, ni les miens, et j'aime tant le voir heureux derrière la couette. Là des yeux à peine ouverts, il a travaillé toute la nuit sur son clavier, dans le silence d'un monde endormi, mais chaque jour, il pointe son nez, jette un regard, scrute mes courbes, ma taille, mes seins, mes hanches, ma coiffure, mes cheveux relâchés. Il voit tout, même de loin, même dans l'embrasure, mon vernis, mon écharpe douce dans le coup.

 

Et puis surtout il adore, les yeux fermés, trompeur à ses heures, faussement endormi, sentir mes bises, mon parfum, mes lèvres sur son cou, sur les siennes.

 

Cobalt
Cobalt
Cobalt
Cobalt
Cobalt

Ce matin, il fait beau, je suis heureuse, je me sens belle dans cette robe bleu, plus bleu que le ciel, plus fort que toutes les autres couleurs. Moins criant que le rouge, mais bien présent, caché ou non sous un trench court, je suis la femme bleue. Intense !

 

Le sourire, son sourire silencieux qui voulait tout dire. Confirmant son choix, oui, mon homme sait choisir un modèle, trouver la bonne taille en fonction des coupes, oser pour moi, me changer de mon classicisme chic, à petites doses. Il ose, parfois je résiste, et j'oublie. Mais les émotions, la nuit, la saison peut-être les trois, lui aussi, j'ai retrouvé cette robe bleue, par hasard, avec une profonde envie de l'associer à des jambes teinte soleil, brillantes juste un peu, des slingbacks noires et nude. Tout cela, il l'a aperçu car son regard était encore plus fort, plus gourmet sur moi, comme une première bise, avant le café, avant mon petit déjeuner, mes tartines, ma détente du matin. Il n'est pas loin, juste là chaque matin avec moi, quelques mots, juste un sourire de chat enroulé dans une couette blanche, coincé sur mon oreiller, instinctivement lové près de moi.

 

Bleu, comme nos deux coeurs, voilà une poésie inutile et étrange, mais ce matin, ce cobalt là, cette poudre magique de son choix, de mon plaisir, de ma silhouette printanière, tout est dit.

 

Bleue, je suis. 

Surprise aussi, car il est là, debout, trop heureux aussi, il m'embrasse, me serre contre lui sans mots, silencieux, amoureux. 

 

Nylonement

CobaltCobalt
Cobalt

Voir les commentaires

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Femmes - demain
Copyrights photos Matt FOXX Photographer

Copyrights photos Matt FOXX Photographer

Copyrights photos Matt FOXX Photographer

Copyrights photos Matt FOXX Photographer

Comment ne pas imaginer un instant plus léger que par le geste du vent dans ma robe souple, soulevé par ce simple souffle !

 

Et puis moi, épuisée, écrasée dans mon lit. Inerte.

 

Epuisée ou fatiguée me direz-vous, même pas. Juste dénuée de toute vie dans mon ensemble, un corps perdu car aspiré par une âme devenue trop lourde, tombée au fond de moi. Je me suis auto-engloutie, le cerveau lourd des démarches pour ne pas trouver de boulot, les remarques toujours "délicates" de mes proches pour me rappeler qu'il faut bosser, qu'il y a du boulot, des boulots non remplis, des postes vacants. Cette saturation totale face à ce poids, des téléphones qui ne répondent pas, des messages par dizaines, des lettres de motivations par centaines, des CV revus et corrigés dans plusieurs versions, des offres et des demandes si proches de nous, des postes impossibles, des moutons à huit pattes, des excuses nébuleuses mais surtout du silence profond et permanent. 
 

Pas de boulot, Rien.

 

Je suis dans mon canapé et les seuls signes de vie ici, sont le vent dans ma robe, et cet ordinateur, vieux et démodé, qui fonctionne heureusement encore, mais avec aucun retour, du silence. Je peux comprendre les entreprises avec si peu d'emplois, si peu de marges de manoeuvres face aux taxes et aux gouvernants aveugles et sourds, inaptes à la moindre décision, à la moindre écoute, pire encore à la réelle connaissance du monde des entreprises, surtout des PME. Je suis lasse, assommée, emportée dans une vrille noire intérieure.

 

Copyrights photos Matt FOXX Photographer

Copyrights photos Matt FOXX Photographer

Copyrights photos Matt FOXX Photographer

Copyrights photos Matt FOXX Photographer

Alors je prends des médicaments, ma seule source de vide sans pensée, des tuyaux pour me rendre plus légère. Pour ne plus sentir ce poids, énorme, sur mes frêles épaules. Oui sous les fines bretelles de cette robe de printemps, un corps et dedans un doute profond, une sensation d'inutilité permanente, la semaine comme le week-end. Je ne suis rien dans une société qui parle tant de tout.

 

J'ai coupé les médias, la télévision, je l'ai revendu pour manger, la table et les chaises aussi, il reste un frigo, un canapé, un lien internet, moi, des cartons avec mes fringues, les derniers.

 

Une enveloppe charnelle, belle, fine, sans esprit, remplie uniquement de sentiments troubles, de remords, de questions par milliers, de réponses en attente. Je me relâche, je voudrais planer, juste assez pour ne plus penser, pour ne plus avoir des images qui reviennent sur mon incompétence à être une salariée. Un simple statut.

Et pourtant j'ai des diplômes, des expériences, mais il n y a plus d'emploi. Alors je me suis diversifier, les petits jobs de quelques heures à quelques jours, des repas et un toit, juste mon seul objectif de trentenaire, pas brillant. Un résidu de vie, des doutes encore, moi.

 

Au sol, des médicaments, des tubes vides, des messages sur l'écran, je pars, je m'envole, je ne pense plus à rien. Je m'évade. Plus de questions, plus de vide, plus de rien, pas de réponses. Juste un dernier souffle de vie, de vent.

 

Je m'évapore.

 

Nylonement

Copyrights photos Matt FOXX Photographer

Copyrights photos Matt FOXX Photographer

Hommage à Percy Sledge

Voir les commentaires

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 > >>

Articles récents

Hébergé par Overblog