Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes - demain

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - demain
Tulle d'été

Un souffle de vent, comme une graine de pissenlit, lorsque la boule blanche et vaporeuse s'envole, comme lorsque seule dans les airs, le petit parapluie ouaté virevolte pour trouver une pelouse à coloniser, avec mon tutu rose, je vole.

 

Je l'avais acheté sur un coup de tête, entre la série Sex in the city et les tendances de la mode, je devais en avoir un dans mon dressing. Encombrant mais si doux au regard, posé ici puis là sur une chaise, pour décorer, pour donner un bouquet de plumes glamour à mon univers personnel. Mon amoureux rigolait, se moquait aussi un peu parfois, me voyant danser un ballet léger dans notre petit appartement, sautant sur la table, à petits pas. Il cherchait les chaussons de danse, les ballerines pour compléter cette étrange pièce de mode. De plus rose !

 

Mais j'en avais envie, énormément envie, comme un coup de coeur non justifié, non justifiable, juste une pulsion intérieure. Vitale même !

 

Alors j'avais poussé cette porte, essayé plusieurs coloris, avec des talons, puis pieds nus, prenant la pose devant le miroir, et j'étais repartie heureuse, joyeuse même avec le paquet volumineux mais ultra-léger. Du tulle, rien de plus, si un ruban de satin coordonné. Je ne l'avais pas oublié car je ne pouvais le ranger dans aucune commode ou étagère, et puis ma féminité semblait renforcer. Une touche de volupté, comme le plaisir de caresser la soie avec les doigts, je passais mes yeux sur cette mode aérienne, vaporeuse. Un macaron esthétique !

 

Et aujourd'hui, entre deux coups de vent, amoureuse comme jamais, je l'ai mis. Un top blanc d'été, un tutu, des talons, un soupçon de maquillage dont l'indispensable rouge à lèvres. Et un incroyable sourire, sur moi d'abord dans le miroir, une autre femme, une princesse, une fierté d'être entrée dans la magie et la féerie.

 

D'autres sourires, ceux des personnes croisées dans la rue, amusés, surpris, conquis. Comme le barman, ici dans ce café branché, séduit au point de m'offrir mon cocktail. "les fées sont  rares, elles boivent gratis". Et puis les yeux de mon homme, éblouis, pétillants, totalement dans le jeu de séduction, des battements intenses de son coeur. Ses bras, ses lèvres. 

 

 

Tulle d'été

 

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Femmes - demain
 

Changer, fermer les yeux et voir le monde autour de moi autrement.

Oublier.

 

 

 

 

 

Une journée.

Rouvrir les yeux, passer devant cette vitrine, voir un reflet, une blonde, une personne qui se penche vers la vitre, inspecte, découvre son visage, sa nouvelle coiffure. Finie les cheveux tirés, stricts, auburns, je les voulais libres, comme moi.

 

Une semaine.

Assez pour comprendre que la tête dans le miroir, c'est moi, ma nouvelle définition, un peu de moi en version plus actuelle. Je suis blonde, je me vois différemment mais les autres aussi. Mes collègues, celles qui ne tarissent pas d'éloges envers cette nouveauté, ce saut dans le vide, cette nouvelle personnalité, même une nouvelle personne. Oui c'est ainsi que le responsable régional, habitué aux allers et venues des commerciaux, a cru que j'étais nouvelle. Trois ans ici, et enfin une existence. D'ailleurs certains regards changent, semblent plus présents, plus insistants et pourtant mes jupes sont toujours aussi longues.

 

Un mois.

Première visite chez mes parents, les yeux de ma mère, fausse blonde depuis vingt, voire trente ans, interloquée en me voyant. Heureuse, émue même, et mon père avec un simple compliment, des bises comme à chacun de mes retours, rien de plus. Il semble habitué, certes avec quatre filles et deux belles-filles, il en voit de toutes les couleurs, de toutes les longueurs. Blasé, non, discret mais avec un avis, qu'il faudra lui extirper après le dessert, quand l'estomac endort sa protection de père, de mâle, sa vigilance silencieuse. Mes soeurs ont adoré, en même temps, je dois être la dernière a avoir changé en blonde. Celle qui est restée trop longtemps avec les mêmes habitudes et le même copain. Mais je viens de le mettre dehors, de rayer son nom et prénom de ma liste de souvenirs. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un trimestre.

Un semestre.

Un an déjà. Je ne me vois plus qu'en blonde, assez pour avoir changer aussi un peu de garde-robe, plus détendue, plus glamour aussi pour certaines sorties. Sérénité retrouvée, loin de la routine avec le même copain, des aventures depuis, sans suite, mais un nouvel univers. Des nouvelles photos de moi dans les soirées, une promotion car plus investie, plus disponible, une nouvelle vie s'offre à moi, simplement. Mes cheveux sont comme moi, libres, je vais les couper plus courts, en éliminer dix bons centimètres pour rajeunir le tout. J'essayerai peut-être un blond plus sobre, avant l'été où ils risquent de virer au blond platine. Je me vois, je m'aime ainsi. J'ai toujours été cette jeune femme, et je souris en retrouvant des photos, de moi, de lui, de nous, de moi surtout, différente. Juste la coiffure, non, une grisaille, une ritournelle pesante, maintenant disparue. 

 

 

 

 

 

 

 

Nylonement

texte publié sur le blog

www.absolue-feminite.blogspot.fr

 

Mots & Emotions

 
 

Changer, fermer les yeux et voir le monde autour de moi autrement.

Oublier.

 

 

 

 

 

Une journée.

Rouvrir les yeux, passer devant cette vitrine, voir un reflet, une blonde, une personne qui se penche vers la vitre, inspecte, découvre son visage, sa nouvelle coiffure. Finie les cheveux tirés, stricts, auburns, je les voulais libres, comme moi.

 

Une semaine.

Assez pour comprendre que la tête dans le miroir, c'est moi, ma nouvelle définition, un peu de moi en version plus actuelle. Je suis blonde, je me vois différemment mais les autres aussi. Mes collègues, celles qui ne tarissent pas d'éloges envers cette nouveauté, ce saut dans le vide, cette nouvelle personnalité, même une nouvelle personne. Oui c'est ainsi que le responsable régional, habitué aux allers et venues des commerciaux, a cru que j'étais nouvelle. Trois ans ici, et enfin une existence. D'ailleurs certains regards changent, semblent plus présents, plus insistants et pourtant mes jupes sont toujours aussi longues.

 

Un mois.

Première visite chez mes parents, les yeux de ma mère, fausse blonde depuis vingt, voire trente ans, interloquée en me voyant. Heureuse, émue même, et mon père avec un simple compliment, des bises comme à chacun de mes retours, rien de plus. Il semble habitué, certes avec quatre filles et deux belles-filles, il en voit de toutes les couleurs, de toutes les longueurs. Blasé, non, discret mais avec un avis, qu'il faudra lui extirper après le dessert, quand l'estomac endort sa protection de père, de mâle, sa vigilance silencieuse. Mes soeurs ont adoré, en même temps, je dois être la dernière a avoir changé en blonde. Celle qui est restée trop longtemps avec les mêmes habitudes et le même copain. Mais je viens de le mettre dehors, de rayer son nom et prénom de ma liste de souvenirs. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un trimestre.

Un semestre.

Un an déjà. Je ne me vois plus qu'en blonde, assez pour avoir changer aussi un peu de garde-robe, plus détendue, plus glamour aussi pour certaines sorties. Sérénité retrouvée, loin de la routine avec le même copain, des aventures depuis, sans suite, mais un nouvel univers. Des nouvelles photos de moi dans les soirées, une promotion car plus investie, plus disponible, une nouvelle vie s'offre à moi, simplement. Mes cheveux sont comme moi, libres, je vais les couper plus courts, en éliminer dix bons centimètres pour rajeunir le tout. J'essayerai peut-être un blond plus sobre, avant l'été où ils risquent de virer au blond platine. Je me vois, je m'aime ainsi. J'ai toujours été cette jeune femme, et je souris en retrouvant des photos, de moi, de lui, de nous, de moi surtout, différente. Juste la coiffure, non, une grisaille, une ritournelle pesante, maintenant disparue. 

 

 

 

 

 

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain, #Femmes - vous
Eté pluvieux

Troublante attente sur cet escalier, loin de tout, loin de cette foule habituelle qui monte ou descend sans savoir vraiment où aller. Les bureaux, les immeubles, les open-spaces sont là, presque vides, des rapports et de cliquetis de clavier, des têtes bronzées et des visages pâles, la croisée des vacances, des embauches et des projets. Le business continue, naturellement, sans enthousiasme débordant mais avec sa mécanique habituelle, entre besoins des clients, études et notes pour rédiger un document complet, une facture et un roulement de tambour de la finance. Ici tout est morne, le soleil se cache derrière les nuages, le béton magnifie sa présence plombante, lourde et immaculée de poussières grises. Rien de bien naturel, rien de bien humain non plus.

 

Un été, une saison de plus ici, cependant une envie profonde de retrouver ma province, un emploi peut-être moins glorieux sur le papier, moins bien payé (mais avec les loyers fous, les prix et les transports pesants chaque jour), mais avec de la liberté en plus. Celle simplement de vivre dans une ville à taille humaine, avec des bosquets d'arbres, des bancs, une certaine tranquilité dans le comportement global des collaborateurs. Un stress pour atteindre des objectifs comme ailleurs, mais une communication plus souple, un activité réelle sans ce surpoids du toujours pour avant-hier, de l'insatisfaction parisienne, cette course folle vers le néant. Je reviens de vacances, après la chaleur  de l'été, oubliée en étant dans les montagnes et pourtant je suis fatiguée de tout cela. Là sur mes marches, je me sens vidée. J'aime mon boulot mais pas cette ville, définitivement pas cette foule présente ou non. Ce tourbillon, même en pause durant les deux dernières semaines, m'insupportent.

 

Je vais prendre mon après-midi, faire un tour dans un parc, avec quelques arbres, beaucoup de poussières, de non-nature, pour essayer de reprendre ce bol d'air qui me manque chaque jour. Lui, absent, pris par ses préparations pour septembre, il me manque aussi, je le serrerai volontiers dans mes bras, un autre souffle. Un sms vers lui. Je me lève pour aller prendre un bus, direction un coin de nature, relative ici. Un square devient une forêt équatoriale pour un parisien, une dizaine d'arbres pour moi. Mes parents, avec leur maison, leurs vergers, leur pelouse à perte de vue, des dizaines d'hydrangéas en fleurs, ils respirent cette vraie nature, sa dimension, et son immensité. J'en ai envie, là maintenant. Partir avec ce bus, non avec lui, en voiture, sans but, mais loin d'ici.

 

Tiens il pleut !

Tiens un sms, il est libre pour me retrouver !

 

Belle journée !

 

Nylonement

 

 

Eté pluvieux

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité, #Féminité & Féminisme, #Femmes - demain

Un coup de soleil, des rayons cosmiques qui inondent notre planète bleue, un peu grise aussi, il pleut de la lumière.

 

Lasse de cette soudaine chaleur, programmée en retard sur le calendrier,  je me suis assise sur un banc, dans ce square, au coeur de la ville, entre nature et bruits urbains. Des bancs et autant de scènes de vie, ce mélange qui fait notre diversité, notre société, notre vie en général. Peut-être là se trouve mon prince charmant, car mon célibat me pèse deux fois par an, comme des hormones calendaires. A l'automne où quand le soir devient un ami de chaque sortie de bureau, le sombre, le vent, le froid et le vide à la maison, il n'est pas là. Certes le dernier, je lui ai recommandé de partir, je l'ai même foutu dehors après une semaine de prise de tête, on avait plus rien à vivre ensemble, après seulement une petite année en duo. Donc célibataire, triste aussi à l'été venu, car l'inutilité des petites tenues, des petites robes sans compliments, des instants câlins sur le canapé, cette envie commune de faire l'amour avec la chaleur à tous instants, tout cela a disparu. Enfin pas complètement, une partie. Oui j'ai envie, mon corps pétille et je ne vous ferai pas de dessins. J'ai un manque réel.

 

 

 

 

Alors optimiste, pas encore non plus sur l'option rouge "je suis en rut", je regarde les mâles en présence, dans ce square, pour ce début d'été. Je ne chasse pas (terme si joli utilisé par ces même mâles quand ils observent , en bavant nos morphologies, bref nos corps de femelles). Là, un nouveau père, il donne à manger à un bébé, deux même, des jumeaux, un sac, des cuillères, des bouches avides de ce repas en boîte plastique. A côté deux grands-mères attendries, cherchant de quoi les occuper, c'est long la retraite quand leurs hommes sont définitivement froids. Elles papotent. Là-bas dans l'allée vers les jeux d'enfants, un geek branché sur sa tablette, captant même pas l'air du temps, juste le wifi pour commander un repas bio dans le restaurant d'en face. Un hipster total avec la barbe impeccable mais longue comme jamais. Peut-être sera-t-il un jour Père Noël car franchement les poils s'est dépassé, sectaire et moche surtout. Et puis çà gratte, oui là, enfin !

 

 

Plus loin, deux types, douze bières plus ou moins vides, des clodos, des heureux pensionnaires à temps complet du lieu, ils hèlent les mamans avec poussettes, entre galanteries de comptoir et grossièretés bien grasses. Qui étaient-ils avant d'arriver là ? Plus loin, deux cadres, costards, téléphone à la main, toujours connectés à un  travail ou des messages urgents, ils dévorent deux sandwichs carton et sans goût du magasin bio, je sais j'ai goûté à cette saine saveur sans aucun goût. Même le papier qui enveloppait le tout semblait plus savoureux. Et ces deux-là, aussi fades. Ils doivent parler de conseils, de stratégies, d'investissements financiers, de bourse et de tristesse. Pas vraiment de femmes, car celles-ci ne sont que des excuses dans leur cv. Un complément de déco et de mode pour les accompagner dans leurs belles voitures, dans les soirées, et optionnellement pour faire des enfants, pardon, pour prolonger la dynastie du nom de famille. Romance du missionnaire, chaque jeudi soir. Je suis exigeante, peut-être !

 

Personne et pourtant je devrais attirer les regards, avec cette petite robe patineuse, achetée fort chère avant les soldes, pour ne pas passer l'été seule. Tout est là, vernis, jambes nues et impeccables, pré-bronzées, robe courte, talons hauts, les lunettes et mon sourire. Ok ce lieu n'est pas St Tropez, mais rien, aucune touche, aucun regard, rien. Et pas de prince charmeur.

 

L'été va être long, chaud, très chaud.

 

 

 

 

Nylonement

 

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Souffle chaud

Eté, chaleur, souffle du vent, le ciel bleu, tout est propice aux rêves, à cette liberté attachée aux vacances. Sous les parapluie de cette ville élégante, Agueda au Portugal, je vois les couleurs de la vie. Bleu, orange, jaune, rouge, blanc aussi, autant de teintes que possible pour cette initiative énergisante, touristiques aussi, des commerçants de la ville. 

 

Je puise un peu de couleurs car aujourd'hui j'ai le moral dans les sandales. Rien, un coup de creux, pourtant pas un lendemain de soirée trop arrosée, juste un coup de blues. Elle me manque, sans vraiment me manquer. Je ne pensais pas à elle ce matin, ni en ouvrant les volets sur la mer bleue, sur les quelques traces blanches des vagues dans cette immensité, ni en prenant ma douche froide pour raviver mon corps. En choisissant une de mes robes, en fouillant dans les tops et les jupes, soudain un flash, une envie de sa peau, de nos rires durant nos essayages, de la voir près de moi. Un vide, quelques souvenirs, des alertes de mon inconscient, le mal qu'elle m'a fait en partant, en annonçant la fin de notre amour. Dualité des pensées, troubles du désir, des souvenirs des vacances ici, il y a un an, de nos promenades main dans la main. Alors j'ai pris cette jupe, toute neuve, un bonheur en soldes juste avant de partir en vacances, une tenue inconnue de ses yeux, de ses mains, de ses sentiments.

 

Sur le chemin, le vent, mes jambes embrassant le soleil, les plantes grasses et les plantes débordant de couleurs, de fleurs, j'ai flané. Regardant le paysage, visant une crique pour me délasser, mon sac près de moi, mon esprit ailleurs. Tout en pensant au mot "fin", je revoyais les moments uniques, les souvenirs sublimes. Dans ma tête, son prochain anniversaire. Les années, les mois, les semaines communes. L'âge et les années n'ont pas d'importance. Seules comptent le temps passé en belle compagnie, car celui-ci ne vieillit jamais. Pourquoi ce trouble aujourd'hui ?

 

Je me suis assise sur des marches, un peu d'ombre, une pause pour oublier ce fil d'idées. Une souffle d'air, un parfum, un peu du sien, fleuri et sucré. 

 

 

Nylonement

 

 

Souffle chaudSouffle chaud
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Souffle chaud

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Publié le par Gentleman W.
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Jamais

Seule assise à cette table, les petites bougies, la vue sur le port, les vagues, j'attends. Avec même un coucher de soleil, l'intensité orange d'une boule carmin, l'horizon, le cliché, la beauté qui tourne les regards de la terrasse, les mains serrant les autres, sommes-nous un soir de St Valentin ?

 

Jamais je n'aurai dû être là, jamais d'ailleurs je ne devrais être avec lui. Un divorce, le mien avec un amoureux transi par mon corps de jeune blonde pétillante, par mon indépendance, mon boulot d'ostéopathe, mais ensuite surtout fondu de parties de poker interminables, et moi de soirées sans lui. Pas d'enfant, juste un adolescent sans repère d'adulte, je suis partie loin de lui, laissant les coordonnées d'un avocat, gérant les papiers et quelques embrouilles de ce type de situation. Les copines étaient là, seule ou en couple, nous faisions des sorties resto, des dégustations de vins en commun, des belles rigolades, des après-midi shopping et même une fois par trimestre, une virée chaussures. De plus j'avais eu tout le temps de réfléchir à mon avenir. Un appart, petit certes mais bien conçu, bien exposé au sud, avec une déco moderne et quelques touches rétro, un dressing dans une pièce supplémentaire. Du sport, pour me tenir en forme, pour me sortir de ma routine boulot-boulotencore-dodo. 

 

Jamais je n'aurai dû le croiser, chez cette amie, mariée qui venait de nous annoncer la venue de son premier bébé, enfin de jumeaux plutôt. Quelle beau moment, des rires, des applaudissements, une nausée, du champagne, des bulles d'eau gazeuse, tout le monde heureux pour eux, j'ai adoré. Lui aussi malgré ma volonté de lui faire manger de la salade alors qu'il n'est pas trop légumes verts. Il a ri, moi aussi. Un canapé, comme le mien, confortable,une soirée sans fin, lui et moi, moi et lui. Des draps froissés, son numéro. C'était bien. 

 

Jamais je ne voulais tomber amoureuse d'un financier, d'un homme pris par son agenda, dévoré par ses déplacements, par ses réunions, par ses repas d'affaires pour tel contrat international, je ne voulais pas d'un absent, j'avais donné. Et pourtant ce fut le cas, difficile à joindre, en opposition à celui que j'avais vu détendu sur ce canapé. Sans stress pour autant mais avec des obligations, nombreuses dans la semaine, parfois aussi durant le week-end. DIsponible mais dans des tranches programmées. Il avait toujours le sourire, des attentions, quelques retards, d'autres occupations aussi. Car jamais je n'envisageais de commencer une nouvelle vie, encore moins avec un homme en instance de divorce, le mien étant enfin signé. Encore moins avec deux gosses, deux charmantes petites filles, deux sourires magiques. 

 

Là seule dans ce restaurant, j'attendais son retour, il les appelait chaque soir, même en vacances. Nous avions pris une longue semaine pour nous détendre, sans boulot, sans internet mais juste ce rituel. Neuf mois d'amour, d'organisation pour se retrouver, pour se découvrir vraiment, pour confirmer notre amour naissant, fort, incontournable. Rien ne changeait sauf l'intensité, nos rires et notre complicité toujours plus fusionnelle. Jamais il ne devait rentré dans mes prérogatives, et pourtant. Il était doux, blessé d'une autre vie, la précédente, il était papa, entrepreneur, mais disponible, charmant, simplement mon homme. 

 

 

Nylonement

 

Jamais

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Publié le par Gentleman W.
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Magie d'été

J'aime les instants imprévus, ceux qui me confortent dans le plaisir du quotidien routinier en jugeant certaines idées trop folles pour être vécues, mais surtout j'aime quand tout bascule. Comme là maintenant, simplement, quelques mots, un sms.

 

Une réunion sans fin, des rapports accumulés cherchant un point final, une climatisation à bout de souffle, des gens énervés de devoir se remettre au travail, des absents qui ont toujours tort, des stagiaires qui fêtent trop leurs nuits post-bac, des ordinateurs qui ne supportent plus la chaleur, d'ailleurs si présente. Je suis entre mon clavier, mon thé froid, ma bouteille d'eau et même avec un brumisateur, une robe légère, mais la tête est en surchauffe, endolorie par la température et le stress de ce plateau. Vive les openspaces, le partage mutualisé des odeurs de sueurs, des courants d'air vains dans une pièce sans un souffle. Je suis vannée, en attente de pauses, mais une première année de boulot, pas vraiment de vacances, juste des ponctuations, des week-ends prolongés pour des mariages familiaux ou un séminaire pas vraiment reposant.

 

Un sms, ses mots, mon amoureux et une liste. Au début, au premier bip, j'ai souri, toujours contente de lire ses bises ou bisous, mais ensuite est venu un déballage de bips, de vêtements, de robe de plage, de couleurs, de bikini, de sandales ou de claquettes, des photos avec de ma garde-robe. Cela défilait sans s'arrêter, au point de couper le son des réceptions régulières. Et cela continuait, encore, encore un peu, plus. Pourquoi me vidait-il tous mes tiroirs, mes tops d'été, vantant au passage celui-ci si joli , jamais mis, ce monokini bleu si joli, cette jupe à larges rayures, cette marinière courte. Un grand bazar, des photos, un blanc, un smiley joyeux, des mots sur un papier, des coeurs.

 

Et une photo de la valise prête, avec des précisions sur le sac de maquillage et autres produits de toilette, de brosses à cheveux et autres colliers. 

"Départ ce soir vers la mer !"

 

Une interrogation, une pile de rapports devant moi, les vagues vraiment loin derrière, à peine un clapotis, du boulot encore là. Ma chef justement venant vers moi, le sourire, sa bouteille d'eau et deux dossiers avec elle. Droit sur moi, mon téléphone retourné, perdue, je ne sais plus quoi faire, je rêve tant de ce sable fin, d'une tenue légère pour un océan frais. Son sourire, si rare, surtout ces derniers jours. 

"Deux dossiers que l'on voit ensemble tout de suite." Deux noms de clients, je prends mes notes, je la suis dans une salle de réunion, plus discrète, loin des claviers, téléphones et autres ventilateurs.

"On clôture cela avant ce soir. Les autres attendront la semaine prochaine. Ton copain m'a appelé, et après un beau discours, m'a demandé de te mettre en congés. Une bonne idée. Un amoureux organisé... gonflé et ... très amoureux."

 

Cet fin d'après-midi, j'ai bossé pour trois, rendant les dossiers sus-nommés avec une joie inégalée. Lui attendait en bas, dans la voiture, ma valise, sa valise, direction la mer.

Magie d'été
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Nylonement

 

 

Magie d'été

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