Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

femmes - demain

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Femmes & Mode, #Femmes - demain

Indépendante, avec une belle réussite professionnelle, je donnais l'image de la jeune trentenaire radieuse, belle et toujours souriante, une executive woman flamboyante. Parfois malgré tout, entre deux tranches de rôti de boeuf du dimanche, dans une discussion entre amis, dans des soirées où les mariages s'annonçaient, les premiers enfants naissaient, j'entendais la petite phrase "alors cet amoureux, tu lui laisses un peu de temps pour te rattraper ? tu nous le présente quand ? ..." d'autres versions qui amenaient parfois d'autres interrogations plus fortes "tu n'es quand même pas seule, toi c'est impossible!".

 

 

 

 

 

Indépendante, cadre impliquée et souvent en déplacement mais aussi, femme féminine, voire sexy quand il le fallait, quand il était là justement. Oui il y a avait bien un homme dans ma vie, discret, car je n'avais pas trop de temps, pas vraiment de sentiments pour lui, mais une réelle complicité qui se prolongeait au lit, souvent. Un sex friend pour les raccourcis, un bon ami, un  bonheur à deux dans nos agendas occupés, des plaisirs partiels pour les autres, du bonheur plein pour nous deux. Certes les sentiments avaient fait au bout de deux ans  un peu pression, mais il était marié, heureux, papa, serein dans son boulot et avec moi. Rien n'avait été caché, rien n'avait été promis. Et de mon côté, rien n'avait été demandé ou exigé, mais plus encore j'aimais mon célibat pour ces instants calmes, sans personne, juste pour moi. Egoistement peut-être, mais j'aimais ma solitude.

 

 

Indépendante, plus vraiment depuis que ce retard de règles, ce test acheté et posé sur le bord de la baignoire, une barre, de l'attente, deux barres bleues, positif, un test positif, je suis enceinte. J'aurai pu pleurer, de joie, de rage, de peur mais je suis allée sagement prendre un thé. Je devenais maman, de façon un peu impromptue certes. J'avais pas de contraception, nous utilisions des préservatifs pour garder notre liberté, nos corps sains. Mais récemment, après deux semaines sans se voir, nous avions très envie, très très envie. Bref, nous avons fait l'amour, dès la porte refermée, là, le string au milieu des genoux, la jupe relevée, collés au mur, comme des amoureux fous, sans rien. Mon cycle, le nombre de jours, enfin bref, nous avons rien calculé, juste cédé à nos envies, nos pulsions. Mère, un nouveau statut. Envisageable, peut-être. Pourquoi pas après tout.

 

 

 

 

 

 

 

 

Seule ou avec lui, la question serait plus tendue probablement, même si nous en avions ri un jour, sans l'envisager, juste pour se dire "et si on faisait un enfant ensemble". Ce n'est pas un lâche, juste mon ami, mon amoureux de lit, mon pote, mon duo pour m'évader, mais aucunement mon compagnon, encore moins mon mari. Et puis pas envie de casser son couple, sa famille avec un enfant, un bébé à venir, pas celui-là, mais celui dans le ventre de sa femme. J'ai passé deux semaines à continuer à vivre normalement, sauf avec quelques nausées, à penser à ce bébé en préparation. Jamais je n'ai hésité à savoir si je le gardais ou pas. J'étais maintenant maman, sans père officiel. Avec un sourire, j'anticipais ma modernité, mon indépendance financière, ma vie de femme et de mère. Les mots des autres, les jugements et les préjugés, je m'en tape. Lui, je vais lui annoncer. Mais toujours ne rien exiger.

 

Je fais un bébé toute seule, je suis heureuse.

 

 

 

NYLONEMENT

 

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Mots & Emotions

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Féminisme, #Femmes - demain

Libre, seule mais sereine, presque du moins, le temps de la digestion.

 

C'est ici que j'avais rencontré mon prince charmeur, dans ce riad marocain, durant un séminaire pour entreprises, des consultants, des spécialistes, des experts, des commerciaux, du gratin dans mon secteur. Des journées boulot le matin, détente, golf, piscine et autres balades l'après-midi, des soirées un peu folles, des repas fabuleux dans la fraîcheur nocturne du jardin immense, des coins et des recoins. On avait dansé tard, le deuxième soir surtout, les plus gros messages étant passés, la centaine de personnes se lâchait, discussions professionnelles au début puis plus de liberté. Des couples car la société hôte ne négligeait personne, ni les cadeaux, ni les billets gratuits, pour "le travail" et pour le fun, mais avec l'objectif de vendre nos produits ensuite. Juste les nôtres.

 

 

 

J'étais alors célibataire, libre de profiter de ce lieu magique, de ce pays formidable, des activités touristiques ou sportives. Des groupes, des affinités, des couples plus seuls, la barrière de l'anglais ou l'envie de profiter à deux. Plusieurs riads reliés pour des dizaines de chambres, du personnel discret, du thé à la menthe, et ce jour-là lui, le beau mâle, le commercial sûr de lui, conquérant, un peu en confiance. Il avait essayé, sans trop cacher son jeu, envisageant vite un duo avec moi, plus que professionnel, le grand coup du dragueur. Avec le soleil, l'ambiance aussi, j'avais fini par en rire de ses avances, de ses compliments sur mes robes, sur mes chaussures, sur mon élégance, et puis j'avais craqué. Ses bras, son odeur, la chaleur, le thé, les fleurs du jardin, un parfum d'ailleurs et puis pourquoi pas.

 

Voilà deux ans que c'était comme cela, car nous avions des réunions régulières, des séminaires et autres colloques, chacun volontaire de notre côté, nos vies autrement, le boulot comme trait d'union et de galipettes joyeuses. Un bonheur fort ! Avec quelques virgules, sans trop s'encombrer, sans trop s'envahir, j'avais compris qu'il était marié, et moi, je voulais, qu'est-ce que je voulais vraiment ? J'étais bien avec ce presque gentleman quand il lâchait son portable et sa famille lointaine. Nous étions heureux, complices, charnellement très jouisseurs du corps de l'autre. Des sex-friends, peut-être un peu plus, mais pas trop obligés par l'autre, cela chagrinait ma meilleure amie, elle ne voyait pas dans quelle case le mettre.

 

 

Je n'y jamais réfléchi, même quand mes soeurs ont annoncé mariage, bébé et maison, tout cela ce n'était pas pour moi. Mon appartement me suffisait, ma liberté et mes amis aussi. Le lit certes froid certains soirs, pas toujours non plus, n'en déplaise à ce monsieur. Je vivais comme une trentenaire libre de son corps, de sa vie, de sa profession, de son salaire et de toutes ses décisions. Libre.

 

 

 

 

 

 

 

Libre encore plus aujourd'hui, car finalement cet homme devenait jaloux de tout cela, mais se cachait derrière sa femme enceinte du second enfant, sur ses projets si personnels, sur un impossible divorce que je ne lui demandais pas. Un mâle régnant, croyant annexé mon fief, mon chez-moi en plus du sien. 

Non. voilà ma réponse quand il a demandé pour le prochain colloque. 

 

Et puis l'organisateur étant un collègue, j'ai fait envoyé une invitation "Mr et Mme ..." chez lui, avec une lettre "comme la dernière année, nous pourrons vous réserver une chambre double pour votre venue...". Etrangement, lui aussi a été obligé de dire "non" 

 

J'aime le soleil sur mes épaules, le goût si sucré du thé à la menthe, très chaud, les parfums du jardin.

 

 

 

Nylonement

 

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Mots & Emotions

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - demain
Vivre de sa passion

Juste un effluve d'air, ce petit matin d'automne, ce filet froid qui filtre entre les pans d'une fenêtre, les premières lueurs du jour, l'odeur d'un thé fumé, je suis seule.

 

Sur ma chaise, je suis venue plus tôt dans ce lieu dont j'ai tant rêvé, gamine, adolescente, jeune femme, mais maintenant je suis là, je commence à faire partie des lieux, discrètement certes. Un atelier, un cocon de tissu, avec des étagères, des tringles, des pinces pour étendre les matières, les largeurs entières de soieries, les pièces plus petites décorées de mille paillettes et de quelques perles. Depuis mon arrivée, comme simple petite main, je coupe, j'apprends tous les jours à couper juste, à suivre les patrons, à confectionner avec précision dans une totale délicatesse les broderies, les millimètres pour suivre un galbe parfait, né du dessin de la créatrice. Un simple croquis, il y en a partout ici, annotés de détails, de mesures, de couleurs, de détails cachés, de coutures inversées, de plis délicats pour un rendu parfait. Je m'imprègne de tout cela chaque matin avant le rush de nos longues journées, surtout quand les fashion weeks approchent, les défilés avec. Ce matin, c'est un calme lumineux, une jeune femme, arrivée comme moi en avance, passe avec une finesse infinie son aiguille dans les épaisseurs, pique, repique et coud des vagues sur une robe d'exception. C'est beau, comme tout cet atelier avec les instants magiques transformant heures après heures des matières nobles, des dessins, des lignes de crayon ou feutre en un vêtement original, souvent unique, du sur-mesure. Ce savoir-faire, long à acquérir, difficile à décomposer, laborieux et avec un apprentissage répété, avec une qualité irréprochable, ces gestes élégants pour créer de la mode. J'en rêvais petite devant les magazines de ma grand-mère, j'ai tant dessiné des robes de princesse puis j'ai cousu mes premières folies personnelles, des esquisses, des premiers pas. Essais réussis ou parfois plus improbables, j'ai toujours aimé cela, et le temps passant j'ai décidé en plus de mes études classiques de me focaliser sur cette magie. Pour moi, pour mes amies, pour quelques personnes, pas vraiment clientes, plutôt des curieuses, des relations intriguées par un modèle, par une de mes créations, devenues le plus souvent de nouvelles amies de mode. Et un jour, l'une d'elle m'a poussé, m'a ouvert la porte de cet écrin, m'a recommandé à cette designer, m'a même proposé d'habiter la chambre de sa fille pour être plus proche de mon nouveau lieu de travail. Une passion, un rêve quotidien !

 

 

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain, #Femmes - vous

Automne ou début de printemps, la température qui filtre à travers la fenêtre ouverte sur la nuit, laisse espérer une dizaine de degrés. Trop, beaucoup trop d'après les évangélistes convaincus du déclin de notre environnement, de ntre climat, j'en souris car là devant le miroir, nue, j'aime savourer chaque saison.

 

Sortie de ma douche, lascive en écoutant de la musique, loin des horreurs des médias, je prends le temps de choisir ma robe, en associant dans mes yeux, de façon imaginaire les détails qui feront ma silhouette. Ceinture fine ou large, ou même un simple foulard noué sur mes hanches, je change d'idée de robe, combinant ma journée de travail avec mon rendez-vous du midi, mon homme qui passera pas si loin, une pause avec lui au milieu de ses déplacements. J'hésite, chic mais pas trop, bourgeoise même dans les bureaux envahis depuis quelque temps de jeans, de bobo-attitude molle, de pulls volés à mémé. Trop élégante, mais peut-on l'être vraiment quand naturellement on aime ce style glamour, sévère et droit qui s'accompagne serienement d'un rang de perles, d'une manchette dorée, d'un foulard de soie.

 

C'est mon identité, mon style, ma mode, et des reflets de moi, de mon caractère. Je ne vais pas changer pour le regard des autres, je suis ainsi. C'est une part de ma liberté, d'uatant plus que je sais aussi me glisser dans des tenues plus cool, plus souples, plus fluides pour le confort de nos week-ends en amoureux, pour nos balades sur les plages de Trouville, pour nos dégustations oenophiles. Mes pensées se perdent, je bois un peu de thé, la maison me semble un peu vide sans lui, déjà parti en province depuis deux jours. Mais ce midi, en manque de son parfum, de sa peau, je l'embrasserai avec cette robe lègère. Je vais la glisser sous un manteau épais. Avec des bottes, oui, son dernier cadeau, une belle surprise.

 

Je me love dans de beaus dessous en soie, des bas fins sur mes jambes, la météo le permet. Ma robe, un zip, du parfum, finalement trois bracelets dorés, les talons, un peu de hauteur. La vie est belle.

 

Vivement ce midi !

 

 

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - demain
Ecrire à nouveau

Ecrire à nouveau car c'est un acte de résistance, une liberté qui ne peut être retirer, qui doit se partager.

 

Reprendre le clavier, suivre le chemin des mots, combattre les maux, les miens, mais aussi ceux qui nous affligent depuis des mois, depuis ce week-end. Je ne pouvais croire que la multiplication de l'immonde existait, je refusais de l'imaginer depuis le 7 janvier dernier. Les frontières ont été dépassées en laissant de longues traces de sang.

 

Alors ici, aujourd'hui, les mots se souviennent des articles précédents, de la folie passégère, des moments plus sûrs, des coups de griffe au féminin, pour le féminisme, et tant d'autres sujets mode. Mais toujours des mots de respect, d'envie et de glamour !

 

Hier, aujourd'hui, demain, je veux vous faire voyager dans mes souhaits, dans mes rêves, dans mon idéal, dans des bulles de champagne ou de mode.

 

Librement.

 

Nylonement

 

Gentleman W

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Douleurs de Femme, #Femmes - demain
Des Lumières

Des lumières dans la nuit, des terrasses, des cafés, des brasseries, des inconnus, des personnes qui parlent entre elles, sourient et partagent leurs vies.

Des notes de musique, des cris de joie, des rires et des verres qui trinquent à ce bonheur précaire, celui d'un travail, des copains pas assez souvent croisés, celui d'un nouvel amour, d'une séparation  à oublier, d'un boulot nouveau, d'un début de chemin.

 

Des lumières dans la nuit, froide, soudainement silencieuses après un fracas assourdissant, après des secondes devenues sans fin, incroyablement sanglantes, sombrement plus noires que l'obscurité ambiante. Des personnes, des femmes et des hommes, des jeunes et des moins jeunes, des gens heureux il y a encore quelques instants, détruits par une idéologie ignoble et totalement inhumaine. Rien, le néant au-delà de la mort, des morts trop nombreux, des peurs encore immobiles, des cris, des urgences, des lumières de girophares, des pompiers et des policiers. Horreur complète, réelle sans possible réveil d'un cauchemar impossible, ils sont morts, ils sont blessés, ils sont innocents. Sans volonté, sans opposition, sans un souffle. Là, sur le sol, dans leur sang !

 

Toujours des lumières, celles de notre liberté, pour les hommes, plus encore pour les femmes, pour bien montrer notre égalité, notre profonde équité, dans une nuit trop froide, trop absurde, je suis debout. Résistant face à cette meute informe, face à ces monstres qui déclarent une guerre incohérente. Droit face à l'ignominie d'une idéologie qui brouille la liberté de tous, de mes proches, de mes enfants aux yeux grand ouverts sur une société ébranlée, de mes amis, des inconnus, des citoyens morts, blessés ou maintenant sous le joug de la peur.

 

Sans lumière, face aux médias, fier de croire en une fraternité vivante, de partage et d'amour, fou de penser à la paix pour tous, je deviens miroir pour espérer donner la lumière, pour refléter les rayons d'un soleil plus fort. Une liberté réelle pour vivre ensemble, pour vivre avec les gambettes à l'air pour ne pas offenser mais respirer, pour vivre avec une mode lumineuse se jouant de la diversité qui nous enrichit, pour vivre avec les féminités souriantes, pour croire aux reflets du respect omniprésent.

 

Lumières humaines, si des chandelles se sont éteintes, se sont couchées, d'autres resteront debout, toujours avec une flamme en elles, un espoir, une force nouvelle, une résistance pleine de clarté.

 

 

Gentleman W.

 

Des Lumières

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Portraits, #Femmes - demain

Petit matin, heures indéfinies. Dormir, enfin m'écrouler, après la fête d'hier, trouver un coin et sombrer.

 

Ah les études, les heures de travail accumulées avec les petits jobs d'été, avec l'agenda des cours, des TP et puis surtout les transports. Une pensée à notre société qui a voulu des diplômés, en oubliant de construire des universités modernes avec des chambres à côté, surtout à un prix raisonnable. Alors hier après-midi j'ai bossé dans un magasin, un nième boulot, de vendeuse, précaire, au gré des envie de patrons exploiteurs. Ils n'ont qu'à tendre la main, elles sont dix, vingt, cinquante à attendre ma place. Parfois il mate mon derrière, je le sais, nous le savons toutes ici, surtout depuis qu'il a imposé une tenue "plus marketing, plus accrocheuse" à chacune de nous. Tee-shirt blanc, moulant, une taille en dessous, demandez à Clara avec son bonnet D, elle frise l'explosion. Une jupette noire courte, vraiment mini-jupe, un collant opaque noir que nous avons demandé car il devenait impossible de se pencher. On dirait des hôtesses au salon de l'automobile. Bref, j'ai bossé, j'ai vendu des fringues, rangé le stock, réceptionné des cartons, poussé le tout au fond du magasin, souri à des clientes polies et aussi impolies, nettoyé, compté, recompté. Vannée mais ensuite je suis rentrée dans mon petit appart, un studio exactement. Un truc avec quatre murs précisément, un lit, une table de travail, pas vraiment pour manger, un coin évier-cuisine, une douche et un lavabo, des toilettes, une surface géante dont je ne veux pas savoir les dimensions, je connais le prix du loyer. J'ai bossé tard, passant quelques coups de fil à mes amies, m'épuisant sur des devoirs, des préparations de droit fiscal, mon avenir.

 

 

 

 

 

Aujourd'hui, j'ai filé en jean et chemise colorée aux différents cours, et après ? Un retour rapide à mon petit chez-moi, une balade dans le frigo vide, une salade et une soupe, un bout de fromage, juste le temps de prendre une douche, une ponctuation de fin de semaine avant l'heure avec le pont. Un jour de repos, non deux, enfin quatre avec le week-end car la patron ferme la boutique. Pas payée mais libre. Du temps, ce qui me manque le plus.

 

 

J'ai profité sous la douche, comme une renaissance, un long moment de bien-être, avec un lait d'avoine léger sur ma peau, doux tant dans sa texture qu'avec son parfum. Je connaissais mon occupation du soir, une sortie entre filles, toutes célibataires ou presque, sans aucun mâle, notre rituel de papotages, de ragots aussi, de bonnes affaires et de mode, de détente assurée. Toutes dans la même tranche d'âge, des études en cours ou un premier boulot, la confusion parfois dans nos têtes entre la société vendue par nos politiques et la réalité amère du marché du travail. Mais ce soir on oublie cela, on positive, on rit, on sourit, on réconforte parfois, on se marre, on rigole parfois même dans sa première acception. Ce soir, petit resto dans un coin du Marais, notre bande. J'enfile de jolis dessous liberty jaune, une folie pleine de couleurs, un bonheur d'été, tout cela sous une robe jaune dégotée dans la boutique de mon labeur. Un coton léger, un jaune vif, banane, une petite noeud noir à la ceinture, plutôt d'ailleurs sous la poitrine, comme pour marquer un effet taille haute. Je l'adore. Des bas plumetis, des talons, ceux que je ne sors jamais, ni pour les études, ni pour les transports, ni pour le job.

 

 

 

 

 

Je me sens femme, je me sens bien. En riant, je verrai bien les bras de mon amoureux autour de moi. Encore faudrait-il que j'en trouve un, juste à caler dans mes horaires de la semaine, pas trop encombrant, mais juste réconfortant, pas trop collant, mais bien présent quand je le veux, quand j'en ai besoin.

 

Ce soir, je suis épuisée, on a dansé, chanté, parlé, crié. Une soirée par hasard, une autre bande dans le même resto, on les a suivi pour finir dans un loft géant, de la musique, des gens sympa, des jeux de lumière toute la nuit. Des canapés, des mezzanines pour boire, parler encore malgré le bruit, rencontrer des nouvelles têtes. J'ai bu un peu trop probablement, plus la fatigue. Des souvenirs oui des remarques et des compliments sur ma robe, des sourires, un regard aussi, plus fort d'un beau mâle, jusqu'au retour de sa blonde aux yeux énervés. Un grand rire, du bon son ainsi qu'un coup de fatigue. Là maintenant, je suis lovée dans un coin, entre deux fauteuils, je me suis écroulée. Je dors.

 

 

 

 

 

 

Nylonement

 

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