Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Féminité & Sensualité
Touches de couleurs

Savourer ce Printemps, ce renouveau de la nature avec des fleurs et des couleurs dans mon jardin, voilà le leitmotiv que j'avais pris après deux années perdues, diluées dans le temps infini des doutes et des éloignements involontaires.

Alors aujourd'hui avec le soleil mitigé qui se conforte de donner un peu de chaleur mais surtout de bloquer les nuages de pluie si utile, je suis lasse de ne pas vraiment sortir, non plus contrainte par le confinement mais par une perte de goût de l'aventure. Je suis paradoxalement coincée entre l'envie de sortir, de gambader devant mes boutiques préférées, suivant un chemin rassurant, retrouvant des vendeuses devenues parfois des amies, des modèles et des marques proches de moi, et pour autant je me sens molle de ne plus avoir ce déclic naturel, engourdie par une fibre casanière imposée durant ces années, devenue une modification génétique de mon comportement. Rien de plus, juste ce canapé en cuir chauffé par les rares rayons de soleil, cette robe-pull si douillette et de la musique disco en fond dans tout l'appartement. 

Hier encore, je regardais d'un air distrait, ma collection de beaux escarpins, posée sur des étagères basse de mon salon, comme des bibelots rutilants. Elle était née de façon involontaire de mes achats, de mes évasions sur le web, comme des bonbons trop sucrés achetés à la sauvette, avec des couleurs vernies, entre deux séries de soldes. Les magazines, les heures passées en télétravail avec des fenêtres sur la mode, les tendances les plus débiles, les plus enviables qui provoquaient un achat plus que compulsif. Des escarpins, des brides fines ou extra-larges en cuir épais pour envelopper mes chevilles, des talons, des petits, des moyens et puis des cinq pouces vertigineux. Mais quand elles arrivaient, j'étais comme une gamine, ouvrant la porte au livreur avec un masque que j'aurai volontiers, malgré tout, embrassé comme un lutin du père Noël, enthousiaste, follement enthousiaste de mon propre cadeau, pardon achat enfin arrivé. Je mettais la musique un peu plus fort, et je me chaussais. Plus exactement je fonçais vers ma garde-robe, mon portant avec mes robes, mes tuniques, mes tops et mes jupes. Couleurs ou petites robes noires, j'hésitais, je variais toujours, j'essayais beaucoup, cela s'entassait sur le lit, le canapé parfois même par terre. Pas de souci, pas de visite, et tant de temps à occuper dans ce vide confiné. je remettais un morceau, encore un peu plus fort, funkytown, et je me glissais dans mes bas, puis dans mes escarpins. 

Je dansais, je me jouais des centimètres nouveaux sous mes pieds. Mais en deux ans, j'ai dompté mon instabilité, les portant par plaisir pour danser encore, seule dans mon salon. En les portant aussi sous mon bureau de télétravail, ma pointe de folie, ma féminité toujours présente même les jours sans envie de m'habiller en restant scotchée derrière un écran, sans visio, sans rien. 

Aujourd'hui, je les regarde, comme des parenthèses posées là, des touches de couleurs des quatre saisons passées. Je vois le gris du ciel, je me repose, je rumine mes non-envies de sortir. Je me suis habituée à ce vide autour de moi, à ses bruits extérieurs assourdis, tel un ronronnement urbain, avec un peu de vent en bonus dans les branches de l'arbre devant mon balcon. Molle, je lis un livre tombé de ma pile de livres, ce stock incongru de coups de cœur classés de façon chaotique, au gré des dégringolades des piles diverses dans les coins du salon. J'aime les voir couchés les uns sur les autres, non pas debout sur une étagère. Ils sont mes complices, comblant ce vide, d'autres touches de couleur dans mon univers personnel.

Finalement je me sens bien ici. 

 

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain

Comment peut-on croire, se convaincre durant toute une vie, d'être au-dessus des autres ? D'avoir même la prétention d'incarner l'entité quasi divine, la plus haute représentation d'une religion ? Comment peut-on être aussi loin des autres, en jetant dans la masse sa propre famille ?

Une belle nausée pour soixante-dix ans d'absolutisme égocentré, une femme dont les sourires sont si rares que l'on pourrait penser qu'elle les économise alors qu'elle n'a aucune empathie pour personne. Aucun amour. 

Et puis si la liste de ses défauts est si longue à mes yeux, de son profond manque d'humanité dans un monde en manque de beaux sentiments, elle aurait pu devenir réellement exemplaire. 

Elle est une Femme.

Elle était la femme (soit-disant) la plus puissante, la plus influente du monde.

Et pourtant !

Qu'a-t-elle fait pour les autres femmes, pour les 52% de l'humanité, pour toutes les autres femmes ?

RIEN, absolument rien !

Entourée d'hommes à tous les postes clef de son pouvoir, dans son personnel nombreux. Les femmes ont uniquement des postes subalternes. Ses filles, ses belles-filles, les épouses sont toutes soumises à une étiquette ridicule et si ancestrale que le mot "modernité" n'est pas dans son dictionnaire. Elle a détesté toutes les évocations de sentiments, d'émotions de leur part. Elle s'est forcé à faire croire à un geste de tendresse pour ses petits-fils en deuil. Elle jubile de médiocrité. 

Elle ne veut aucune liberté de la part des femmes, elle ne s'est jamais impliquer dans l'ouverture des règles masculines et/ou machistes de son monde. Rien pour elles.

Comment peut-on fêter une dictature féodal du nombrilisme de mauvais goût ?

 

 

Nylonement

Si loin des autres

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Féminité & Sensualité, #Gentleman W

Et si notre monde se réveillait, au gré du soleil et des tours du globe terrestre, avec juste l'envie d'être heureux, de protéger notre belle nature généreuse et de vivre en paix. Fol idéalisme qui ne peut exister dans ce bouillonnement de gens contre tout, contre eux-mêmes en général, contre les autres par principe, contre les "seuls au monde" dont ils sont issus ou partie prenante.

 

Et si notre monde se réveillait sous ce soleil de Printemps, avec une chaleur douce, des femmes et des hommes, des jeunes et des moins jeunes, des sages et des bientôt-sages, des sourires et d'autres sourires. Fol idéaliste que je suis, que j'espère être même si parfois il existe des creux et des doutes pour les remplir, parfois même des abysses avec tout autant de moments impossibles à vivre, mais je crois à la vie, à ce secret espoir de vivre heureux. Discrètement, simplement. En harmonie avec les autres. Avec respect !

 

Et si notre monde se réveillait, bercé par les premiers rayons du matin, par ce souffle de vent léger par la fenêtre entrouverte, le chat se relevant de son coussin préféré, pour se détendre les pattes et le corps entier, semblant faire le double de sa taille, pour s'enrouler à nouveau et de rendormir d'une nuit pleine de balades dans les jardins environnants. Je le regarde, il cligne des yeux pour ronronner dans d'autres rêves. Je me lève, je vois ce jardin finissant dans la forêt, je n'entends que les oiseaux, en pleines discussions chantées, les fleurs pointent leurs couleurs. Il fait beau avec la fraîcheur matinale douce du Printemps. La rosée marque de quelques gouttes les pétales des pâquerettes, des bourdons font leurs toilettes.

 

 

Glamoureuse

Je me suis réveillé, laissant derrière moi cette nuit hachurée d'interrogations et de douleurs. Une douche, un rasage de près, je me sens neuf malgré l'âge, j'en souris car il a bien vieilli ce jeune homme idéaliste qui ne voyait pas le temps s'avancer. Une chemise en coton frais, un boxer en matière stretch et soyeuse, des chaussettes. J'hésite sur la couleur, noir pour le pur classicisme, gris pour la neutralité, orange pour mon grain d'excentricité. Les dernières déjà enfilées, le pantalon gris foncé, un bout quotidien de moi, des chaussures cirées, il ne me manque que la cravate. Un détail d'élégance que je porte depuis des décennies. Je me sens bien, un peu de parfum, elle l'aime tant sur ma peau.

Elle, justement ! Cette femme douce, tellement douce, que je suis en colère doublement quand je la blesse par mes mots même involontairement. Une rencontre, un hasard, un destin plutôt, elle incarne mes émotions, mes sentiments et mon amour. Tout est en elle ! Certes elle se sent imparfaite, c'est une qualité de plus car personne ne doit être perfection. Elle est ce bout de femme, déterminée et chargée de doutes aussi, donnant tant aux autres qu'elle oublie son existence parfois, aimant tant les gens dans ce monde où l'on prend sans jamais dire merci. Elle est femme, profondément femme, absolument féminine. Depuis que nous sommes ensemble, elle se dévoile toujours plus sensuelle, plus femme, plus humaine, plus généreuse, plus d'adjectifs encore qui sont des qualités. Avec quelques défauts oui, comme nous tous, mais en harmonie avec ses valeurs, son intégrité de femme, de mère, d'amoureuse, elle respire la volupté, inspire pour se gonfler de douceurs, expire pour partager ses bonheurs. Son élégance simple, son élégance rebelle, son excentricité pétillante, son chapeau et ses gants, son glamour du jour et de la nuit, elle est si femme. Alors quand elle s'enveloppe de lingerie et de dentelles, ajuste ses jarretelles, s'embellit de coutures fines des chevilles jusqu'au cuisses, chausse ses escarpins vernis, elle rayonne.

Je me réveille une seconde fois, emporté par mon coeur, ému de sa beauté, fasciné, plus que charmé, totalement envoûté, amoureux !

 

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Douleurs de Femme, #Gentleman W
Solitude

Je n'ai rien contre la solitude, je suis ni pour, ni contre. Car ses origines sont variées et parfois c'est un simple choix plutôt qu'une conséquence.

Restez seul, loin des autres pour éviter les échanges et les inutiles justifications de ceci ou cela.

Choisi d'être seul, pour éviter aux autres personnes de croiser notre chemin d'angoisses et de nuits blanches où l'inconscient joue les tourbillons des peurs et des folles impasses pour nous empêcher de trouver un sommeil sain. 

Seul pour affronter les obstacles sans être redevable et sans avoir ce besoin d'expliquer encore et encore ce blocage, cette épreuve sans fin, ce mauvais moment à passer qui dure trop dans le temps.

Toujours seul, sans ce p****n de téléphone qui nous "oblige" à communiquer, à répondre à des sms dont le sens nous échappe, dont notre esprit en colère ne veut entendre les mots, pour écouter des messages dont les mots peuvent blesser, dont la répétition ne veut être entendue. Ne pas écouter les messages pour éviter les incendies de questions sans réponses.

Vraiment seul tout en étant là au milieu des collègues, dans une journée de travail, dans un quotidien sans intérêt, comme le déroulement inexorable de routines, de sourires, de coups de fil, de "bonjour" et de "ça va ? "  inutiles.

Volontairement seul pour respirer enfin, quelques minutes, quelques heures comme un être libre, au milieu des emmerdes, des responsabilités, des doutes profonds. Ne pas s'enfoncer dans la noirceur mais ne pas voir envie de partager tout cela, car les solutions seront là, le tunnel offrira un peu de lumière au loin. Très loin.

Pas vraiment seul avec une bouteille, comme une tentation pour oublier, mais la regarder avec un sourire pour lui dire qu'elle ne gagnera pas, juste un doigt dans un grand verre, un peu de tonic, trois rondelles de citron vert. Un chat qui passe en cherchant un câlin, les idées passent, repassent. Sentir ce verre, s'évader quelques instants. Boire, avec la fadeur d'un goût disparu, celui des verres partagées.

Seul sans elle, sans ses remarques, sans les éternels retours sur la situation actuelle, sans avoir à reparler de tout ce qui occupe déjà toutes mes pensées. Essayer de penser à autre chose, quelques minutes, quelques heures. Oublier.

Forcément seul pour ne plus la blesser, pour ne plus lui offrir cet horrible spectacle de ma exaspération à fleur de peau. Dans un frottement avec sa fatigue, tout s'enflamme.

Seul sur une simple chaise, pour mesurer dans ce miroir, les derniers mois, les dernières années, voir ce passé dans une impasse, pour ne plus supporter cette attente d'être réellement libre, sans contraintes, sans limites, en me retrouvent pleinement flamboyant avec mon honneur. Retour toujours dans l'impasse, ne plus avoir rien à lui offrir, repenser avec des larmes à ce futur commun qui ne semble pas accessible. Ne plus attendre.

Possiblement seul, comme une solution, sans amour, sans amitié, pour ne déranger personne, car si ils et elles sont là, leurs paroles ne soignent pas mes blessures. Parfois elles attisent mes douleurs. Je n'en ai pas besoin. Merci quand même. Et puis pourquoi ajouter une touche de sombre dans leurs vies, ils ont déjà leurs propres soucis.

Sagement seul, comme une pirouette maléfique du passé revenue me hanter, comme une glissade vertigineuse et plus que sombre, mais j'ai tant appris de moi, il y a dix ans quand le mal dévorait ma vie, se nourrissait de ma fatigue extrême, dédoublait mon corps et mon âme. La sagesse, non, mais la prudence de prendre un peu de recul sur mes souffrances. Savoir que je devient fragile pour cela, tout autant que rageur voire féroce avec les autres. Un instinct de survie.

Seul encore quelques jours pour espérer voir un chemin pour la vie. Avec la nature, les chants d'oiseaux amoureux de ce printemps revenu, avec le soleil voilé, avec des passions dont le goût amer ne me redonne même pas cette énergie habituelle. Les livres m'aident à une évasion de jour comme de nuit. Loin des autres, dans un imaginaire littéraire, dans une dimension parallèle, mais est-ce sage de refuser ainsi la réalité ?

 

Libérer des mots et ne plus être vraiment seul. Trouver la lumière, dans ce noir tourbillon, même en pleine nuit, même en plein jour.

 

Nylonement 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Culture
Livre : Dictionnaire intime des femmes par Laure Adler

Un délicieux livre à parcourir au gré des envies, car c'est un dictionnaire, une page par-ci puis une autre plus loin, pour revenir dans un ordre non alphabétique.

Laure Adler nous instruit, nous amuse, nous ouvre ses lectures et surtout nous parlent des femmes, bien trop souvent oubliées de notre quotidien, de l'Histoire et de notre société française. Thérèse d'Avila, Antigone, Coco Chanel, Rosa Bonheur, Barbara, Gisèle Halimi, Colette, Marguerite Duras, Anna Freud, Olympe de Gouges, Marilyn Monroe, Simone Veil, Louise Bourgeois, Madame de Sévigné, Janis Joplin, tant d'autres femmes et sujets de femmes.

Elles sont là, bien vivantes dans la vision donnée par l'auteure, avec ses approches justifiant ses choix de lecture, justifiant ses vies de lutte parfois, mais sans oublier le petit chaperon rouge ou cendrillon au passage. Les mythes justifient aussi de croire en eux, naturellement avec les mots choisis et un regard riche de culture.

Je ne l'ai pas encore fini, je le prends, je l'oublie aussi pour continuer à découvrir des personnes et des personnages, des tranches de vie, de vérités et de rêves, des coups de coeur et parfois des coups de dents, mais le plus souvent les premiers. Elle aime les femmes, elle parle d'elles avec une sincérité qui nous dévoile un peu d'elle-même aussi. Féminisme et féminité, beauté et intelligence, des thèmes qui s'entrecroisent dans ce dictionnaire intime des femmes.

Idéal pour votre salon, votre terrasse cet été, votre sofa douillet cet automne.

 

"Dictionnaire Intime des Femmes"

par Laure ADLER

Editions STOCK

 

Livre : Dictionnaire intime des femmes par Laure Adler

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Nylon 50-60, #Nylon Passion
Bas nylon Vintage GARANTI avec sa boîte collector
Bas nylon Vintage GARANTI avec sa boîte collectorBas nylon Vintage GARANTI avec sa boîte collector

Les années 50, la pleine euphorie des bas nylon français, car si ceux-ci sont nés dès 1938 aux USA, après une première tranche de ventes dans ce pays, il a fallu attendre la fin de la guerre et des restrictions qui suivirent pour que des machines américaines permettent de tricoter les premiers bas nylon Français.

La production est vite devenue dense avec des sites dans les Cévennes (ex-berceau des bas de Soie produite sur place), dans la vallée du Rhône et la région de Troyes. Chacun essayait de se démarquer, du moins de faire connaître sa nouvelle marque, de l'imposer avec des publicités, avec des différences comme le packaging ou la résistance du produit.

Ici la marque des bas insiste sur le GARANTI sans accroc, sans échelle, sans fil cassé, les fameux inaccrochables. Un paradoxe quand on sait qu'ils commencèrent début des années 50 avec des 45 deniers puis des 30 puis des 20 deniers. Une quête de la finesse pour arriver à capter la transparence quasi imperceptible sur la jambe, comme une véritable seconde peau, mais aussi une quête impossible de résistance car finesse rime souvent avec fragilité.

Ici encore la marque innove avec cette boîte faite de plastique comme une bakélite ancienne de forme ovale, semblant pratique à l'achat mais pas pour les ranger ensuite.

 

Apprécions toutefois cette innovation du passé, cette touche vintage qui revient vers nos yeux, tel une boîte oubliée par une élégante du milieu des années 50.

 

Nylonement 

 

Bas nylon Vintage GARANTI avec sa boîte collector
Bas nylon Vintage GARANTI avec sa boîte collector
Bas nylon Vintage GARANTI avec sa boîte collector

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Gentleman W
Sombre Printemps

Sous le soleil voilé de Printemps, entre deux nuages, je flânais sans but dans les rues, prenant les passages sous les arcades pour des portes vers d'autres univers. Une forte envie d'échapper à ce monde oppressant dont je ne comprenais plus vraiment les attentes et encore moins les objectifs futurs. Pour chasser les angoisses, je marchais vers une autre rue, pas après pas, un goût amer d'échecs dans la bouche.

Une nouvelle saison, du soleil donnant aux fleurs, aux cerisiers en particulier des airs de bonbonnières géantes emplies de parfums et de couleurs pastelles, mais je n'avais plus de saveurs en moi, comme un rejet de mes derniers choix de vie, une sensation profonde de rater tous les projets, toutes les étapes. Un refus de prendre d'autres décisions pour mon propre avenir, un blocage pour avancer encore un peu. Etais-je arrivé à ce point de rupture, ce pont trop loin ?

Mon chemin n'était plus qu'une errance, une sombre image de moi dans ce reflet sur une vitrine, un être vieilli par l'usure des nuits sans sommeil, par l'amertume des journées sans intérêts, par les problèmes sans solution.

Le Printemps étalait ses couleurs, il attisait les corps avec un peu de chaleur, doucement le matin, fraîcheur délicate d'une rosée avec les piaillements des oiseaux dans les jardins. Prudemment les après-midis où il chauffait les bancs pour que les anciens sortent enfin de chez eux, posent un nouveau regard sur le temps qui passe. Il poussait les vents légers vers les fenêtres, attendant de passer en courants d'air vers les chambres pour redonner un rayon de lumière en plus. Du tonus aérien, impalpable réalité d'un changement dans le calendrier, mais une sensation pour chacun de nous, une tranche nouvelle de vie, un bout de futur à attendre avec envie peut-être. 

Je ne voyais pas tout cela avec l'optimisme instillé par le soleil, par les pétales virevoltant dans l'espace. Rien. 

Des jeunes souriaient en partageant des vidéos ou des selfies avec leurs téléphones fusionnés au bout des bras, ils s'amusaient de ressortir eux-aussi dehors, sans contraintes, sans limites. Plus de frontières pour vivre pleinement leur jeunesse, leurs envies et leurs possibles excès, ils profitaient de tout cela, avec de nouveaux sourires. 

Le ciel est bleu. 

Mon coeur ne bat plus que dans des nuances grises, sombres. Respirer à nouveau, mais quand ?

 

Nylonement

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