Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Gentleman W
Sombre Printemps

Sous le soleil voilé de Printemps, entre deux nuages, je flânais sans but dans les rues, prenant les passages sous les arcades pour des portes vers d'autres univers. Une forte envie d'échapper à ce monde oppressant dont je ne comprenais plus vraiment les attentes et encore moins les objectifs futurs. Pour chasser les angoisses, je marchais vers une autre rue, pas après pas, un goût amer d'échecs dans la bouche.

Une nouvelle saison, du soleil donnant aux fleurs, aux cerisiers en particulier des airs de bonbonnières géantes emplies de parfums et de couleurs pastelles, mais je n'avais plus de saveurs en moi, comme un rejet de mes derniers choix de vie, une sensation profonde de rater tous les projets, toutes les étapes. Un refus de prendre d'autres décisions pour mon propre avenir, un blocage pour avancer encore un peu. Etais-je arrivé à ce point de rupture, ce pont trop loin ?

Mon chemin n'était plus qu'une errance, une sombre image de moi dans ce reflet sur une vitrine, un être vieilli par l'usure des nuits sans sommeil, par l'amertume des journées sans intérêts, par les problèmes sans solution.

Le Printemps étalait ses couleurs, il attisait les corps avec un peu de chaleur, doucement le matin, fraîcheur délicate d'une rosée avec les piaillements des oiseaux dans les jardins. Prudemment les après-midis où il chauffait les bancs pour que les anciens sortent enfin de chez eux, posent un nouveau regard sur le temps qui passe. Il poussait les vents légers vers les fenêtres, attendant de passer en courants d'air vers les chambres pour redonner un rayon de lumière en plus. Du tonus aérien, impalpable réalité d'un changement dans le calendrier, mais une sensation pour chacun de nous, une tranche nouvelle de vie, un bout de futur à attendre avec envie peut-être. 

Je ne voyais pas tout cela avec l'optimisme instillé par le soleil, par les pétales virevoltant dans l'espace. Rien. 

Des jeunes souriaient en partageant des vidéos ou des selfies avec leurs téléphones fusionnés au bout des bras, ils s'amusaient de ressortir eux-aussi dehors, sans contraintes, sans limites. Plus de frontières pour vivre pleinement leur jeunesse, leurs envies et leurs possibles excès, ils profitaient de tout cela, avec de nouveaux sourires. 

Le ciel est bleu. 

Mon coeur ne bat plus que dans des nuances grises, sombres. Respirer à nouveau, mais quand ?

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Douleurs de Femme
Ne plus croire

Entendre ou devenir sourd ?

Ce n'est pas un paradoxe ni même une opposition , car écouter ne veut pas dire entendre et encore moins croire à ce que l'on essaye de nous dire.

 

Comment avancer dans ce monde incongru où la vitesse devient la priorité des pensants pour aller toujours plus vite sans plus savoir la raison de cette volonté, sans connaître l'objectif ! Impossible perspective que je ne peux accepter dans ma chambre, seule, avec mes écouteurs, mon téléphone, mon portable, mes liens invisibles avec les autres. Je suis seule dans un monde interactif qui sature de toujours vouloir être connecté. Tous ensemble, nous tous, tous vers un point, non des points d'interconnexions multiples. Et pourtant là, je suis seule, avec mes doutes. Ceux d'une jeune adulte, devenue adulte sans le savoir, passant d'un statut digéré d'adolescente à celui plus responsable en traversant la crise d'un virus fantôme durant deux années d'université tout autant fantôme. Rien de concret,  aucune trace de tout cela, deux années dans ma chambre, mon salon avec des amies étudiantes comme moi, mais chez elles, chez moi. Des profs, des robots d'une mauvaise série dans un écran trop petit sans aucune interactivité car cinquante écrans ne peuvent poser des questions en même temps, attendre la fin du cours, prendre ce temps en bas d'un amphi pour quelques questions complémentaires. Rien, et surtout ce soir, plus de sens à tout cela car si vous rajoutez la maladie, la fin de vie d'une mère égoïste, égocentrée, nombriliste, mais malade, vous avez ma vie, le gris permanent dans ce ciel de printemps.  

Alors j'essaye de m'évader pour comprendre et trouver un peu de sens pour ce monde qui foire toutes tentatives de paix pour des intérêts économiques. L'écologie m'intriguait, me captivait même dans une vision politique et purement du quotidien et soudainement j'ai regardé derrière les beaux discours, j'ai voulu croire en une réalité. Mais parmi les paramètres incompatibles aujourd'hui, il y avait cette multiplicité de vision individualistes, sans aucune volonté de vision partagée ou collaborative. Et puis les échéances, personne ne semble s'engager pour aujourd'hui, encore moins pour du moyen-terme. Le désastre est là devant eux, autour d'eux, mais ils regardent ailleurs en tournant le dos au futur proche. Je ne crois plus en leurs promesses, en ma vie, sans projet commun.

Alors je plonge en musique dans un univers de musique, hétéroclite, piochant entre le rap contestataire et féministe actuel, la new wave planante de mes parents, le jazz cool et de l'électro plus dansant. J'ai étalé ma pile de lecture, des livres récupérés chez les copines, dans le bordel de papa, dans les boîtes à livres, je feuillette, je retourne pour consulter la 4e de couv, j'ouvre au hasard pour juger du style. J'aime, j'aime moins, je ne suis pas prête pour celui-là, je prends celui-ci. Je m'évade de mes doutes, je les pose de côté pour me lover entre les coussins sur mon lit. Je ne peux croire la vie de cette femme, c'est un roman, un peu de moi peut-être.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Nylon & Mode, #Nylon & Lingerie, #Nylon 2000..., #Nylon Passion
Essentiel

Singulier rappel des origines de ce blog en dépilant les emails entassés durant les dernière semaines, j'aperçois des demandes au sujet des bas nylon. Plus encore je souris en utilisant les même mots clefs pour découvrir des articles ou même des reprises de mes anciens articles sur ce thème.

Car depuis plus de dix ans, et bien avant sur des forums aujourd'hui disparus dans les limbes éteintes du net, j'écris sur les bas nylon, les bas à couture, les bas sans couture, les récents ou les bas vintage. Nous avons tant partagés ensemble, vous les passionné(e)s et les plus rares porteuses de bas nylon, avec vous aussi les voyeurs, les fétichistes, les divers amoureux et amoureuses de cette douceur incroyable.

Soyez rassurés, je n'ai pas changé de passion, même si la vie phagocyte amplement le temps libre pour celle-ci et quelques autres aussi. Il faudrait définitivement inventer des journées de 30 heures, pour avoir plus de temps libre, pour partager encore et encore les nouveautés des différentes marques, des nouveaux sites internationaux, pour mettre en avant les plus belles photos, d'amatrices ou de photographes pro fascinés par les jarretelles sur les courbes féminines. 

Profitez toutefois des mots clefs les plus variés sur le sujet, à droite dans le menu, vous pourrez retrouver plus de 800 articles sur les bas nylon, des milliers de photos de belles jambes sublimées par la finesse absolu, des références pour comprendre cette douceur incomparable sur votre peau (si vous en avez porté, mais aussi avec l'envie d'essayer prochainement).

C'est un accessoire essentiel de votre mode, pour vous, peut-être aussi pour le ou la séduire, pour vous sentir encore plus femme, pour vivre pleinement les moments glamour !

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous
Etoile tout là-haut

Pourquoi croire à l'au-delà quand on reste ici avec les pied sur terre ?

Tant de gens se sont posés cette question, sans réponses concrètes ou fiables, juste une vague supposition pour mieux manipuler les masses, pour guider ces pauvres esprits qui n'avaient pas de livres, qui ne savaient pas lire, qui ne savent toujours pas lire. C'est bien pourquoi durant des siècles et encore aujourd'hui ils reçoivent les messages us par les autres, sans comprendre mais en devenant des croyants.

Heureux les esprits libres, doués de consciences, opposant les vérités des uns et des autres pour analyser un peu de ce tout universel, pour en tirer certaines valeurs, pour avancer dans leurs vies. Libres de penser, ils pourront croire en cet au-delà possible, en voyageant pour les plus affûtés dans les millénaires qui ont construits l'Histoire, les humanités croisés de nos civilisations. Mais derrière tout cela, il y a des mensonges pour des ignorants serviles, des hasards un peu forcés, des lieux de pèlerinages montés de toutes pièces, fictifs pour mieux attirer les foules sur des miracles très relatifs. Il reste des textes, des écrits revus et revisités, et puis vous.

Là, allongé dans l'herbe, dans ce jardin, un soir, tranquillement détendu, sans horaire, sans obligation, sans volonté de bouger d'ici, avec juste le ciel au-dessus des haies et des grands arbres, l'infini de l'au-delà. Car c'est bien ce ciel et son immensité qui vous enveloppe. Le monde, la planète tourne, le ciel change, les étoiles virent de bord, et vous les regardez.

Ce ciel, cette beauté crépusculaire, éclairé des points multiples, de brillances absorbées par le noir, de lumières venant du fin fond de la galaxie, il fascine tout autant qu'il repose.

Alors si les textes, les religions et les religieux, ne vous ont pas convaincus (bien heureusement car ils ont au fil du temps les mains trop chargés de sang !), il y a ce réel endroit vide et plein à la fois, chargé de vous emporter vers vos rêves et vos douces croyances. Vers la liberté, avec l'idée peut-être naïve que ces plumetis clignotants affichent les âmes perdues, celles des personnes que l'on a aimé, tout simplement, et quelques autres. Une pluie d'étoiles d'amour !

Vers l'infini et au-delà !

 

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Féminité & Féminisme

Etrange sentiment que ce retour en taxi vers l'hôtel, seule, juste avec mon sac à main sur la banquette, mon manteau plié à côté. Le chauffeur est silencieux, un coup d'oeil parfois vers moi, mais aucun commentaire, juste un fond de musique lounge dans sa radio. La nuit illumine la ville, les quelques vitrines de mode ou d'autres commerces, les arbres, les voitures endormies, les fenêtres aux striures éclairées derrière les volets clos, rien de plus. Quelques passants, deux clochards sur un banc avec leurs chiens, la vie défile plus lentement la nuit. Les étoiles au-dessus des immeubles, les lampadaires jouant à cache-cache avec les feuilles des arbres. 

Sage décision de ne plus le revoir, de lui avoir dit dès le cocktail d'entrée pour ne pas avoir à commander un plat qui serait rester froid dans une assiette, face à une chaise vide. Il doit être là encore dans sa médiocrité ne mesurant que la conquête de plus que je devais être sur sa liste. Pauvre type comptant ses milliers d'euros voire beaucoup plus, étalant sa réussite devant toutes personnes, flamboyant parfois mais toujours assez vite de retour vers son statut financier. L'homme avait disparu derrière l'ogre, toute humanité ne pouvait survivre en lui et il s'enfonçait sur cette route sans fin vers une solitude dont dès ce soir il goûtait la saveur fade. Il ne faisait que répéter cette situation, ces amis, plus encore ces ex-petits-amies m'avaient souri au début, puis l'une m'avait prévenu de ce tourbillon euphorique du début de toute relation avec lui qui suivait un chemin toujours plus près du bord de la falaise. Il chutait à chaque fois en suivant le même parcours, voire la même routine de beaux hôtels pour séduire, les mêmes balades en grosses cylindrées. Cette ex, je ne l'avais pas cru, soupçonnant un jeu improbable de jalousie et de revanche.

L'oublier

Ce soir, je pourrais l'appeler, lui confirmer ses mots, cette fadeur de la routine, cette sournoise impression de n'être que sa créature.

Oui avec son cocktail favori, mais sans l'envergure et la classe d'un gentleman, je lui avais parlé de sentiments. Cette immatérialité de la vie, des échanges entre deux êtres. Au-delà de la superbe robe faite sur-mesure qui tombait à ravir sur mes hanches, enveloppait ma poitrine avec souplesse, je lui parlais de nos émotions, assez vite des miennes. Car dans cette rencontre, après lui avoir résister longtemps, ne succombant pas à son étalage numéraire, je l'avais fait venir à moi, avec plus de simplicité, cherchant l'honnêteté de son approche, de l'homme que je pensais apercevoir en lui, derrière ce costume trop bien taillé. Il s'était dévoilé, avec ses vérités, ses souffrances, son enfance pas si facile, ses projets divers. Il m'avait même parlé de ses échecs, de sa vie, de ce qu'il cachait par honte de ne pouvoir convaincre les autres, d'être ramener à une image que lui-même souhaitait oublier. Il n'était que le pantin du regard des autres sur lui-même. Le miroir ne lui renvoyait plus ce qu'il était mais ce qu'il voulait, devait montrer. Le meilleur moyen de ne plus exister pour soi. Nous avions oublié le luxe, cette vie facile et assez fade, pour une randonnée en montagne, pour respirer l'air à pleins poumons, pour boire une bouteille de vin avec du pain et du fromage trouvé dans une épicerie d'une village. Nous avions ri quand sa carapace tombait , quand il riait d'être si bien ici, quand nous étions enroulé nus dans cette couverture, en pleine nature. Nous avions fait l'amour totalement libres du regard des autres. Mais le retour n'avait que pousser au loin cette authenticité de la vie, il était reparti vers ses projets, vers ses repas d'affaires où l'existence se mesure en actions, en voitures grands modèles et en silhouettes blondes posées en passagères. 

Je ne voulais plus suivre cette route, encore moins être cette femme, comblée d'achats et de pseudo-cadeaux, car je ne voulais que de l'amour d'un homme.

Seule dans la baignoire, sans aucun autre vêtement que cette robe, cette lingerie fine, mes bas et mon manteau, je repartais pour une nuit douloureuse mais libératrice. Pour une journée, demain, une autre journée de célibataire, un peu triste, mais libre.

 

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - vous

Faut-il prendre le temps de sortir une station de métro avant notre destination, pour flâner doucement en ce jour de printemps !

Prendre le temps de profiter du soleil sur cette avenue où les arbres commencent avec sagesse à bourgeonner. Au loin, un square avec des cerisiers en fleurs, rose et blanc, les teintes se mélangent et se chauffent aux rayons éparses traversant les branches. 

Et vous êtes là, présentes avec votre mode qui sourient à la météo de printemps, un festival de doudounes oubliées, pour laisser place à des manteaux longs mais ouverts sur vos jambes, avec des jupes plus courtes, voire des shorts élégants. Des manteaux plus courts avec vos jambes encore enveloppées de bottes, l'élégance d'un pont entre deux saisons. Toujours avec ce détail qui fait de vous des exceptions, plus exactement des femmes uniques. Que vous soyez classiques ou parfois plus excentriques, quelque soient vos âges, de l'adolescente pétillante partant avec ses copines vers le lycée avec ce collant opaque de couleur moutarde si harmonieux avec le reste de sa tenue et ses rires, de la femme âgée avec sa canne, chapeau posé sur la tête, comme une folie douce d'un autre temps, mais bien là pour signer sa mode du jour, de la jeune mère de famille avec son jean et ses baskets blanches stylées et son blouson en cuir sur un top à message, avec sa fille qui demande "çà veux dire quoi les mots sur ton t-shirt, maman ?" et d'expliquer "je suis une bonne connasse" avec des mots d'enfants, de la femme en tailleur gris si simplement chic avec ses stilettos vernis et brillants et les multiples brides so chic doublement, de cette femme discrète qui semble chercher son chemin avant d'apercevoir une amie, s'approchant avec son bouquet de fleurs et sa tunique colorée sous un manteau rouge carmin, vers sa petite amie apparemment, avec des bisous partout. 

 

Un simple détail

Oui vous êtes toutes là avec votre mode, vos accessoires qui font de vous des femmes uniques, grandes ou petites, maigres ou rondes, de toutes cultures, vous avez ce détail pour vous. Escarpins, sacs, bottes, bas ou collants, lingerie cachée ou faussement dévoilée, bottines avec autant de variantes de talons, chapeaux, écharpes ou étoles, coiffures avec des cheveux longs ou très courts, maquillages et variantes de manucure, tout est détail pour vous, vous nos yeux aussi.

Prendre le temps de perdre notre regard sur ces éléments anodins mais choisis ce matin avant de sortir de chez vous, pour vous rendre unique et si possible sereine durant votre journée, quand vous serez bien dans votre mode.

Bon printemps avec votre mode.

Et vous, quel est le détail du jour ?

 

 

Nylonement

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Féminité & Sensualité
Sourires

Des lèvres rouges, des lèvres rose pâle ou rose fuschia, des teintes de violet, de rouge tirant vers le grenat foncé, d'orange faussement affirmé, de noir ici mais là plutôt prune avec un reflet satiné, des lèvres au naturel, des bouches vierges de tous masques, voilà une nouvelle semaine, un élément anodin et pourtant si visuel, le bas du visage est libéré de toutes contraintes visuelles.

Enfin vous avez la tête au complet de vos collègues, enfin la moitié de vos compagnons de bureaux car encore certains et certaines sont en télétravail, ce sera pour demain si vous êtes présents. Des visages, des bouches parlantes avec des mots complets non absorbés par le tissu fin, des expressions réelles de vie, d'échanges au-delà des regards et des jeux de sourcils. Voilà des barbes, des moustaches improbables, une barbiche aussi pour ce nouveau djeun's jamais vu au complet, arrivé dans les nouveaux embauchés durant les derniers mois, bref des têtes nouvelles, des anciennes têtes revenues, un peu changées, fatiguées ou un peu tristes de ce passage trop long dans le tambour de la machine à laver de la maladie à épisodes, ils et elles sont là.

Cette standardiste don on ne voit déjà que le tronc, peut-être sans jambes, cachée derrière un masque, une vitre fine, des lunettes un peu teintées quand vous étiez revenus au bureau en début d'été, cette personne est là debout avec un visage et un café à la main. Elle existe, vous doutiez, vous aviez envisagé en rigolant un simple robot prenant le contrôle des entrées, vérifiant les pass et autres distributions de gels et de masques. Cette nouvelle directrice, vue uniquement chez elle, dans son chemisier imprimé assez chic, avec un tailleur au complet avec ses escarpins, alors que vous n'aviez qu'une tête en gros plan et en contre-plongée, avec un filtre moche derrière elle représentant un univers froid, voilà un peu plus de chaleur et un rouge à lèvres rouge mat. Elle parle, vous la revoyez encore avec son filtre, les effets secondaires de la décompression progressive du présentiel. Vous souriez intérieurement, vous souriez tout court en apercevant votre équipe, les uns et les autres, avec des bras, des jambes, des tenues plus conventionnelles car le relâchement des visios commençaient à se ressentir côté vêtements. Vous n'osez toujours pas la bise, d'ailleurs est-ce interdit ou professionnellement inadapté dans nos nouvelles rigueurs de comportements. 

Vous suivez cette réunion dans cette salle, avec la chaleur de voir chacune et chacun s'exprimer pleinement, avec sérieux mais aussi ponctué de sourires, de jeux des zygomatiques et des muscles des joues, des lèvres et du menton, ce complément si utile aux yeux expressifs certes mais complices de vos mots, de vos affirmations ou de vos doutes. Tout est là, libres enfin. 

Avec des lèvres de couleur, ce orange léger et nacré de cette personne inconnue est presque troublant, vous lisez sur ses lèvres, vous êtes captivé, victime d'un sevrage trop long. C'est si beau, cette touche de maquillage, ce détail de féminité presque volée quand votre esprit garde le réflexe de remettre le masque ici ou là. D'ailleurs vos idées s'envolent, et si toutes et surtout tous, nous revendiquions cette liberté retrouvée en portant du rouge à lèvres, hommes et femmes. Comme une manifestation de joie et de couleurs !

 

Nylonement

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