Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Féminité & Sensualité

Ces derniers jours, j'avais repris ma place favorite de contemplateur en mode présentiel, en adoptant ce recoin de café, bien au chaud avec la sortie des cuisines, bien tranquille pour savourer un bon chocolat chaud en regardant les autres tables, les plus proches dedans comme les plus éloignés derrière la vitre qui me séparait de la terrasse.

Un petit ordinateur pour écrire, pour vous décrire, un livre pour les périodes plus calmes de passages, je laisserai mon regard vous suivre, vous voyant arriver comme revenant d'une grande bataille, conquérante dès huit heures du matin, à moins que ce ne fût juste un retard de réveil, ou un simple moyen d'essayer de faire oublier votre retard auprès de ceux qui vus attendait avec leurs cafés. Vous étiez là, avec votre présence, votre visage.

 

 

Photo : Irina Shayk pour Vogue

Photo : Irina Shayk pour Vogue

Elle était là, arrivée plutôt en louvoyant dans un long manteau beige impeccable, laissant juste apercevoir des hautes bottes droites en cuir couleur moutarde. Froide comme la température extérieure, elle s'était glissée sans gêner pour se mettre à mon opposé, dans un autre recoin permettant de superviser cette salle de café, son regard restait impassiblement vide d'émotions. Certains auraient dit énigmatique, je me contentais de reptilien à sang froid ayant perdu beaucoup d'espoir dans l'espèce humaine. Sans raison, juste par jeu personnel, je lui donnais ce personnage, son café n'était pas froid, ni même trop chaud, mais elle le dégustait en y posant à peine ses lèvres, ne souhaitant pas dévoiler sa langue fourchue. Son instinct retenait tous ses gestes, une économie qui commençait par son visage, toujours aussi figé dans une profondeur morbide. Elle attendait quelqu'un ou quelque chose, un déclic pour se jeter sur sa proie. 

Comment peut-on se donner un style pareil, vivre au quotidien avec cet horizon perdu dans le regard ? Un tel désespoir doit avoir dévorer ses entrailles pour ne plus pouvoir exprimer un début de sourire, même pour gentil jeune serveur venu lui déposer son café, revenant lui proposer un verre d'eau ou un croissant. Rien, absolument rien n'émanait d'elle. Venimeuse ascendant vénéneuse, serpent ou plante verte géante croisée avec une humaine à longues jambes slaves, son mystère restera entier. 

Un grosse berline noire s'est arrêtée devant le café, elle l'a vu aussitôt, elle est sortie en laissant un beau pourboire, et toujours sans émotion, sans aucune émotion, sans mouvement de muscles du visage, elle a disparu.

Photo : Jessica Chastain pour harper's bazaar

Photo : Jessica Chastain pour harper's bazaar

Heureusement ce matin là, il y avait d'autres personnes, une autre femme, un autre entrée avec plus de chaleur. Un long manteau toujours mais le froid d'hiver le justifie quand il ne nous laisse que quelques degrés positifs pour courir vers chez soi ou vers un bureau, un long manteau rouge souple sur une robe en laine courte avec une jolie paire de gambettes enveloppées dans un voile de nylon noir avec des motifs élégants, le tout posé dans des bottines de cuir noir. Un grand sac, une part importante de sa silhouette, de son allure quand elle est entré, fourvoyant dans l'immensité de l'accessoire pour sortir sur sa table, une boîte à maquillage, une brosse, un non deux téléphones, un cahier et des crayons de couleurs. Le serveur regardait, souriait de ce bazar ambulant, prenant note d'un thé avec des macarons, trouvant une chaise de plus pour le sac. Elle était enfin assise, volubile mais un peu perdue avec elle-même. Car derrière cet espace occupé, je ne voyais qu'une femme timide s'exorcisant de ne pas vivre assez librement du regard des autres. Elle venait d'en faire la preuve, car notre monde individualiste ne la jugeait pas, toutes et tous étaient sur leurs écrans. Elle serait rentrée nue sous son manteau, je ne suis pas sûr qu'il y aurait plus d'un regard, le mien. Il est beau le monde.

Là maintenant, installée, dispersée sur sa table, dans son univers, elle corrige ses paupières d'un cuivré délicat, elle se mire, sourit, cligne des yeux, l'un puis l'autre pour s'assurer de l'équilibre harmonieux du tout. Puis sagement elle brosses ses cheveux, d'une main elle les soulève, de l'autre elle crée la vague soyeuse. Ce geste infiniment féminin, elle le répète, je suis conquis, suis spectateur au milieu des écrans illuminés dictateurs du regard des autres. Elle se pomponne en vérifiant le tombant des cheveux, sur ses épaules, sur sa robe et sur son visage. Un souffle et ceux-ci recouvre la partie droite, donnant du mystère ou rappelant sa timidité inavouable, qui est-elle vraiment ? Elle sourit au miroir, d'un geste très précis, maîtrisé naturellement, elle marque ses lèvres d'un rose léger mais satiné. Elle boit maintenant son thé, écrit avec ses crayons de couleur dans son cahier, elle note, souligne, raye, gomme. Elle attend le soleil d'hiver, un peu trop discret aujourd'hui.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Culture
Livre : 'Le droit d'emmerder Dieu' de Richard Malka

Noël 2021, dans une ambiance féérique avec mes enfants, mon esprit ailleurs pour d'autres raisons plus personnelles, j'avais demandé au bonhomme rouge à la barbe immaculée et blanche uniquement une longue liste de livres sur le vins. Eh oui, un passion qui reprend un peu plus d'espace dans ma vie, dans le plaisir de partager avec les autres. Petite précision, des livres sur le vin mais d'occasion, avec la consigne unique : des achats sur LABELEMMAUS pour une économie solidaire bien réelle.

 

Parmi les petits paquets, j'ai eu la chance malgré tout de recevoir ce livre de richard Malka "le droit d'emmerder Dieu". 

Tout un programme avec ce titre provocateur, et pour cause, l'avocat et écrivain Richard Malka nous offre ici l'intégralité de son réquisitoire pour le procès des attentats de Charlie Hebdo. Tout est là, parfaitement expliqué, magistralement disséqué et documenté sur les fameuses origines des caricatures (et leur falsification !!), tout est repris, en reposant certaines origines honteuses des comportements religieux de tous bords, et puis les faits, l'horreur sans trop de détails, mais surtout la perte d'une équipe de provocateurs acides certes mais libres, incarnant la liberté d'expression. Excessifs parfois oui, deux fois oui, mais dans cette liberté qu'ils vous laissent de regarder à côté de leur magazine ou de leur torchon suivant votre conviction, votre ressenti. 

Et Richard Malka argumente encore. S'il a publié ce texte de 90 pages c'est pour libérer des vérités, car lors du procès les retards trop nombreux entre covid et nombre d'intervenants, il a dû écourter. C'est écrit avec conviction, avec des mots choisis, avec pertinence et émotions, avec justesse aussi car c'était aussi sa famille dans une équipe toujours forte et soudée, fragile et exposée, protégée depuis des années, encore aujourd'hui, pour simplement publier des analyses et des dessins virulents, avec un regard qui me sourire le plus souvent. L'auteur défend, expose, reprend son ouvrage pour simplement partager leurs vérités.

Indispensable lecture pour comprendre ce processus de haine, de terrorisme contre la liberté.

 

Soyons libres de toutes nos lectures !

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Douleurs de Femme, #Femmes - vous

Est-il possible de croire à mon évasion ? De la rendre réelle pour sortir de cette prison sans barreaux ?

Aujourd'hui peut-être, je peux envisager cette opportunité. Un jour de repos, un jour seule, chez moi. Une journée sans horaires de travail, sans bip de réveil le matin, toujours trop tôt pour échapper aux embouteillages car j'ai abandonné les transports en commun. Les croisements trop nombreux avec des gens, des individus si individuels pour respecter les consignes d'hygiène, je ne pouvais plus supporter tout cela. Car au-delà du savoir-vivre il y avait le savoir vivre ensemble. Une crise mais surtout une résurgence de l'individualisme profond, du pouvoir de l'anti-communauté en promulguant chaque jour sa liberté propre d'être seul dans un monde de sept milliards de personnes. Alors moi aussi je prends ma voiture, seule, parfois avec un collègue habitant à proximité quand nos horaires et agendas concordent, je roule dans ma bulle, dans le flux lent et mou des voitures.

Aujourd'hui je suis restée dans mon lit, un peu plus longtemps car les besoins naturels primitifs vous rappellent que chaque matin, vous allez vous libérer à la même heure. Le chat en a profité pour se lover sur la place chaude dans le lit, je l'ai poussé et je suis magiquement rendormie. Une douche, et un moment nue, sans but et sans horaire, je suis restée là à me demander ce que j'allais pouvoir faire de ce temps libre. Enfin. Pas encore prête à cette journée à possiblement rien faire.

Rien, un moment immobile et moi, nue.

 

Evasion

La chaleur de la douche disparaît, je glisse vers ma chambre, j'ouvre ma commode pour choisir mes dessous. Confort ou séduction, je suis seule aujourd'hui mais je peux aussi prendre un peu de temps pour laisser le confort du travail et du quotidien pour choisir un ensemble en soie par exemple. Une petite folie achetée durant les dernières soldes, mise une fois et oubliée là. Soie rouge, piment coloré sur ma peau blanche d'hiver de routines journalières, je suis tentée. Lâcher-prise ainsi, ce serait bien de prendre du recul, de prendre le temps de m'aimer un peu, égoïstement, d'être féminine et sensuelle juste pour moi. J'agrafe le soutien-gorge, laissant ma poitrine se poser dans les balconnets, naturellement, en souplesse. La douceur m'enveloppe, encore plus en me faufilant dans une culotte haute si élégante, et si vaporeuse de soie et dentelle. Je me sens bien. 

Collant ou bas, j'aime la liberté des deux, mes jambes sont mes atouts de femme, j'aime en abuser pour les montrer mais aussi les cacher, les dévoiler quand je veux seulement. Des bas seraient bienvenus car si doux, si délicats sur ma peau. Et puis cette liberté si personnelle sur le haut de mes cuisses. J'aime cela. Une robe, un pull, le compromis des deux avec cette robe-pull en laine et soie, je profite de ce confort chaud. Quelques boutons, je retourne pour un maquillage sobre, une touche d'eye-liner. 

Une touche de parfum, je revis avec le chat qui se frotte autour de mes mollets. Pas d'escarpins, des ballerines, des livres, un grand thé chaud, de la musique, pas de médias pour rester dans cette bulle de protection. Je me sens bien. Un peu libérée. 

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - vous

Noël, doux noël, cette belle période de calme, avec la possible trêve des confiseurs, ce moment qui nous coupe du monde réel. Je marche dans la rue avec des sacs et quelques achats, un long manteau chaud pour couper le vent, une belle écharpe douce, la tête ailleurs, avec des guirlandes qui scintillent dehors mais aussi en moi. J'aime cette période où la sérénité devrait prendre le dessus sur toutes les mauvaises nouvelles de notre monde réel.

Je gambade avec mes bottes hautes, je suis bien, un arrêt devant la vitrine du chocolatier, une envie d'une croquante version très noir, très intense pour accompagner mon thé. Douceurs du palais, confort de mon chez moi. Je flâne dans cette rue emplie de sapins décorés, de lumières et de décorations poétiques. Derrière les vitrines, des idées de cadeaux, le charme aussi des ambiances avec fausse neige et chapeaux rouges quelques soient les commerces, entre boulangeries et traiteurs, mode et voyages. 

Mon regard tourne, happé par le tourbillon, mes yeux clignotent, je souris de me croire dans une autre dimension, absorbée dans un téléfilm de Noël où toutes les rues brillent, où les coins et recoins sont tous couverts de branches de sapins, de boules multicolores et de sucres d'orge géants rouges veinés de blanc. 

Et elle est là. Avec sa lumière intérieure.

 

 

Publicité Louis VUITTON (ceci n'est pas un article sponsorisé, juste une illustration)

Publicité Louis VUITTON (ceci n'est pas un article sponsorisé, juste une illustration)

Dans son panneau publicitaire, elle vient de stopper le tourbillon. Là sur le trottoir, elle rayonne, son manteau écru posé sur ses épaules, délicatement ouvert sur des jambes divines, elle attend. Elle nous regarde, nous observe après avoir déposé son sac sur le banc du musée. Vient-elle d'une autre dimension ?

Parfaite, belle, très belle, ravissante, sublime. Ses cheveux courts impeccables, elle prend le temps de voir défiler ce petit monde de clients dans la rue, depuis son univers de beauté sans aucun défaut. Pourtant devant elle, il y a des hommes et des femmes, quelques enfants, des chiens. Rien de merveilleux, des gens, des anodins, des gros et des grands, des petites et des minces, des variantes de toutes morphologies, fagotées dans des manteaux trop justes, posées dans des chaussures entre baskets et modèles insipides. Quelques bottes aussi, des escarpins parfois, quelques belles gambettes se faufilent au milieu de cet ensemble, des collants opaques, un ou deux avec des motifs plus glamour, quelques petites robes noires s'aperçoivent sous les doudounes, loin d'elle malgré tout. Certes son maquillage provient des doigts de fée d'un MUA, d'un make-up artist, sa coupe et sa blondeur nuancée des compétences d'un coiffeur de stars, et puis pour compléter le trio, un graphiste champion de la retouche discrète. Je sais qu'elle est naturellement très belle. Dans les films, elle est très entourée, mais dans les médias, elle apparaît si simple, si réelle, si parfaite. 

Mais est-elle la beauté de toutes les femmes ? Difficile d'incarner toutes les diversités, toutes les silhouettes, en ajoutant les coiffures et les teintes de peaux, c'est impossible. Elle est une image, une envie, un repère mais en aucun cas un absolu pour des femmes hypnotisées par cette beauté irréelle. Je suis pourtant captive de tous les détails qui me fascinent, jusqu'à bout de ses slingbacks bicolores. Je n'ai même pas l'envie de son sac, mais je craquerai volontiers pour prendre sa place, contemplative dans une autre dimension. Femme générique montrant mes gambettes, avec ses escarpins, avec mes formes, je suis une femme. Simplement moi.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Culture
Livre : 'Papa st au Panthéon' d'Alix de St André

Une jolie lecture de détente, même si je n'étais pas sur la plage, sous un soleil d'été, sur du sable fin, de toute façon, je préfère la lecture sur canapé ou au lit.

Un livre souriant sur la panthéonisation d'un homme, d'un père disparu, d'un héros. Le roman s'amuse des critères pour choisir un 'grand homme' dans une arène politique où les coups bas et les magouilles sont des rituels habituels. Heureusement il y a la petite fille qui a perdu son papa, devenu femme avec les deux pieds sur terre, avec une mère dilettante, avec ces personnages secondaires attachants comme le responsable du Panthéon. On visite, on croise des fantômes, on soulève le tapis du héros, on envoie un expert de l'écrivain ex-résistant pour retrouvé ses cendres aux quatre coins du globe. 

Car au final, l'homme n'est pas mort, et pourtant la machine infernale, celle qui a décidé veut le fêter, l'introniser dans ce lieu ultime de la République. L'auteure s'est donnée les possibilités de rire de cette situation tout en incluant une belle histoire d'amour entre une femme retrouvant enfin son père.

Emouvant et joyeux !

 

"PAPA EST AU PANTHEON"

d'Alix de St André

édition Gallimard

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain
Envie d'ailleurs

Sortir par ce froid glacial, dans une ville que l'on ne connaît pas encore, partie loin de chez moi pour un contrat, je flâne dans les courants d'air de l'hiver. Mais j'avais tant envie de voir ailleurs, de sortir de la bulle sans frontières de cette maladie, loin, un peu plus loin que mon salon en télétravail, un peu plus loin que la tour de bureau pour du présentiel au compte-gouttes. Personne n'était volontaire, et même si j'avais un rendez-vous avec une amie pour le week-end, j'ai sauté sur l'occasion pour partir.

Avec les instructions, un ordinateur avec la démo, les contrats et une petite valise pour quelques jours seulement, mais avec cette joie quasi infantile de monter dans l'avion pour aller ailleurs. Les sourires étaient encore cachés par le masque mais je suis allé ma caler dans mon fauteuil pour un voyage court mais profondément libérateur. 

En arrivant, la neige partout, le froid et le silence d'une ville éteinte, le taxi dans la nuit, les lumières se reflétant sur les trottoirs blancs, les boutiques, quelques décorations de Noel ici et là, un hôtel silencieux lui aussi. Grand et spacieux hall d'accueil mais avec un nombre minimaliste de personnes en attente de business, pas de touristes ou si peu pour remplir ce grand espace. Pas de couples, juste des individus penchés sur leur smartphone ou leur ordinateur portable, un écran pour faire un duo. Je suis montée dans ma chambre, au douzième étage, avec vue sur la ville, sur la nuit et ses étoiles collées au sol dans les fenêtres des maisons. Après une douche tiède et lovée dans un peignoir, j'ai contemplé ce petit bout d'ailleurs, en croquant un plat du room-service.

Aujourd'hui après cette présentation, enveloppée dans mon grand manteau, avec mes cuissardes, je profite de chaque coin de rue, des vitrines, des personnes entrain de courir après des courses pour Noel. Je m'arrête devant cette magnifique vitrine de libraire, un oeil sur les livres dont je ne comprends pas la langue. Je suis ailleurs, dans une autre dimension, loin de mon cocon habituel, avec cette respiration libre. 

Je marche sans but, je trottine avec mes talons sur des trottoirs dégagés, avec les sourires complices de passants jugeant mes cuissardes probablement inadaptées à la saison, je ris de cela, mais je vis dans ce bout d'ailleurs, je revis.

 

 

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Femmes & Portraits

Du rangement, j'en avais fait durant les derniers mois, retrouvant au passage ces vieux albums de photos que nous faisions avant. L'occasion de se replonger dans le passé, dans les souvenirs surtout, car en observant de plus près les photos, j'ouvrais une porte de ma mémoire, des clefs et des portes multiples. 

Les décennies, l'autre siècle, celui de ma naissance, de mon enfance, de mon adolescence, de la guerre, mais aussi de l'évolution exponentielle de notre monde. Je feuilletais les années 60, les prémices de la liberté, d'un féminisme incompris des mâles dominants nourris des siècles précédents, incompris tout autant des jeunes hommes qui voyaient dans l'amour libre des années 70 des corps libérés pour n'être que plus accessibles sexuellement mais doublés d'une femme au foyer ensuite. J'avais vu tout cela, je l'avais vécu, je le revoyait sur nos photos, lui était là, la famille et les copains. Quelques futurs amis fidèles toujours vivants aujourd'hui, d'autres au hasard des clichés jaunis avaient disparus derrière des vérités politiques discordantes ou partis en province pour ne plus jamais être recroisés. Les fameux réseaux sociaux se limitaient au téléphone parfois, à des cartes postales surtout. Un autre temps. Tiens celle-là, il ressemblait à Bébel, nous avions été le voir au cinéma. Quel bel homme ! J'étais jeune, j'étais femme, je voyageais déjà pour mon travail. Les photos parlent de la mode, d'une époque, je me vois m'affirmer dans ces albums, suivant les folies des jupes courtes puis des robes longues, puis du cuir, puis des tailleurs, avant autant de couleurs variées, de matières nouvelles, autant de coiffures que je dirait exotiques aujourd'hui. Les permanentes des années 80, quelle histoire, je ressemble à des actrices de série télé que l'on retrouve maintenant en version vintage sur internet. 

Crédit photo : provenance pinterest

Crédit photo : provenance pinterest

Pas vraiment un coup de vieux, plutôt un beau voyage temporel, car j'aime mon image, celle d'une femme assumant sa silhouette, avec les maternités, les enfants, le boulot, la fatigue, les vacances, les sorties, quelques douleurs aussi. Les photos sont là, pas pour chaque instant, mais je revois des époques, des maisons, des déménagements, un divorce, un autre homme, des autres relations, des moments de vies.

Mais je suis toujours là, maintenant je peux dire un peu plus vieille, senior aux cheveux gris ou silver, dans une décennie nouvelle, dans une conquête d'un siècle possible. Mes enfants font et défont leurs vies, mes petites filles viennent fouiller les armoires et les cartons pour commenter mes tenues de mode, elles rigolent, et puis parfois elles piochent car le vintage de mamie devient tendance. Moi, je ris de me voir si belle à cet âge.

Et puis quand le jeune serveur parle d'une jeune grand-mère, pendant que je bois un perrier-menthe avec mon arrière-petite-fille, je rajeunis. Sagement. Je souris encore et toujours. La vie est belle.

 

Nylonement

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