Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Culture
Expo : Paolo TITOLO - Translucidas
Expo : Paolo TITOLO - Translucidas

 

Des clichés, des couleurs, des corps, des détails, des zooms, une ambiance. Vous voici prisonniers d'un voyage initiatique, avec pour guides, le photographe Paolo TITOLO et sa femme Mariela CASTRO, une balade au milieu de leurs visions, de leurs explications sur un monde en évolution.

 

La MEP ose un regard différent sur un nouveau genre, sans jugement aucun.

 

Les photos sont en grand format pour mieux les appréhender, pour saisir les sourires, parfois des douleurs cachées, une belle exploration à compléter d'explications données dans la vidéo ci-dessous.

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Nylon Passion, #Féminité & Sensualité

Un lointain souvenir, forcément quand l'âge devient canonique comme le mien. 

 

Et puis avec le regard, plus encore avec les petites phrases, quand mes proches m'accompagnent dans la maison de retraite. Je suis un petit vieux, branlant sur sa canne, avec des instants d'égarement même, la mémoire semble se couper de ma communication, car je pense encore. Mes neurones se sont adaptées à ma vie lente, à mes courses immobiles dans les longs couloirs beiges, à mes journées rythmées par les repas, les gélules, les aides des soignantes. Parfois je souffre de ne plus être le jeune gars vif qui pédalait entre le village et la ville pour aller guincher avec des copines, pour des bals et des pots, des baisers volés sous les porches des rues mal éclairées. J'avais ma vie, mon petit travail, des rêves, pleins de rêves dans la tête le soir dans ma petite studette, des tas de romans posés au pied du it. PAs de télé à l'époque, mais des milliers de mots, des chapitres dévorés tout en mangeant sur une petite table en formica, dans une assiette un peu triste. Je dévorais les ambiances de polars, les romans aussi romantiques, et quelquefois j'allais au cinéma. Des lumières, des actrices sublimes de glamour, des voix douces, des étoiles en revenant sous la pluie chez moi, toujours en vélo. Trempé je pensais fort à elles, à leurs corsets, à leurs gambettes, à leurs gestes délicats avec leurs cheveux.

 

Un jour enfin, j'ai eu une voiture, une occase revendue par mon patron, un beau contrat signé juste avant, un nouveau poste, un tournant dans ma vie. J'ai foncé dès le premier week-ed à un autre bal, et elle était là, brune, sublime, conquérante. Enfin je m'en rappelle ainsi car au final elle était discrète, délicieuse avec son parfum de fruits rouges, ses jambes gainées de noir, cachées sous des jupons trop longs sauf quand elle dansait. On a tourné, des milliers de fois avant de s'embrasser, de l'aimer éperdument, éternellement. Chaque jour ou presque j'y pense. Je l'ai aimé si fort. Elle a été ma femme, la mère de mes enfants, l'éternel amour de ma vie. Nous avons roulé vers d'autres cieux, d'autres paysages, avec un appartement et même une petite maison au bord de la mer. De la musique, des danses toujours, des rires et des sourires tous les jours. Un baiser long chaque jour avant de dormir !

 

Et eux qui me voit comme un vieux, un ancêtre, un héritage sur pattes peut-être aussi, ils oublient que j'ai eu un passé, une vie trépidante, des moments de douces folies. Oui des galipettes avec mamie quand nous étions jeunes. Nos corps étaient en parfaite fusion avec nos esprits, avec les libertés nouvelles de l'après-guerre. Nous avons croqué toutes les douceurs. Elle me manque, mais ces bas nylon, sa touche de féminité si personnelle, toujours sur ses gambettes parfaites, je ne les oublierai jamais. Une nostalgie amoureuse, car c'était une étincelle de volupté qui signait ses sourires, surtout quand elle soulevait sa robe. Malicieuse, séductrice, gourmande de nos corps rapprochés.

 

Laissez-moi tranquille sous ce parasol, sur cette terrasse avec un peu d'eau citronnée, je suis bien. Ma mémoire déroule des films en noir et blanc, en couleurs, sublimes et uniques.

 

 

Nylonement

 

Nostalgie

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode
Belle rentrée

Quelques jours de décalage, le privilège de ne pas avoir d'enfants, ni petits, ni ados, j'avais pris mes vacances pour prolonger l'effet bronzage jusqu'à ce week-end. Sourires en posant les pieds à l'aéroport, en partageant le taxi avec un trio d'amies avant que chacune rentre dans une nouvelle année de boulot, nous avons partagé encore des images de cette semaine ensoleillée, de nos sorties ensemble, de nos rencontres amoureuses d'été, quelques rires encore.

 

Là, ce matin, réveil, un coup d'oeil dehors et patatra, il pleut. L'automne attend au coin de la rue mais quand même, on est début septembre. Un ciel gris, moche derrière les volets, et mes tomates sur le balcons sont soudainement moroses, incertaines de leur future rougeur sucrée. Les fleurs semblaient se pencher pour ne pas voir la tristesse des nuages, attendant le vrai réveil du jour et de leur fidèle ami, le soleil. Un peu d'air frais par la fenêtre du salon, et direction la douche pour dynamiser mon corps. 

 

De l'eau, de l'eau tiède puis chaude, des gouttes, sur ma nuque, sur mes cheveux, sur mon dos, sur ma poitrine, sur tout mon corps, une douce caresse enveloppante, un oeil vers le vasistas, pasencore de bleu dehors. Le soleil liquide pour me réchauffer, et une pensée distraite pour ma tenue du jour. J'avais préparé, une habitude quotidienne après la météo du soir à la télé, mes affaires, mais ma tunique en coton léger, même avec un gilet fin de la même matière, soudainement, ils étaient tristes, incongrus. Je suis sortie de la salle de bain après un coup de serviette sur les dernières gouttes cachées derrière ma silhouette, et le souffle de vent était bien plus frais que prévu. Les gambettes bronzées, le souvenir des récentes journées étouffantes de chaleur, je n'envisageais même pas un collant ultra-fin. Une négation mais aussi la pluie dehors, un rapide regard sur mon appli météo, des dégrés perdus jusqu'à ce soir, une grosse dizaine, alors je suis allée vers mon dressing. Robes de mi-saison, pas envie, au final après avoir tirer de nombreux cintres, une jupe colorée, un haut rayé, de la féminité pour ne pas avoir froid. Quel paradoxe, alors que je redoutais d'avoir trop chaud.

 

Une tasse de thé, un fruit, une autre interrogation : quelles chaussures aujourd'hui ?

 

Et vous, quelle sera votre mode du jour ?

 

 

Nylonement 

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain, #Femmes - vous
Prochain printemps

Un verre posé sur la table, vide, le goût étrange du jus d'orange qui coule en moi, la position semi-assise, semi-couché dans ce lit d'hôpital, des saveurs que je ne retrouve pas, mais au final une bouche pâteuse qui salive pas. Le petit croissant est là, posé dans sa barquette de plastique, seul, fade face à mon regard, sans le moindre arôme de viennoiseries. J'ai déjà mangé, lentement, le bout de baguette, après avoir pris le temps de déplier le papier doré du beurre, après avoir étalé soigneusement le gras jaune sur la mie blanche. Mâcher lentement en pensant fort aux saveurs possible du pain, celui de mon enfance, de la boulangerie de grand-père, des grosses miches cuites encore au feu de bois, des larges alvéoles de la mie beige, l'explosion de la croûte grillée, de la farine et de souvenirs de gourmandises, Je voyage avec ce morne plateau posé sur la tablette, un regard perdu vers l'extérieur, j'aperçois un parc, des grands arbres, quelques oiseaux. Un coin de verdure, oubliant les immeubles environnant, les étages avec d'autres chambres, avec d'autres services, d'autres malades.

 

Le lieu, je le connaît si bien, depuis des mois, des visites régulières, des protocoles expliqués une première fois, répétés  malgré les doutes, les angoisses, les envies de recul et puis les envies de vivre encore. Ah la vie, je ne l'avais pas vu comme cela, moi, la trentenaire battante, avec un boulot indépendant et riche de beaux projets, un mari amoureux, une petite fille radieuse née il y a six ans déjà, une nouvelle maison, notre jardin où je voyais mon coin pour les pivoines. Puis un jour, il y a un an, j'avais eu mal en me pliant pour planter le première. Une douleur, un mauvais geste. Mais après quelques jours j'avais pris le temps de voir le médecin pour avoir son avis, pour envisager ses talents d'osthéopathe en complément, mais son regard s'était soudainement assombri. Un diagnostic mêlé à un intuition négative, Elle m'avait préconisé des examens, une longue liste. Le désir commun de bébé envisagé avec mon mari, la chambre prévue pour cela, le sourire joyeux de ma fille, des détails qui se balayait d'un geste avec une puis plusieurs soirées à douter, à pleurer sur le canapé. Pourquoi moi ?

 

Des larmes inutiles face aux diagnostics plus complets, plus précis, plus profonds en moi, découpée en tranches par les ondes et autres processus médicaux, je devenais une malade. Une urgence à traiter. Les douleurs n'étaient plus physiques mais celles de mon esprit. Paradoxalement j'étais prête à me battre et je ne voulais voir autrement l'avenir, mais il fallait repousser certaines étapes prévues initialement. Des portes, des blouses blanches, des ascenseurs et des protocoles. Heureusement mes parents, mes soeurs, mes beaux-frères ont pris en charge ma fille, car mon mari lui ne m'a plus lâché. Un magicien des mouchoirs, capable d'en sortir de toutes ses poches, de me livrer des fleurs à toutes heures, de me préparer des petits plats même si je ne mangeais rien. Plus d'envie. Beaucoup de doutes. Les premiers jours, les premiers traitements, les nouvelles douleurs physiques, les putain d'effet secondaires, immondes, dévoreurs de vie. Un véritable effort, plusieurs fois répété pour franchir la porte de l'hôpital, pour retrouver les équipes, pour absorber le souffle de demain, pour croire à tout cela comme un morceau de passé. Jamais un calendrier ne m'a paru aussi long, le carton dans mon bureau, les dates des visites passées, des dates futures, des autres rendez-vous, des médecins et des spécialistes, des examens pour valider encore l'évolution ou non de cette maladie invasive. Les heures, les jours, les semaines et au final les mois, une année déjà, mais même si le plateau repas n'est pas un miracle, il est une parenthèse de mes longues heures de mon quotidien. J'aime le soleil qui me dit bonjour en chaque saison, en attendant les sourires de mon mari qui passe chaque matin avant son boulot, repasse chaque soir, parfois avec ma fille quand je suis dans cette chambre, loin d'eux. Je sens la larme derrière mon oeil, cachée dans kes limbes de mes doutes, et au même instant la force de penser à l'avenir. J'attends le printemps plus encore derrière l'automne qui n'est pas encore arrivé, car comme pour les arbres et les fleurs, ce sera un nouveau départ. Un printemps pour une nouvelle féminité, ma première motivation, je rêve de mode, de spa, d'essais de maquillage, de bien-être sans douleurs. De contacts sensuels avec ma peau, parfois trop sensible pour recevoir ses mains. Je rêve de volupté, de lingerie fine, de bas nylon, de rires et des siestes en toatle douceur. Je rêve de lui, de nous enlacés. D'amour et de mon corps libéré. Encore six longs mois, sans cheveux, avec tous mes foulards certes, en soie pour le dernier, mais finalement l'énergie sera là, un nouveau stock. De nouveaux projets aussi. Et surtout plus de coupures, je serai chez moi, chez nous, dans notre maison, en famille.

Leur Amour, mon meilleur médicament.

 

 

Nylonement

 

 

Prochain printemps

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Nylon Passion, #Nylon 2000..., #Féminité & Sensualité
Mode pour soi

Ne pas savoir, ne pas l'imaginer, d'ailleurs simplement diner avec elle, si élégante dans cet enesemble, entre ce chemisier noir souple avec de la dentelle sur ses épaules et cette jupe au genou. Blanche comme la tendance de mode l'a suggéré, elle émerveille le public en passant entre les tables, moulant fort justement ses hanches, couvrant ses jambes, accrochant de la pureté froide de la couleur claire et  immaculée tous les regards, hommes et femmes.

 

Une carte, deux flûtes de champagne car les bulles donnent cette fraîcheur double, celle pour le corps, mais aussi pour l'esprit, avec le festif et la joie qui pétillent. Elle lit, pose des questions sur le nom obscur du plat, cherche l'ardoise pour les variations du chef en ce jour, pose ses lèvres sur le verre, regarde au loin la mer qui se retire. Lui l'observe, heureux de cet amour permanent, éternel geyser de bonheur, régulier et intense dans ses jaillissements. Son coeur oublie les plats, efface les entrées, néglige les desserts, il n'a que des yeux sur ses jambes tournées sur le côté. Deux escarpins beige, des slingbacks bicolores, simplement élégants. 

 

Un fin voile sur ses jambes, car le soleil ne vient jamais altérer sa peau blanche, alors elle dépose une touche de faux caramel, forçant cette nudité à fleur de peau à fusionner avec celle-ci. Lui seul le sait, car il a partagé ces instants privilégiés, l'habillage après la douche salvatrice en cet été chaud. Il l'a vu choisir pour elle d'abord, peut-être un peu pour lui, ce collier sur sa nuque, ce soutien-gorge noir avec de fines lanières soulignant l'arrondi de sa poitrine, cette culotte haute, toute en dentelle, toute en révélation. Mais aussi ce porte-jarretelle, un brin néo-rétro, les multiples attaches, ses bas vintage sortis d'une réserve de caviar mesurable en deniers, il a dégusté les coutures, les jambes droites, les gestes précis. Elle le regardait en papillonnant de ses yeux verts. Un chemisier léger, une jupe féminine dans sa coupe simple, anodine sauf par sa couleur unique, elle était prête. Il se souvient de tout cela, ne voyant qu'une femme libre, heureuse de son effet, sereine avec sa mode. Lui savoure car ce qui ne se voit pas, renforce plus encore le nombre de palpitations. Fantasme ou sentiments ?

 

Ou infinie douceur et sensations !

 

Nylonement

 

Gentleman W 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - Duo de générations, #Femmes - demain
Jardins

Mes petites-filles profitaient des jeux d'eau dans le jardin, un peu de fraîcheur vaporisée dans un nuage léger au-dessus de l'herbe. Un flot de rires, de cris d'enfants, de glissades involontaires, elles s'amusaient. Il était si bon de les voir se faufiler dans les allers de ce coin de jardin anglais, mon coin avec des arbustes mais aussi des touffes d'herbes hautes, un ruff flou dans les coup de vent. J'aimais passé du temps à l'entretenie mais je savourais les autres instants de contemplation avec cette joie si vivante pour l'animer.

Les jumelles avaient demandé pour jouer aussi avec un ballon dans ce bel espace, revendiquant l'interdiction dans le potager de leur papy. pas le droit de casser les plants de tomates, de marcher sur les salades, mais pas plus dans les rangées de rosiers. Elles rigolaient de leurs parties interdites plus loin, derrière la pette cabane à outils, devenue après des négociations et beaucoup de sourires, une cabane pour les poupées et quelques siestes. 

 

Un lieu rustique autour de notre maison, avec le temps, le travail d'une vie, d'abord pour se nourrir un peu, puis pour débroussailler la petite forêt et le rendre plus agréable, les jardins avaient trouvé leur place respective. Une pièce d'eau et des marches, une gloriette pour se détendre et lire, l'endroit préféré de leur mère, elle aimait y faire ses devoirs, flâner l'été aussi. Elle avait verser des larmes de bonheur lors de la demande de mariage, dans sa robe bohème, plus tard elle était revenue vers nous pour d'autres larmes. Aujourd'hui elle était repartie vers la ville pour travailler, laissant les petites encore quelques jours avant la rentrée. Un univers de fleurs et de parfums, nous aimions tant y manger, parfois nous reposer pour une sieste, mais aussi pour des fêtes de famille, des barbecues entre amis. Sous un arbre, avec un peu de vent pour tourner les pages de mon livre, je pose un regard contemplatif sur leurs courses d'enfants,  dans leurs robes d'été, sur trois générations dans cette verdure.

 

Du bonheur tout simplement !

 

Nylonement

 

Gentleman W

 

Jardins

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain, #Féminité & Sensualité, #Femmes & Portraits
Une jolie robe

Une tasse de café, une de plus. Un peu de tension, peut-être trop de caféine, des palpitations en plus, elle jette un regard à travers la fenêtre. Des maisons bien alignées, une résidence avec des pelouses vertes, des arbustes bien taillés, des trottoirs trop propres pour y voir une poubelle, un passant ou un vélo d’enfant, ici le vide semble remplir tout l’espace.  Un quart d’heure entre deux tasses, quelques voitures, quelques oiseaux sur les branches, un air de province triste, elle attend.

 

Cet après-midi, elle a pris le temps de se faire belle, plus encore que les autres jours, elle a voulu mettre en avant sa féminité. Elle si peu adepte du pantalon, encore moins du jean laissant les robes légères d’été de côté, elle a succombé à un coup de cœur sur le net la semaine passée, une longue robe de jersey bordeaux. Une coupe asymétrique, un tissu fluide et moulant, sa taille et ses hanches qui seront en valeur, elle a craqué en quelques clics. Le paquet est arrivé très vite. Une princesse a ouvert le contenu, détendu la coupe entre ses mains, jusqu’au sol, puis l’a posé sur le lit. « Idéale » fût le mot instantané dans son esprit et même dans la chambre vide. Après ce long hiver, ce printemps pluvieux, ces mois interminables de mauvais temps, durant lesquels elle a choisi de s’occuper de la famille, les jeunes adultes faisant leurs études, revenant le week-end, le plus jeune, adolescent au lycée, mais elle a ajouté de bonnes résolutions en allant courir régulièrement. Par tous le temps, pour sa silhouette, ses longues jambes, oubliées dans la routine de la vie de famille, dans la monotonie de la vie de couple, en mouvement dans les baskets, elle a dévoré des petits chemins, subissant les courbatures, puis l’envie de continuer après les doutes et les douleurs. Bouger pour aussi se vider l’esprit, pour se dépasser, pour se retrouver au final, seule dans la campagne, seule avec un passé, un présent et surtout de nouvelles envies pour l’avenir.  Des kilomètres devant puis derrière elle, des douches pour le réconfort, pour le bien-être ensuite, aujourd’hui elle a pris un grand bain, un bonheur si rare. Du temps pour elle, des bulles parfumées, des instants à caresser sa silhouette avec le gant, avec le savon, ensuite elle a lavé ses longs cheveux. Crèmes et encore un peu de parfum, un trait de rouge à lèvres. Nue devant le miroir, elle a souri, elle se plaisait à nouveau, elle se trouvait belle. L’avenir méritait un peu de beauté. Pas uniquement le passé.

 

Lingerie, des tiroirs, un choix pour le confort, pour le pratique mais aussi trop peu souvent portés récemment pour la séduction, elle a pioché, fouiné, retrouvant des ensembles oubliés. Un modèle gris et rose, enveloppant sa poitrine, un balconnet si agréable, elle a pris le temps encore de se regarder dans la glace avec sa volupté renouvelée. Une culotte ou un string, elle a hésité, elle a été surprise par cette lingerie tombée sur le parquet, un porte-jarretelle. Un rapide aller-retour entre la dernière fois où il fût sur ses hanches, une envie tout aussi soudaine de recommencer. Une, deux, trois agrafes, un demi-tour et le voilà calé sous la taille, les jarretelles glissées sous la dentelle. Une pochette dans le fond du tiroir, des bas neufs, des bas noirs avec une fine couture, un geste naturel qu’elle aimait sentir glisser sur ses jambes. Sensations similaires, toujours présentes, sensuelles. Elle a attaché ses bas, ses six jarretelles posées sur sa peau, tant de douceur avec le nylon ultrafin. Ses escarpins, avec des brides bien évidemment. Son astuce féminité pour son quotidien de maman, tous les jours mais là plus encore avec cette robe fluide. Son corps embrassé par la matière, ses courbes sublimées, elle a ressenti une fierté d’être femme, toujours aussi élégante.

 

Depuis elle attend ainsi, derrière sa fenêtre. Les enfants ne rentreront pas ce soir, l’adolescent est chez les grands-parents, elle sera avec lui, son mari. Ce grand absent. Lui préfère le boulot, les rituels entre sport et copains, un vide humain pour elle.

 

Malgré des sms plus nombreux, elle attend toujours. Ou peut-être elle envisage déjà un futur différent, un virage plus en phase avec ses derniers ressentis. Une autre palpitation.

 

 

Nylonement

Gentleman W

 

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