Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Nylon Passion

S'habiller chaque jour, pour soi, pour l'amoureux, pour les autres, pour le boulot aussi. le quotidien nous emporte dans le défilé des minutes et des heures, des jours des semaines trop longues et des weekend trop courts. 

Se glisser dans une tenue, en respectant les obligations voire les contraintes de nos métiers, en suivant les codes sociaux parfois, voilà l'inconscient qui guide vos gestes. Chaque matin, vous prenez le temps de choisir votre mode, pour ensuite vous mêler à la foule. Transports, travail, clients et collègues, vous êtes là au milieu d'eux.

Vous pourriez devenir quelconque, une personne banale parmi les autres. Rien de plus, juste un corps insipide en mouvement, seule parmi vos multiples. Des silhouettes, presque des mannequins génériques de mode, des ombres qui marchent, s'arrêtent, achètent, repartent, filent à des réunions, répondent aux coups de fil, envoient des emails depuis leurs bureaux, remontent dans leurs transports.

 

Oui mais !

 

Détails de mode

 

Plutôt non mais !

 

Car au final, vous êtes différentes, chacune a choisi sa tenue pour son confort, en fonction de la météo, des obligations de boulot et de vie. En pensant aussi à la soirée, aux courses, aux enfants à récupérer et au rendez-vous avec un amoureux. Oui, si certaines se fondent dans le moule trop récurrent du jean et d'un simple top ou tee-shirt, d'autres sauront apprécier une jupe, de longueurs variables suivant les jours, avec un chemisier ou une blouse fluide. La féminité, la mode indissociable complice de celle-ci, s'illumine des mille et une facettes.

Mais ce qui vous fait exister, ce sont les détails, les fameux accessoires, les clefs qui vous rendent uniques.

Echarpes emportées par le vent, foulards éclairés de couleurs noués sur vous, ceintures larges ou fines en cuir, broches multicolores, bracelets multiples et légers sur vos poignets tout aussi légers, colliers courts ou somptueux dans leur extravagance, maquillages bien sûr, mais aussi vos chevelures, signatures de votre visage.

Laissons le haut de votre mode pour descendre vers le sol, vers la réalité terrestre, vers la base de vos mouvements, de vos pas. Là vos jambes, votre silhouette s'enflamme avec vos chaussures. Des escarpins peut-être, car vous aimez ce cliquetis qui signe votre venue, vous aimez la hauteur, elle vous est indispensable. C'est un peu de Vous. Quelques détails si importants. Des coutures prolongent vos jambes, le voile de vos bas nylon est bien là, fin, quasi transparent, invisible mais présent. Et puis une simple chaînette de cheville. Un trait de volupté ! Vous, encore Vous !

 

Car si les regards ne les voient, vous savez que vous avez choisi, judicieusement, instinctivement ces détails. Mais rassurez-vous, des femmes, des hommes, quelques personnes seulement sauront décrypter votre allure, trouver votre volonté d'être unique, imaginer votre caractère ou simplement rêver de vous.

 

Restez féminine, 

Restez-vous-même en toute circonstance,

Restez libre.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Culture

"Je veux rentrer.

En plus, je ne supporte pas les odeurs d'hôpital, ça ne sent pas le propre, ça sent le désinfectant, les produits de nettoyage aux parfums hypocrites pour masquer les sanies, les oublis, les accidents de lit, les petites horreurs.

ça ne sent pas la cuisine - le pot-au-feu mijoté - ça sent la bouffe de cantine, même le café n'a pas la bonne odeur. Son fumet rase les murs comme un traître dans l'ombre, ..."

 

Voilà un livre plein de belles pensées, pourtant vous serez au chevet d'un vieux, un peu écrabouillé, tombé à l'eau, survivant dans un service de rééducation des poly-traumatisés. De plus celui-ci est un grincheux dans l'âme mais avec beaucoup d'esprit quand il regarde passer ses contemporains, depuis son lit d'hôpital. Et voilà un petit théâtre vivant avec des infirmières et des internes, des chefs de service qui déroulent leurs cours d'anatomie, et en passant celle d'un patient n'ayant qu'une blouse bleu pour pyjama. Il est drôle, touchant avec ses inconnus venus vers lui, grognon avec ses proches, certes un peu cons mais réguliers dans leurs bêtises. Il croque la vie même si avant son accident, elle semblait d'une palpitante neutralité émotionnelle. Un retraité en phase descendante avec ce regard amusé sur les autres. 

 

Je me suis régalé car le ton est juste, les personnages sont bien dans leurs attributions, des seconds rôles indispensables pour se détendre et pour aussi découvrir des vies parallèles à notre alité. Des moments touchants aussi !! mais un tout positif !!

 

 

Livre : 'Bon Rétablissement' de Marie-Sabine Roger

"Myriam pioche dans la boîte de chocolats que j'ai chargé Maxime d'acheter pour elle.

Elle fait Mmmmmmmmh ! d'un air épanoui, les yeux fermés, puis me tend l'assortiment avec un petit clin d'oeil, comme si elle suggérait une pause coquine.

Il faut se rendre à l'évidence, la plupart des femmes n'ont pas besoin de nous : un ballotin de chocolats leur suffit amplement pour remplacer l'orgasme."

 

 

Bonne lecture de ce livre plein de fantaisie et d'émotions positives.

Nylonement

par Gentleman W

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - demain

Je ne sais pas pour vous, mais les médias, presse, télé ou radio, tout cela renvoie des images nombreuses d'une société angoissante, totalement en perdition. Parfois je surligne le tout d'un laconique "on va tous mourir !" comme si cette fin inéluctable s'approchait toujours plus vite, dans un tourbillon dévastateur imposé. Et encore je passe outre les réseaux sociaux, sources sans fin de nouvelles catastrophes et autres complots délirants mêlés des haines les plus variées.

 

Je rêve d'un monde plus rose, plus bleu, plus vert, plus coloré c'est sûr, avec de bonnes nouvelles au quotidien, car il y a tant de belles choses, de partage entre les êtres humains et notre nature. Chacun verra ce que ses yeux souhaitent voir, osent regarder vraiment sans ajouter une vision sombre et une avalanche de critiques révolutionnaires remettant en cause toutes beautés et surtout toutes les réussites de notre monde actuel.

 

Oui, je REVE d'un monde meilleur, pour moi, égoïstement, pour mes proches, pour mes amis, pour toutes celles et ceux qui rêvent d'une liberté commune, avec des valeurs vraiment communes. J'idéalise de façon trop vertueuse probablement mon quotidien, mais j'aime tant me reposer les neurones, entre deux activités professionnelles, avec des instants délicats. Non pas avec des angelots et des douces clochettes, en voyant passer des licornes enveloppées d'un nuage de paillettes, poudrées d'un parfum de marshmallows, mais juste en prenant un peu de recul, en ouvrant bien les yeux autour de moi.

 

Petit instant de douceur

 

Pour entendre des personnes qui se disent 'bonjour', 'au revoir' et osent 'à bientôt', car même s'ils ne se connaissent pas ou peu, ils ont ce savoir-vivre ensemble naturel, sans équivoque, juste le sourire en plus.

Pour voir ces couples d'amoureux, de tous âges, les petits jeunes encore rougissant d'une premier baiser qu'aucun n'ose proposer, les plus anciens, avec chacun une canne mais deux mains nouées par le temps. 

Pour apprécier les gens qui se parlent devant les écoles, les mamans pipelettes, les passants prenant le temps d'aider les personnes à mobilité réduite, les petits magasins de quartier où l'on vous accompagne jusqu'à votre voiture, avec un 'merci' partagé.

Pour partager cette empathie, naturelle chez certains, comme moi dans mon métier, dans ma nature, ce petit plus formant les prémices d'un contact rassurant. Car là devant moi, je vois alors des gens heureux, un espace de sérénité bien réel. Naturellement les uns croisent les autres, se parlent, s'aident, se mélangent, s'aiment aussi. 

Pour voir ce papy avec sa petite fille croquant un croissant tout en écoutant des histoires, ou cette mamy accompagnant ses petits enfants en chantonnant avec eux des comptines, ou répétant les règles de grammaire en rigolant. Dans cette rue, il y a aussi d'autres enfants, des adolescents et des jeunes adultes, élèves devenus étudiants, avec des conversations plus posées ou plus enflammées, des rires forts et là encore des amours naissants.

 

Je vous assure, ils existent, je les vois, je perçois la positif de leur existence, leurs joies, parfois leurs doutes, mais surtout cette envie de vivre, de craquer pour la mode, pour la musique, pour cette série, pour des folies et d'autres rêves.

La vie est belle.

Encore plus avec des plumetis ;-)

 

 

Nylonement

par Gentleman W

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - demain

Suivre les mots de mon livre, dans l'attente d'une prochaine mission, je suis coincé dans ma voiture, je patiente. Là dehors, entre le vent qui souffle et le froid piquant, je regarde le défilé des femmes et des hommes. Chacun lutte avec ses moyens contre la température et ses quelques degrés, des doudounes, des manteaux longs, des trenchs avec des écharpes, voire des étoles, parfois même une troublante impression d'une couverture emportée sur les épaules. Je ris de cette débauche de couches, de surcouches, de montagnes de laine même pour ceux qui s'enveloppent déjà d'une capuche digne d'un convoi arctique. Sont-ils vraiment raisonnables ?

 

Et puis il y a une fée, venant d'une autre planète, juste avec cette robe pull noire, une veste dessus, une écharpe de cachemire fin, un sourire chaud comme le soleil, elle traverse la rue, virevolte sur les pavés, saute sur le trottoir. Elle porte un rayon de soleil dans ses cheveux blonds, elle doit venir des pays nordiques, sortie d'un carton ikea par hasard, réchauffée dans la grisaille locale. Rien ne l'affecte, elle téléphone, rigole en cherchant la rue ou l'immeuble où elle doit aller. Les coups de vent se renforcent, elle les laisse filer, les jambes nues, elle n'a même pas opter pour un voile opaque plus chaud, elle se sent si bien ici.


 

Soleil en toutes saisons

 

Elle papillonne, cherche dans son sac sa boîte de maquillage, une palette de nuances roses. Une touche de blush avec son pinceau, elle sourit à son miroir au milieu des autres aventuriers de l'extrême. Ils passent, ne veulent pas la voir, trop fragile, déjà congelée à leurs yeux. Le soleil brille, elle croque un autre rayon, et de ses talons, elle picore le macadam vers ces portes de verre. Entre deux paragraphes de mon livre, elle a disparu.

 

 

Nylonement

 

par Gentleman W

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Nylon & Mode, #nylon 50-60, #nylon passion

Marilyn,

Eternelle Marilyn,

Marilyn Monroe, nous croyons toutes et tous l'avoir vu en petites tenues, mais dans la grande majorité des films, elle apparaît en robes ou jupes de son époque, voire même en pantalon. Certes parfois une bouche de métro souffle son air chaud sous sa robe blanche, mais ses jambes ne se montrent quasiment jamais avec des bas.

 

Elle joue de ses atouts féminins, de sa blondeur et de sa fausse candeur.

 

 

Marilyn Monroe by Ed Feingersh - 1955
Marilyn Monroe by Ed Feingersh - 1955
Marilyn Monroe by Ed Feingersh - 1955
Marilyn Monroe by Ed Feingersh - 1955
Marilyn Monroe by Ed Feingersh - 1955
Marilyn Monroe by Ed Feingersh - 1955
Marilyn Monroe by Ed Feingersh - 1955
Marilyn Monroe by Ed Feingersh - 1955
Marilyn Monroe by Ed Feingersh - 1955
Marilyn Monroe by Ed Feingersh - 1955
Marilyn Monroe by Ed Feingersh - 1955

Marilyn Monroe by Ed Feingersh - 1955

 

En fait, elle se découvre plus en début de carrière avec des photos de pinup pour des calendriers, avant même de s'appeler Marilyn. Puis elle se dénude dans une série jamais publiée de son vivant, et enfin on aperçoit malicieusement ses bas lors d'une séance d'habillage presque anodine.

 

 

 

Savourez la vie, vos rêves et la douceur de la réalité !

Nylonement

 

 

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Mode, #Femmes - vous

Ce matin, je souriais de sa présence anecdotique, là sous le miroir, deux brosses à dents, la sienne et la mienne. Nous étions un couple, à travers ce simple duo, bleue pour lui, rose pour moi. Je me coiffais dans ce long miroir, adapté à nos deux hauteurs, pas trop haut pour moi, pas trop bas pour lui. Un modèle qui fusionnait nos différences dans un sourire malicieux lorsqu'il l'avait installé. Je me coiffais en pensant à lui, ma nouvelle couleur, mes cheveux un peu plus courts, à la juste longueur, pour entourer mon visage, pour lui donner un joli flou de douceur, pour y mettre ses mains puis son visage quand il voulait m'embrasser dans le cou. Juste là, pour croquer ma peau, son odeur, mon parfum en plus. Il était absent mais pourtant il était là à me regarder, à m'observer discrètement, à voir le moindre cheveu perdu sur ma robe, le matin, à m'attendre à la sortie de cette petite pièce pour me serrer dans ses bras, naturellement. Il adorait prendre sa dose de douceur, selon son expression, une grande dose de plusieurs secondes pour traverser la journée, pour se rappeler ce moment quotidien de bonheur tactile.

Encore deux coups de brosse, peut-être un peu plus d'orangé sur mes paupières, j'hésitais encore, ni trop, ni pas assez. Me maquiller juste pour moi, juste pour être femme, pour être belle, en pensant fort à lui. Il aimait tant que je pense à moi, que je me soigne de détails féminins, voire sexy, pour me sentir séduisante. Non pas par jeu, mais pour conforter mon égo, surtout la face cachée qui me regardait en biais dans le miroir. Avec mes formes, mes courbes, excessives à mes yeux, gourmandes pour les siens. J'étais toujours plus dure avec moi, toujours dans le déni de ma beauté, de cette réalité que lui voyait, que lui cajolais, que lui encore enveloppais de ses bras, de son amour tout entier. Il devait le répéter souvent, car jamais je n'arrivais à me convaincre, ni de me voir en réel, ni de me voir en mieux, ni de me voir autrement. Comme bloquée dans une image, une vieille image d'ailleurs. Il frottait le miroir, rigolait de devoir l'user pour retirer ce cliché ancien de mon corps, de ce refus de mes courbes sensuelle. Admettant lui aussi, que l'on pouvait les réduire un peu, que l'âge n'offrait que des contraintes mais aussi des voluptés nouvelles, il positivait amplement, motivait mon fort intérieur, expliquait par des mots ou des silences la vérité de son regard, espérant orienté le mien vers plus de bienveillance envers moi-même. 

 

Aujourd'hui encore j'y repensais en me glissant dans cette robe, avec de jolis dessous offerts récemment pour combler ma silhouette. Lui me voyait, chaque jour, appréciait en le disant mais aussi sans rien dire, il m'aimait ainsi. Toujours il m'aimait tout entière, dans les moindres détails, coins et recoins, bosses et plats, courbes et lignes.

 

 

Rouge, rose, bleu

 

Mes ongles vernis rouge étaient enfin secs, je pouvais me glisser dans mes bas, puis dans ces escarpins rouges. Pour lui, pour voir ses yeux pétillant dès ce soir, en ouvrant la porte, avec moi, ma silhouette, mon coeur palpitant.

 

 

Nylonement

Gentleman W

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Gentleman W

La vie était celles de milliers d'autres, celle qui commence le matin, tôt dans les affres du froid et de la brume en certaines saisons, en prenant un petit-déjeuner désenchanté par les mauvaises nouvelles remuées par la radio. Alors il prenait son téléphone et son sac, pour sauter dans les transports en commun, tous les jours, incertains dans leurs déambulations, leurs correspondances et leurs messages laconiques sur un nième incident de parcours. Las de tout cela, il attaquait un travail sans rêve, juste alimentaire avec le temps qui passe, quelques sourires préfabriqués pour les clients, au suivant, au suivant. Rien ne donnait un peu de goût à ces moments-là, juste de savoir qu'il toucherait un maigre salaire, défini par une grille négociée dans un autre temps par des personnes satisfaites de l'exploitation des autres. Rien ne le faisait avancer, ni même réfléchir car toutes actions finies toujours par ressembler à la précédent même si le client est à chaque fois unique. Il travaillait avec juste cette pause pour avaler un ticket restaurant, le papier ayant le même goût que le pain de la boulangerie du coin, sans saveur et avec autant d'additifs indéterminés mais tolérés par l'administration de contrôle de tout et surtout des petits rien. Le soir venait, il repartait chez lui, en chemin inverse, par les transports toujours aléatoires pour rejoindre ce petit appartement à crédit. Mais il cachait sa vie réelle ailleurs.

 

 

Au pied de la lettre

Dans son sac, il y avait des livres, différents espaces pour ouvrir aux rêves. Lire et partir ailleurs, plus loin, avec cette liberté des dimensions et du temps, avec le gris effacé de son quotidien et les couleurs soudaines, instantanés, dès qu'il rentrait dans le paragraphe, dès qu'il plongeait entre les mots, dans cet océan de lettres. Aucun acte commercial entre lui et cet auteur mort depuis longtemps, mais offrant des phrases et bien plus, des chemins de libertés. Il lisait et certains jours, souvent chez lui, sur un coin de table, sur un carnet, avec un stylo à encre, il écrivait. Un autre accès à son corps, une autre façon de bouger dans le monde environnant, pour chasser le vide d'une semaine sans neurones activées, il se libérait, il partageait des idées, les siennes, savait aussi parfois se contredire, s'insurger contre ceci ou cela, pour revenir sur une vérité en ouvrant la voie à d'autres circonvolutions de narration, de folles envolées lyriques emplies de douceur. Lire, entouré de piles de livres, incertaines dans leur équilibre qui apportait sur le sol, parfois un nouveau choix de lecture, un pur hasard, il ne classait rien, pour garder cette sérendipité naturelle mais aussi pour ne pas rester dans un seul coin de l'univers des mots. Les livres provenaient de cadeaux, de dépôts des voisins sur son paillasson, de livres abandonnés sur un banc, de boîtes à livres ou de de foires, et quelques uns achetés chez Emmaüs. Non connecté à internet, refusant la dictature pernicieuse de ces boutiques offrant le monde entier en accès libre, tout en résumant l'offre à leurs choix incongrus, il ne pouvait plus aller dans les dernières librairies, elles étaient toutes mortes, faute de clients. Ils avaient acheter des téléphones, et au passage un formatage de lecture réduit à quelques mots sur des plus d'informations futiles ou inutiles, mais ne forçant pas à l'effort de lecture. Au passage, ils avaient perdu leurs libertés individuelles, sans le savoir, sans chercher à comprendre. Mais ils se croyaient plus libres.

Lui souriait discrètement, au milieu des livres, des tas de livres, avec cette créature, réelle ou imaginaire, qui venait lire près de lui, perchée sur des talons hauts. Libre de toutes pensées, il pouvait s'évader, avec les mots et parfois avec elle.

 

Nylonement

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