Une voix, une chaleur au milieu de l'hiver,
Juste une mélodie,
Tant d'émotions !
Idéales pour écrire encore.
Nylonement
Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !
Une voix, une chaleur au milieu de l'hiver,
Juste une mélodie,
Tant d'émotions !
Idéales pour écrire encore.
Nylonement
Egalité, un simple mot qui va subir les affres des vagues du pouvoir dans ce livre sensible.
Une fois de plus, l'auteur Christine ORBAN nous emporte dans un tourbillon qui se voudrait léger et pourtant les courants s'opposent, se frottent dans un voyage intra-familial. Force masculine, abus de pouvoir, excès machiste, jeux de séduction mais aussi une envie de liberté, car l'héroine voudrait tant s'envoler, ouvrir sa cage, celle de sa mère aussi. Croisement des époques, des transmissions de traditions, ici les flux ne se comprennent plus car leurs références sont celles d'une vision unique, masculine sur un monde double de femmes et d'hommes.
Troublante dans ses paradoxes, ses frustrations subies, j'ai suivi la jeune femme qui se dévoile, partageant son univers intime,féminin et féministe en devenir. Ses doutes témoignent pour les jeunes filles, jeunes femmes et femmes qui subissent un modèle déséquilibré, désuet mais accepté par beaucoup comme la référence.
Imprégné par l'ambiance, j'ai dévoré ce livre en un trio de jours, emporté par le style (je lis les ouvrages de cet auteur depuis près de vingt ans, dans des évocations romanesques toujours entre fragilité et tendresse, féminité et espoir). Sans rien dévoiler, je vous invite à l'acheter, le prêter à vos adolescents, à le partager avec vos ami(e)s. Peut-être y trouverez-vous les clefs pour démonter ce schéma machiste du pouvoir, des générations d'hommes qui ont oubliées la richesse des femmes, au-delà de leur seule beauté.
Oui cette parité, cette équité, cette égalité évidente et incontournable.
Si délicieuse à vivre en harmonie au quotidien !
Gentleman W
Quelques pas dans le livre (avant de l'acheter !) :
www.albin-michel.fr/ouvrages/avec-le-corps-quelle-a-9782226402004
Douceurs des arômes du café de l'un, du thé pour l'autre et des tartines grillées pour tous, nous croquons les alvéoles du pain, du beurre salé fondu mêlé à la confiture de cerises maison. Un souvenir du début d'été dernier, un ramassage en famille, avec des moments de rigolades entre deux cerises croquées, juteuses et explosives de saveurs dans nos bouches, le soleil nous suivait du regard. Il frottait les branches les plus hautes, celles où mon frère et mon homme étaient en plein travail, plantés sur les grandes échelles.
Ces cerisiers que nous avions vu grandir, plantés jeunes dans le jardin de notre nouvelle maison familiale d'alors, et chaque année, nous avons grappillé des boules juteuses, taché parfois nos tuniques de coton avec ce jus rouge. Que de bonheur même si nous avions dû mal à attendre la nouvelle saison, patienter encore et encore quand les premiers cerises gonflaient, variaient du verte vers le rose, puis le rouge écarlate, puis encore le presque noir avec des reflets violets. Elles se faisaient attendre un peu plus quand la pluie arrêtait le soleil, elles prenaient des formes brillantes, n'attendant que nos mains, nos bouches.
Les oiseaux nous alertaient sur le début de la saison de la gourmandise, car eux sentent le sucre, le bon moment pour se goinfrer. Alors nous sortions les paniers, nous en mangions sans limite, enfin presque. Les frères, les soeurs, papa, maman, parfois les tantes, les amis les plus proches, tous passaient pour aider, chacun à sa place. Les cueilleurs sur les échelles car on ne monte jamais dans un cerisier dont le bois est cassant. Les autres aux paniers, petits pour ne pas accumuler les cerises, ne pas les écraser, d'autres pour trier les possibles fruits abîmés. Maman faisait alors des confitures si la production devenait géante, si notre gourmandise n'arrivait pas à tout dévorer. Des clafoutis dans le four, des moments complices entre les générations, pour faire la pâte, la recette secrète, pour sentir les gâteaux développer leurs parfums, pour apercevoir le jus rouge se mêler à la pâte moelleuse, souple et dorée. Les anciens, grands-mères et grands-pères, épluchaient d'un geste précis les cerises pour le jus ,bientôt compensé de sucre, jeté dans la grande cuvette en cuivre.
Une famille de gourmands, un jardin si agréable, et même une tradition. Lorsqu'un couple venait à se marier, en juin, nous faisions poser la mariée sur une échelle (oui en équilibre avec ses talons et sa longue robe), son soupirant en bas, le cerisier et ses fruits rouges comme une couronne bénite. Que de rigolades, là aussi !
Et durant l'année suivante, nous offrions les pots de la confiture des mariées. Celle-ci ce matin, me donne le vertige, ceux de l'amour avec ce chéri, là à côté de moi. Ah un simple petit-déjeuner, mais un voyage gourmet et amoureux.
Nylonement
Etrange endroit, ce macadam que j'avais quitté hier soir sous la pluie, noir et brillant avant la bouche de métro, il est aujourd'hui d'un blanc immaculé. Cette avenue et ses trop nombreuses voitures n'existe plus. Juste des arbres, des branches blanches, un vent froid comme seul occupant des lieux.
A peine un mois que j'ai pris place au cinquième étage, dans cet open-space totalement impersonnel, où aucune place n'est assignée même quand vous y travaillez pendant plusieurs semaines. Une ambiance tout aussi froide que dehors malgré la chaleur. Car ici, il fait chaud, très chaud, une climatisation en rut en hiver. Paradoxal peut-être quand la majorité des collaborateurs travaillent sur les problématiques de développement durable, sur les processus d'économies de ressources et donc d'énergie. Une collègue, plus ancienne que moi, m'a précisé qu'elle vit en hémisphère sud, et face à mon interrogation, elle a développé. En hiver, elle vient en petite tunique légère sous sa doudoune, un collant fin et des bottes qu'elle change en ballerines. Et pour l'été c'est l'inverse, elle vient en robe à manches longues, avec un gilet non loin car la climatisation propose presque de conserver les cornets citron-framboise dans les bureaux.
Mais là ce matin, personne.
Seule ou presque dehors, seule sur le trottoir invisible, les bottes dans la neige bien épaisse, j'ai profité de ce Paris sans bruits, de ce moment à part avec une avenue sans extrémités, comme un tunnel cotonneux de chaque côté. Les magasins fermés, sans exception, des bicyclettes noyés dans le froid, sous la neige, juste un bistrot volontaire, un patron derrière sa vitre à observer les rares passants, proposant un café à un livreur de l'extrême dans sa fourgonnette.
Une station de ski mais rien n'indique les pistes, juste une bouche de métro qui fume avec ses entrailles béantes.
Seule à réchauffer le badge et son détecteur anéanti par la météo, et enfin les portes coulissantes qui me laissent passer. Pas un bruit. Le bâtiment est à moi. Je viens de gagner au Monopoly. Pas même un gardien ou une hôtesse. Des plantes vertes sous la lumière fade.
Ascenseurs au choix, montée dans les étages, vaste plateau vide, ah non, deux personnes dans un coin, en pleine discussion, en conférence téléphonique avec le Moyen-orient, je me faufile à l'opposé pour ne pas déranger, pour finir mes rapports d'audit de la semaine. Un coup d'oeil dehors, les toits de Paris sont encore dans les nuages, dans cette masse blanche immense. Quelques lumières et cette sensation étonnante de silence, de calme.
Je lis mes emails, mes collègues confirment tous une journée de travail à domicile pour éviter le temps perdu dans les potentiels transports perturbés, report des réunions à lundi prochain, téléphones branchés pour tous. Et si j'osais aller travailler dans la grande salle de réunion, seule devant cette table de bois roux, ses écrans incrustés, face à une large baie vitrée sur la ville.
Une belle opportunité pour un calme absolu.
Un trésor reposant pour se concentrer encore plus intensément sur les chiffres et les notes de mon rapport, je savoure ce fauteuil moelleux, profond. Je prends possession de l'espace dans un conférence fantôme. Un sentiment de pouvoir, pas vraiment, mais les dimensions de la pièce ouvre une porte à la mégalomanie. Mon studio doit faire à peine un dixième de la surface.
Entre deux paragraphes, je respire, je regarde l'extérieur, toujours uniforme et sans couleurs. Pas de bruits ici, ni derrière la lourde porte, seule, profondément seule.
Avec tant de flocons qui continuent à s'échouer sur la terrasse. Rien de plus.
Juste quelques rêves, quelques souvenirs. Une pause pour me lever, pour marcher dans la moquette épaisse vers la baie vitrée, pour être la princesse d'un jour.
Nylonement
Au coeur de l'hiver, dans le creux d'une semaine brumeuse, je prends le temps de regarder dehors, d'apercevoir enfin le bout de l'allée, la rue principale et son activité toujours animée. Rien que des silhouettes, des gens anonymes, d'autant plus que l'on ne distingue que leurs formes, leurs grands manteaux sombres avec parfois une ponctuation de couleurs pour quelques doudounes à boudins bibendum.
Rien que ce froid dehors, et moi, assise devant ma table, mon bureau personnel dans cette pièce annexe. Une chambre d'amis devenue mon royaume pour mes journées parfois mes nuits, mon autonomie d'indépendante me permet de revendiquer un domaine pour moi seule. des étagères suédoises, rationnelles et fades, des post-it nombreux de couleurs, ici et là, des rappels, des compliments, des bisous de ma chérie, des photos aussi. C'est mon univers !
La semaine dernière j'étais de passage au Portugal, dans une robe d'été quasiment, pour aller voir des architectes, pour boucler leurs dossiers transfrontaliers, pour des aides juridiques, le tout dans mon grand sac besace, dans mon ordinateur portable. Et puis des ballerines ou des escarpins suivant les distances à parcourir, des robes pour savourer les dizaines de degrés assurés ici, loin du froid de Paris. J'ai dégusté des assiettes de poissons, parlementer avec les clients, négocier avec des sourires et des vins blancs bien secs. Du bonheur, je ressens encore cette chaleur sur ma peau, le soleil et ses bises d'hiver à travers les vitres. Je suis lasse de ce gris hivernal, plus encore de ce froid piquant.
Et puis depuis hier, cette fièvre, une poussée soudaine, un épuisement soudain. Plus d'énergie, je me suis écroulée, ratatinée sur moi-même, incapable de la moindre émotion, comme si mon corps était en économie globale. Désolée de ne pas exprimer plus de sentiments pour ma compagne, pour lui glisser un bisous fiévreux dans son cou parfumé, désolée de ne pourvoir faire autre chose que dormir, brûler les draps à certaines heures, rejeter la couette, pour plus tard grelotter avec deux couettes rajoutées, le paradoxe du mal-être corporel. Je hais cette situation, ce passage lymphatique proche de la mollesse extrême, cette sensation involontaire de me mouvoir comme un mollusque lent. Amorphe, réduite à un néant, je pensais écrire, mais finalement après ce thé, ce regard dehors qui m'a épuisé, je retourne dans le lit.
Humm, son parfum est là sur son oreiller, je me l'approprie, pour me rassurer, pour l'attendre encore quelques heures avant son retour.
Nylonement
Oh combien me manque ce soleil, cette chaleur qui savait tous les jours m'embrasser dès le matin, sur la terrasse de la chambre que je partageais avec ma jumelle. Là-bas, dans ce pays adoptif car mon père avait eu la bonne idée d'y travailler, nous avions pris nos racines, croquant chaque journée comme un bonheur acidulé.
Petites filles dans un patio ombragé, entre plantes vertes, quelques arbres et le glouglou de l'eau pour rafraîchir le tout, nous avons tant joué, avec pour seules contraintes, les repas avec les nounous locales. Des femmes formidables, des souvenirs immenses, des chants et surtout des sourires en partageant cet immense plat de semoule et de légumes, j'aimais le sentir fondre sur ma langue, doucement, libérant ses arômes délicats, sa finesse, le jeu de leurs mains qui l'avait façonné. J'étais heureuse, les premiers pas à l'école furent un nouvel espace, des nouveaux rites, un mélange savoureux d'enseignement et de cultures en fusion. Nous avons si bien vécu, jusqu'au départ vers un autre pays plus au sud, vers d'autres projets paternels. Je garde d'elles des habitudes de maquillage, des rites de lavage de mes cheveux avec de l'huile d'argan. Ces parfums uniques, je les ai retrouvé bien plus tard après mes études en métropole, un voyage organisé par les élèves, pour une semaine d'immersion dans cette école de commerce. Un coup de coeur profond, des souvenirs à la pelle.
Comme aujourd'hui d'ailleurs, cette chaleur qui me manque, cette sensation du vent chaud, indiscret sous mes tuniques, frôlant mes jambes, caressant mes fesses, mon dos, mon corps entier. J'aime chaque année y retourner pour me fondre dans la population, dans cette culture qui est mienne, dans ces lieux qui sont parts de mon histoire. J'aime croiser ces femmes, partager encore avec elles leurs rires. Cette chaleur du coeur !
Unique et intemporelle !
Nylonement