Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Gentleman W

Rien n'est plus évident que ces moments où il s'absente. Il n'est plus là, dans cette pièce près de moi, il s'éloigne en étant assis là à côté. Son corps devient mou, sans lien avec l'espace environnant.

Et puis il y ces mots, ces phrases cachées ici et là sur ces post-it oubliés, incontestablement des signes de cette errance qui reprend en lui. Ailleurs, il l'est déjà, dans cette dimension qui lui donne de l'amour. Chaque battement de coeur si particulier s'attache à des émotions, faibles dans la douceur du matin, plus fortes dans la journée, intenses quand la nuit tombe, que le noir dehors enveloppe le monde, absorbe les bruits, avale les silhouettes et leurs discussions téléphoniques inutiles. Il retrouve ce calme relatif, il laisse son coeur battre plus fort. Des mots encore sur son téléphone, des sms si longs qu'il faudrait un écran d'ordinateur pour les lire totalement. je les survole, je retrouve son style, ses tournures bien à lui, sa façon de lui dire "je t'aime", et puis parfois plus charmeur, plus gentleman encore avec son "je vous aime". Il les laisse partout, il est avec elle, j'en suis sûr.

Il n'a pas voulu me le dire, encore moins l'avouer. Me le demander serait trop incongru. Alors il est parti, en justifiant de tout et de rien, en prenant quelques jours de retard de vacances, il est monté dans le train vers Trouville. Son antre, les mauvais esprits diraient "sa garçonnière". Un simple cocon sobre en décoration, avec une table ronde bien éclairée, des mouettes pour rappeler la proximité de la mer, un calme secoué de rafales de vent et de gouttes de pluie indiscrètes sur le velux, il aime ce lieu. En arrivant du train, il traverse le pont depuis Deauville, toujours les mêmes habitudes, toujours un passage par cette petite boutique pour un stock de boîtes de sardines, de maquereaux ou de miettes de crabes. Un arrêt chez le boulanger pour une miche de pain, des sourires à la belle brune, un peu plus loin, quelques bières locales, blanches un peu épicées, il sait déjà qu'il y a une bouteille de gin qui attend, des bouteilles de champagne à volonté. Voilà il pousse la porte, il allume le chauffe-eau, prend une douche, se glisse dans un pantalon, dans un tee-shirt à manches longues dans un coton très doux, usé par le temps, gris pour être neutre. Il dépose ses chemises dans le placard de la chambre, s'assure d'avoir quatre oreillers moelleux. Ensuite il redescend pour se servir un schweppes avec un demi-doigt de gin, trois rondelles très fines de citron.

Je le savais avec sa maîtresse

Elles l'attendent dans le salon, allongées sur le canapé deux places, vierges ou presque. Rien d'affriolant, du blanc, des grandes lignes. 

Sur la table aussi, parfois elle se répand, s'étale de tout son long, offerte à lui, à ses envies, à ses délires peut-être, totalement dévouée à ses émotions.

Lui arrive, avec sa petite trousse en cuir orange, un fétiche depuis de longues années, ce truc qui le suit tout le temps, en tous lieux. Dedans une vieille gomme usée, avec cette odeur particulière, ses recoins noircis, des crayons HB, 3H, 2B mais aussi des feutres et deux beaux stylos-plume, l'un à l'encre noire, l'autre à l'encre bleu roi. Voilà, il est avec elles, non pas une mais plusieurs, parfois en même temps, ses maîtresses finalement se donnent entièrement. Des courbes, des coups de crayon, des glissades sur le papier, mais aussi des mots, des phrases sans limites, des émotions couchées sur l'écran de son ordinateur portable. Il est entré dans son univers, la porte est fermée, son téléphone est en mode avion, il est ailleurs pour plusieurs heures, pour les prochains jours. 

Je sais que ses blessures se sont réouvertes, alors je tolère, non je lui laisse cette liberté complète de s'enfuir dans sa bulle. Là-bas il va pouvoir oublier le monde, partir sur une autre planète tout en étant là, pas si loin. Je le préfère en train de libérer des mots pour soigner ses doutes, des pansements et des traitements simples. Ponctués certes de gouttes de champagne, parfois d'un anesthésiant au goût de gin, il reste sage, s'amuse de s'être étourdi un peu trop en sortant à cinq heures du matin, pour marcher vers le port, vers les premiers bateaux revenant de la pêche, vers la plage, vers ce sable sans fin. Deux heures après il sera assis avec un grand chocolat chaud, deux croissants croustillant, et une envie de la croquer, de dessiner des courbes, de laisser l'eau de l'aquarelle définir les teintes nuancées de sa peau. Puis il caressera de ses neurones enflammées avec des mots encore, rassemblés cette fois, non plus dispersés sur des post-it. Il écrit, il partage sur les réseaux quelques articles, son livre aussi avance.

Ce sont des soins quasi gratuits, il respire en libérant son esprit de la pression, en étant ailleurs. Et entre deux moments où il décroche, où la souffrance le ronge trop, où il choisit de dormir ou de marcher seul, là soudainement il m'appelle pour me dire combien il m'aime. Juste moi.

Ses maîtresses dorment sur la canapé, l'une sur l'autre, un peu en vrac entre couleurs et papier encore blanc, sur la table, dans son ordinateur, elles attendent sa générosité, sa rudesse, sa folie douce. Il gomme, déchire, ne transige pas avec son exigence, il rature, il revient en arrière, efface les mots, recommence, poursuit encore. 

Un moment, quelques heures, quelques jours, il sera là, de retour, juste pour moi.

 

 

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Gentleman W

Ah cette belle année !

Quels mots pour la décrire ? J'ai si peu écrit d'ailleurs ici sur le blog, j'ai nourri ailleurs un manuscrit, j'ai lâché des mots dans des monologues qui ne trouvaient pas celle à qui je souhaitais parler. Pourtant des mots, des voyelles et des consonnes combinées avec douceur, avec émotions, avec des douleurs aussi, j'en ai ressassé durant toutes les semaines. Le poids des mots, la force des ressentis associés, tout cela était lourd, mais parfois aussi il fallait user de silences, en particulier sur la réalité de mon métier, au coeur de la crise. Je n'ai pas souhaité écrire une seule fois ici ou sur les réseaux sociaux le nom de cette maladie, juste la lutte contre elle. J'ai douté, j'ai partagé avec ma chérie nos moments troublés, j'ai dévoré sa douceur réconfortante entre ses bras. Oui parfois je n'ai pas pu retenir mes larmes, j'ai laissé fuir les battements intérieurs pour profiter des autres heures, des jours suivants. Car derrière une blessure, une douleur impossible, il y a aussi des souvenirs, des espoirs, des moments de futur à partager avec eux, la famille, ceux qui reste. 

Ah quelle année !

 

Alors pour vous, fidèles lectrices, lecteurs assidus, je vous souhaite de belles fêtes de Noël, en famille ou en petits groupes, en duo. Profitez de petites choses, déballez vos cadeaux avec envie, partagez des instants magiques avec les guirlandes clignotantes, avec le chat qui ronronne sans comprendre ce bazar. Croquez le bonheur d'être ensemble. Simplement ensemble.

 

Profitez de ce moment de cette année, de ces jours que l'on appelait avant la trêve des confiseurs, de ces jours hors du temps, des douleurs, des mauvais sorts.

Profitez et soyez généreux de gestes vers les autres. 

 

 

 

Alors oui, il n'y a pas d'images de belles courbes féminines, mais pour illustrer cette vidéo, non pas un choix publicitaire à mes yeux, mais un message positif résumant notre année.

 

Et puis pour vous, pour moi, pour elle, pour toutes et tous, partagez une pensée pour les personnes parties, pour ceux et celles qui vous ont tant aimés, pour ceux qui nous manqueront mais qui nous laissent des sourires intérieurs, de beaux souvenirs.

 

Bonnes fêtes de Noël et de fin d'année

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes - vous, #Féminité & Sensualité, #Gentleman W

Le ciel gris attend un rayon de soleil pour réchauffer son dos, pour lui céder un peu de place. Les oiseaux picorent les peaux de magrets accrochées à la branche, le chat reste là, perplexe derrière la vitre, bien au chaud, un regard vague vers eux.

La cheminée crépite, la chaleur retrouve sa place autour du sapin. 

Rien ne bouge sinon ma main sur cette tasse chaude de thé aux saveurs de Noël, je pense à mes amies, si loin par la distance, plus encore par cette crise. Cette année, je ne ferai pas de sms de Noël ou de bonne santé, mais j'envisage plus des cartes, avec le plaisir d'ouvrir une enveloppe, de sentir la matière épaisse de la carte, un dessin original, quelques mots. Ceux-ci seront forcément légers pour ne pas peser sur le fil de la vie des uns et des autres. Doucement écrits à la plume, je viens de nettoyer ce vieux Mont-Blanc de mon 25e anniversaire, une fierté du moment, oubliée mais de nouveau dénichée. De l'encre avec la pompe pour le nourrir, et là quelques voyelles et consonnes pour les prochains jours, pour les relire dans les prochaines semaines, pour croire en l'avenir.

   

     

Et si la douceur était là

 

Choisir les couleurs, un thème, pas trop kitsch, juste un peu pour attirer les sourires, pour laisser les doigts s'exprimer dans un dessin qui sera unique, juste pour elle, pour lui, pour eux aussi. J'ai déposé sur la table mes aquarelles, mes crayons gras, mes sanguines chéries et mes blocs de papier. Toutes les épaisseurs, naturellement d'un blanc cassé, avec parfois du grain, lisse ou plus rugueux mais toujours aussi accueillant pour laisser glisser les mains, puis le pinceau. Je pense, plus exactement je me charge de belles émotions, pour en libérer un coup de crayon simplement, un début d'histoire, une bribe aussi, figurative ou abstraite, je ne le sais pas encore. Rien ne vient, là mes mains sont encore sur la tasse chaude, libres de choisir leurs chemins futurs.

 

Le chat ronronne, vient fureter sur la table basse, sur les papiers étalés, il renifle, tout en cherchant sa place, parfois son confort est relatif, soit sur la pleine page de dessin, vautré de tout son long, soit là posé sur les angles bruts de ma boîte d'aquarelle. Mais il marque son endroit, attendant avec une patience mêlant sagesse de voir mes mains le caresser, puis prendre une pointe d'eau, une touche infinitésimale de rouge et libérer le geste sur le blanc immaculé.

 

   

    

    

Photos du net : Modèle Idda Van Munster

Photos du net : Modèle Idda Van Munster

 

Je suis bien, dans une bulle qui me paraissait disparue depuis quelques moi, j'oublie le travail, les errances des uns et des autres, les possibles ondes négatives d'un monde insatisfait. Le téléphone est loin, en sourdine, le néant attendra, l'urgent avec, si réellement il existe, ce fil multiple ne m'apporte aucune délicatesse ou joie. Relâchée, j'avance dans ce cocon si personnel. Je glisse une jambe sous mon corps, sous cette robe pull soyeux et chaude, l'autre naturellement posée sur le sol, et assise ainsi, je commence à créer. Une douceur entière m'envahit, je suis bien. Le chat ronronne avec les premiers coups de crayon, il ferme les yeux, ressent peut-être les vibrations complices du papier et de la mine traçant des courbes. Un corps apparaît, allongée, quelques lignes, rien de vrai, mais pour mes yeux surpris autant que moi, une forme vient de naître, de ce lien flou entre mon imaginaire, de mes neurones dopées aux endorphines, et de mes doigts légers. Est-ce l'expression naturelle des caresses ressenties ? de ce souvenir encore présent de ses mains à lui sur moi ? de cette folie douce et charnelle partagée avant ce thé ?

Je croque la douceur, librement. Sans limites.

 

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Femmes & Culture, #Gentleman W

Prendre un peu de temps dans un agenda bien rempli,

Prendre ce temps de s'évader dans un livre avec une grande tasse de thé chaud à côté de soi,

Prendre le temps de ne plus le compter,

    

    

S'évader plusieurs heures loin de son téléphone, de ses fausses obligations de lire des messages inutiles, de suivre des informations déjà oubliées, de répondre à des personnes accros à leur mobile pour chacun de leurs mouvements,

S'évader dans un coin du net, avec la sérendipité la plus loufoque, dans ces méandres chargées d'incertitude, pour mieux se perdre quelques instants,

S'évader là, sagement derrière son écran tactile, directement en contact avec les images,

   

   

Photos by Frank Herholdt
Photos by Frank Herholdt
Photos by Frank Herholdt
Photos by Frank Herholdt
Photos by Frank Herholdt
Photos by Frank Herholdt

Photos by Frank Herholdt

Simplement

Apercevoir un corps, quelques gouttes de noir et blanc,

Apercevoir cette image au milieu des autres et déjà la ressentir en soi,

Apercevoir cette émotion esthétique forte, toujours plus forte,

  

  

Partir en un clic ailleurs pour trouver les origines,

Partir en suivant les pas flous de d'une image sans signature,

Partir et trouver enfin l'auteur,

 

Suivre l'art comme seul moteur pour les émotions vraies,

Suivre ce cliché pour en découvrir d'autres,

Suivre ce simple clic pour entrée dans l'univers d'un photographe sans pouvoir lui dire l'admiration et la force des battements de coeur de cette image,

   

   

Sourire de ce bonheur soudain,

Sourire en pensant à elle, mon amour,

Sourire simplement de cette fulgurance esthétique, 

 

    

 

 

Simplement

Lire car vous en avez le temps, une heure de plus d'ailleurs,

Lire car c'est le moyen le plus sûr de se savoir encore libre,

Lire car vous pouvez partir ailleurs même après 21h00.

 

Bises à vous toutes et tous

Nylonement

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Gentleman W

Le silence est parfois plus sage que les paroles.

 

Voici des jours, des semaines, des mois déjà que je ne pose plus des mots ici, sans savoir réellement pourquoi, tout en pensant à ces milliers de pages écrites depuis plus de dix ans. Cette année ne pourra pas être une belle année, trop de tourbillons intenses laissant des traces derrière eux, encore aujourd'hui, trop de trop, trop d'excès et d'irrespect pour me permettre de croire en la bonté humaine. Et pourtant je croyais en eux, en ces gens, ces personnes, ces humains si heureux de vivre ensemble. C'était une erreur !

 

Alors je suis parti, loin, loin de tout, prenant des chemins communs puis anodins, revenant sur mes pas pour essayer d'autres détours, d'autres venelles plus sombres, cachées des regards des autres. Pour y pleurer tranquillement sans gêner personne. Simplement passant parmi d'autres passants en ressortant plus loin dans la lumière, dans les grandes avenues, ne cherchant pas vraiment de direction, juste un peu de sens. Mais étrangement plus rien, presque plus rien ne m'attirait, ne me donnait un début d'émotion positive. Rien pour m'éblouir, moi le contemplatif habitué à savourer des instants immobiles, je n'ai plus trouver de recoins pour voir la vie passée avec cette folie douce, si facile à capter avant. Les humains prenaient d'autres chemins, s'espaçaient pour ne plus se croiser, pour cesser d'exister comme un groupe d'amis ou de collègues. Plus de contacts, juste des êtres génériques, des masques qui ne donnent plus de vie à leurs visages, et finalement anonymisent même leurs regards. Perdu volontairement, dans cette espace vide, sur ce chemin sage, loin des autres, je n'ai pas aimé cette solitude obligatoire, je n'étais plus moi-même. Mon sac à dos, plein de mots, de voyelles et de consonnes semblait perdre son poids, une fuite silencieuse dans ces semaines d'inexistence.

 

Une aspiration, la bouche grande ouverte, face au vent, face à la mer, sans émotions intérieures, comme oubliées dans une chambre froide, j'ai inspiré encore plus fort. Espérant revoir des souvenirs, des instants avec eux, avec elle, avec vous. Rien comme une abstraction complète, une perte de mémoire au robinet de vidange ouvert en grand. Je me suis assis là, face à ce bleu gris qui parfois avec le soleil devenait opale, j'ai pris le temps de ne rien faire, mais aussi de ne plus penser à ces derniers mois, cherchant encore un point de repère, une ligne d'horizons ou deux verticales en mouvement. Un début de douceurs, cette clef vers des souvenirs nourris de plaisirs pour les cinq sens, je voulais revivre tout cela. Juste une fois.

 

Tout en douceur, en lâchant prise. Je me suis endormi enfin.

 

Nylonement

Douceurs

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Gentleman W

Fourbu par la fatigue, mais heureux face à ce jardin remis à neuf, je contemplais ce lieu où la nature prenait pleinement son essor. Chaque arbuste, chaque haie, chaque pot savaient attendre les saisons pour s'endormir, pour sommeiller jusqu'au Printemps pour un renouveau doux puis virulent. Les feuilles nouvelles avec mille verts différents, avec la sève en plein bouillonnement, mais avant cela les branches qui poussaient, s'avançaient encore plus vers le ciel, s'aventuraient vers tous les espaces. J'avais stoppé les envahisseurs en taillant allègrement, parfois pris de remords les années précédentes, car c'était peut-être trop court, j'avais pu constater que l'avancée n'était que plus forte. Toujours reconquérir l'espace, alors nous avions trouvé un accord, je taillais ici, les plantes poussaient là, mais aussi dans mon dos un peu ici. Jardinier ou bûcheron, je modelais au gré des besoins des uns et des autres, parlant parfois à mes plantes, déplaçant vers la lumière un rhododendron, bichonnant mes pivoines, rabattant des jeunes pousses transformées en Huns invasifs. 

Là en cette matinée, après plusieurs jours de coupes, de tontes, de plantations, je prévois les prochaines semaines, je nourris l'ensemble, mais surtout à cet instant je partage mon brunch sur cette terrasse, face à ce jardin simplement agréable. Mes yeux savourent ce bonheur, mon odorat s'amuse des parfums aussi, les iris, les dernières glycines, les premières pivoines, l'odeur de l'herbe coupée. Je respire à pleins poumons, je sature mes sens en fermant les yeux, je m'imprègne de tout cela.

 

Fée

 

Il ne me manque rien. Un livre peut-être. Un moment de repos, une sieste dans une chaise longue que je n'ai jamais utilisé, un instant immobile. Je prends le temps de vivre les secondes, les minutes, les heures s'il le faut. Sereinement. Calmement. 

Une sculpture, une créature ici.

Je ferme les yeux, j'ouvre d'autres dimensions, je crée des vides en premier lieu, je repousse les limites, j'ouvre les frontières du possible, et un peu plus. Je me libère de tout, je ne suis plus qu'un regard sur l'ensemble panoramique qui m'entoure. Les angles de vue varient, changent et jouent d'effets miroir. Je me dédouble.

Dans ce vide de nature, d'herbes et de feuilles, je suis en apesanteur, elle avance. Légère, libres de tous ses mouvements, sans contraintes, elle glisse au gré des mes pensées. Une robe fluide, un peu de vent, des jambes sur des talons hauts, impossibles ici. Son sourire suit le soleil, sous sa capeline. Elle se pose, tourne, cherche la lumière, disparaît dans les ombres d'un tilleul trop grand, s'appuie contre cette haie, joue de ce labyrinthe de verdure. Rien n'empêche son cache-cache, sa dentelle blanche contraste avec les fleurs de couleurs, elle les hume, cueille quelques graminées, souffle les pissenlits. Là-bas elle s'arrête, revient vers moi, semble cacher ses gestes en m'offrant son dos nu, juste de mousseline fine ne cachant ses dessous. Jarretelles devinées, fascinantes sur ces courbes, j'avance ma main vers cette sculpture, elle glisse plus loin.

 

Je m'avance, je me réveille soudain. Rien, juste ce jardin et ces bougies allumées. Où est-elle passée ? 

 

 

Nylonement

 

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Gentleman W

J'ai pris une pause, une véritable pause, chez moi. Je vous vois sourire surtout en cette période de crise, avec le message "Restez chez Vous" martelé si fort, si souvent, avec le nouveau big brother. 

Oui mais je dois vous avouer que j'ai travaillé, tous les jours ou presque sauf le dimanche, des longues journées, souvent intenses. Je ne suis donc pas resté chez moi, j'y suis revenu en fin de journée, pour souffler un peu, pour retrouver un cocon mais avec ce stress mêlé d'incertitudes et des messages peu rationnels, la tension était encore là. J'ai fait ce travail indispensable à la vie des autres. Chaque jour, j'ai pris ma voiture pour des kilomètres dans Paris, dans sa banlieue, avec ce presque privilège de ne voir que très peu de véhicules. Des avenues vides, des lieux fantomatiques, des espaces nouveaux tant la sensation de vide était immense. Peu ou pas de passants, des quartiers où je me suis amusé à écouter des titres d'Ennio Morricone en espérant voir des Tumbleweeds, ces boules d'herbes sèches qui roulent en attendant le héros avec son chapeau et son harmonica. J'ai pris des photos surprenantes, j'ai traversé à 8h15 la porte d'Orléans sans aucune voiture, un miracle impossible même un jour de fête. Le vide mais aussi le calme retrouvé, ces lieux sans bruits de bagnoles, sans cris et klaxons, ces trottoirs avec juste quelques coureurs et quelques chiens. 

Aucun magasin ouvert, aucun lieu pour déjeuner sauf des boulangeries avec leurs queues dignes des pays soviétiques de l'ex-Urss, donc j'ai souvent renoncé à manger, croquant une pomme ou une banane en attendant la fin d'après-midi. Voyager dans ce moment immobile, comme pour comprendre ce qu'est la vie et cet espace symbolisant malgré lui le manque de vie.

 

J'ai fait mon travail, je l'ai adapté aux circonstances, donnant encore plus d'empathie à celles et ceux que je croisais. Rien n'était simple, car il manquait du monde, il manquait des émotions, troublées par d'autres angoisses, il fallait malgré tout être là pour eux. Encore et encore, chaque jour, dans des conditions parfois terribles, tragiques, intenses de fatigue en plus de tout cela.

 

Et puis j'ai porté mon fardeau, celui de voir la vie s'échapper de ce cercle privilégié qu'est la famille. La voir partir, la voir une dernière fois, la savoir ailleurs pour la savoir soulager des douleurs, mais comprendre aussi qu'une étape nouvelle s'installe. Un poids nouveau sur les épaules pour l'avenir. Je le digérerai au fil du temps, sans elle. Mais avec des tonnes de souvenirs, petits, anodins, grands, immenses.

 

Alors oui, aujourd'hui, ces derniers jours, je marche seul, je suis auprès de mes enfants, dans un autre cocon, pour extérioriser certaines douleurs nouvelles, pour les empêcher de prendre racine, pour penser à tout, à rien aussi, pour combattre ses moments fragiles avec des larmes. J'avance car rien ne me rend plus fort que l'adversité, un genou à terre, deux même, mais je me relèverai toujours, je suis ainsi. Non pas un surhomme, loin de là, loin de ma pensée, loin de ma propre humilité, mais j'ai combattu des montagnes de doutes, des douleurs si pernicieuses que je serai de cette victoire, mais en prenant le temps de bâtir la suite.

Je me repose, je fais rien, je fais plein de choses, je respire ma forêt, cet endroit d'exception en bout de jardin, je suis en dehors des médias et du temps, pour écrire encore, toujours plus, bien plus que ce simple blog, je me gave de voyelles et de consonnes, sans limite, avec excès même. Je me sens mieux.

 

Et puis pour vous, mes lectrices, mes lecteurs, revenez vers mes autres articles, car celui-ci est un bout d'intimité qu'il me fallait libérer, mais qui n'est pas un cadeau. Juste un morceau de vie, ma vie !

 

Nylonement

Insouciance

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