Juste avant la pluie, sous le soleil de plomb d'été, le sol commence à trembler des assauts du tonnerre lointain. Les bruits cessent car les oiseaux sentent comme nous, la pression montée. Le frémissement du vent, les premiers nuages gris qui se déplacent et coupent soudainement la lumière.
La température chute, le temps devient incertain, le paysage se brouille.
La pluie arrive avec une multitude d'odeurs démultipliées. La chaleur accumulée de force dans les essences de la nature se relâche dans l'air, le souffre se libère.
Elle est là, devant vous, la fenêtre ouverte, pour vibrer des premières gouttes, des premiers plops d'eau discret sur la terrasse. Elle va vivre avec le même tempo, la fougue de vos sentiments, le même rythme que l'orage.
Des moments forts, des relâchements, de brusques bourrasques, des arrêts, des silences avant d'autres gouttes, d'autres vibrations...
Sulfureux orage,
où mon énergie vitale s'évacue
en suivant vos lignes de paratonnerre.