Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Féminité & Féminisme, Glamour & Bas Nylon

Univers évanescent de vos Féminités, votre interprétation quotidienne de la mode, dessus et dessous tout en volupté, entre dentelles & des voiles légers sur vos jambes. Labyrinthe capitonné de glamour, de sensualité, avec mes mots pour souligner votre élégance, pour rendre hommage aux Femmes, chaque jour, avec des billets d'humeur chic, des livres libres, des portraits & des silhouettes, des instants de vie et des regards. Glamour toujours !

Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Douleurs de Femme, #Femmes - vous, #femmes - demain

Dans le noir, ce tutu, ces robes de voile blancs s'envolaient sans limite, juste en harmonie avec mon corps libre. Là, tard dans la nuit, j'étais enfin en accord avec moi-même, sans les regards, sans les préjugés sur cet être que je suis.

 

Dans la nuit, dans cette salle vide, sans musique pour ne pas réveiller les gardiens, pour ne gêner personne, et puis de toute façon, je n'entends pas les notes. Vivre avec un handicap invisible semble pourtant un avantage, mais parfois il devient une double peine. Car je danse, librement, avec la technique que chaque jour je travaille, sans relâche, pour encore plus atteindre ce Graal personnel, pour me fondre dans la masse des autres danseurs, pour aussi montrer ma force, pour passer au-delà de l'obstacle. Quelques minutes pour boire un peu d'eau, de thé devenu froid, car voilà plus de deux heures que je force mes jambes, mon torse, mes bras et toute ma silhouette à suivre la chorégraphie inscrite dans ma mémoire. Sans musique et sans lumières, je suis là dans la salle de danse, en mouvements, en répétition perpétuelle.

 

J'interagis avec les murs et les miroirs, je reviens vers la seule lumière des lampadaires extérieurs qui filtrent à travers les vitres opaques, je joue de ce parcours nouveau, de cette dimension invisible le jour, de cette nouvelle définition des lieux, dans la contrainte de mes pas timides le jour, de mes pas légers ce soir. Je vois mon évolution, je ne ressens plus les douleurs, je suis passés au-dessus de cette limite, je ne force plus, je profites de cette apesanteur nouvelle et soudaine. Une dernière fois avant d'aller m'endormir dans un coin. Je m'arrête, vérifiant ma place, ma position, tous mes muscles relâchés, près pour le représentation, je me lance, je file vers les lumières, je me courbe dans l'ombre, je reviens, je ferme les yeux pour ne plus sentir que la beauté de mes gestes, pour devenir cet ange impossible le jour. Rien n'est plus magique que ces instants, je ressens le vent créé par mes jambes, mes volutes et mes bras devenus ailes. Je m'envole, sans repères. 

 

Fin du spectacle pour cette nuit, je salue la lune, là-haut. Je peux aller dormir, la vie est belle, simplement silencieuse pour moi. Comprendront-ils un jour que je ressens les autres dimensions, certaines vibrations, au fond de moi. Comme un second coeur !

 

 

Nylonement

 

 

Danse dans le vide de la nuit

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Publié le par Gentleman W.
Publié dans : #Douleurs de Femme
Entre deux nuages

La nuit fût ... ah je trouve pas les mots.

"Bonjour, comment ça va ?" la politesse du matin, la question à laquelle je n'ai pas envie de répondre, non pour les brusquer, non pour être obliger de leur dire ce que je vis, non pour rester loin d'eux, les chers collègues. Pas besoin de partager ces douleurs qui emplissent mon esprit, qui suivent chaque instant de mon existence, jour et nuit.

Et ce téléphone, pour les mots sereins, les plus rares, pour lire aussi les doutes voire les affabulations ou les délires de la malade. J'oscille entre tout cela, comme balloter dans des vagues en attendant la prochaine, plus douce et plus forte, plus frontale. Avec ce besoin naturel de compassion vers elle, car je ne suis pas la victime de ce tourbillon, loin des douleurs de la maladie, mais parfois aussi j'essaye d'exister, de me reposer, de faire une coupure, de croire à un répit possible, pour prendre aussi du recul. cela manque souvent entre deux aides, entre deux demandes, entre deux creux de son essoufflement. Mais je revois aussi ses abus, ses flottements sur la limite de l'exigence et du réel besoin.

Compassion ou complaisance, des nébuleuses qui se rapprochent et se croisent, se noient parfois dans une volonté d'aider encore, mais ne doivent pas faire oublier le passé, le plus récent. Elle qui n'a jamais rien donné aux autres, ni même de son temps pour s'occuper réellement de ses enfants. De son nombrilisme, permanent et occultant la réalité, les autres ont vécu en parallèle, ont grandi, se sont construit, ont demandé de l'aide ailleurs, à leur père. La vérité rattrape le temps, le présent aujourd'hui. Alors est-ce un caprice de plus, une envie réelle et salvatrice pour elle, mais là encore, pense-t-elle maintenant enfin aux autres. La maladie n'efface pas la vie, le vécu et les blessures sourdes.

Elle vit encore, elle ne pourra plus être soigner pour atteindre un début de rémission, elle est condamnée, elle s'est condamnée, par d'absurdes convictions, par des vérités qui n'en sont pas, par un refus d'écouter les autres, par cette nature à ne croire qu'elle-même, par cet égoïsme totalement aveugle. Elle va vers la mort, son corps n'est plus qu'une ombre, elle ne se reconnaît plus, mais a-t-elle existé un jour ? Son image, celle qui ne restera même pas dans les yeux mouillés de nos enfants, elle part sur ce chemin qu'elle a choisi, fatal et ombrageux. Mais si nous l'accompagnons, c'est aussi pour nous protéger de ces choix incompréhensibles, de sa vérité morte, de ses mensonges récurrents. Instants de paradoxe ! Son parapluie troué ne résistera pas à la pluie, car ce n'est pas en fonçant droit sous le déluge que celui-ci s'arrête. C'est simplement que le nuage passe, la vie continue.

 

 

 

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