14 octobre 2018 7 14 /10 /octobre /2018 18:22

 

Continuer à marcher, encore quelques pas, encore un peu pour m'aérer la tête. Sortir de cet hôpital même si les soins et surtout le personnel sont là pour moi, mais j'ai tant envie de voir du ciel bleu, de le croire immaculé pour me réchauffer. Mon corps souffre de cette putain de maladie, celle qui dévore mon sein gauche. Quelle injustice, quelle merde, les douleurs me rendent grossière pour la première fois de ma vie, je ne sais plus quoi penser.

Car comme beaucoup, j'ai fait ce qu'il faut, prévenir avec des visites bi-annuelles pour une mammographie, avec entre-temps des palpations chez mon gynécologue. Un suivi régulier pour ne pas y penser, pour montrer l'exemple, pour être sur d'être bien dans mon corps de femme. Et puis soudain, la première crampe, là en soulevant le bras, en nettoyant des vitres dans le salon, je me suis dit que je vieillissais un peu, le ménage en plus du travail. Mais les souffrances sont venues me relancer même en pleine lecture, sagement calée dans mon canapé. Tendre le bras pour ma petite tasse de thé, la relance, et donc une visite chez mon médecin, les autres rendez-vous ont vite suivi. Nombreux pour faire des examens, pour me découper en tranches fines avec les scanners et autres TEP, j'ai visité les cliniques, attendue des heures des spécialistes surchargés. Assommée par la sanction, surprise mais surtout victime d'une injustice, j'ai pleuré, libérant mon corps de cette nouvelle affreuse, impossible. Oui j'a renié ce sein, j'ai refusé cette déclaration trop facile dans la bouche de cette femme médecin. Un cas parmi d'autres, non pas vraiment, c'était moi, face à cette nouvelle i-m-p-o-s-s-i-b-l-e.

 

 

Marcher
Marcher

 

Vivre avec, l'annoncer aux autres, mes proches, mes enfants, mon mari si souvent absent, devenu un fantôme, mes parents, mes amies, mes collègues. La douleur, la fatigue surtout et tout cela démultiplié par les traitements, j'ai vomi mon corps, mes envies de ne plus être malade, de ne plus être tout court.

Vivre malgré tout cela, malgré les médicaments et leurs effets secondaires irrationnels, j'ai marché vers le bout du tunnel. Assommée durant des semaines, espérant en sortir plus vite que les autres, voyant les mois passés, espérant simplement sauver ma peau, car j'ai perdu toute rationalité. Que de voyages intérieurs dans un moi blessé, conscient de mes faiblesses, refusant cette vérité chaque jour et pourtant la voyant dans ce creux de mon corps, J'ai pleuré encore, j'ai trouvé heureusement du personnel médical follement disponible, totalement à mon écoute, même face à des questions stupides, des espoirs d'un autre monde. J'ai ajouté petit à petit quelques amies, quelques collègues, ceux qui n'ont pas eu peur, ceux qui ont compris mon combat, ceux qui ne savaient pas quoi dire mais proposaient leurs épaules fortes comme des mouchoirs infinis.

Vivre pour eux, mes enfants, ma famille. Forcer l'espoir d'être dans la bonne partie des statistiques. Croire en tout cela entre deux phases fatigue immense et des douleurs régulières. Retrouver le chemin pour marcher, sortir enfin de ces lieux trop visités, de ces contrôles trop nombreux, sortir vers un taxi libérateur. Ecouter de la musique, pour marcher et reprendre le cours de ma propre vie. 

 

Vivre tout simplement après mon cancer.

Vivre.

 

 

Nylonement

 

Marcher

 

 

OCTOBRE ROSE

 

Une cause, un combat quotidien pour beaucoup de femmes, pour des amies, des proches, des voisines, des collègues, des anonymes.

Apportez votre soutien moral ou physique, en écoutant leurs doutes, leurs souffrances et leurs douleurs diverses, car le pire serait en plus de les laisser de côté.

 

 

Marcher
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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 11:15

 

De moi, il n'avait laissé que cette série d'empreintes, noires sur un fond blanc. Traces uniques d'une personne, résumé extrême d'une vie, ultimes résidus d'un corps, mon existence se retrouvait ici, dans ce bureau froid, sur un document officiel, ce simple passeport. Nom, prénom, sexe, date de naissance, lieu de naissance, voilà au-delà de mes traces ce que j'étais, du moins ce qu'il croyais que j'étais. Dans une matrice conventionnelle, je devais être dans une des cases.

Et pourtant le flou existait, à la première minute quand ce fonctionnaire d'état-civil était venu vers la jeune femme assise à côté de moi, pour des papiers, en prononçant mon nom, mon prénom. Face au refus, il avait alors tourné la tête dans le vide dans cette salle d'attente, comme si je n'étais pas là, comme une plante supplémentaire dans les pots plastiques blancs. Je m'étais levé vers lui, face à son interrogation, face à ce début d'incompréhension.

 

Moi, mademoiselle, je n'étais pas celle qu'il attendait. Et cela durait depuis ma plus tendre enfance. J'étais bien humain, avec deux pieds et deux bras, un corps complet sans aucun manque, enfin si peut-être. Des cheveux longs pour plus facilement assimilé une présence de féminité, un rouge à lèvres bien carmin pour amplifier la véracité de mon statut sexuel, mais je n'avais rien de cela. J'étais moi, sans ces repères, sans les avoir jamais ressenti comme m'appartenant, comme un chemin possible d'évolution de mon enfance vers mon adolescence, vers mon statut d'adultes. Les années avaient défilé, souvent dans la souffrance lente d'attendre demain sans voir la maturité arriver assez vite. Sans rien attendre non plus.

 

Mes deux grandes soeurs, mon grand frère étaient pourtant si proches, si prévenant avec le bébé que j'étais, eux si grands déjà, au collège, bientôt au lycée. Maman avait changé de mari, offrant un cadeau d'amour à sa nouvelle vie. Moi.

 

 

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Une fille, une charmante petite fille, et pourtant, assez vite, j'ai donné mon avis, j'ai préféré être moi, tout simplement sans distinction, sans rien analyser. Juste des goûts, pour les pantalons, sans réel dégoût pour les petits collants blancs et mes robes d'été, j'aimais tant l'école et les copains, les copines aussi. Ce fût plus compliqué quand un jour, la maîtresse a formé des groupes pour des activités. Des choses pour les garçons, pour les filles, cela existait encore, comme si le monde se devait d'être normé sexuellement dans les passions, les sports et surtout à l'avenir les métiers. J'étais pas en rébellion, pas encore du moins, juste perdu car moi, je n'étais pas avec eux, je ne me retrouvais pas dans aucun groupe, du moins avec leurs critères. Une instabilité lié à des choix impossibles, je n'étais pas à ma place. Au gré des rencontres, je me suis fait des amitiés, des désamours, des ennemis en particulier avec ma non-appartenance à une tribu, à un groupe. Surtout quand le leader, cette personne au charisme envié, décidait de régner sur ses courtisans, créant des cases où jamais je n'aurai ma place. Forme incongrue pour rentrer dans leurs ronds ou carrés normatifs, triangles ou même octogones. Je n'étais pas bien pour eux, de plus en plus seule, seul peut-être.

 

Alors j'ai pris le recul, j'ai profité du cocon doux de ma famille, celui laissé par mes autres soeurs et frère. J'ai tant aimé ma tante, elle aussi en dehors des frontières idéales de ce clan, celle qui était différente, sans mari. Un jour, un voyage, un long week-end, je suis allé me balader avec elle pour une exposition dans sa ville. J'ai entendu ce mot pour la première fois de sa bouche, "homosexuelle", elle m'a donné sa version. Pas les pâles rumeurs sans raison des autres membres de la famille, les jugements et autres reproches, les remarques de colère des anciens, les délires de certaines autres. Je me suis sentie libérée d'un poids en comprenant sa vie, ses choix, ses doutes et surtout son amour pour "l'autre tante". Cette personne aperçue, non identifiée lorsque j'étais enfant, inconnue même, sans lien familial, et pourtant tout simplement sa compagne depuis de nombreuses années.

 

Mais au retour, je n'ai fait aucun lien avec moi, sauf sur les silences, sur les murmures autour de mon image. Car je n'avais pas de sexualité d'une part, mais que je n'avais même pas d'attirance pour d'autres, mâles ou femelles de mon espèce. J'avais surtout du mal à être moi, à me définir. Mon médecin, un vieil homme avait pourtant choisi de m'envoyer voir une de ses collègues, pour parler, pour "libérer mon corps" avait-il rajouté. Aucun jugement de sa part, juste une prise de conscience d'un point d'interrogation intérieur. J'avais pu parler avec elle, docteur,généraliste, psychiatre aussi. Et nous avions décidé de laisser cette liberté s'imposer sur ma silhouette. 

 

S'habiller était un acte commun, voire anodin pour le quotidien. Mais alors j'avais deux images, celle que je renvoyais aux autres, celle que j'étais face au miroir. Sans être trop dur, mais sans vouloir ce maquillage, sans forcer les cheveux trop courts ou trop longs, sans calibrer à titre définitif ma possible androgynie. Grâce à elle, j'ai joué de cela, de pantalons amples à des jupes plus courtes, de chaussures plates à des talons si fins et si hauts. Je passais parfois de heures à essayer pour me voir, parfois me faire disparaître car ce n'était plus moi. 

 

Aujourd'hui je me sens mieux, sans rouge sur les lèvres, dans ce costume trois pièces, avec ce chapeau masculin. Mais ne me demander pas qui je suis, car ne suis que moi. Avec ce dossier pour renouveler mon passeport sous le bras. 

 

 

Nylonement

 

 

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24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 05:13

 

Ouvrir ce manteau long, ce vêtement d'automne indispensable avec ce vent installé depuis plusieurs jours, soufflant feuilles rousses et papiers gras dans les rues, soulevant les jupes, glaçant les gambettes. Mais là dans cet atelier, pas de sensations de froid, plutôt une chaleur rassurante, comme sa voix. Car c'est bien au-delà d'un défi que je m'étais lancé, je voulais retrouver un sens avec moi-même, une conscience visuelle avec mon corps. Ma psy m'avait conseillé cela avec un sourire, comme une suggestion d'amie, pour se détendre sans vraiment y croire, mais en touchant là où il fallait. J'avais cogité sagement, pas tout de suite, mais l'idée s'était renforcé un soir, sous la pluie, en regardant les vitrines, et puis soudain ce miroir, moi, mon image, parmi les mannequins, parmi les photos des autres corps, au milieu des publicités.

Aucune envie d'être ces femmes là, ces mannequins sans formes, sans réelle féminité, victimes d'un jeunisme répandu sans limites, parfois à contre-sens du produit vanté. Une crème anti-âge pour les quadras et quinquas, mais idéalisé sous les traits vides, fades et lisses d'une jeunette hybride, déconnectée de notre réalité, du moins de la mienne. Alors en riant, j'avais fouiné sur le net ce soir-là pour comprendre les possibilités de faire des photos, de devenir modèle pour une fois devant l'objectif. Pour qui ? pour moi, pour lui, pour mes enfants, pour nous en privé, pour un album ou juste des clichés numériques, avec quels droits à l'image, à la publication. J'avais pris plusieurs soirées pour m'informer sur les forums et autres réseaux sociaux, pour avoir l'avis d'amies aussi, pour entrer d'un pas léger, très prudent dans une photothérapie inavouée.

 

 

Pour moi

 

Ouvrir mon peignoir devant lui. J'avais contacté plusieurs photographes, les offres étaient nombreuses, le choix entre portrait et boudoir me titillaient déjà. Alors d'autres questions ont trouvé des réponses, avec des instants de doutes, mais toujours cette envie, sans aucun renoncement, j'en avais envie pour moi. Pour me réapproprier mon corps. Certes imparfait quand aux critères nombreux délivrés par les médias, mais je ne visais ni la couverture des magazines féminins, ni même les pages intérieures. Juste une série pour moi. Dans les books, sur les sites de photographes j'avais pu voir des femmes, comme moi, singulières, vraies, authentiques avec leurs tailles, leurs formes, leurs défauts mais aussi et surtout leurs qualités. Des séries avant-après où elles étaient sublimées par le travail de la maquilleuse, de la coiffeuse mais principalement par le regard du photographe. Des yeux sur elles, toujours bien réelles, mais resplendissantes, sur moi.

J'avais posé mon sac, une amie m'avait accompagnée pour cette première fois, par sécurité et par curiosité aussi. Nous avons discuté encore avec lui, de son style, de ses clichés vus sur le net, de mes attentes ensuite. Et puis très vite, nous avons choisi une tenue, un chemisier, une robe, des escarpins, des talons fins que je ne mets pas assez dans la vie courante et que j'adore pour élever ma silhouette, pour signer ma féminité. Un brin de lingerie, nous avons ri, choisi et essayé, je me suis changée tout naturellement.

Et devant lui, j'ai délivré l'image que je pensais être. Je me suis lâché doucement, plus exactement la deuxième fois, pour le deuxième série. Car entre temps j'ai vu, décortiqué, critiqué et finalement tant aimé me voir. Avec l'envie d'encore m'ouvrir à son regard complice, qui devenait le mien ensuite en regardant les clichés.

 

 

Merci à Katia WEYDERS pour cette collaboration visuelle, toute en féminité

Merci à Katia WEYDERS pour cette collaboration visuelle, toute en féminité

 

 

Ouvrir ma vérité. J'ai pris plusieurs mois pour libérer en confiance mon corps. Car poser est un art, une science du geste naturel, voire parfait, sans heurter les proportions, les mauvaises ombres, les lumières trop directes, les rondeurs trop présentes, les bras et les mains encombrantes. J'ai observé d'autres modèles lors d'une séance où j'étais venue en avance. Comprenant mes erreurs, réalisant ma féminité avec ce corps enfin délivré. Avec ses défauts, mais aussi avec tant d'atouts. D'ailleurs j'ai fini par les montrer à une amie, à une autre, elles ont crié de bonheur, face à cette autre femme, qu'elle voyait rayonnante. Moi, réellement moi.

 

Ouvrir cette album, ce soir pour lui montrer enfin ces autres facettes que je cache trop souvent. En scrutant ses yeux émerveillés, avec un début de larmes de bonheur. Car lui connaît de ses mains, de son amour, de notre vérité, mon corps mais lui aussi surprend ces instants figés dans une beauté qu'il a déjà vu, sans pouvoir trouver les mots, sans pouvoir me convaincre de ma réalité. J'ai adoré ce jeu de miroirs, et maintenant j'en veux encore.

 

 

" Briller de mille feux, dans ses yeux,

juste en croyant en moi. "

 

 

Nylonement

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23 septembre 2018 7 23 /09 /septembre /2018 09:11

 

"Je n'ai jamais rien vu dans ses yeux. Surtout pas son amour !" 

 

Marie, ma meilleure amie, venait de venir sonner, quelques minutes plus tôt à la porte de mon appartement, sans prévenir, en cette fin de journée, perdue. Derrière ma porte, à peine rentrée de mon boulot, de ces réunions sans fin et sans réels objectifs clairs, avec encore quelques courses pour remplir le frigo vide, je venais de poser des fruits dans un joli compotier ancien sur la table. Une grappe de raisins, du chasselas de Moissac bien doré, croquant et sucré, je rêvais d'un thé et d'un temps de repos, de détente précisément. Et cette sonnette, cette amie désespérée derrière ma porte. J'avais ouvert pour la laisser entrer, croyant avoir une visite surprise pleine de belle énergie, mais c'était une source infinie de larmes qui dévalait sur mon sofa.

 

Elle avait vaguement délaissée son trench trempé par cette nouvelle pluie d'automne, en venant depuis le métro, sans parapluie, sans cohérence, son sac abandonné dans l'entrée, elle voulait tout me dire, elle était là perdue dans mon salon. Ses propos étaient confus, elle s'excusait d'être venue, sans savoir où aller, sans savoir pourquoi elle était là, roulée en boules sur mon canapé, près de moi. Nous nous connaissions depuis des années, pas des copines d'université mais durant nos premiers stages, nous avions suivi les mêmes aléas de boulots instables, mal payés, sans intérêts ou grisants mais avec des heures impossibles, on avait sué ensemble, ri le plus souvent de cette situation bancale, ri de tout, ri de nous au final. Elle avait pris ses marques ensuite dans une société de communication, commerciale souriante, généreuse avec son équipe, toujours ouverte aux idées les plus folles pour satisfaire les besoins de publicité ou de simples brochures vers les clients. J'avais bifurqué vers le juridique de ce même métier, alors sans être concurrentes, ni dans la même structure, nous avions gardé des contacts pro et surtout amicaux. Nos envies de boulot avaient laissé place  à nos aventures pour des weekends de dernière minute à Deauville, à Bordeaux ou dans un spa déniché avec d'autres copines. Puis les amours avaient soudé des couples, des enfants en cours ou déjà en marche vers la maternelle. Nous étions encore célibataires, du moins entre deux histoires de prince charmant. 

 

 

Amoureuse

 

Elle avait croisé Jules, un beau brun sportif glissé dans un polo rayé sous un costume bien coupé, lors du mariage d'une amie commune. La plage, les soirées, les terrasses et les repas sympathiques, les saisons se suivaient depuis bientôt deux ans. Ils venaient parfois à la maison avec d'autres amies, elle toujours souriante, sublime avec sa petite robe noire, ses fesses rondes dont elle détestait les volumes, dont il adorait les rondeurs. On rigolait, on buvait, on mangeait, on vivait pleinement ces soirées. 

 

Là ce soir, elle était dévasté par leur histoire, elle ne voulait pas me déranger mais nous étions si complices. On avait tout partagé depuis le temps, nos doutes, nos folies, nos secrets en partie, nos vies de mode et de boulot. Tout et rien, presque tout. Une intimité d'amies devenues si proches. Alors j'avais discrètement glissé un paquet de mouchoirs sur l'accoudoir, j'avais sorti de quoi boire sans la saouler et j'écoutais son flot de mots, ses silences, ses larmes. Après un weekend impossible à se disputer après une accumulation de petites choses, de détails qui amplifiaient leurs incompréhensions mutuelles, elle avait craqué, elle l'avait foutu dehors, ne supportant plus son individualisme, son presque nombrilisme. A cette période, elle souhaitait vivre d'autres choses, construire ensemble et là, soudainement, elle venait de découvrir un grand vide entre eux. Loin de ses envies à lui, elle voyait partir leur vie sans appartement commun, sans un lieu à eux, sans un début de cheminement vers le mariage, sans enfants, sans famille. Son modèle s'était écroulé, elle qui en rêvait enfin, la jeune femme devenant femme, se voyant épouse et mère peut-être aussi. Tout cela partait, en fait surtout semblait s'évanouir dans des sables mouvants. Sans aucune base commune.

Fini le beau gosse, celui envié par les regards des autres copines, de certaines collègues quand il passait la récupérer avant un départ pour un nième weekend de fêtes, fini ce mâle bien sous tous rapports. D'ailleurs elle venait de dérouler leurs fantaisies sexuelles sur deux ans. Sans pouvoir l'arrêter j'avais vu défiler les moments très hot collés contre le mur de l'entrée, le string envolé dans l'escalier, les corps chauds et collés par la sueur. Au final, ils étaient devenus plus classiques, plus standards, moins acrobatiques dès la fin du premier été. Beau, sportif, bien carrossé mais sans assez d'envie pour la satisfaire, sans une langue assez experte pour la faire partir dans les étoiles, sans ... je l'avais stoppé avant plus de détails d'intensité, de centimètres ou d'ardeur bien réelle. Et puis ces deux phrases, comme un couperet. Une sentence mûrie par une journée où elle n'avait fait que semblant de travailler, pour au final l'appeler pour prendre ses deux sacs, ses affaires et ses baskets multicolores. Marre du sportif, des copains et des soirées sur le terrain, pour la troisième mi-temps, pour fêter ceci ou cela en chantant. 

 

Et leur amour dans tout cela, je lui proposais de ne plus compter, de ne pas forcer les qualités, encore moins les défauts. Une soupe ensemble, une quiche avec une salade, un menu tout simple, toutes les deux sur le canapé, avec une belle bouteille de blanc d'Anjou, elle reprenait quelques forces. Oubliant durant quelques minutes ces moments apparemment perdus. Pour relativiser, le chemin était encore long, à peine visible derrière ses yeux gonflés de larmes séchées, toujours présentes. J'ai pu enfin parler, donner un avis modéré de tout jugement, cherchant à lui donner un peu d'espoir, pour elle, pas pour eux.

 

 

L'amour n'existe

qu'entre deux personnes qui s'aiment,

mutuellement !

 

 

 

Nylonement

 

 

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NYLON-VOLUPTE ??

Languages Translation, Dear friends & readers, enter in our world of femininity during the week, with fashion pics, travel trhough words on women universe. But also each sunday, walk through actual and vintage stockings, intense symbol of Glamour !

 

Dans le labyrinthe de la Mode, des ambiances néo-rétro et du glamour toujours, je partage avec vous cette vision du chic et de cette élégance, parfois classique, parfois décalée, pour qu'ils deviennent Votre Mode, Votre Féminité. Mon regard suit vos silhouettes, au quotidien, dans la rue, dans un espace imaginaire et romancé, pour apprécier vos tenues, votre allure mais aussi vos accessoires, sacs à main et chapeaux, gants et bijoux, sur votre peau, sur vos jambes "le voile de Volupté". 

Car de vos choix, vous devez uniques, vous créez Votre Féminité, votre vie et le plaisir de voir et être vue !

Au-delà de vos Féminités, j'immisce avec discrétion dans votre jardin féminin et avec des recoins féministes, mais toujours avec mon regard discret. Parfois je narre vos vies, j'ajoute des humeurs, des doutes pour devenir les Portraits de Femmes.

Avec légèreté toujours, j'aime le Glamour !

 

Gentleman W 

Qui êtes vous ?  ou Qui est Gentleman W ? 

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Les Bas Nylon, une autre facette de ce blog, un symbole fort de la Féminité, le glamour à travers les photos, les tendances et les marques actuelles, avec leurs nouveaux modèles et leurs collections, les variations mais aussi vos retours sur la modeLes Bas Nylon sont ici le fil rouge entre les articles, la couture qui suit sur vos Féminités. (chaque DIMANCHE)

Musée vivant avec l'âge d'or 50-60, le Vintage, partageons les photos des pochettes et les souvenirs de modèles plus anciens, avec vos mots et vos visuels rétro

Vous avez des stocks de pochettes vintage, des photos associées, contactez-moi pour compléter le musée.

 

 

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Les photos sont ici uniquement à titre non marchand comme l'ensemble de ce blog non-commercial, pour un référencement, en l'honneur des marques citées, pour un usage d'hommage à la Féminité. Si toutefois, j'oublie une référence (encore faudrait-il qu'elle apparaisse en récupérant cette image sur le net, sur Pinterest et ailleurs) ou je suscite un souci de droit à l'image ou aux copyrights, contactez-moi par email gentlemanw@nylon-volupte.com.

L'image sera retirée dès que vous nous préciserez laquelle. Merci.

 

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Cancer, trop proche de nous.

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Cette maladie frappe le col de l'utérus, les seins, la thyroïde, la prostate, le plus couramment et ailleurs aussi !

Alors soutenez vos ami(e)s, vos parents, votre compagnon et votre compagne.

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Aimez vous les uns et les autres

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www.cancerdusein.org

 

 

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ORDRE de la JARRETELLE

Pour rendre hommage aux BAS NYLON, aux JARRETELLES, au Glamour, au symbole d'une féminité des années 50-60, aux instants de mode actuelle, mais aussi aux créateurs, aux fabricants (vintage et actuels) et plus encore aux Femmes, j'ai lancé l'initiative d'un "ORDRE DE LA JARRETELLE".

Nos objectifs sont de défendre la volupté du port des Bas Nylon, de promouvoir une image noble et saine auprès des médias, de défendre la finesse incomparable du véritable nylon, digne signature haut-de-gamme du glamour moderne, de créer une communauté d'ambassadrices autour de l'élégance au féminin, de publier des ouvrages (textes et photos) de référence sur le sujet.

 

Les statuts sont rédigés. Les critères d'entrée sont définis par une validation de la réelle motivation du port du bas nylon et de votre enthousiasme à  promouvoir cet art de vivre. Un entretien et/ou un lettre pour démontrer cette passion, tel sera la premièré étape avant un parrainnage.

Ordre de la Jarretelle : gentleman.nylon@gmail.com

Quelques articles sur le sujet :

Ordre-de-la-jarretelle-Acte-1

Ordre-de-le-jarretelle-Acte-2

Ordre-de-le-jarretelle-Acte-3

Ordre-de-la-Jarretelle-Acte-4

 

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Bas Nylon, quel talon ?

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Coups de Coeur

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garancedore.fr oui, encore elle

...

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et la liste serait peu-être un peu longue (environ 200 sites de références)

mais je vous visite régulièrement, bises à toutes !