13 avril 2020 1 13 /04 /avril /2020 08:26

Nos deux mains, l'une dans l'autre, là sur ce trottoir parisien, au petit matin, libres de toutes contraintes, marchant vers un café, nous ne rêvons plus, mais nous avançons vers un duo de croissants chauds, un café et un chocolat chaud. Rien de plus simple, mais après cette crise, autant de bonheur simple, l'un avec l'autre, nos sourires en trait d'union entre nos deux regards, nous prenons le temps de savourer nos pas, d'inspirer, sans masque, l'air frais du Printemps, juste quelques degrés, les fleurs de cerisiers là-bas en bas de cet immeuble. Les premiers rayons de soleil lèchent l'espace, le haut des toits, les murs verticaux entrecoupés de balcons fleuris, dans l'axe de l'est, les façades sud, le sol, les escarpins qui s'amusent de cette nouvelle chaleur.

Rien d'autre qu'un peu d'insouciance, nous sommes heureux de redécouvrir Paris, avec cette facette romantique toujours présente. Le chant des oiseaux, loin des grandes avenues et des rues commerçantes, nous cheminons dans les petites rues parallèles, encore sourdes de pollution sonore. Les voitures sont encore à l'arrêt, les passants pas si nombreux.

 

Demain

Le temps s'écoule doucement. Presque au ralenti.

 

Oui, nous étions ainsi avant, pendant tout autant, et maintenant nous profitons pour faire traîner le temps. Dans ce monde où beaucoup succombe à l'addiction pernicieuse du téléphone et des applications soit-disant indispensables, ils doivent suivre le fil des actualités, des nouvelles, des informations, comme une drogue régulière non nourrissante qui apporte son flux d'angoisse souvent, son reflux de vide, des vagues de rien en croyant tout savoir sur tout. Cette belle "minutilité" (information minute maximum de mémorisation pour une réelle inutilité) qui encourage à vouloir apparemment tout savoir, toujours être au courant plutôt, se tenir au fait de l'information, des blagues des copains, des dernières vidéos drôles ou de quelques fake news pour gilets jaunes énervés, cette glissade sans fin, semblable à une aérophagie aigue pour une mémoire saturée de vide total. Alors cette précipitation que nous apporte-t-elle ? rien, encore plus en étant enfermés chez soi, nous avons profiter pour garder des horaires de vie normales, tout en nous offrant une possibilité naturelle pour laisser glisser nos repères. Nous avons pris le temps, cette expression surfaite dans notre monde pressé. Car si certains se sentent oppressés, nous n'étions que pressés l'un contre l'autre, pour une intimité réconfortante, amoureuse et charnelle. Et surtout nous avons pris le temps de partager nos repas, de les préparer, de les laisser mitonner, doucement sur le feu. Prendre le temps, voilà le premier gain de cette crise. Pour choisir les futures vacances, pour envisager de changer certains meubles, pour planter des fleurs et des futurs légumes, pour prendre le thé en terrasse en regardant la vie autour de nous. Lire encore plus, car nos piles de livres sont toujours présentes, mais là ce fût de la dégustation, en retirant celui-ci du dessous, pour le redécouvrir, pour le laisser pour un autre, pour en lire plusieurs, un pour le matin, un pour l'avant-sieste, l'autre pour le soir. Une autre dimension du temps, en se projetant non pas dans une organisation militaire, mais dans une vision slow-life. Les belles saveurs sont sur la durée. Le court-terme certes, mais surtout le moyen-terme et encore plus le long-terme. L'opposé frontal à la minutilité des uns, notre belle lenteur pour envisager, pour choisir, pour mesurer l'envie dans la projection sur le plus tard, et puis le chemin accompagné du désir toujours présent.

Nombreux bonheurs démultipliés par la durée de ce temps, de l'attente avant de croquer l'instant.

Nous sommes là assis, nos tasses devant nous, les sourires toujours sur nos visages, le sien plus proche du mien, nous nous embrassons. La vie continue. Que c'est bon de s'aimer, hier, aujourd'hui, demain !

 

 

Gentleman W

 

 

 

 

 

 

 

 

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11 avril 2020 6 11 /04 /avril /2020 22:56

Prendre une grande respiration, lentement, le plus calmement possible, avaler cet air frais. La fenêtre était ouverte sur le balcon, les premières fleurs du Printemps donnaient des touches de couleur. J'inspirais doucement, j'expirais en décontractant mon ventre, le bas de mon ventre, je libérais mes tensions intérieures.

Une amie encore hier, m'avait dit soit tu cries fort dehors, mais avec la crise, tu risques de finir au commissariat, soit tu fais l'amour à en oublier ton corps, pour un total lâcher-prise. Je n'ai rien choisi, sauf le plaisir de prendre le temps pour y réfléchir. Tant de choses qui se bousculaient en moi, toutes les figures d'acrobaties, mais étrangement avec un effet planant et cela sans aucune drogue. Un état d'apesanteur involontaire, mais si agréable, mes doutes semblaient avoir tout emporté dans les profondeurs de la douleur, au-delà du réel, et moi je restais là, assommé, oublié de moi-même. Libéré d'un poids que je ne ressentais plus. Allait-il remonter un jour, plus tard, cette nuit avec les tourbillons de mon inconscient, demain matin au réveil dans cet entre-deux troublé des yeux collés, ou en pleine journée, comme avec une massue invisible mais si insidieuse que vous tombez à genoux. Mais je n'étais pas là, mon corps marchait, se lovait, attendait que le thé refroidisse. Plus de connections douloureuses, juste de l'impesanteur.

 

 

Respirer

 

Je ne voulais plus revenir en arrière, je ne me croyais pas encore prêt pour avancer, je souhaitais juste un arrête sur image, une pause. Immobile, pour sortir de mon enveloppe corporelle, pour tourner autour de moi-même, juste quelques instants. Essayer de comprendre si mes pensées, non effaçables, étaient le fruit d'une réalité, d'une dimension parallèle, ou juste une illusion. Juste autre chose, mais tout était vrai.

 

Alors la seule porte ouverte vers un autre monde, ce fût les étagères, les dizaines de portes, de chemins vers une autre histoire, pour un voyage dans toutes ces histoires, ces romans ou ces biographies. A moins que ce ne fût l'ensemble des poésies posées là-haut. Tout cet univers de mots en liberté surveillée par leurs auteurs, autant de styles que d'époques, je n'avais plus qu'à me poser, d'abord debout pour choisir, prendre dans les piles en attente, lire, ouvrir, remettre, hésiter, lire, relire quelques lignes, se décider enfin, s'asseoir par terre, pousser un fauteuil, se caler enfin entre sieste et lecture.

 

Je ne l'oublierai pas, mon corps souffre, je refuse ses douleurs inutiles car l'amour est au-delà du temps.

Je vais apprendre à te parler autrement avec des créations, des dessins, des sculptures peu-être, des sanguines et même des aquarelles. Et puis des mots que tu ne liras jamais, mais qui seront bien pour toi.

 

Pierre

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8 avril 2020 3 08 /04 /avril /2020 16:38

 

Ce bouillonnement d'émotions, de fuites en avant dans un tourbillon non contrôlé, si loin de mes habitudes, je subis cela depuis plusieurs jours. Sans réellement comprendre je ne fuis pas la situation, encore moins la crise, je suis dedans, plongé intégralement dans une apnée volontaire pour guider les autres. Collègues perdus et absorbant les peurs, effarés par les messages contradictoires, multiples et surtout ce manque d'objectifs communs, sans managers ou politiques à la hauteur pour donner un sens à tout cela, pour les emmener derrière eux. Alors je deviens ce guide, courageux malgré moi. 

 

Mais derrière moi, après mes longues journées intenses, il y a ce rappel, cette vague, ces vagues, ce roulement continu, cette marée qui chamboule mes nuits, et même en plein jour, les yeux ouverts je perds mes références. Un coup de massue, auquel je croyais être préparé, et pourtant je prend le coup, le premier, les prochains, petits rappels des précédents, funeste augure des suivants. Assommé, je le refuse, je resterai debout même sans mes jambes car je me dois d'avancer. Je ne suis pas le premier à vivre cela, je l'explique aux autres presque chaque jour, mais là, des fibres résistent dans cette déchirure. 

 

ce ne sera pas le Printemps que tu espérais, ce ne sera pas le nôtre pour déposer des gouttes d'eau sur des feuilles. Elles sont là stockées, achetées avec ce bonheur futur de découvrir les inspirations, de les figer ensemble, de partir chacun dans son espace de création.

 

Cet étrange Printemps

Quelque chose est cassé.

Et puis cette crise, ce mauvais moment qui me paraît si simple à gérer, voilà que le mal invisible se faufile ici et là, jour de nos peurs. Provocant surtout cette frontière entre nous tous. Ensemble est un mot devenu factice, car nous pouvons être là sans s'approcher les uns des autres, plongés dans un blob gluant et vide, avec des espaces marqués au sol, fixés dans nos esprits. Éloignement, quelques centimètres de trop pour ne plus s'embrasser, pour ne plus se serrer dans les bras, alors que je ne voulais que cela. Une dernière fois avec toi, tant de fis avec lui, encore plus avec eux, et rien. Absolument rien. 

 

Je bois mon thé, fade interprétation du Printemps, plus rien n'a la même saveur. 

Tu me manques, ce Printemps là, je n'en voulais pas.

 

 

Gentleman W

 

 

 

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21 mars 2020 6 21 /03 /mars /2020 15:32

Ce matin j'ai écrasé une pâquerette, plutôt une belle cinquantaine. Avec quelques pas, je me suis faufilé dehors, dans mon jardin, la pelouse a pris goût aux rayons de soleil et aux rares gouttes de pluie. Verte, elle grandit chaque jour, elle fête le Printemps, cette nouvelle saison pour la nature extérieure, cette pleine croissance renouvelée pour un quatuor à venir de saisons. Et çà et là, les petites fleurs sont sorties, ont relevé leurs têtes blanches ponctuées de jaunes, pour envahir la verdure. Elles sont là, et nous ne pouvions plus rester dans la maison, sans un bol d'air. Pieds nus, nous sommes allés prendre notre premier petit déjeuner d'extérieur. Pain frais et café, nous voilà traversant le carré vert, observant les touches de couleurs, les jonquilles et leurs cousines narcisses, les premières tulipes jaunes et les primevères, nous nous sommes installés sous le grand tilleul. Pour profiter un peu plus du soleil, nous avons déplacé la table au milieu de l'herbe, ainsi les effluves de café et de beurre sur les tartines de pain tiède nous ont emportées.

 

 

Ensemble
Ensemble

Dans ce jardin,nous avons pris le temps de savourer la météo nouvelle et d'oublier la crise qui enveloppe la planète. Doublement seules, je suis heureuse d'héberger ma petite fille  durant cette période, nous pouvons nous retrouver, partager nos émotions et nos doutes. Mais positives de nature, nous aimons plutôt profiter de ces fausses vacances pour nous parler encore plus. Je suis ses études, qu'elle-même poursuit avec internet dans la bibliothèque, sur le bureau de mon défunt mari, son grand-père. Transition et même transmission, je peux échanger avec elle sur ses sujets d'études, à propos de ses ambitions dans le droit, sur sa volonté de devenir avocate ou magistrate. Ici, elle peut rêver les yeux ouverts, elle peut libérer ses envies, ses émotions de jeune femme, sans voir ses amies certes, mais la aussi la magie d'internet lui permet de garder les liens avec les autres. Hier nous avons même fouiné dans les coffres et armoires pour des essayages de mode, vintage pour elle, de mon passé. Nous avons aussi nos moments chacune dans notre coin, je pars alors dans mon atelier pour peindre ou modeler, elle tapote son clavier, parle à son écran, annote les pages de ses livres d'études. 

J'avoue que je savoure cette rupture de solitude. Ma retraite avait trouvé ses routines depuis que j'étais seule, avec des sorties parfois, des visites des uns et des autres, mes expositions et leurs laborieuses préparations. Elle est là pour me partager son énergie, pour me faire rire, et puis je peux lui parler de ma vie, en totale complicité. Moi aussi j'ai été une féministe revancharde, mais aussi une femme au foyer attaché au joug du mariage, je lui explique pourquoi j'ai fait des études plus tard après la naissance de sa mère et son oncle, comment j'ai commencé à travailler pour avoir mon indépendance financière. Avec malice pour pourvoir acheter des sacs à mains et des escarpins dont je rêvais, mais avec le yeux amoureux de mon mari. Je lui livre mes coups de coeur, mes colères aussi, et la sagesse qui aujourd'hui devient un trésor de valeurs. Un bien immatériel que j'aime partagé, encore plus avec elle, cette fleur en pleine éclosion. 

Toutes les deux, nous nous protégeons mutuellement, nous avons deux coeurs en harmonie, avec nos deux générations qui suivent les tumultes de notre société. Deux approches différentes qui se croisent, nous avons tant de plaisirs à être ensemble durant cette période difficile, sans connaître la durée. Situation douce au final, les pieds nus dans l'herbe, avec quelques pâquerettes courbées sous nos pas, mais toujours relevées vers le soleil après nous, nous respirons pleinement la vie.

 

 

Nylonement

 

 

 

 

 

 

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NYLON-VOLUPTE ??

Languages Translation, Dear friends & readers, enter in our world of femininity during the week, with fashion pics, travel trhough words on women universe. But also each sunday, walk through actual and vintage stockings, intense symbol of Glamour !

 

Dans le labyrinthe de la Mode, des ambiances néo-rétro et du glamour toujours, je partage avec vous cette vision du chic et de cette élégance, parfois classique, parfois décalée, pour qu'ils deviennent Votre Mode, Votre Féminité. Mon regard suit vos silhouettes, au quotidien, dans la rue, dans un espace imaginaire et romancé, pour apprécier vos tenues, votre allure mais aussi vos accessoires, sacs à main et chapeaux, gants et bijoux, sur votre peau, sur vos jambes "le voile de Volupté". 

Car de vos choix, vous devez uniques, vous créez Votre Féminité, votre vie et le plaisir de voir et être vue !

Au-delà de vos Féminités, j'immisce avec discrétion dans votre jardin féminin et avec des recoins féministes, mais toujours avec mon regard discret. Parfois je narre vos vies, j'ajoute des humeurs, des doutes pour devenir les Portraits de Femmes.

Avec légèreté toujours, j'aime le Glamour !

 

Gentleman W 

Qui êtes vous ?  ou Qui est Gentleman W ? 

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Les Bas Nylon, une autre facette de ce blog, un symbole fort de la Féminité, le glamour à travers les photos, les tendances et les marques actuelles, avec leurs nouveaux modèles et leurs collections, les variations mais aussi vos retours sur la modeLes Bas Nylon sont ici le fil rouge entre les articles, la couture qui suit sur vos Féminités. (chaque DIMANCHE)

Musée vivant avec l'âge d'or 50-60, le Vintage, partageons les photos des pochettes et les souvenirs de modèles plus anciens, avec vos mots et vos visuels rétro

Vous avez des stocks de pochettes vintage, des photos associées, contactez-moi pour compléter le musée.

 

 

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ORDRE de la JARRETELLE

Pour rendre hommage aux BAS NYLON, aux JARRETELLES, au Glamour, au symbole d'une féminité des années 50-60, aux instants de mode actuelle, mais aussi aux créateurs, aux fabricants (vintage et actuels) et plus encore aux Femmes, j'ai lancé l'initiative d'un "ORDRE DE LA JARRETELLE".

Nos objectifs sont de défendre la volupté du port des Bas Nylon, de promouvoir une image noble et saine auprès des médias, de défendre la finesse incomparable du véritable nylon, digne signature haut-de-gamme du glamour moderne, de créer une communauté d'ambassadrices autour de l'élégance au féminin, de publier des ouvrages (textes et photos) de référence sur le sujet.

 

Les statuts sont rédigés. Les critères d'entrée sont définis par une validation de la réelle motivation du port du bas nylon et de votre enthousiasme à  promouvoir cet art de vivre. Un entretien et/ou un lettre pour démontrer cette passion, tel sera la premièré étape avant un parrainnage.

Ordre de la Jarretelle : gentleman.nylon@gmail.com

Quelques articles sur le sujet :

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Bas Nylon, quel talon ?

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Coups de Coeur

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et la liste serait peu-être un peu longue (environ 200 sites de références)

mais je vous visite régulièrement, bises à toutes !